‹ Recherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du système nerveux, dans les animaux vertébrésChapitre 95 sur 167 · S LL · texte numérisé non relu

S LL

I. Les expériences qui suivent montrent : 1° que 'épanchement d'un liquide quelconque n'agit (du moins sous le point de vue mécanique, le seul qui m'occupe ici) sur un organe solide, que par compression ; et2° que cette compression ! portée au point de déterminer des effets sensibles, ne peut avoir lieu, si le liquide n'est à son ‘tour com:primé. D'où il suit que, relativement au cerveau, un épanchement quelconque ne saurait le comprimer de manière à produire de pareils effets, si le crane et la dure-mére sont enlevés, et

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que tout épanchement, au contraire, pourvu cependant qu'il dépasse une certaine limite, comme on va le voir, le comprimera, si ces enveloppes subsistent.

IL. Ainsi, ce n'est pas par son poids qu'un épanchement cérébral agit, c'est-à-dire détermine des effets sensibles; il agit par la compression qu'il éprouve de la part du crâne ou de la duremère qui le contiennent, et quil transmet au cerveau sur lequel il porte.

IL. Le mécanisme de l’action de tout épanchement cérébral nest donc qu'une pression transmise.

IV. Pour mettre cette proposition dans tout son jour, il s'agit de montrer par des expériences directes : 1° qu'un épanchement quelconque ne provoque jamais seul, ou sans le concours de la pression du crane ou de la dure-mere, les effets de la compression du cerveau; et 2° qu'il provoque ces effets, dès qu'à son poids s'ajoute cette pression, soit de la part du crâne, soit de la part de la dure-mère,

V. Onsent que le premier point, dans toute expérience qui tend à déterminer ou à circonscrire les effets propres d'un épanchement, est de ne pas compliquer cet épanchement par une lésion où blessure cérébrale. C'est ici le cas exactement

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inverse de celui de mes précédentes expériences où le premier point était, au contraire, de ne pas compliquer la ésion ou blessure par un épanchement, En un mot, dans mes précédentes expériences , je cherchais à ne produire que des lésions sans épañnchements ; jai cherché, dans celles-ci, à ne produire que des épanchements sans lésions.

VI. Mais, dans ces précédentes expériences dont je viens de parler, quelques précautions que je prisse pour éviter les épanchiements , je ny réussissais pas toujours; et voici ce que j observais alors.

Ou le sang épauché s'écoulait librement à l'extérieur ; et alors l'animal n'éprouvait d'autre effet que le simple affaiblissement qui résulte de toute perte de sang:

Ou l'ouverture du crâne se trouvant fermée, soit par un caillot, soit par une croûte de sang desséché, le sang s'épanchait à l'intérieur; et alors je voyais bientôt survenir tous les effets de la compression du cerveau ; je voyais ces effets subsister tant que la croûte ou le caillot subsistaient; et la croûte ou le caillot enlevés, je voyais ces effets disparaitre.

VIE, Ainsi, dans tous les cas où F'épanchiément, reténu par uhe croûte ou par un caillot, se faisait à l'intérieur, Je voyais; aù bout d'ün certain temps,

CÉRÉBRAUX. 283 c'est-à-dire apres une certaine quantité de sang épanché et refoulétsur le cerveau, l'animal tomber dans l'assoupissement et la léthargie; sa tête se pencher, se baisser, s'appuyer à terre; ses yeux se fermer ; sa respiration devenir bruyante, stertoreuse ; et puis tout-à-coup il relevait la tête, surtout si on le touchait , et il la secouait avec force.

VIIL Dans quelques uns de ces cas, la croûte ou le caïllot se maintenant dans leur position ; les effets de la compression ne tardaient pas à s'accroître. À la stupeur se joïignait bientôt le trouble des mouvements; enfin des convulsions violentes agitaient tout le corps, et l'animal mourait au milieu de ces convulsions.

IX. Dans quelques autres cas, au contraire, les secousses vives et répétées de la tête faisaient sauter le caillot ou la croûte; et aussitôt le sang jaillissait au loin avec force; et à peine le sang avait-il jailli que l'animal, plongé dans la stupeur, se réveillait brusquement et comme en sursaut, et que le désordre des mouvements et les convulsions cessaient.

Je‘remarquais que souvent, au moment où il se réveillait, lanimal poussait un cri perçant; et que, presque toujours, il reprenait, avec une rapidité surprenante dès que le sang avait failli, ses mouvements et ses facultés.

X. Sans doute que ces effets, vingt fois reproduits dans le cours de mes précédentes expériences, suffisaient pour me montrer et quel est le genre d'action des épanchements, et quelles sont les conditions sous lesquelles cette action s'opère. Mais, entraîné par le récit de ces expériences et de leurs résultats immédiats, je n'avais pu développer alors, avec le détail convenable, le mécanisme de cette action. J'ai donc cru qu'il ne serait pas inutile de revenir sur le développement de ce mécanisme, et d'en faire l'objet particulier de quelques nouvelles expériences.

$ IL

I. Après avoir percé le crâne par un petit trou sur un jeune pigeon, j'ouvris le sinus longitudiual supérieur du cerveau, avec précaution, et de manière à ne pas blesser les lobes cérébraux entre lesquels ce sinus est placé. |

Cela fait, je bouchai le trou du crâne, et je vis aussitôt un épanchement de sang sopérer entre le cerveau et ses enveloppes. Mais cet épanchement s'arrêta bientôt; et J'eus beau le renouveler, il ne devint jamais assez considérable pour que l'animal en éprouvât un effet sensible.

Je dis que je vis l'épancheinent s'apérer ; en ef-

CÉRÉRBRAUX. | 289 fet, dans la plupart des oiseaux, surtout dans le jeune âge, les os du crâne sont assez minces pour que l’on distingue, à travers ces os, la couleur de la dure-mèére, celle du cerveau, celle des vaisseaux sanguins, celle du sang qui s'écoule : ce qui permet de suivre à l’œil les progrès et la marche de l'épanchement.

I. L'épanchement produit n'étant pas assez considérable, comme je viens de le dire, je perçai, avec les mêmes précautions, pour ne pas blesser le cervelet sur lequel il repose, le sinus longitudinal postérieur ou cérébelleux. Celui-ci est beaucoup plus grand que le cérébral dans les oiseaux, particulièrement dans les pigeons; aussi l'épanchement de sang qui résulta de son ouverture fut-il plus abondant.

Ce sinus étant ouvert, le sang s’épanchait audehors; et je le voyais, tour à tour, ou comme refluer vers l'intérieur, à chaque inspiration; ou s’écouler en nappe à l'extérieur, à chaque expiration; c'est-à-dire suivre exactement, dans son espèce de reflux et dans son écoulement, les deux mouvements alternatifs du cerveau qui, comme l'ont appris d’abord les expériences deSchlichtiny, répétées depuis par tant de physiologistes, s'abaisse pendant l'inspiration, et s'élève pendant l'expiration.

Tant que le sang s'écoula à l'extérieur, il ne parut aucun effet. Je bouchai le trou du crâné; l'épanchement se fit dès lors à l'intérieur, mais il s'arrêta bientôt; je le renouvelai, il s'arrêta éncore; : et il me fallut le renouveler ainsi à plusieurs reprises. Mais enfin, dès qu'il eut atteint une cértaine limite, je vis l'animal tomber tout-à-coup dans un désordre de mouvements de plus en plus tumultueux, déscrdre toutèà-fait pareil à celui qui suit les lésions de plus en plus profondes du cervelet. Bientôt à ce trouble des mouvements se joignit la perte de la vue; des convulsions survinrent; et l'animal succomba dans ces convulsions.

EL. Sur un second pigeon, je perçai dès l'abord le sinus longitudinal du cervelet; et je le perçai, comme dans l'expérience précédente, à plusieurs reprises, jusqu à ce que l'épanchement fût assez considérable; et à chaque reprise, je bouchai le trou du crâne pour que l'épanchement se fit à l'intérieur; et dès qu'il eut encore atteint une certaine limite, je vis de nouveau reparaître le désordre tumultueux des mouvements et les convulsions.

Mais, cette fois-ci, dès que l'animal me parut sur le point d'expirer, j'enlevai la portion du crâne et de la dure-mère qui recouvre le cervelet ; sur-le-champ, l'épanchement, n'étant plus

CÉRÉBRAUX. #87 comprimé par ces pärties, et ne comprimant plus, à Son tour, l'encéphale, le désordre des mouvements et lés convulsions cessèrent, et l'animal reprit; avec une rapidité singulière, toutes ses facultés.

IV. Je viens de dire, à propos de l'ouverture du sinus longitudinal du cervelet, que le sang s'en écoule par une effusion inégale ou plus où moins ralentie (suspendue mème dans les cas où, soit par la perte du sang, soit par toute autre cause, la citculation est très affaiblie) pendant l'inspiration ; et renouvelée pendant l'expiration.

Je vis cette inépalité de l’effusion du sang se reproduire à l'ouverture du sinus longitudinal du cérveau, et être toujours d'autant plus marquée que les inspirations et les expirations étaient plus fortes, ou que là circulation était plus affaiblie. C'est sans doute à cette inégalité d'écoulement, caractère particulier de hémorragie des sinus de lencéphale, qu'il faut rapporter l'erreur de Vésale et de quelques autres anatomistes, ses contemporains où ses successeurs, Qui sUPposaient ces sinus doués d'une force propre de pulsation.

Haller, l'un de ceux qui ont le plus contribué à dissiper cette ancienne erreur, ne s'exprime pourtant pas tout-à-fait exactement, quand il

dit : « Le grand sinus de la faux, blessé, répand » mollement son sang comme une veine (1). » IL y a du moins cette différence qui explique l'erreur même que combattait Haller, savoir, que la veine répand son sang par une effusion plus ou moins sensiblement uniforme, tandis que le sinus, se dégonflant et se gonflant alternativement pendant l'inspiration et l'expiration, le répand par une effusion plus ou moins inégale, comme je viens de le dire.

V. Je reviens à mes expériences. On a pu remarquer avec quelle difficulté je suis parvenu, dans les deux précédentes; à produire, par l’ouverture des sinus de l’encéphale, des épanchements assez abondants pour déterminer les effets de la compression du cerveau; difficuté telle, comme on à vu, que ces épanchements, à peine produits, s'interrompant sans cesse, il m'a toujours fallu les renouveler à plusieurs reprises. Cette difficulté doit fixer l'attention sous plus d'un rapport. Elle explique d'abord comment quelques expérimentateurs ont vu les épan chements prod uits par l'ouverture des sinus de l'encéphale, n'être suivis d'aucun effet. Elle dément ensuite cette opinion,

quinen est pas moins peu fondée pour être fort

(1) Voyez Mém. sur la nature des parties sensib. et irritab., t. I.

ancienne, et qui regarde l'hémorrhagié de ces sinus comme essentiellement funeste; opinion déjà combattue d’ailleurs par Ridley, par Pott, par Lassus (1). Mais elle montre, surtout et avant tout, la nécessité de recourir à un autre procédé que celui de l'ouverture de ces sinus, pour obtenir

(1) Cest en partie sur cette opinion, qui regarde l’hémorrhagie des sinus comme funeste, qu'a été établie la règle de ne pas appliquer le trépan sur les sutures, notamment sur la suture sagittale , sous laquelle le sinus longitudinal supérieur est placé. Cependant cette opinion, quelque générale qu'elle ait pu être, n’a jamais été universelle. Même à l’époque où, par l'adoption que semblait en avoir faite l'Académie de Chirurgie, elle dominait avec le plus d’empire, Lassus, dans le Mémoire intéressant que je cite ici, et que Louis accompagna d'une dissertation savante, avait cherché à prouver, par le rapprochement de plusieurs faits pris de divers auteurs, que l'hémorrhagie des sinus de l'encéphale était loin d’être aussi dangereuse qu’on le supposait d’ordinaire ( Voyez Mém. de l'Acad. royale de chir. , tom. V). Avant Lassus, Pott n'avait pas craint de recourir à une large ouverture du sinus longitudinal, mis à découvert par une blessure, pour combattre un état d'insensibilité générale, suite de cette blessure { Pott, OEuvres chir.); Ridley, dans ses expériences sur les mouvements des sinus, avait vu plusieurs fois les hémorrhagies de ces sinus s'arrêter d'elles-mêmes (Trans. phil., t. XXIIE, p. 1480), etc., etc.

Eufin , les expériences qu'on vient de voir montrent, avec l'évidence la plus complète, que lhémorrhagie des sinus cérébraux n’a par elle-même aucune espèce de gravité. Cependant, comme toute complication d'hémorrhagie est toujours une complication incommode dans les opérations chirurgicales non moins que dans les expériences, il suit qu’elle doit être évitée toutes les fois qu'on

TN . CRE Q A na pas un interêt direct ral la provoquer.

ra 290 : ÉPANCHEMENTS

enfin des épanchements qui donnent des résultats prompts et assurés.

$ IV

L. Or, cet autre procédé ne pouvait évidemment consister que dans l'ouverture des artères mêmes du cerveau.

Après avoir opéré successivement, dans diverses expériences, l'ouverture de plusieurs de ces artères qui rampent à la face supérieure des lobes cérébraux, l'une de celles qui m'a paru la plus facile à atteindre, et qui donne par conséquent les résultats les plus sûrs, est celle qui rampe à la face antérieure et supérieure des lobes cérébraux, près du bord supérieur et interne de l'orbite; mais, et il est presque inutile d'en avertir, quelle que soit l'artère que l'on ouvre, les résultats sont toujours au fond les mêmes.

Il est presque inutile aussi de répéter que le peu d'épaisseur des os frontaux des pigeons laisse voir les artères de la face supérieure du cerveau comime à nu; d'où il suit qu'on peut toujours les atteindre avec certitude. De plus, comme ces artères sont très superficielles, et quil suffit de les percer une seule fois pour obtenir un épanchement aussi rapide qu'abondant, on ne court jamais

le risque de blesser la substance du cerveau; ce qui est un avantage immense, ét que na pas le procédé de l'ouverture des sinus : car, comme il faut toujours percer ces sinus à plusieurs reprises, on sent qu'il est presque inévitable qu'à force de revenir dans le crâne, on ne finisse par blesser plus où moins quélques unes des parties mêmes de l'encéphale. | À

IL, Ces préliminaires posés, je passe aux expé: riences.

Sur un jeune pigeon, je perçai l'artère superficielle qui rampe, ainsi que je viens de le dire, près du bord intérne et supérieur de l'orbite.

Gette artère était celle du lobe cérébral droit. A peéinefut-elle ouverte que je vis un épanchement rapide se former sur ce lobe droit. $

Bientôt l'épanchemetit gagna le lobe gauche; et alors l'animal ne voyait plus.

Bientôt encore l'épanchement gagna le cervelet; aussitôt le trouble des mouvements parut. Enfin, l’épanchement s’accroissant de plus en plus, des convulsions violentes survinrent; ét l’animal succomba dans ces convulsions.

A l'ouverture du crâne, je trouvai, comimé dans toutes les expériences où j'ai laissé succomber l’animal aux effets de l'épanchement, toute la surface de l'encéphale, jusqu’à l'origine de la moelle

202 ÉPANCHEMENTS épinière, recouverte d'une couche épaisse de sang coagulé, et toute la dure-mère fortement distendue par cette couche de sang interposé entre elle et l'encéphale. Il est à remarquer en outre que, dans le cas de l'ouverture d'une artère du cerveau, le sang s’épanche en entier, ou à peu près du moins, sous la dure-mère, tandis que ,‘dans le cas de l'ouverture d'un sinus, le sang s’'épanche, en partie sous la dure-mère, et en partie entre le crâne et la dure-mère.

{IL Sur un second pigeon, je perçai la même artère; et Je vis, successivement et rapidement, vagner les deux lobes, le cervelet,

OO les parties profondes de l'encéphale; et, à chaque

l’'épanchement

progrès qu'il faisait, l’ordre des phénomèues changer, à mesure qu'à chacun de ces progrès il comprimait une partie nouvelle.

Ainsi, à mesure que l’épanchement gagna les lobes cérébraux, l'animal perdit la vue; à mesure qu'il atteignit le cervelet, l'animal perdit l’équilibre de ses mouvements ; à mesure enfin que l'épanchement comprima Îa moelle allongée , des convulsions violentes survinrent. Je n'avais jamais vu (à l'extrême rapidité près, dans la succession des phénomènes), les lésions isolées des diverses parties du cerveau produire des résultats plus distincts et mieux circonscrits.

Dans l'expérience précédente, J'avais laissé succomber l'animal dans les convulsions. Dans celleci, dès que les convulsions parurent, j'enlevai la portion des os frontaux et de la dure-mère qui recouvre les lobes cérébraux (ou, en d’autres termes , j enlevai les parties qui comprimaient l’épanchement, et je permis à l'épanchement de se faire à l'extérieur (1) ) : sur-le-chanip, les convulsions, le trouble des mouvements, la perte de la vue, tout disparut; et l'animal reprit, avec une rapidité surprenante, toutes ses facultés.

IV. Cette rapidité avec laquelle l'animal reprend ses facultés, et, pour ainsi dire, renaît à la vie, dès l'instant où la compression cesse, est au reste l'un des phénomènes qui m'ont le plus frappé dans le cours de ces expérienees. Mais il y a des degrés, soit dans la rapidité, soit dans la plénitude de cette renaissance des forces, selon les effets produits. Elle est, par exemple, soudaine, complète, assurée, s'il n° y a que stupeur et perte de la vue; elle l’est de même, sil n’y a que trouble des mouvements, ou même si les convulsions ne subsistent que depuis peu de temps; mais, à mesure que les convulsions subsistent depuis plus long-

(1) Quant à cet épanchement ou hémorrhagie extérieure, comme

il ne s'agit ici que de l'ouverture de petites artères, cette hémor-

rhagie s'arrête toujours d'elle-même et bientôt.

294 ÉPANCHEMENTS temps, il y a de moins en moins lieu de compter sur elle. | |

V. Sur plusieurs lapins, après avoir percé le crâne, jinjectai, au moyen d'une petite seringue, une certaine quantité d'eau entre le crâne et la dure-mère.

Sur tous ces lapins, dès que l’'épanchement dépassait une cer taine‘hHmite, Je voyais survenir tous les effets de la compression du cerveau; et dès que, ou l'épanchement, ou le crâne étaient enlevés, je voyais, dans les cas du moins où la substance du cerveau n'avait pas été blessée, tous ces effets disparaître.

VI. Une précaution essentielle, dans ces expériences, pour ne pas blesser la substance du cerveau par Finjection, est de n opérer cette injection qu'entre le crâne et la dure-mère. Une seconde précaution est de diriger le jet du liquide vers les parois internes du crâne, et non vers le cerveau; et encore, avec toutes ces précautions, on court toujours le risque de blesser plus ou moins la substance de cet organe.

Ainsi, ce procédé est défectueux, parce qu'il complique ou fait courir le risque de compliquer plus ou moins les épanchements par des lésions : le procédé de F ouverture des sinus est défectueux, parce que les épanchements qu'il produit sont

CÉRÉBRAUX. 200 presque toujours insuffisants pour déterminer les effets de la compression cérébrale, et que, pour les rendre suffisants, on court encore le risque de compliquer les épanchements par des lésions. Le procédé par louverture des artères, tel que je viens de l'exposer, n’a aucun de ces inconvénients ; il doit donc, pour les expériences dont il s'agit ici, être préféré sous tous les rapports.

VIL J'ai répété les expériences qu'on vient de voir, un si grand nombre de fois, sur des pigeons, sur des poules, sur des lapins, qu'il ne peut y avoir aucun doute sur leurs résultats; résultats d’ailleurs si nets, si évidents, et, sil m'est permis de le dire, qui éclairent d'un si grand jour lune des lésions les plus graves de l'organe le plus i a dote tant de l’économie.

VITE. Ainsi donc, 1° les épanchements cérébraux, parvenus à une certaine limite, déterminent les effets zombreux et divers de la compression du cerveau ; et 2° ils ne déterminent ces effets que parvenus à celle limite.

I. Deux faits sont done à expliquer dans l’aetion mécanique de ces épanchements : un, pourquoi leurs effets sont multiples; l'autre, pourquoi

2096 ÉPANCHEMENTS ils ne produisent ces effets que parvenus à une certaine limite. |

IL. Or, quant au premier fait, mes précédentes expériences ayant montré que chaque partie de l'encéphale a ses fonctions propres, et conséquemment aussi ses symptômes, car les symptômes ne sont que les fonctions troublées, il s'ensuit risoureusement que, dans tout épanchement plus ou moins général, comme il y a plusieurs parties atteintes, il doit y avoir aussi plusieurs symptômes ou effets produits; il s'ensuit encore que, selon que telle ou telle partie est plus tôt ou plus tard atteinte, et elle l'est plus tôt ou plus tard selon le lieu qu'occupe le siése primitif de l'épanchement, ce doit être tel ou tel effet qu'on observe d'abord; il s'ensuit enfin que l’on peut toujours conclure, par chaque effet produit, le moment où l’épanchement, ou, plus exactement, l’action compressive de l'épanchement atteint chaque partie distincte de l’encéphale : par la perte des sens, la compression des lobes cérébraux; par le désordre des mouvements, la compression du cervelet; par les convulsions, la compression de la moelle allongée ; par la mort, la compression du point que jai nommé point vital et central du système nerveux.

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