‹ Récherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du système nerveux, dans les (volume 2)Chapitre 56 sur 58 · PREMIÈRE EXPÉRIENCE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE EXPÉRIENCE

M. Flourens retrancha le cervelet , par couches successives , sur un pigeon : au retranchement des premières couches, Tanimal n'éprouva qu'un peu de faiblesse et d'hésitation dans ses mouvemens.

Aux moyennes couches , sa démarche devint chancelante et agitée , et tout-à-fait semblable à la démarche bizarre de l'ivresse ; bientôt il ne marcha plus qu'avec le secours de ses ailes-

On continua les retranchemens; l'animal perdit totalement la faculté de marcher ; ses pieds ne suffisaient plus à la station , et il ne parvenait à se soutenir qu'appuyé sur sa queue , ses coudes et ses ailes ; souvent il cherchait à marcher ou à s'envoler, mais toujours sans y réussir

Le poussait-on en avant , il roulait sur sa tête ; en arrière , il roulait sur sa queue.

On porta plus loin encore les retranchemens : l'animal perdit jusqu a la faculté de se tenir appuyé sur ses coudes, sa queue et ses ailes ; il rou-

lait continuellement sur lui-même, sans pouvoir s'arrêter à une position fixe , ou bien il finissait par rester à plat sur le dos ou sur le ventre.

Du reste , il voyait et entendait très bien ; son air était gai ; sa tête , alerte et éveillée.

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M. Flourens enleva , sur un pigeon , le lobe cérébral droit : Tanimal perdit sur-le-champ la vue de l'œil gauche; mais la contractilité de l'iris de cet œil persista toujours.

Il se manifesta une faiblesse plus marquée aussi du côté gauche : à ces deux circonstances près , l'animal se tenait debout , marchait , courait , volait, voyait de l'autre œil , entendait , voulait , sentait , comme à l'ordinaire.

On enleva l'autre lobe : la vue fut soudain perdue des deux yeux, mais non la contractilité des iris ; il y eut d'abord une faiblesse générale très marquée.

D'ailleurs, l'animal se tenait parfaitement d'aplomb sur ses pâtes ; et , dans quelque position qu'on le mît, il reprenait parfaitement l'équilibre ; il marchait quand on le poussait ; quand on le jetait en l'air, il volait.

Mais, abandonné à lui-même, il restait comme plongé dans un assoupissement perpétuel.

Jamais il ne se* mouvait qu'autant qu'on l'irritait ; jamais il ne donnait aucun signe de volonté. ,

La mémoire, la vision, l'audition, la volition, toutes les perceptions étaient éteintes.

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