APPLIQUÉE S SUR LE CERVEAU
Cette mobilité singulière ne durait pas tou jours; elle était plus où moins interrompue par ps moments de repos; mais elle se renouvelait souvent, et de plus en plus fréquemment, à mesure que l'action de la substance (dont ; je renouvelais incessamment l'application) S ‘accroissait de plus en plus. |
Du reste, l'animal voyait, il entendait ; et, sauf cette nent si remarquable à à courir ou à sauter, il conservait toutes ses fonctions (1 ds
IV. Je mis les lobes cérébraux à nu sur un lapin : après quoi j'appliquai « de l'opium (teinture ou gouttes de Rousseau ) sur ces lobes ; et. comme dans toutes les expériences qui as comme dans toutes celles qui suivent, je renouvelai cette application, d'abord ; jusqu à à ce que les effets de
(1) Une observation commune s'applique à ces deux expériences : c'est que, si l'on prolonge trop long-temps l’action de l'essence de térébenthine, soit sur les lobes cérébraux, soit sur le cervelet, les effets d’excitation déterminés par cette substances finissent par s'affaiblir et par s’altérer. Il y a donc un moment où l’ action dé la substance est le plus marquée. Pour les lobes cérébraux , ce moment est celui où les allures de l'animal sont les plus bizarres, ses mouvements les plus impétueux ; car, si l'on prolonge indé finiment l'application de la substance, cette impétuosité s'épuise peu à peu , et de plus en plus, jusqu'à ce que l'animal succombe. Pour le cervelet, ce momentest celui où les mouvements de locomotion sont les plus vifs , sans être irréguliers ; car cette application , trop
prolongée encore , trouble où désordonne ces mouvementss
la substance appliquée parussent, et ensuite jusqu'à ce que ces effets parussent avec toute leur énergie.
Or, dès qu'il en fut ainsi, l'animal devint immobile, et d’une immobilité telle, que j'eus beau le pincer, le piquer, l'irriter, il me fut toujours impossible de le déterminer seulement à changer de place. | s Mere)
Souvent il grinçait des dents; souvent aussi tout son corps était agité de secousses vives et générales;, souvent enfin, sa tête et tout son train de devant étaient fortement rétractés en arrière, et cette rétraction allait quelquefois jusqu à le renverser sur le dos; mais alors il se relevait bientôt pour ne plus bouger encore, jusqu'à une nouvelle perturbation du même genre.
V. J'appliquai de l'opium (teinture de Rousseau) sur le cervelet, mis à découvert, d'un lapin.
[ci le phénomène fut tout-à-fait inverse de celui qu'avait présenté le lapin à cervelet soumis à l’action de l'huile de térébenthine.
On a vu que ce dernier lapin sautait ou courait souvent et avec beaucoup d’agilité ; le lapin à cervelet soumis à l’action de l'opium ne marchait plus, au contraire, qu'avec une peine extrême; jamais il ne courait, et, quand il marchait, c'était
APPLIQUÉES SUR LE CERVEAU. 409 toujours en se trainant lentement, et comme couché où appuyé sur son ventre.
VE. La diversité d'action entre ces deux substances, appliquées sur le même organe, était donc complète; c'était l’exaltation des fonctions locomotrices dans un cas; c'était la torpeur de ces fonctions dans l’autre.
D'ailleurs, pour les lobes cérébraux, la diversité d'action, entre l'effet de ces deux substances, quoique moins apparente, nen était pas moins réelle. Ainsi, l'animal à lobes cérébraux soumis à Jaction de l'huile de térébenthine, tantôt s’élançait brusquement en avant, tantôt tournait avec rapidité; et, dans les moments mêmes d'immobilité, il était toujours facile de le déterminer à se mouvoir, pour peu qu'on l'y excitât. L'animal à lobes cérébraux soumis à l’action de l’opium, au contraire, était dans une immobilité absolue, sans interruption, et l'on avait beau l’exciter à marcher ou à courir, on n'y parvenait jamais. Il ny avait pas, enfin, jusqu'à la direction selon laquelle l’un de ces animaux se mouvait, et à la direction selon laquelle l’autre était habituellement rétracté, qui ne fussent opposées ; car l'animal soumis à l’action de l'hüile de térébenthine, S'élançait toujours ex avant, et l'animal soumis à l'action de l'opium
#10 ACTION DE GERTAINES SURSTANCES
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était, au contrair e;, très Souvent porté oi ou rétracté violemment en arrière.
VIT. Gette opposition Si marquée entre leurs effets me donna l'idée de substituer, après un certain temps de leur action, l'une de « ces substances à l’autre.
1 'appliquai de l'opium (teinture de Rousseau) sur les lobes cérébraux d'un lapin ; et quand | lime mobilité absolue et la rétr action en arrière furent bien prononcées, Je substituai de l'huile de térébenthine à l'opium.
Au bout de quelque temps, l'immobilité ne fut plus aussi complète ; l'animal fit quelques pas, puis il se mit à courir; et, bien que l’immobilité primitive reparût encore parfois, l’action de l'huile de térébenthine n’en avait pas moins modifié essentiellement l’action de l opium, et renversé jusqu'à un certain point l'ordré des phénomènes.
VITE. J'appliquai de l'alcool, tantôt sur les lobes cérébraux, tantôt sur le cervelet de divers lapins, et dans tous ces cas l'effet fut, à une moindre intensité près, à peu près pareil à celui qu'avait déterminé l'huile essentielle de térébenthine.
Ainsi, dans les cas où l'alcool portait sur les lobes cérébraux, l'animal se montrait tour à tour agité, Rate il s'élancait en avant; mais il faisait tout cela avec moins d'impétuosité que dans