‹ Récherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du système nerveux, dans les (volume 2)Chapitre 40 sur 58 · Je commence parle Mémoire de Saucerotte · texte numérisé non relu

Je commence parle Mémoire de Saucerotte

1 . J'omets tout ce qui n'a rapport qu'aux lésions des parois crâniennes , dont il n'est point question ici. J'arrive tout de suite au diagnostic

des lésions cérébrales^ lequel, comme le dit très bien l'auteur , forme le point véritablement unportant de sa dissertation.

Deux Yoies le conduisent à ce diagnostic : les expériences sur les animaux rivans, et les observations d'anatomie pathologique.

Ses expériences n'étant qu'une répétition , quant à la méthode, de celles de Haller, de Lorry, deZinn; l'auteur n'opérant, comme eux, qu'à ta* tons , qu'à travers une ouverture faite par le tré* pan , sans isoler» sans découvrir les parties sur lesquelles il expérimente; ses expériences, dis^je^ ne pouvaient le conduire et ne l'ont effectivement pas conduit à des résultats bien nouveaux. Elles sont pourtant curieuses. Il y en a vingt et une en tout : dix-sept sur les lobes cér^raux , quatre sur le cervelet.

2. Dans les trois premières, l'auteur n'a d'autre objet que d'établir le croisement de paralysie par te fait de la lésion des lobes cérébraux.

La quatrième et la cinquième, toujours sur les lobes cérébraux; montrent qu'indépendamment de l'effet croisé général de toutes les parties du corps, il existe un pareil effet croisé pour la vue.

Dans les sixième , septième , huitième et neuvième, l'auteur cherche à établir qu'outre le croi-

DU SYSTÈME NERVEUX. ââ5

sèment de paralysie d'un côté du corps à l'autre, il y en a encore un de la partie antérieure à la postérieure des lobes cérébaux , et vice ver$â , pour le mouyement des extrémités , de façon ^ que la lésion de la partie antérieure des lobes cérébraux paralyse les jambes de derrière , et réciproquement la lésion de la partie postérieure, les jambes de devant.

Les dixième, onzième, douzième, treizième, quatorzième et quinzième se bornent à reproduire, au moyen de compressions graduées, les résultats obtenus déjà, dans les précédentes , au moyen des sections.

Les seizième et dix-septième, sur le corps calleux, tendent à confirmer l'opinion de Lapeyronie qui supposait, dans ce corps, le siège de l'intelligence et du sentiment.

Des quatre expériences sur le cervelet , fau^teur conclut, i "^ que le cervelet a, comme le^ lobes cérébraux , une action croisée ; 2^ que la lésion du centre du cervelet est constamment suivie d'une susceptibilité , ou vivacité de sentiment ex^ trême.

3. Je ne m'arrêterai point à faife remarquer ici le peu de rigueur et de précision de ces ex* périences.

L'auteur croit exciter des convulsions par le

324 PROPBIÉTÉS KT FONCTIONS

corps calleux ; c'est qu'il touche, sans s'en apercevoir » les tubercules quadrijumeaux s il croit ea exciter par le cervelet , c'est qu'il touche la moelle alongée. Il s'imagine que la destruction du corps calleux suffit , comme l'avait pensé Lapeyronie, pour détruire les sens et l'intelligence ; c'est qu'il ne tient pas compte des autres parties des lobes cérébraux qu'il détruit pour arriver aux corps Calleux. Il conclut enfin , avec Lapeyronie , Petit de Namur, Louis , etc. , que la lésion du centre du cervelet produit une vivacité de sentiment extrême y parceque, d'un côté, il confond les effets du cervelet avec ceux de la moelle alongée ; parceque , de l'autre , il ne peut réussir à s'expliquer Vagitation singulière qui accompagne cette lésion.

Cette agitation singulière , suite constante des blessures du cervelet, a beaucoup embarrassé les observateurs : la plupart la confondent avec les convulsions; d'autres la regardent comme une susceptibilité exaltée , comme une, sensibilité èx" quise, comme une mobilité^ une vivacité extrême: Haller la définit tantôt une convulsion universellcy tantôt une espèce de secouement mêlé de tremble-ment. L'action du cervelet avait été jusqu'ici une énigme. Aucun ordre de phénomènes connus ne pouvait seulement conduire à soupçonner le

nu SYSTÈME NERVEUX. 225

mot de cette énigme ; il a fallu qu'il sortît tout entier de l'expérience.

4< Je passe au Mémoire de Sabouraut. «

§• ni.

1 . L'auteur commence par une réflexion lumineuse. sur les contre-coups.

«Les accidens causés , dit-il , par les contre- » coups sont exactement les mêmes que ceux qui » sont la* suite d'un coup ; et les indications cu- » ratives que les uns et les autres présentent n'ad- » mettent aucune différence : d'où il résulte que » la principale difficulté , dans la théorie des convtre-coups, consiste dans le diagnostic^ parceque » cette maladie étant une fois à découvert doit B rentrer dans la classe des maladies produites 9 immédiatement par des coups.»

2. L'auteur de la Préface du volume des Prix où se trouvent les Mémoires que j'analyse confirme cette Dàanière de voir par la sienne.

< Il est clair , dit-il j que , dans la question » dont il s'agit , toute la difficulté consiste à éta- » btir le diagnostic. La moindre réflexion fait voir 9 que , si l'on parvenait à donner les signes canpables d'indiquer le siège de la lésion par con- » tre - coup , dès lors la maladie rentrerait dans * • Tordre commun, c'est-à-dire que tous les se-

ââÔ PROPKIBTÉS ET FONCTIONS

»cour$ de la chirurgie lui seraient applicables, » suivant la différence du désordre connu. Ces «signes, qu'il est si important d'exposer pour B faire connaître un genre de maladie que les an- »ciens ont cru devoir caractériser par' la déno- » mination de calamité et d'infortune ^ devaient » donc être le principal objet du travail des con- » currens , etc. »

Page 1