‹ Récherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du système nerveux, dans les (volume 2)Chapitre 36 sur 58 · SUR LES PROPRIETES ET IXA FONCTIONS DU GRAND-STMPÀTHM^UE · texte numérisé non relu

SUR LES PROPRIETES ET IXA FONCTIONS DU GRAND-STMPÀTHM^UE

1. On ignore complètement encore si le grandsympalhique est susceptible, ou non, de transmettre à l'animal les impressions ou irritations qu'il éprouve.

L'impassibilité de ce nerf à l'irritation mécanique paraît même un fait presque universellement reçu aujourd'hui en physiologie; et sur la réalité duquel les expériences directes de Bichat, de MM. Wutzer , Lobstein , de bien d'autres , semblent ne plus laisser aucun doute.

2. Bichat* ayant découvert le ganglion semi-lunaire sur plusieurs animaux , l'irrita fortement : l'animal resta constanpiment impassible*

M. Wutzer " ayant répété s à plusieurs repri-

> Anat. ^nér,^ tom. I, pag. 227.

" De corp. hum* %an^or, fah. aUfue usu; pag. iBj, BeroL, 1817.

ses , l'expérience de Bichat , en a constamment obtenu le même résultat.

M. Lobstein ' avoue n'avoir jamais réussi , quelques précautions qu'il ait prises, à produire, par l'irritation immédiate du grand - sympathique 9 le moindre signe de douleur dans l'animal.

Enfin, la plupart des physiologistes paraissent n'avoir pas été plus heureux , dans leurs tentatives, que MM. Lobstein , Wutzer et Bichat'.

3. Je ne parle pas des effets provoqués par le galvanisme ; effets sur l'importance desquels les expériences de Fowler, de Binhold, de Webster, de Nysten , etc. , de M. de Humboldt* surtout, ont depuis long-tems fixé l'attention. Il ne s'agit ici que de l'irritation mécanique.

1. J'ouvris le bas -ventre, par une large incision cruciale sur un lapin ; puis je mis bien

' De nerv. sympathet. hum, fah. usu et morb,, pag. 94*9^* Paris, 1825.

^ Peut-être faut-il excepter Haller qui parait avoir réussi, au moins une fois , à produire de la douleur sur un chîeu, par rirrîtadon du plexus hépatique : Visum est animal doluisse, dit-il. {Départ, corp, hum. sent, etiniiob*. oper. mt/tor., tom. I, pag. 567.)

^ Exp. s\f>r le gatu. Paris, 1 799.

à nu le ganglion semi-lunaire du côté droit.

Cela fait , je pinçai fortement ce ganglion avec une pince à disséquer : l'animal se débattit et s'agita de la jnanière la plus violente.

2. J'ouvris, tout de suite, le ventre d'un autre lapin ; je mis le ganglion semi-lunaire droit à nu ; je le pinçai fortement à plusieurs reprises , et , à chacun de ces pincemens, l'animal répondit par des secousses brusques et générales.

3. J'ouvris encore le ventre d'un troisième lapin , et je mis , derechef , le ganglion semilunaire droit à nu.

Ce ganglion se subdivise , chez ces animaux , en deux ou trois autres ganglions formant, par l'enlacement des nombreux fUets qui les joignent, une espèce de réseau ganglionaire.

Je pinçai chacun de ces ganglions séparément, et à diverses reprises assez éloignées entre elles • pour que l'effet d'une irritation ne se compliquât pas avec l'effet d'une autre.

A chacune de ces reprises , au pincement de chacun de ces ganglions , l'animal s'agita, se débattit, cria, témoigna, de toutes les manières, combien il était sensible à ce genre d'irritation.

4* Je mis le ganglion semi-lunaire gauche à nu, SUT unquatrième lapin ; je le pinçai fortement. L'animal s'émut et frémit, comme les autres la-

deprœses systematis nervosi\ de centre phrénique 9 éptgastrigue^f etc., paraît, en quelque sorte , justifié par l'extrême susceptibilité du réseau semi-lunaire.

4" Que l'excitabilité du grand-sympathique , devenue, enfin, fait expérimental, de simple conjecture qu'elle a été jusqu'ici, semble s'accorder assez bien avec l'opinion la plus générale et la plus ancienne peut-être^ que l'on ait eue de ses fonctions ; opinion qui, le regardant comme le lien sympathique au moyen duquel le système nerveux proprement dit s'unit aux viscères, lui a , très probablement , valu ce nom de grandsympathique.

i . • Il reste à déterminer encore et le rôle que joue le grand-sympathique dans le mouvement des parties musculaires où il se rend , et le degré de dépendance ou d'indépendance selon lequel les divers ganglions communiquent , soit entre eux , soit avec les nerfs de la moelle épinière et de l'encéphale : toutes questions qui seront

* Wepfer.

"^ Bordeu, Lacaze, Buffon^ etc.

^ Voyez "Willis, Yieussens, etc.

DU SYSTÈME NERVAUX. 209

traitées dans le travail que fai l'honneur d'annoncer à l'Académie, et dont le peu que je viens de lui souaiettre n'est qu'un extrait

§, vn.

Conclusion ^énémle et définitive de ces Mémoires.

I. Nul naouvement ne dérive directement de la volonté. La volonté peut bien être la cause déterminante ou provocatrice de certains mouvemens ; mais elle n'est jamais la cause efficiente ou effective d'aucun.

•Qu'un animal veuille mouvoir ouson bras, ou sa jambe, ou toute autre partie, et aussitôt il 1^ meut. Mais ce n'est pas sa volonté qui zjxime les muscles de cette partie, qui les excite, les arrange, les coordonne.

Ni la production de la contraction musculaire , ni la coordination du jeu des divers muscles entre eux , contraction et coordination indispensables pourtant pour que le mouvement «'exécute: en un mot, aucun des phénomènes qui ont lieu pour la production et l'exécution du mouvement même ; rien de cela n'est sous la puissance de la volonté , et conséquemment des lobes cérébraux en lesquels cette volonté réside.

â. Il a été montré que la cause directe des

âlO PROPEIÉTES ET FONCTIONS

contractions musculaires réside particulièrement dans la moelle épiniëre et ses nerfs ; et que la cause coordonnatrice du jeu des diverses parties entre elles réside exclusivement , au contraire , dans le cervelet.

3. Voilà donc trois phénomènes essentiellement distincts dans un mouvement voulu : i° la volition de ce mouvement , volition qui réside dans les lobes cérébraux ; â*" la coordination des diverses parties concourant à ce mouvement , coordination qui réside dans le cervelet ; et S"" enfin , l'excitation des contractions musculaires , laquelle a son siège effectif dans la moelle épinière et ses nerfs.

4. Puisque ces trois grands phénomènes, essentiellement distincts , résident dans trois organes essentiellement distincts aussi , on yoit tout aussitôt la possibilité de n'abolir que l'un de ces phénomènes , la volonté par exemple , en lais sant subsister les deux autres, la coordination et la contraction ; ou d'abolir à la fois la coordi-

. nation et la volonté , en ne respectant que la contraction.

5. Or c'est là ce que mes premières expériences ont mis dans une évidence complète.

Un animal privé de ses lobes cérébraux ne se meut plus volontairement, ni dans un but

déterminé , ni dans une vue quelconque ; mais il se meut coordonnément et tout aussi régulièrement que lorsqu'il avait ses lobes.

Un animal privé de son cervelet , au contraire , perd tout équilibrement , toute coordination , toute corrélation de ses nK)uvemens« Cependant toutes les parties d'un tel animal , la tête , le tronc , les extrémités , toutes ces parties, dis-je, se meuvent, et se meuvent avec vigueur ; mais eomme elles ne concourent plus , ne s'ordonnent plus , ne s*entendent plus , si on l'ose dire , il n'y a plus de résultât obtenu. Un pareil animal ne marche plus , ne vole plus , ne se tient plus debout; non qu'il ait perdu l'usage de ses pattes et de ses ailes, mais parceque le prin- •cipe coordonnateur de ses pattes et de ses ailes n'existe plus. En un mot, tous les mouvemens partiels subsistent encore; la coordination seule de ees mouvemens est perdue.

Enfin , la destruction de la moelle épinière abolit bientôt la contraction dans toutes les parties qui reçoivent leurs nerfs de cette moelle.

Voilà donc la volition , la contraction et la coordination tour à tour disjointes et isolées ; voilà donc trois phénomènes bien visiblement démontrés distincts.

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