‹ Recherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du système nerveux, dans les animaux vertébrésChapitre 44 sur 167 · DE L'EFFET CROISÉ · texte numérisé non relu

DE L'EFFET CROISÉ

détermine toujours des convulsions du même côté;

Et pareillement, la mutilation d'un seul côté de la moelle épinière ou de la moelle allongée ne paralyse que les parties de ce côté ;

La moelle épinière et la moelle allongée n’ont donc qu'un effet direct (1).

3° L'effet croisé se borne donc à certaines parties du système nerveux; dans d'autres, il est remplacé par l'e/fet direct : l'expérience de ces diverses parties pouvait seule constater le genre d'effet propre à chacune d'elles;

4° Enfin, la lésion d'une partie excitatrice de contraction et à effet direct (les moelles épinière ou allongée par exemple), combinée avec la lésion d'une partie non excitatrice de contraction et à effet croisé (le cervelet ou les lobes cérébraux par exemple), donne le rapport selon lequel les paralysies se joignent aux convulsions : rapport jusqu'ici tellement inconnu ‘et méconnu, que le principal fait sur lequel il repose, c'est-à-dire le fait d'où était parti Hippocrate et qu'a reproduit Lorry, est encore révoqué en doute par la plupart

des physiologistes.

(1) Tout le monde connait aujourd’hui le fait correspondant offert par l'anatomie, savoir, que les faisceaux de la moelle épinière ne s’entre-croisentiqu'à un'seul point, point où elle finit et

où commence l’encéphale.

XIV. En résumé, les lobes cérébraux et le cervelet ont un effet croisé et simplement de paralysie; les moelles épinière et allongée, un effet direct double et de convulsion et de paralysie; les

[YSLE ; tubercules bijumeaux, un effet croisé double et de paralysie et de convulsion.

XV. Ainsi, qu'un seul lobe cérébral, ou qu'un seul côté du cervelet soit atteint , il y aura simplement paralysie du côté opposé à la partie blessée ; qu'on ne blesse qu'un seul côté des moelles épinière ou allongée, il y aura (selon le degré de la lésion ) paralysie ou convulsion du côté lésé; qu'on ne blesse qu'un seul tubercule bijumeau, et il y aura (selon le degré de la lésion encore (1) paralysie ou convulsion du côté opposé à la blessure.

Au contraire, qu'on blesse tout à la fois et un lobe cérébral et Le côté correspondant de la moelle allongée (2), il y aura tout à la fois paralysie du

(1) Je dis selon le degré de la lésion, parce que, comme on vient de le voir, une lésion déterminée des parties excitatrices de contraction (C'est-à-dire, de la moelle épinière, de la moelle allongée et des tubercules bijumeaux) excite la contraction; tandis qu'une lésion assez profonde pour détruire le tissu de ces parties la paralyse et l’abolit.

(2) Bien entendu que la lésion n'ira pas jusqu'à détruire le tissu de la moelle allongée ; cas auquel, comme je viens de le dire,

ce serait la paralysie, et non la convulsion, qui serait la suite de

cette lésion, ou, plus exactement, de cette destruction.

DE L'EFFET CROISÉ. 121 côté opposé à la piqûre et convulsion du côté piqué; qu'on blesse un seul côté du cervelet et un seul côté de la moelle allongée (toujours la correspondance de côté observée), il y aura encore paralysie du côté opposé à la lésion et convulsion du côté lésé; qu’on blesse enfin, ou un seul lobe cérébral, ou un seul côté du cervelet, conjointement avec le tubercule bijumeau du même côté, et la paralysie et la convulsion seront toutes deux du côté opposé à la blessure.

XVI. La paralysie peut donc exister seule; elle peut se Joindre aux convulsions; elle peut être directe ou croisée, du même côté ou du côté opposé à la convulsion (1) : le genre d’effet propre à la lésion de chaque partie une fois connu, tous les cas de combinaison possibles des diverses lésions se conçoivent et s'expliquent.

$ VI

I. Les mammiferes sont, quant au croisement d'effet ,soumis aux mêmes règles que les oiseaux.

(1) Voyez les Mémoires de Lapeyronie (4cad. des sciences, année 1741), de Saucerotte, Sabouraut, Chopart (Acad. roy. de chirur. , tom. IV des Prix); les Observations de Louis, Pourfour- Petit, Petit de Namur, Valsalva, Morgagni, etc., etc., etc. Voyez, plus loin, l'application de mes expériences et de leurs résultats à

la pathologie.

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