Je commence par le Mémoire de Saucerotte
1. J'dmets tout ce qui n'a rapport qu'aux lésions des parois crâniennes , dont il n'est point question ici. J'arrive tout de suite au diagnostic
des lésions cérébrales, lequel, comme le dit très bien l'auteur , forme le point véritablement important de sa dissertation.
Deux Yoies le conduisent à ce diagnostic : les expériences sur les animaux vivans, et les observations d'anatomie pathologique.
Ses expériences n'étant qu'une répétition , quant à la méthode, de celles de Haller, de Lorry, de Zinn; l'auteur n'opérant, comme eux, qu'à tâtons , qu'à travers une ouverture faite par le trépan , sans isoler, sans découvrir les parties sur lesquelles il expérimente; ses expériences, dis-je, ne pouvaient le conduire et ne l'ont effectivement pas conduit à des résultats bien nouveaux. Elles sont pourtant curieuses. II y en a vingt et une en tout : dix-sept sur les lobes cérébraux , quatre sur le cervelet.
2. Dans les trois premières, l'auteur n'a d'autre objet que d'établir le croisement de paralysie par le fait de la lésion des lobes cérébraux.
La quatrième et la cinquième, toujours sur les lobes cérébraux , montrent qu'indépendamment de l'effet croisé général de toutes les parties du corps, il existe un pareil effet croisé pour la vue.
Dans les sixième, septième, huitième et neuvième, l'auteur cherche à établir qu'outre le croi-
sèment de paralysie d'un côté du corps à l'autre, il T en a encore un de la partie antérieure à la postérieure des lobes cérébaux , et vice versa, pour le mouvement des extrémités , de façon que la lésion de la partie antérieure des lobes cérébraux paralyse les jambes de derrière, et réciproquement la lésion de la partie postérieure , les jambes de devant.
Les dixième, onzième, douzième, treizième, quatorzième et quinzième se bornent à reproduire, au moyen de compressions graduées, les résultats obtenus déjà, dans les précédentes, au moyen des sections.
Les seizième et dix-septième, sur le corps calleux, tendent à confirmer l'opinion de Lapeyronie qui supposait, dans ce corps, le siège de l'intelligence et du sentiment.
Des quatre expériences sur le cervelet , l'aiiteur conclut, i ° que le cervelet a, comme les lobes cérébraux, une action croisée; 2° que la lésion du centre du cervelet est constamment suivie d'une susceptibilité , ou vivacité de sentiment extrême.
3. Je ne m'arrêterai point à faire remarquer ici le peu de rigueur et de précision de ces expériences.
L'auteur croit exciter des convulsions par le
corps calleux ; c'est qu'il touche, sans s'en apercevoir , les tubercules quadrijumeaux : il croit en exciter par le cervelet , c'est qu'il touche la moelle alongée. Il s'imagine que la destruction du corps calleux suffit, comme l'avait pensé Lapeyroni€, pour détruire les sens et l'intelligence ; c'est qu'il ne tient pas compte des autres parties des lobes cérébraux qu'il détruit pour arriver aux corps calleux. Il conclut enfin , avec Lapeyronie , Petit de Namur, Louis, etc. , que la lésion du centre du cervelet produit une vivacité de sen- ^ iiment extrême, parceque, d'un côté, il confond les effets du cervelet avec ceux de la moelle alongée ; parceque , de l'autre , il ne peut réussir à s'expliquer ragiiflf/(??2 singulière qui accompagne cette lésion.
Cette agitation singulière , suite constante des blessures du cervelet, a beaucoup embarrassé les observateurs : la plupart la confondent avec les convulsions; d'autres la regardent comme une susceptibilité exaltée , comme une sensibilité exquisCj comme une mobilité^ une vivacité extrême : Haller la définit tantôt une convulsion universellcj, tantôt une espèce de secouement mêlé de tremblement. L'action du cervelet avait été jusqu'ici une énigme. Aucun ordre de phénomènes connus ne pouvait seulement conduire à soupçonner le
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mot de cette énigme ; il a tallu qu'il sortît tout entier de l'expérience.