‹ Recherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du systèmeChapitre 35 sur 55 · Je me hâte d'avertir, en outre, que, lorsque · texte numérisé non relu

Je me hâte d'avertir, en outre, que, lorsque

' Cette perséyéraoce de la circulation à sang nùir est un phénomèoe aussi constant qu'il est remarquable^ On a

DU SYSTÈME NSRYËUX. I95

je parle des deroières limites de la circulation , c'est toujours par l'état des carotides que je juge de ces limites.

En effet, la circulation se concentrant de plus en plus à mesure qu'elle s'éteint, c'est toujours par les carotides que ses derniers efforts appajraîssent; le cœur pouvant battre long-tems encore après que la circulation est éteinte'.

7. Ainsi donc, la circulation, soutenue par l'in* suflation, survit, chez les animaux adultes, à la destruction totale du système nerveux; et, chez les animaux voisins de leur naissance , elle surfit à cette destruction , même sans le secours de l'insuflation. La circulatioil ne dépend donc ni

vu que cette circulation subsiste jusqu^ù une heure et une heure et demie, malgré la destruction totale du système nerveux. Elle subsiste bien plus long-tems encore quand la moelle épînîèrc n'a pas été détruite : je l'ai vue survivre .alors jusqu'à d«uz et trois heures entières.

' Ainsi, dan« les cas d'asphyxie, par exemple, tant que le battement des carotides persiste, on peut être sûr de rappeler l'animal à la vie : on n'y peut plus compter, au contraire, quand elles ne battent plus, quoique le cœur batte encore. C'est donc d'après l'état des carotides, et noiji d'après l'état du cœur qu'il faut juger de la circulation. Lo Gallois me paraît avoir indiqué le premier ce fait si împorr tant dans la théorie de l'asphyxie.

immédiatement, ni instantanément, ni essentiellement de ce système.

8. Mais sa dépendance , pour n être qu'éloignée et consécutive, n'en est pas moins réelle.

A mesure que la destruction du système nerveux s'opère, la circulation se concentre et s'affaiblit. D'abord, la circulation capillaire souscutanée s'éteint; puis celle des vaisseaux les plus excentriques; il ne reste bientôt plus que la circulation des troncs voisins du cœur.

9. Le système nerveux concourt donc à l'énergie et à la durée de la circulation : car, à mesure qu'il se détruit, elle s'afifaiblit; et au bout d'un certain tems qu'il est tout-à-fait détruit, elle est tout-à-fait éteinte.

En second lieu, il concourt à cette énergie et à cette durée non seulement d'une manière générale et absolue, mais encore d'une manière spéciale et déterminée : car lorsqu'une région déterminée du système nerveux est seule détruite, c'est toujours dans les seules parties correspondantes à cette région que la circulation se montre surtout affaiblie. Il y a donc une influence générale, c'est-à-dire de tout le système sur toute la circulation ; et des influences locales et partielles des diverses régions de l'un sur les diverses régions de l'autre.

Enfin, dans tous les cas, la destruction complète du système nerveux affaiblit tellement l'ensemble de la circulation, que; quelque tems que la circulation vasculaire survive encore , la circulation capillaire sous-cutanée est toujours presque instantanément éteinte.

10. Ce dernier point est remarquable : car il a porté quelques auteurs à regarder la circulation capillaire, ou comme absolument indépendante de la circulation générale, ou comme plus soumise qu'elle à l'action nerveuse, ou même comme exclusivement soumise à cette action : toutes suppositions qui ne reposent, je crois, que suit une simple apparence,

1 1. La circulation capillaire n'est ni plus spé^ cîalement, ni plus radicalement, ni surtout exclusivement soumise à l'action nerveuse; m^is elle accuse et manifeste plutôt les effets de cette action, parceque, placée comme elle^st à l'extrémité de la circulation vasculaire, la force d'imr

pulsion centrale qui n'y parvient jamais qu'affaiblie, n'y parvient plus du tout dès qu'une cause quelconque l'affaiblit plus encore. C'est ainsi que le sang coule d'un jet continu saccadé dans la circulation vasculaire, tandis qu'il oscille et hésite dans la circulation capillaire; c'est ainsi qu'il oscille dans la circulation vasculaire mêiae^

igS PROPRIÉTÉS ET FONCTIONS

quand elle est près de s'éteindre, et que cette circulation se rétrécit et se concentre de plus en plus à mesure qu'elle s'éteint.

lu. En résumé, le système nerreux influe sur la circulation; il y influe partout son ensemble; il y influe par ses diverses régions; c'est surtout par la circulation capillaire que ses moindres effets sur la circulation générale apparaissent '.

' Quelques expériences de M. W. Philip me semblent ajouter encore un grand poids A ces propositions. Cet habile physiologiste a constamment vu l'application de l'alcool ou de l'opium à la moelle épînière ou au cerveau produire une accélération dans le mouvement de la circulation (voyez ^t&Z. univ. Genèv»;tom. X| pag. 182. Anexperiment, inq. into the laws qfthevitfunc,, etc.; chap. 11^ p. 80 ; chap. XI, p. a45).

Je fis, eii outre, dans M^ Lobstein {De nerv. sympath» human, fabric,, usu et morb., p. 107), ce passage fort remarquable :

« Simili modo, W. Philip, admfotis ad ranarum cere^ «bram alkoolCj- solutione opii, iofuso tabaci, circulation »nem sanguinis in. ihembranis natatoriis istorum anima- »liumclarissime vidit acceleratam ; annihilatam vero, quum iDcerebrum etmedullam spinalem destruxerat. Qua re op- » time perspexit experimentator noster, motum sanguinis in »vasculis minoribus nervosi systematis imperio esse subii jectum. »

i3. Mais quel que soit le concours du système nerveux dans la circulation , ce concours n'est point instantané, car ce système peut être détruit et la circulation survivre un certain tems encore; ni immédiat « car, comme chacun sait, un intermédiaire particulier, le grand-sympathique , s'interpose entre le système nerveux proprement dit et les organes circulatoires.

La circulation ne dépend donc, encore un coup, du système nerveux qiie d'une manière médiate et consécutive ; et ce n'est pas lui qui l'ordonne et la détermine, comtne il ordonne et détermine le mécanisme des mouvemens de conservatioa que nous avons vus.

§. xn.

1. Peut-être s'étonnera-t-on que, de deux mouvemens tels que la respiration et la circulation , confondus jusqu'ici dans la même classe sous le nom commun de mouvemens involontaires , l'un dépende immédiatement et coïnstantanément du système nerveux, et que l'autre n'en dépende, "^^"^^■^""^"■"■"'^■^"''"*'^— ~^^'^""'— ''^^^"— "^"^^'"^''^^■"^"^"■""■~~"~~"^~"'~""~^^^"~""~^"~"

£Qfin,les expériences de M.TrevIranus citées par le même M. LobsteÎD, et au même lieu, paraissent confirmer aussi cette action énergique du système nerveux sur la circula-^ tion«

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au eoDtraîre, que d'une manière médiate et consécutive.

Mais je prie de remarquer que rien ne justifie une pareille confusion.

2. D'abord , ees deux mouyemens sont loin d'être involontaires au même degré : le mo^ve'• ment iûspiratoice , et tous ceux qui dérivent ^de lui , le cri , le rire bruyant, le bâillement, certaines déjections, certaines attitudes, ete.,tout cela est plus ou moins soumis à la volonté.

Nous agissons, quand il^ nous plaît, sur le mouvement de rinspiration : nous l'accélérons, nous le ralentissons , nous le suspendons même.

Dans une infinité de cas, nous pouvons nous livrer au rire, ou le réprimer; pousser des cris, ou les contenir ; provoquer l'éjection des matières fécales, ou l'interrompre., etc^

Il n'en est point ainsi, au contraire, des mouvemens du cœur et des intestins : mouvemens absolument, constamment,^ et de tout point, rebelles à la volonté»

3. En second lieu, le mouvement respiratoire, comme tous les mouv^emens dérivés de lui, est un mouvement coordonné, résultant du concours de plusieurs parties diverses et éloignées.

Le mouvement du cœur, comme celui des in-^

testins, au contraire, ne tient qu'à certaines parties continues, liées entre elles et ne formant toutes qu'un seul système; on pourrait dire qu'un seul organe.

4. Enfin, la dernière et définitive différence est précisément celle qu'où vient de voir, c'est-àdire que le mouvement respiratoire et ses dérivés tirent leur principe, immédiatement et comstantanément, du système nerveux ; tandis que le principe des mouvemens du cœur et des intestins n'en dérive que d'une manière médiate et consécutive.

5. Ce dernier point posé , il ne s'agit plus que de déterminer avec précision :

i® Quel est l'interoiédiaire par lequel les mouvemens du cœur et des intestins tirent leur principe du système nerveux, et jusqu'à quel point ils l'en tirent ;

2* Quel est le mode d'action propre et déterminé de cet intermédiaire.

Deux questions qui se résolvent pleinement, comme tout le monde voit, dans la Détermination des propriétés et des fonctions du système nerveux j communément nommé grand-sympathique.

6. Cette détermination importante fait , depuis long-tems, pour moi, l'objet d'un travail sur l'ensemble duquel je ne suis pas assez satis-

fait encore pour oser lé soumettre à rÂcadémie. Je la prierai néanmoins de vouloir bien me permettre d'en détacher ici un fait qui m'a paru assez curieux et assez nouveau pour mériter, dès à présenta de lui être communiqué.

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