PRÉFACE. V
fets provoqués plus tard » et presque toujours les ' obscurcit ou les altère.
C'est par un motif semblable que je réserve pour un autre ouvrage l'exposé de mes observations sur le galvanisme. Cet agent se conduit d'une manière trop spéciale, pour qu'il soit permis d'en user confusément avec d'autres.
La dénudatîon préalable des parties expérimentées m'a toujours paru de rigueur. C'est le seul moyen de suivre à l'œil la marche, le progrès des opérations , et de s'assurer ainsi des limites dans lesquelles on les renferme.
Haller% Zinn", Lorry ^, Saucerotte*, tous ceux .qui sont venus après eux , se bornant à ouvrir le crâne pjïr un trépan, et à enfoncer un trois-quarts
■ Mémoires sur les parties sensibles et irritables du corps animal, Lausanne, 1760.
3 God. Zinn, Expérimenta quœdam circa corpus caUosum, cerebelbim, dura m meningem in vivis animalibus
z7i,ç/ifM«a. Gotting. , 1749-
' Acad. des sciences: Mém. dessavans étrangers, t. III. '
4 Académie royale de chirurgie : Prix , tome IV
?j MIÉFAGB»
OU un scalpel dans le cerveau par cette ouverture^ ne savaient jamais réellementni quelles parties ils blessaient, niconséquemn^ent.à quelles parties il fallait rapporter les phénomènes qu'ils observaient. '
Les compressions que ces observateurs employaient souvent jettent encore bien du louche sur les résultats qu'ils noui ont laissés. Je ne connais pas* de voie plus propre à induire en erreur ijue celle des^ compressions ; car il est presque impossible de comprimer une partie du cerveau sans toucher aux autres.
L'ablation graduelle et ménagée des parties expérimentées , isolant seule convenablement ces, parties , peut visiblement seule conduire à la détermination rigoureuse de leurs fonctions.
Jetons maintenant un coup d'œil rapide sur les principaux résultats contenus dans le Mémoire dont il s'agit.
On a reconnu, de bonne heure, que le système nerireux est tout à la fois l'organe par lequel l'animal reçoit ses 90n$ation$, et l'organe, par
PRÉFA€E. TÎj
lequel il exerce ou détermine ses mouvemem.
Mais la proprijèté de sentir réside-t- elle dans les^ mêmes parties que la propriété de mouvoir ? Mais sentir et fneuvoir ne sont-ils qu'une seule propriété? sont-ils deux propriétés diverses? les oiganes de Tune de ces propriétés sont-ils distincts des organes de l'autre P
Ces ^andes questions , débattues depuis tant de siècles, attendaient encore leur solution. . Mes expériences montrent, de la manière la plus formelle , qu'iï y a deux propriétés essentiellement diverses dans le système nerveux, Tune de sentir, l'autre de mouvoir; que ces deux propriétés diffèrent de siège comme d'effet; et qu'uœ limite précise sépare les org^anes de l'une des organes de l'autre.
Les nerfs^ la moelle épinière, la moelle alon- ^ée^les tubercules quadrijuineaux, excitent seuls immédiatement la contraction musculaire. ; les lobes cérébraux se bornent à la vouloir, et ne Vexeitent pas : dans le cervelet réside une pro* priété dont rien ne donnait encore l'idée en
Viij PRÉFACE.
physiologie , et qui consiste à ordonner ou eoor^ donner les mouvemens voulus par certaines parties du système nerveux , excités par d'autres»
Il y a donc , dans le système nerveux , trois propriétés essentiellement distinctes :
L'une de vouloir et de percevoir; c'est la sensi^ bilité ;
L'autre d'exciter immédiatement la contraction musculaire; je propose de l'appeler excitabilité;
La troisième de coordonner les mouvemens ; je l'appelle coordination.
L'irritabilité 9 ou contractilité, est , comme chacun sait depuis Haller, la propriété exclusive au muscle de se contracter o\x raccourcir avec effort, quand une excitation quelconque l'y détermine.
Mais , indépendamment de ces trois propriétés fondanàentales du système nerveux, l'une de. vouloir, l'autre d'exciter^ l'autre de coordonner les contractions musculaires ; chaque partie déterminée de ce système joue un rôle déterminé dans les mouvemens dits volontaires, ou de loco^ motion et de préhension^
PREFACE. iX
Le nerf excite directement la contraction musculaire ; la moejle épinière lie les diverses contractions partielles en mouvemens d'ensemble ; le cervelet coordonne ces mouvemens en mouvemens réglés, marche, course, vol, station, préhension , etc. ; les lobes cérébraux veulent et sentent.
Ainsi donc , les facultés intellectuelles et sensi" tives résident dans les lobes cérébraux ; la coordination des mouvemens de locomotion , dans le cervelet ; Yexeitation immédiate des contractions , dans la moelle épinière et ses nerfs.
Tout montre donc une indépendance essentielle entre les facultés locomotrices et les sensi-^ tives; entre Yexeitation et la eoordiftation des contractions musculaires.
L'organe qui veut et qui sent ne coordonne ni n'excite les mouvemens : l'organe qui coordonne n'excite pas, et réciproquement celui qui excite n'ordonne pas. -
Ainsi, par exemple, les irritations des lobes cérébraux ou du cervelet ne déterminent jamais des