Il a été montré que la cause directe des
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contractions musculaires réside particulièrement dans la moelle épinière et ses nerfs ; et que la cause coordonnatrice du jeu des diverses parties entre elles réside exclusivement , au contraire , dans le cervelet.
5» Voilà donc trois phénomènes essentiellement distincts dans un mouvement voulu : i" la volition de ce mouvement , volition qui réside dans les lobes cérébraux ; 2° la coordination des diverses parties concourant à ce mouvement , coordination qui réside dans le cervelet ; et 3° enfin , l'excitation des contractions musculaires , laquelle a son siège effectif dans la moelle épinière et ses nerfs.
4. Puisque ces trois grands phénomènes, essentiellement distincts , résident dans trois organes essentiellement distincts aussi , on voit tout aussitôt la possibilité de n'abolir que l'un de ces phénomènes , la volonté par exemple , en lais sant subsister les deux autres , la coordination et la contraction ; ou d'abolir à la fois la coordination et la volonté , en ne respectant que la contraction.
5. Or c'est là ce que mes premières expériences ont mis dans une évidence complète.
Un animal privé de ses lobes cérébraux ne se meut plus volontairement, ni dans un but
déterminé, ni dans une vue quelconque ; mais il se meut coordonnément et tout aussi régulièrement que lorsqu'il avait ses lobes.
Un animal privé de son cervelet , au contraire , perd tout équîlibrement , toute coordination , toute corrélation de ses mouvemens. Cependant toutes les parties d'un tel animal , la tête , le tronc , les extrémités , toutes ces parties, dis-je, se meuvent, et se meuvent avec vigueur ; mais comme elles ne concourent plus , ne s'ordonnent plus , ne s'entendent plus , si on l'ose dire , il n'y a plus de résultat obtenu. Un pareil animal ne marche plus , ne vole plus , ne se tient plus debout; non qu'il ait perdu l'usage de ses pattes et de ses ailes, mais parceque le prin-^ x::ipe coordonnateur de ses pattes et de ses ailes n'existe plus. En un mot, tous les mouvemens partiels subsistent encore; la coordination seule de ces mouvemens est perdue.
Enfin , la destruction de la moelle épinière abolit bientôt la contraction dans toutes les parties qui reçoivent leurs nerfs de cette moelle.
Voilà donc la volition , la contraction et la coordination tour à tour disjointes et isolées; voilà donc trois phénomènes bien visiblement démontrés distincts.