‹ Récherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du système nerveux, dans les animaux vertébrés (volume 3)Chapitre 37 sur 67 · S- VI · texte numérisé non relu

S- VI

1. La respiration n'est pas, en effet, le seul mouvement qui tire de ce point son premier mobile. Tous les mouvemens dérivés de la respiration , le cri , le rire bruyant , le bâillement , certaines déjections gastriques ou viscérales , certaines attitudes automatiques, y puisent aussi leur premier principe.

2. Je retranchai , sur un lapin , toutes les parties cérébrales, à l'exception de la moelle alongée ; non seulement cet animal respirait bien encore; mais, quand on le pinçait fortement, il s'agitait et criait.

5. Je retranchai , sur un autre lapin , la moelle alongée elle-même; en perdant la faculté de respirer, l'animal perdit celle de crier : quelque violence que l'on mît à le pincer , il s'agitait bien encore , mais il ne criait plus.

4- Certaines déjections alvines ou viscérales , certaines attitudes automatiques, etc., exigent,

» l'animal mourait presque sur-le-champ, et que le pouls net la respiration cessaient absolument,.., etc.» L. c, pages 3C6 et 367.

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dans l'état naturel , comme chacun sait, le concours de plusieurs parties diverses et éloignées. Or, tant que la moelle alongée subsiste, ce concours s'opère ; il ne s'opère plus dès qu'elle est détruite'.

5. Il y a un phénomène bien curieux chez les animaux : c'est la tendance invincible qui les pousse à prendre une position fixe et équilibrée. Quand on les détourne d'une pareille position , ils n'ont plus de repos qu'ils ne l'aient reprise ; et quand , privés de leur cervelet, ils ne peuvent plus réussir à la reprendre , on les voit néanmoins encore s'épuiser en vains et ridicules efforts pour y réussir.

Mais quand ils ont perdu la moelle alongée , cette singulière tendance n'existe plus; et, dans quelque position qu'on le place , l'animal y reste indifféremment.

6. La moelle alongée est donc le premier mobile de l'inspiration , du cri , du bâillement , de certaines déjections , de certaines attitudes ;

' Les viscères, ainsi dépouillés du concours extérieur des muscles de la vie animale, se trouvent réduits à leur action propre; et l'on peut déterminer par là les limites réelles de cette action, soit dans le vomissement, soit dans l'expulsion des matières fécales, de l'urine, etc. Je reviendrai sur ce sujet ailleurs.

OU, en termes plus généraux , et comme je le disais tout à l'heure , de tous les mouvemens coordonnés de conservation.

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