‹ Recherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du système nerveux, dans les animaux vertébrésChapitre 96 sur 167 · IL. Quant au second fait, il suffit, pour en dé · texte numérisé non relu

IL. Quant au second fait, il suffit, pour en dé

CÉRÉBRAUX. 297 méler la cause, de considérer que le cerveau possède une force de ressort propre; et conséquemment que, pour que les effets de la compression surviennent , il faut d’abord que cette force de ressort soit vaincue. :

IV. Je ferai voir, dans le chapitre suivant, que cette force de ressort constitue l'une des propriétés les plus prononcées du tissu nerveux. D'ailleurs, les expériences les plus simples ne sauraient laisser aucun doute sur son existence.

V. Si, après avoir mis une partie de l’encéphale à nu, on comprime cette partie, non avec un bouchon, comme le faisait Saucerotte (1), mais avec le doigt ou la main, on reconnaît bientôt qu'il faut un certain effort de la part du doigt ou de la main sur Ja partie > pour déterminer, en la comprimant, les effets de la compression.

On reconnaît, en outre, que ces effets ne surviennent qu'autant que la partie éprouve déjà un certain affaissement ou déformation; et qu’ainsi le cerveau est susceptible de céder ou de s'affaisser jusqu à une certaine limite, avant d’être altéré au point que ses fonctions soient trou-

blées (2).

(i) Prix de l’Académie ‘royale de Chirurgie , t. IV.

(2) Limite qui peut être portée d’autant plus loin que la force

VL Or, soit pour produire ce premier affaissement, soit pour combler le vide qui en résulte, soit pour surmonter complétement la force de ressort du cerveau par laquelle il tend sans cesse à reprendre son expansion naturelle, il est évident qu'il fant nécessairement une certaine quantité de liquide, ou, en d’autres termes, que l'épanchement dépasse une certaine limite; et il le faut d'autant plus que lPépanchement, par son poids seul, ne peut produire aucun de ces effets.

VIE Aïnsi, par exemple, si, après avoir mis toute la partie supérieure de l’encéphale à nu, on la recouvre d'éponges imbibées d'eau, le poids de ces éponges et de cette eau surpasse incomparablement le poids de tout épanchement qui pourrait se former entre le crâne et le cerveau, long-temps avant qu'il survienne aucun des effets de la compression.

Ce n'est done ni par leur poids seul , ni par leur poids méme que les épanchements déterminent les effets de la compression du cerveau; mais parce que , poussés de toute la puissance des forces circulatoires entre le cerveau et ses enveloppes, et

qui produit l’affaissement agit d'une manière plus lente, comme dans les épanchements chroniques, séreux ou autres, par exemple ; mais il n’est question ici que des épanchements produits d'une

manière subite.

CÉRÉBRAUX. 299 le cerveau résistant moins que ses enveloppes, le résultat définitif ne peut être que la dépression ou l'affaissement du cerveau, c'est-à-dire de celle de ces parties qui résiste moins.

VIII. Mais de ce que tout épanchement n'agit que passé une certaine limite, il s'ensuit qu'il faut un certain temps pour qu'il agisse, par cela seul qu'il faut un certain temps pour qu'il atteigne cette limite; et c'est là pourquoi les symptômes des épanchements sont toujours plus ou moins éloignés ou consécutifs, tandis que ceux des blessures (1) sont toujours primitifs ou immédiats : grande règle de diagnostic, indiquée déjà depuis long-temps par le célèbre chirurgien J.L.Petit (2).

IX. D'un autre côté, la nécessité que les épanchements dépassent une certaine limite pour produire la compression du cerveau explique la divergence qui règne entre les opinions des savants, touchant l’action compressive des épanchements.

(1) Du moins en tant que blessures; car l’inflammation , la suppuration , etc. qui succèdent aux blessures , ne sont pas les blessures mêmes. |

(2) On voit donc que trois conditions essentielles caractérisent les effets des épanchements : 1° ces effets sont consécutifs, ou ils ne paraissent qu'après un certain temps; 2° ils sont multiples ; ou ils peuvent atteindre plusieurs parties ; 3 ils sont progressifs, ou ils n'atteignent ces diverses parties que peu à peu, et successivement, à

Une opinion, aussi ancienne que -générale, leur suppose la faculté de comprimer le cerveau; une opinion nouvelle leur refuse cette faculté.

Or, on vient de voir que les épanchements ne déterminent pas la compression du cerveau d’une manière absolue, mais seulement en vertu de telle ou telle condition donnée, comme, par exemple, d'être parvenus à une certaine limite; et, parvenus à cette limite, d'être comprimés par le crâne ou la dure-mère; et l'on concoit que, soit dans les expériences, soit dans les observations recueillies par les auteurs, les épanchements auront dû produire, ou non, la compression du cerveau, selon qu'ils se seront trouvés, ou non, soumis à ces

conditions.

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L. Par tout ce qui précède, on voit: 1° que les épanchements ne produisent les effets de la compression du cerveau qu'autant qu'ils dépassent une certaine limite; 2° qu'il faut qu'ils dépassent cette limite pour surmonter la force de ressort propre du tissu cérébral; 3° qu'ils ne surmontent, même parvenus à cette limite, cette force de ressort qu'autant qu'ils sont comprimés par le crâne ou la dure-mère; et 4° que l’ablation du crâne et de la dure-mère détruit par elle seule, ou indé-

pendamment de leur évacuation (c'est-à-dire par cela seul qu'elle enlève et la voûte cränienne et la résion supérieure de la dure-mère, car le crâne ne comprime que par sa vote, comme la duremère ne comprime que par sa région supérieure), l'action compressive des épanchements.

IF. On voit, en outre, que trois agents distincts concourent à l'action compressive des épanchements : 1° la force impulsive des organes circulatoires qui poussent le sang entre le cerveau et le crâne ou la dure-mere; 2° la résistance du crâne et de la dure-mère; et 3° la résistance propre du cerveau ; et l'on voit que, de ces trois agents, la résistance propre du cerveau étant le plus faible, le résultat définitif doit être, comme je viens de le dire, l’affaissement ou la compression, en d’autres termes, l’altération , la lésion du cerveau ; car toute compression qui agit, agit comme lésion.

ILE. Ainsi, les épanchements n'agissent que par compression; et ils ne compriment le cerveau qu'étant comprimés par le crâne ou la dure-mère ; et ils ne peuvent être comprimés par le crâne ou la dure-mère qu'autant qu'ils dépassent une cerlaine limite; et le trépan, c'est-à-dire l’ablation du crâne et de la dure-mère, détruit leur action, non pas précisément parce qu'il donne éssue à

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