‹ Recherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du système nerveux, dans les animaux vertébrésChapitre 30 sur 167 · XI. Passons aux mammiferes · texte numérisé non relu

XI. Passons aux mammiferes

XIL J'ai enlevé le lobe cérébral gauche sur un cochon-d'’inde. L'animal est tombé d’abord dans un affaissement profond. |

Revenu de sa première stupeur, il paraissait plus faible du côté opposé au lobe enlevé; et il ne voyait plus de l'œil de ce côté.

(1) Ce croisement d'effet entre la couche optique et le tubercule bijumeau de la grenouille est curieux. J’y reviendrai dans un autre chapitre. Quant aux effets du cervelet, j'avoue qu'ils me paraissent peu marqués sur les reptiles dont j'ai pu disposer jusqu'ici : le cervelet de ces reptiles est trop petit. Il faudrait pouvoir soumettre à l'expérience des reptiles à cervelet plus développé. Dans nos repules ordinaires , l’ablation du cervelet a surtout pour effet d’affai-

blir, de Te et, à parler plus exactement encore, d’ AEPARdr

les mouvements de locomotion.

Du reste, il entendait et se tenait debout ; il marchait et courait spontanément.

XIE. J’enlevai, sur un autre cochon-d’inde, les deux lobes cérébraux à la fois.

Cette mutilation fut suivie d’abord d’un tel affaissement, que l'animal parut assez long-temps comme mort.

Cet affaissement s'étant enfin dissipé, l'animal se releva et se tint d'aplomb sur ses pattes.

Il marchait, il sautait, il trépignait quand on l'irritait; et dès qu'on ne l'irritait plus, il ne bougeait plus. |

L'audition, la vision, la dolHon: toutes les perceptions étaient abolies.

XIV. Je commençai par retrancher, sur un cochon-d'inde, les couches superficielles du cervelet. L'équilibre de la marche et de la station fut légèrement altéré.

Je passai aux couches centrales : l'animal fut bientôt réduit à la démarche chancelante et dés+ ordonnée de l'ivresse. Ses pattes se mouvaient brusquement et maladroïtement ; il s'embarrassait dans ses mouvements, tombait , et faisait des efforts plus maladroits encore pour se relever.

J'arrivai aux dernières couches : l'animal perdit totalement la faculté de marcher et de se tenir debout. Couché sur le ventre ou sur le côté, il

remuait souvent ses pattes comme pour marcher ou courir. Il faisait mille efforts infructueux pour se relever; et s'il réussissait quelquefois à se relever, ce n'était que pour retomber encore.

XV. Sur un autre cochon-d'inde, j'ai porté, du premier coup, l'instrument jusque vers les dernières couches du cervelet.

Le saut, la marche, la station, ont été perdus sur-le-champ.

Cet animal n'ayant point été affaibli, comme le précédent, par des mutilations successives et répétées, faisait aussi des efforts beaucoup plus violents, mais non moins impuissants, pour res-

saisir l'équilibre.

Je remarque, en outre, que l’affaissement, ‘suite ordinaire des mutilations du cervelet, était beaucoup plus marqué sur ces deux cochons-d'inde quil ne l’est sur les pigeons. |

XVI. Je touchai la moelle allongée, sur un cochon-d'inde, à diverses reprises assez éloignées entre elles pour que l'effet d'une irritation ne se compliquât pas avec l'effet d’une autre. À chaque reprise, il y eut des convulsions violentes et générales. ï

Je déchirai cetté moelle ; l'animal mourut dans les convulsions.

DE LOCOMOTION.' is)

& VI

Conclusion générale de ce chapitre.

I. Les résultats obtenus sur les reptiles et les mammifères reproduisent donc et confirment les résultats donnés par les oiseaux :

Avec la perte des lobes cérébraux coïncide

constamment la per te de la volition et des perceptions ;

Avec la perte d'un seul be la perte de la vue de l'œil opposé ;

Avec la perte du cervelet, la perte Fu saut, du vol, de la marche, de la station, etc.;

Avec la perte de la moelle allongée, de la moelle épinière, ou des nerfs, la perte des contractions musculaires, et par suite la perte du mouvement, et par suite la mort.

IE. Les contractions, l'excitation immédiate des contractions, la liaison de ces contractions en mouvements d'ensemble, la coordination de ces mouvements en saut, vol, marche, ou station, etc., la volition de ces mouvements, les sensations, les perceptions, tous ces phénomènes sont donc des phénomènes indépendants; les organes d’oi ils dérivent, distincts; leur isolement, mamfeste; leur localisation, démontrée.

IL. Le système nerveux n'est point un système homogène. Les lobes cérébraux n'agissent point comme le cervelet, ni le cervelet comme la moelle épinière, ni la moelle épinière absolument comme les nerfs.

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