‹ Récherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du système nerveux, dans les animaux vertébrés (volume 3)Chapitre 43 sur 67 · SUR LES PROPRIÉTÉS ET LES FONCTIONS DU GRAND-SYMPATHIQUE · texte numérisé non relu

SUR LES PROPRIÉTÉS ET LES FONCTIONS DU GRAND-SYMPATHIQUE

1. On ignore complètement encore si le grandsympallîique est susceptible, ou non, de transmettre à l'animal les impressions ou irritations qu'il éprouve.

L'impassibilité de ce nerf à l'irritation mécanique paraît même un fait presque universellement reçu aujourd'hui en physiologie; et sur la réalité duquel les expériences directes de Bichat, de MM. Wutzer , Lobstein , de bien d'autres , semblent ne plus laisser aucun doute.

2. Bichat' ayant découvert le ganglion semi-lunaire sur plusieurs animaux , l'irrita fortement : l'animal resta constamment impassible.

M. Wutzer ' ayant répété , à plusieurs repri-

' Anat. génér., tom. I, pag. 227.

» Z?e corp. hum. ganglior. Jab. atque usu; pag. 181 y Berol., 1817.

ses , l'expérience de Bichat , en a constamment obtenu le même résultat.

M. Lobstein ' avoue n'avoir jamais réussi , quelques précautions qu'il ait prises, à produire, par l'irritation immédiate du grand -sympathique , le moindre signe de douleur dans l'animal.

Enfm, la plupart des physiologistes paraissent n'avoir pas été plus heureux , dans leurs tentatives, que MM. Lobstein , Wutzer et Bichat%

3. Je ne parle pas des effets provoqués par le galvanisme ; effets sur l'importance desquels les expériences de Fowler , de Rinhold , de Webster, de ]Nysten , etc., de M. de Humboldt^ surtout, ont depuis long-tems fixé l'attention. Il ne s'agit ici que de l'irritation mécanique.

1. J'ouvris le bas -ventre, par une large incision cruciale sur un lapin ; puis je mis bien

' De nerv. sympathet. hum. Jab. usu et morb., pag. 94-95, Paris, 1823.

^ Peut-être faut-il excepter Haller qui paraît avoir réussi, au moins une fois, à produire de la douleur sur un chien, par l'irritation du plexus hépatique : Visum est animal doluisse^ dit-il. {De part. corp. hum. sent, etirritab. oper. minor.f tom. I, pag. 357.)

3 Exp. sur le galv. Paris, 1799.

à nu le ganglion semi-lunaire du côté droit.

Gela fait , je pinçai fortement ce ganglion avec une pince à disséquer : l'animal se débattit et s'agita de la manière la plus violente.

2. J'ouvris, tout de suite, le ventre d'un autre lapin ; je mis le ganglion semi-lunaire droit à nu ; je le pinçai fortement à plusieurs reprises , et , à chacun de ces pincemens, l'animal répondit par des secousses brusques et générales.

5. J'ouvris encore le ventre d'un troisième lapin, et je mis, derechef, le ganglion semilunaire droit à nu.

Ce ganglion se subdivise, chez ces animaux, en deux ou trois autres ganglions formant , par l'enlacement des nombreux fdets qui les joignent, une espèce de réseau ganglionaire.

Je pinçai chacun de ces ganglions séparément, et à diverses reprises assez éloignées entre elles pour que l'effet d'une irritation ne se compliquât pas avec l'effet d'une autre.

A chacune de ces reprises , au pincement de chacun de ces ganglions , l'animal s'agita , se débattit, cria, témoigna, de toutes les manières, combien il était sensible à ce genre d'irritation.

4» Je mis le ganglion semi-lunaire gauche à nu, sur UQ quatrième lapin ; je le pinçai fortement. L'animal s'émut et frémit , comme les autres la-

pins s'étaient émus et avaient frémi aux précédentes épreuves.

5. J'ai répété ces expériences sur plusieurs autres lapins. Le résultat a été constamment le même.

6. Je n'ajoute ici qu'une observation : c'est que, dans ces expériences, je me borne toujours à pincer la partie expérimentée , afin d'être bien sûr de n'intéresser qu'elle. Le moindre tiraillement pouvant se communiquer aux nerfs spinaux qui, de près ou de loin, se joignent aux ganglions, compliquerait et embrouillerait tout.

7. Le ganglion semi-lunaire est donc susceptible de transmettre à l'animal les impressions ou irritations qu'il éprouve ; et cette singulière propriété qu'il partage , à l'exclusion de toutes les autres parties du corps, avec les nerfs de la moelle épinière et de l'encéphale, établit enfin, d'une manière directe et définitive, l'étroite liaison qui l'unit à eux.

8. Je passe à l'examen des ganglions thoraciques et cervicaux.

§• in-

1. Je découvris , sur un lapin, le ganglion cervical supérieur du côté droit ; je le pinçai fortement : l'animal resta impassible.

2. Je pinçai le ganglion cervical gauche : l'animal ne bougea pas davantage.

5. Même résultat sur un second , sur un troisième , sur un quatrième lapin.

4. Sur un cinquième lapin , le pincement du ganglion cervical supérieur excita un léger trouble dans l'animal.

5. Sur un neuvième lapin, le trouble fut beau-' coup plus marqué.

§• IV

1 . Après bien des essais infructueux, j'ai réussi de même à produire , par l'irritation du ganglion cervical inférieur et par celle du premier thoracique, des marques évidentes d'excitabilité.

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