‹ Récherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du système nerveux, dans les animaux vertébrés (volume 3)Chapitre 42 sur 67 · XII · texte numérisé non relu

XII

1. Peut-être s'étonnera-t-on que, de deux mouvemens tels que la respiration et la circulation, confondus jusqu'ici dans la même classe sous le nom commun de mouvemens involontaires, l'un dépende immédiatement et coïnstantanéraent du système nerveux, et que l'autre n'en dépende,

Enfin, les expériences de M.Treviranus citées par le même [M. Lobstein, et au même lieu, paraissent confirmer aussi [cette action énergique du système nerveux sur la circulaîbn.

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au contraire, que d'une manière médiate et consécutive.

Mais je prie de remarquer que rien ne justifie une pareille confusion.

2. D'abord, ces deux mouvemens sont loin d'être involontaires au même degré : le mouvement inspiratoire, et tous ceux qui dérivent de lui, le cri, le rire bruyant, le bâillement, certaines déjections, certaines attitudes, etc., tout cela e^t plus ou moins soumis à la volonté.

Nous agissons, quand il nous plaît, sur le mouvement de l'inspiration : nous l'accélérons, nous le ralentissons , nous le suspendons même.

Dans une infinité de cas, nous pouvons nous livrer au rire, ou le réprimer; pousser des cris, ou les contenir j provoquer l'éjection des matières fécales, ou l'interrompre etc.

Il n'en est point ainsi, au contraire, des mouvemens du cœur et des intestins : mouvemens absolument, constamment, et de tout point, rebelles à la volonté.

3. En second lieu, le mouvement respiratoire, comme tous les mouvemens dérivés de lui, est un mouvement coordonné, résultant du concours de plusieurs parties diverses et éloignées.

Le mouvement du cœur, comme celui des in-

testins, au contraire, ne tient qu'à certaines parties continues, liées entre elles et ne formant toutes qu'un seul système ; on pourrait dire qu'un seul organe.

4. Enfin, la dernière et définitive différence est précisément celle qu'on vient de voir, c'est-àdire que le mouvement respiratoire et ses dérivés tirent leur principe, immédiatement et coïnstantanément , du système nerveux ; tandis que le principe des mouvemens du cœur et des intestins n'en dérive que d'une manière médiate et consécutive.

5. Ce dernier point posé, il ne s'agit plus que de déterminer avec précision :

1° Quel est l'intermédiaire par lequel les mouvemens du cœur et des intestins tirent leur principe du système nerveux, et jusqu'à quel point ils l'en tirent ;

2" Quel est le mode d'action propre et déterminé de cet intermédiaire.

Deux questions qui se résolvent pleinement, comme tout le monde voit, dans la Détermination des propriétés et des fonctions du système nerveux, communément nommé grand-sympathique.

6. Cette détermination importante fait , depuis îong-tems , pour moi ^ l'objet d'un travail sur l'ensemble duquel je ne suis pas assez satis-

fait encore pour oser le soumettre à l'Académie. Je la prierai néanmoins de vouloir bien me permettre d'en détacher ici un fait qui m'a paru assez curieux et assez nouveau pour mériter, dès à présent, de lui être communiqué.

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