‹ Recherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du système nerveux, dans les animaux vertébrésChapitre 110 sur 167 · XIII · texte numérisé non relu

XIII

I. Les mouvements alternatifs de gonflement et d’affaissement du cerveau dépendent donc de l’action du sang veineux, et surtout de l'action du sang veineux contenu dans les grands sinus des vertèbres.

Et cela posé, toutes les circonstances des expériences précédentes s'expliquent.

(1) Du moins principalement. Car, je le répète, l'afflux du sang

artériel concourt aussi au gonflement du cerveau. Mais il ne s’agit,

en ce lieu-ci, que de la cause principale de ce gonflement.

IL. On a vu, d'abord, que la ligature, soit des deux carotides, soit des deux carotides et d’une vertébrale, rend le mouvement du cerveau plus marque :

C'est que, des deux causes qui concourent au mouvement du cerveau, l’action du sang artériel et l'action du sang veineux, la première, l'action du sang artériel, agit d'une manière presque uniforme, parce qu'elle n’agit guère que pour le | sonflement (1),et par conséquent masque, par son uniformité même, une partie de l'action inégale de la seconde. Plus l'afflux artériel sera proportionnellement affaibli, plus l’action du reflux veineux paraîtra donc avoir de force.

ET. On a vu, en second lieu, que la ligature des veines jugulaires affaiblit le mouvement du cerveau :

C'est que le mouvement du cerveau se compose d'un gonflement et d'un dégonflement successifs. Or, la ligature des veines jugulaires rend le désonflement plus faible; et par suite le gonflement moins sensible; et par suite le mouvement total moins marqué (2).

(1) En effet, l’action des artères tend toujours à gonfler le cerveau, seulement elle le gonfle un peu moins pendant linspiration que pendant l'expiration.

(2) Le mouvement total est d'autant plus marqué que le gonfle-

ment et le dégonflement le sont plus aussi ; ou, en d’autres termes ,

qu'il ya plus de différence entre le gonflement et le désonflement,

[V. On a vu, en troisième lieu, que l'ouverture des veines jugulaires et vertébrales affaiblit plus encore le mouvement du cerveau :

C'est que, le mouvement du cerveau dépendant surtout du reflux du sang veineux, on ne peut diminuer la quantité du sang veineux sans diminuer la force du reflux, et par suite le mouvement du cerveau, effet de ce reflux.

V. On a vu, enfin, que l'ouverture des veines jugulaires et vertébrales, qui affaiblit beaucoup le mouvement du cerveau, ne l'éteint pourtant pas:

C'est que les veines jugulaires et vertébrales ne sont pas l'unique source du sang veineux qui, par son reflux, gonfle le cerveau.

VI. La principale source de ce sang est dans les sinus des vertèbres.

S XIV

[. De tout ce qui précède, je tire les conclusions suivantes :

1° Les mouvements alternatifs de gonflement et d'abaissement du cerveau répondent aux mouvements de la respiration ;

2° Le cerveau s'élève pendant l'expiration, il s'abaisse pendant l'inspiration ; |

3° Ce qu'on appelle l'élévation du cerveau est un gonflement bien plus qu'un soulèvement;

4°,Des deux causes qui concourent au gonflement du cerveau, l'afflux du sang artériel et le reflux du sang veineux, le reflux du sang veineux est la principale;

6° Ce sang veineux qui, pendant l'inspiration, reflue dans le cerveau et le gonfle, ne vient pas seulement des veines JEU et vertébrales, comme on l'avait cru jusqu'ici; il vient surtout des sinus vertébraux.

6° Le sang artériel ne concourt, du moins d’une manière sensible, qu'au gsonflement du cerveau;

7° Le sang veineux, par son afflux vers le thorax, pendant l'inspiration, détermine seul l’affaissement de cet organe.

IL. L’afflux et le reflux alternatifs du sang veineux, voilà donc les deux principales causes du désonflement et du gonflement alternatifs du cerveau. M ù

HILL. J'ai dit plus haut que la dilatation des artères du cerveau concourt à son gonflement. Mais les artères se dilatent-elles en effet? Cette question a beaucoup occupé les physiologistes, et n'était point encore résolue.

IV. J'ai cherché à la résoudre par les expériences du chapitre qui suit.

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