VIII
Il n'y a pas une de ces nombreuses expériences que M. Flourens n'ait répétée sur chaque classe des animaux vertébrés ; et il a toujours indiqué les nuances plus ou moins tranchées qui distinguent ces classes çntre elles.
§. IX
DistinctioD des phénomènes du sentiment et du
mouvement.
Puisque les parties nerveuses d'où dérive le sentiment sont distinctes des parties d'où dérive le mouvement , on conçoit la possibilité de déterminer, à volonté , des paralysies distinctes du sentiment et du mouvement.
i** L'exemple le plus frappant de cet isolement effectif est celui de la coïncidence admirable de la perte de la vision avec la conservation de la contractilité des iris.
On a vu comment, les lobes cérébraux enle-
33o PROPRIÉTÉS ÏT FONCTIONS
yés , TaDimal perd incontinent la vue des deux yeux , et n'en conserve pas moins la contractilîté des iris ; pour peu même qu'on irrite la conjonctive, ou les nerfs optiques, ou les tubercules quadrijumeaux ,• cette contractilité devient convulsive.
Voilà donc tout ensemble perte de la vision et convulsibilité des iris , c'est-à-dire perte du sentiment , et exaltation du mouvement.
â* Il y a deux moyens d'éteindre la vision sans sortir de la masse cérébrale : l'un, l'ablation des lobes cébraux ; c'est la perle du sentiment : l'autre, l'ablation des tubercules quadrijumeaux; c'est la perte du mouvement.
3* Finalement , les deux lobes enlevés , l'animal ne commence aucun mouvement ; mais un mouvement est-il commencé, il le continue.
Il ne marche pas de lui-même , mais il marche quand on le pousse.
Ce n'est plus sa volition qui détermine ses mouvemens ; mais une irritatio^i extérieure peut suppléer à la volition, et les déterminer comme elle.
En un mot , tous les phénomènes du sentiment sont éteints , et tous les phénomènes du mouvement n'en persistent pas moins encore.
Rien ne prouve mieux assurément combien
ou SYSTEME NERVEUX* 33 1
ces deux phénomènes sont distincts etindépen* dans l'un de l'autre.
Telle est l'analyse abrégée des expériences que M. Flourens a soumises au jugement de l'Académie. Il se propose de lui communiquer également la suite de son travail , qui roule particulièrement sur l'action du système nerveux dans les mouvemens involontaires. Dès que nous la connaîtrons , nous nous empresserons d'en enrichir ces Annales.