SUR LES PROPAIETÉS ET LES FONCTIONS DU GRAND-STMPATHIQUE
1. On ignoré complètement encore si le grandsympathique est susceptible, ou non, de transmettre à l'anima^ les impressions ou irritations qu'il éprouve.
L'impassibilité de ce nerf à l'irritation mécanique paraît même un fait presque universellement reçu aujourd'hui en physiologie; et sur la réalité duquel les expériences directes de Bichat, de MM. Wutzer , Lobstein , de bien d'autres , semblent ne plus laisser aucun doute.
2. Bichat* ayant découvert le ganglion semi-lunaire sur plusieurs animaux , l'irrita fortement : l'animal resta constamment impassible.
M. Wutzer ' ayant répété , à plusieurs reprî-
* Anau génér., tom. I, pag. 22^.
"* De corp. hum, gangfior. Jal^é atque usu; pag. 181^ Berol., 1817.
ses y TexpérieDce de Bichat , en a coDstamment obtenu le même résultaté
M. Lobstein ' avoue n'avoir jamais réussi , quelques précautions qu'il ait prises, à produire, -par l'irritation immédiate du grand -sympathique , le moindre signe de douleur dans l'animal.
Enfin, la plupart des physiologistes paraissent n'avoir pas été plus heureux , dans leurs tentatives, que MM. Lobstein , Wutzer et Bichat'.
3. Je ne parle pas des effets provoqués par le galvanisme ; effets sur l'importance desquels les expériences de Fowler, de Rînhold, de Webster, de Nysten , etc. , de M. de Humboldt^ surtout, ont depuis long-tems fixé l'attention. Il ne s'agit ici que de l'irritation mécanique.
1. J'ouvris le bas -ventre, par une large incision cruciale sur un lapin ; puis je mis bien
* De nerv. sympathet, hum. fah. usu et morb., pag. 94*95. Paris ^ 1823.
= Peut-être faut-il excepter Haller qui parait avoir réussi, au moins une fois, à produire de la douleur sur un chien, par Tirritation du plexus hépatique : Visum est animal doluisse, dit-il. [Départ, corp, hum. sent, etirritab. oper^ minor.f tom. I, pag. 357-)
^ Exp. sur le galv. Paris, 1 799.
à nu le ganglion semi-lunaire du côté droit.
Cela fait , je pinçai fortement ce ganglion avec une pince à disséquer : l'animal se débattit et s'agita de la manière la pluis violente.
2. J'ouvris, tout de suite, le ventre d'un autre lapin ; je mis le ganglion semi-lunaire droit à nu; je le pinçai fortement à plusieurs reprises , et , à chacun de ces pincemens, l'animal répondit pat des secousses brusques et générales.
3. J'ouvris encofe le ventre d'un troisième lapin , et je mis , derechef , le ganglion semilunaire droit à nu.
Ce ganglion se subdivise , chez ces animaux , en deux ou trois autres ganglions formant , par l'enlacement des nombreux filets qui les joignent, une espèce de réseau ganglionaire.
Je pinçai chacun de ces ganglions séparément, et à diverses reprises assez éloignées entre elles pour que l'effet d'une irritation ne se compliquât pas avec l'effet d'une autre.
A chacune de ces reprises , au pincement de chacun de ces ganglions , l'animal s'agita , se débattit, cria, témoigna, de toutes les manières, combien il était sensible à ce genre d'irritation.
4* Je mis le ganglion semi-lunaire gauche à nu, sur un quatrième lapin ; je le pinçai fortement. L'animal s'émut et frémit , comme les autres la-
pins s'étaient émus et avaient frémi aux précédentes épreuves.
5. J'ai répété ces expériences sur plusieurs autres lapins. Le résultat a été constamment le ^rnême.
6. Je n'ajoute ici qu'une observation : c'est que, dans ces expériences, je me borne toujours à pincer la partie expérimentée , afin d'être bien sûr de n'intéresser qu'elle. Le moindre tiraillement pouvant se communiquer aux nerfs spinaux qui , de près ou de loin , se joignent aux ganglions, compliquerait et embrouillerait tout.
7. Le ganglion semi-lunaire est donc susceptible de transmettre à l'animal les impressions ou irritations qu'il éprouve ; et cette singulière propriété qu'il partage , à l'exclusion de toutes les autres parties du corps, avec les nerfs de la moelle épinière et de l'encépiiale, établit enfin, d'une manière directe et définitive, l'étroite liai*^ son qui l'unit à eux.
8. Je passe à l'examen des ganglions tbora^ xiques et cervics^ux.
1 . Je découvris , sur un lapin, le ganglion cer-» vical supérieur du côté droit ; je le pinçai fortement : l'animal resta impassible.
2. Je pinçai le ganglion cervical gauche : ranimai ne bougea pas davantage.
3. Même résultat sur un second , sur un troisième , sur un quatrième lapin.
4- Sur un cinquième lapin , le pincement du ganglion cervical supérieur excita un léger trouble dans l'animal.
5. Sur un neuvième lapin, le trouble fut beaucoup plus marqué.
§. IV
1 . Après bien des essais infructueux, j'ai réussi de même à produire , par l'irritation du ganglion cervical inférieur et par celle du premier thoracique, des marques évidentes d'excitabilité,