‹ Recherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du systèmeChapitre 13 sur 55 · J'ai supprimé tout d'un coup le cervelet · texte numérisé non relu

J'ai supprimé tout d'un coup le cervelet

DU SYSTBKE NERVEUX* 5i

sur une grenouille : la marche , le saut , la station, ont été tout d'un coup abolis.

9. J'ai supprimé peu à peu le cervelet sur une autre grenouille ; le saut , la marche , la station , se sont abolis peu à peu.

10. Ainsi, chez les reptiles comme chez les oiseaux , ce n'est point dans la moelle épinière que réside la faculté d'ordonïier les mouvemens en saut , marché ou station ; car la moelle épinière peut rester intègre et cette faculté s'abolir : ce n'est point non pluà dans les lobes cérébraux ; car ces lobes peuvent être supprimés, et cette faculté persister.

En second lieu, la faculté d'ordonner les mouvemens en saut, marche, ou station, réside exclusivement dans le cervelet.

On peut, chez les reptiles comme chez les oiseaux , abolir tout d'un coup cette faculté , en supprimant tout d'un coup le cervelet ; ou ne l'abolir que petit à petit, en ne supprimant le cervelet qu'une couche après l'autre.

' En troisième lieu, les reptiles, comme les oiseaux, perdent toute volition et toute sensation en perdant les lobes cérébraux.

Finalement, chez les uns comme chez les autres, la suppression d'un lobe cérébral fait perdre constamment la vue de l'œil opposé ; et

la perte d'un tubercule quadrijumeau détermine un tournoiement sur le côté du tubercule enlevé.

1 1. Passons aux mammifères.

1 2. J'ai enlevé le lobe cérébral gauche sur un cochon-d'iude. L'animal est tombé d'abord dans un affaissement profond.

Revenu de sa première stupeur, il paraissait plus faible du côté opposé au lobe enlevé ; et il n'y voyait plus de l'œil de ce côté.

Du reste , il entendait et se tenait debout ; il marchait et courait spontanément.

1 3. J'enlevai , sur un autre cochon-d'inde , les deux lobes cérébraux à la fois. .

Cette mutilation fut suivie tf abord d'un tel affaissement, que l'animal parut assez long-teo^s comme mort.

Cet affaissement s'étant enfin dissipé, l'animal se releva et se tint d'aplomb sur ses pâtes.

Il marchait , il sautait , il trépignait quand on l'irritait; et dès qu'on ne l'irritait plus, il ne bougeait plus.

L'audition, la vision, la volition , toutes les sensations étaient abolies.

14. Je commençai par retrancher, sur un cochon-d'inde , les couches superficielles du cervelet. L'équilibre de la marche et de la station fut légèrement altéré.

Je passai aux couches centrales : l'animal fut bientôt réduit k la démarche chancelante et désordonnée de l'ivresse. Ses pâtes se mouvaient brusquement et maladroitement ; il s'embarrassait dans ses propres mouvemens, tombait et faisait des efforts plus maladroits encore pour se relever*

J'arrivai aux dernières couches : l'animal perdit totalement la faculté de marcher et de se tenir debout. Couché sur le ventre ou sur le côté , il remuait souvent ses pâtes comme pour marcher ou courir. Il faisait mille efforts infructueux pour se relever; et s'il réussissait quelquefois à se rjelever, ce n'était que potir retomber encore.

i5. Sur un autre cochon-d'inde » j'ai porté, du premier cpup^ l'instrument jusque vers les dernières couches du cervelet.

Le saut, la marche, la station, ont été perdus sur-le-champ.

Cet animal n'ayant point été affaibli , comme le précédent, par des mutilations successives et répétées, faisait aussi des efforts beaucoup plus violens, mais non moins impuissans, pour ressaisir l'équilibre.

Je remarque, en outre, que l'affaissement, suite ordinaire des mutilations du cervelet, était

54 PROPRliTÉS ET FONCTIONS

beaucoup plus marqué sur ees deux cochons"^ d'inde qu'il ne l'est chez les pigeons.

1 6» Je touchai la moelle alongée , sur un co'^ chon-d'inde , à diverses reprises assez éloigi^es entre elles pour que Tefifet d'une irritation ne se compliquât pas arec lefifet d'une autre. A chaque reprise , il y eut des convulsions violentes et générales.

Je déchirai cette moelle ; l'animal mourut dans des convulsions horribles.

Conclusion générale et définitiTC de ce mémoire.

1. Les résultats obtenus sur les mammifères reproduisent donc et confirment les résultats donnés par les reptiles et par les oiseaux.

Avec la perte des lobes cérébraux coïncide constamment la perte de la volition et des sen* sations ;

Avec la perte d'un seul lobe , la perte de la vue de l'œil opposé ;

Avec la perte du cervelet , la perte du saut , du vol , de la marche , de la station , etc. ;

Avec la perte de la moelle alongée, de la moelle épinière, ou des nerfs, la perte des contractions musculaires , et par suite la perte du (Qouvement, et par suite la mort.

]>« SYSTEMS NERVEUX. 55

2. Les contractions, l'excitation immédiate des contractions , la liaison de ces contractions en mouyemcns d'ensemble , }al coordination de ces mouvemens en saut, vol , marche, ou station, ou préhension, etc« , la volitîon de ces mouvemens , les sensations , tous ces phénomènes sont donc des phéno>mènes indépendans ; les organes d'où ils dérivent, distincts ; leur isolement , m^anifeste ; leur localisation , démontrée.

3. Le système nerveux n'est point un système liomogèqe. Les lobes cérébraux n'agissent point comme le cervelet , ni le cervelet commfe la moelle éplnière , ni la moelle épinière absolument comme les ner&.

Page 1