ACTION DU SYSTÈME NERVEUX SUR LA CIRCULATION
Side
I. Il n'y a rien de plus célèbre, en physiologie, que les recherches et les expériences nombreuses auxquelles on s'est livré touchant le principe des mouvements du cœur. C'est par là, si l'on peut ainsi dire, que l'histoire de la physiologie expérimentale commence et finit.
Il. Avant Haller, c'était presque toujours du système nerveux que l'on avait dérivé ce principe: les belles expériences de ce grand homme sur l'irritabilité semblèrent, durant quelque temps, l'y soustraire ; les expériences récentes de Le Gallois semblaient l'y avoir ramené.
III. Selon Le Gallois, la destruction, non pas même de la moelle épinière tout entière, mais d’une seule quelconque de ses régions, suffit pour abolir la circulation. Et, quant aux mouvements du cœur, qui, comme tout le monde sait, survivent
long-temps encore à cette destruction, ce ne sont plus, toujours selon Le Gallois, que des mouvements débiles, impuissants, et les derniers vestiges d'une irritabilité qui s'éteint (1).
Ainsi, la circulation dérive des forces du cœur; les forces du cœur, de la moelle épinière; et, par conséquent, le système nerveux redevient le principe des phénomènes circulatoires. |
IV. Mais à peine cette théorie de Le Gallois, qui restitue au système nerveux le principe des phénomènes circulatoires, commencçait-elle à s'établir en France, qu'un physiologiste anglais, M. Wilson Philip, la combattait déjà par de nombreuses expériences desquelles il concluait, comme Haller l'avait conclu des siennes, que la circulation du sang et l’action des muscles involontaires , independantes du système nerveux, émanent d'une force propre à la fibre musculaire (2).
(1) Expériences sur le principe de la vie. Paris, 1812.
(2) « Après avoir étourdi des lapins par un coup sur le der- » rière de la tête, M. Wilson Philip leur enleva la moelle épinière » et le cerveau, et maintint la respiration par des moyens artificiels. » Il vit la circulation et le mouvement du cœur s’opérer comme » dans l’état de vie : d’où il conclut que la circulation du sang et » l'action des muscles involontaires sont indépendantes de l'in- » fluence des nerfs. » Voyez Bibliothèque universelle, itom. X, pag. 182, Genève, 1819; et An exper. inquiry into theilaws of the vital functions, etc., London, 1817, pag. 69 et suiv.
Voilà donc le principe de la circulation tour à tour attribué, soustrait, restitué, soustrait encore au système nerveux; et l'on peut juger, par les livres usuels de physiologie, jusqu'où vont, effectivement, le vague et l'indécision qui règnent sur cette importante matière.
C'est le désir de substituer enfin quelque résultat positif et définitif à ce vague et à cette indécision qui ma sugoéré les expériences suivantes