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L Haller et Lamure expliquent le soulèvement du cerveau pendant l'expiration par le re-
(x) Éléments de physiologie , t. IV. p. 176.
(2) Dum clamatur, cerebrum exseritur, et exsufflatur… in clamore
et tussi sinus duræ membranæ elevantur, etc. Ibid, t. IV. p. 172.
flax du sang de la veine cave supérieure dans les veines Jugulaires, et des veines jugulaires dans les sinus de la dure-mère.
IL. Pour décider si cette cause est en effet la vraie, il n'y a qu'une expérience à faire : il n'ya qu'à supprimer l'action de ce reflux ; iln'y a qu’à empêcher ce reflux, ou du moins qu'à l empêcher de se transmettre jusqu'au cerveau.
IL Lamure l'avait bien senti : aussi cherchet-il, dans toutes ses expériences, à soustraire le cerveau à l’action du reflux du sang veineux.
Mais, sur ce point, les expériences de Lamure sont très incomplètes.
IV. Il lie, d'abord, les deux veines jugulaires ; mais il reste les deux veines vertébrales.
Puis, il coupe tout à la fois les veines jugulaires et les vertébrales; et néanmoins (ce qui va directement contre son explication), il voit le mouvement du cerveau subsister encore.
V. « Ayant coupé, dit-il, les veines jugulaires, » ayant plongé le scalpel dans l'intervalle des deux » apophyses tr'ansverses des vertèbres du col pour » couper les veines vertébrales, le mouvement » du cerveau subsistait encore aussi sensible qu'au- » paravant (1). »
(1) Recherches sur la cause des mouvements du cerveau, etc.
VE. C’est qu'en effet les veines jugulaires et les vertébrales ne sont pas la seule source d’où les sinus et les veines du cerveau tirent leur sang; et que, comme nous le verrons bientôt, tant que le cerveau peut recevoir du sang , le mouvement du cerveau subsiste. F
VIL J'ai répété les expériences de Lamure.
J'ai voulu voir, d'abord, ce que produirait la ligature des veines du cerveau, et ensuite ce que produirait la section de ces mêmes veines.
& IV
[. J'ai lié les deux veines jugulaires primitives sur un lapin.
J'avais commencé par mettre le cerveau à nu; et javais observé, pendant quelque temps, Île mouvement de cet organe, qui, comme on l'a vu, répond exactement à celui de la respiration (1).
Les veines jugulaires étant liées, comme Je viens de le dire, le cerveau parut bientôt très gonflé.
Immédiatement après l'opération , le mouvement du cerveau subsistait, et se manifestait
(1) Je remarque, une fois pour toutes, que le cervelet, que la
moelle allongée, que la moelle épinière même, se meuvent tout
comme le cerveau proprement dit.
350 | MOUVEMENT surtout quand on gênait la respiration de l'animal en pressant un peu ses narines.
* Deux heures après l'opération, le cerveau était beaucoup plus gonflé encore, ainsi que ses sinus et ses veines. Mais déjà, quand l'animal respirait librement, le mouvement du cerveau n'était plus sensible ; et lors même qu'on gênait la respiration de l'animal, le mouvement du cerveau paraissait à peine.
L'animal, que j'avais mis dans un coin, ne bougeait presque pas.
Le lendemain de l'opération, il vivait encore. Le cerveau était beaucoup plus tuméfié que la veille, et ses mouvements encore plus faibles.
Il. J'ai répété cette expérience sur plusieurs autres lapins. Quelques uns ont survécu jusqu'au lendemain de l'opération ; d autres n'ont survécu que quelques heures.
Sur tous, le cerveau s'est tuméfié; et plus il s'est tuméfié, plus ses mouvements sont devenus faibles (1).
ITL. Après ces premières expériences sur là ligäture des veines jugulaires, j'ai voulu voir ce
(1) Je n'ai jamais pu lier les veines vertébrales sur lanimal vivañt. Mais il est évident que l'effet de la ligature des verté-
brales ne ferait que $’ajouter à l'effet de la ligature des juguläires, et que les deux effets ne pourraiént qu'agir dans le méme sens.
que ferait la ligature des artères cärotides et vertébrales.
I. Je liai, sur un lapin, les deux carotides primitives et une des deux vertébrales.
Ces ligatures opérées, on voyait le cerveau de l'animal se déprimer et s’affaisser de plus en plus.
Quant au mouvement de cet organe, non seulement il subsistait comme auparavant, mais il était beaucoup plus marqué. Il l'était surtout incomparablement plus, pour peu qu'on génât la respiration de l'animal, et quon provoquât par conséquent des inspirations plus fortes.
Bientôt le mouvement devient de plus en plus manifeste, et cela même sans quon gêne la respiration de l'animal.
Deux heures après l'opération, le mouvement est plus prononcé encore, surtout quand on gêne la respiration ; et le cerveau est de plus en plus déprimé.
L'animal, mis dans un coin, ne bouge presque pas. | :
IL. J'ai dit que, pour accroître le mouvement du cerveau, il faut gêner la respiration de l'animal en pressantses narines ; il ne faut pas pourtant les boucher tout-à-fait, car on empêcherait Fanimal
de respirer. Il faut, au contraire, non seulement que l'animal respire, mais qu'il respire par des inspirations plus fortes.
LIL. Cette expérience décide évidemment contre l'opinion qui attribue le mouvement du cerveau à l'action des artères; car, dans cette expérience, l'action des artères a été réduite; et plus cette action a été réduite, plus le mouvement du cerveau s'est accru.
IV. Le mouvement du cerveau, le moûvement qui meut le cerveau en masse, le mouvement de cet organe qui répond à la respiration, ne dépend donc pas des artères.
V. J'ai répété les expériences qu'on vient de voir sur plusieurs autres lapins, et toujours avec le même résultat.
VI. J'ai lié, tantôt les deux carotides primitives seules, tantôt les deux carotides et une vertébrale, et le mouvement du cerveau, loin d'en être affaibli, en a toujours paru augmenté.
Quand j'ai lié les deux carotides primitives et les deux vertébrales, l'animal est toujours mort presque sur-le-champ.
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