‹ Recherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du systèmeChapitre 50 sur 55 · PAR LE PROFESSEUR ROLANDO · texte numérisé non relu

PAR LE PROFESSEUR ROLANDO

Expériences sur le cerveau des mammifères.

La courte description que Ton a donnée de cette partie de l'encéphale que Ton nomme proprement le cerveau nous servira à Tintelligence de quelques expériences qui servent à établir Vu sage de cet organe*

Les hémisphères du cerveau , ainsi que nous Tavons observé, n'exii^tent que dans le^ animaux vertébrés, et Ton ne rencontre plus rien de semblable dans les classes inférieures.

Dans l'intention d'observer quels effets produirait un courant fluide galvanique dirigé du cer-

' L'ouvrage a pour titre : Saggio sopra la vera struUum dtl cervello delV uomo e degl' anùnali, e sopra le funzioni dtl sistema nervoso, Sassarî , 1 809. La traduction que j'en insère ici est littéralement extraite du Journal de physiologie expérimentale et pathologique, de M. Magendie ; 2* numéro. — Avril 1823.

274 PROPRIÉTÉS ET PONCTIONS

veau vers les différentes parties du corps, jq trépanai le crâne d un cochon, ensuite j'introduisis un conducteur de la pile voltaïque dans les bémi-, sphères, en ayant soin de toucher tantôt un point, tantôt on autre , tandis que l'autre fil était appliqué sîîr diverses parties du corps- Ayant répété ces expériences sur divers quadrupèdes et oiseaux , je n'obtins que des contractions violentes, et j'observai qu'elles étaient beaucoup plus fortes lorsque le conducteur métallique pénétrait dans le cervelet '.

Les hémisphères du cerveau dans le cochon ^vaiept été un peu déchirés par l'iutrQduction répétée de la pointe du conducteur, de façoii que les corps cappelés et les ventricules en furent asse% endommagés ; néanmoins l'animal vér eut encore douze heures dans un état d'assoupissement\' et il aurait vécu plus long-lems encore, s'il n'avait pas eu à essuyer d'autres ^attaques.

' Il a été montré, par mes expériences, que ni les lobes cérébraux ni le cervelet ne produisent directement d^s contractions musculaires»

M. Rolando paraît en produire ici par ces organes ; c'est que le fluide galvanique est conduit par eux jusqu'aux partiçs epçcitatrices iinmédiates de la contraction.

' Cet état d'assoupissement , énqncé d'une manière apssi vague, n'est assurément pas une découverte. Voici

i)L' SYSTÈME NÈJlVEÛX. 3^5

Je n'ai pas tiré tout de suilê^ d'après ce» expériences, les conâéquetices que je tîtfeli après avoir découvert que les kémisphèreê du ëerveau étaient xxn ensemble de fibres 4eHinéêis à produire des tnouvemens pûrticuliers^^ et apirèd avoir tëûté, éUt le cervelet, les expériences que j'aufaî occasiôû de rapporter Cû parlàut de cet orgftttè.

Un chevreau fort ôgîl6 , sur le crâne duquel j'appliquai k trépan en deux ditférèns points , me donna des résultats beaucoup plus satisfaisans. J'introduisid un stylet par uoe des Ouvertures faites avec le trépaft ; j^e coupai presque tous les filets de substance médullaire qui tra^ verèent la portiof! cendrée , d'où elle prend le nom de corps cannelé ; j'intéressai nciémè 1^ COri>»

comment s'exprime Zinn ( Mém. sur la nat. irritab. et sensib» des parties du corps animal, tome II, page 4^ expérience i**, sur un chien) :

«Je plaçai un trois-quàrts sur la partie aûférieUfe dé liif «tête et je perçai le crâné et le cerveau* Bientôt après Taw • ûimal tomba dans un assoupissement; }e le rérreîUdis kyto »une irritation médiocre 5 mais il retomtitiit bi«nt0t dslh» le

«sommeil Son sommeil devint plus profond: je Té-

» veillais, avec peine, avec quelque forte irritation, et Tasisoupîssement revenait sur^e^chatiïp. »

' Mes expériences établissent que les hémèêphères tài cerveau ne produisent directement aueUft mcavement^

calleux, et le septum lùcidum : cependant ranimai restait sur ses pieds , et marchait en tournant du côté de la'partie lésée. Une demi-heure après,, je fis une lésion semblable sur l'hémisphère gauche ; mais je coupai les filamens nerveux, dont j'ai parlé, beaucoup plus près de leur origine, et vers l'endroit où ils conservent encore le nom de jambes du cerveau. Quoiqu'il se fût fait une déperdition de sang considérable, l'animal ne laissa pas de rester ferme et immobile sur ses pieds pendant l'espace d'environ deux heures; il ne faisait de mouvement que lorsqu'un choc violent le forçait à changer de situation ; mais des irritations légères , un bruit assez fort, la présence des alimens\ ne lui faisaient pas exécuter le moindre mouvement. Deux heures s'étant écoulées, iJ commença à faire quelques pas poui 8*appuyer contre le mur, ou pour se mettre dans un coin ; et il passa ainsi deux ou trois heures dans un état d'assoupissement ou d'un sommeil profond. Vers le soir , il se coucha , et dormit probablemeut toute la nuit , puisque le lendemain matin il fut retrouvé dans le même poste.

' Cela n'est pas étonnant puisque, d'après mes expériences, ranimai privé de ses lobes cérébraux Wentendy ni ne voit, ni o^odorcj etc.

Je le tuai trente-six heures après rexpérience, pour voir les parties qui avaient été intéressées. La même expérience faite sur un petit agneau donna le même résultat. On doit cependant observer que Timniobilité et Tétat d'assoupissement sont moins surprenans ici que chez le chevreau, qui est naturellement plus vif et plus agile. Je fis les mêmes essais sur deux chiens de taille ordinaire : quoiqu'une forte hémorrhagie survînt chez le premier qui fut soumis à l'expérience, j'introduisis néanmoins un stylet tranchant dans l'un, puis dans l'autre hémisphère ; je coupai les corps striés en dififéréns endroits; je perçai les jambes du cerveau et le$ couches optiques vers la protubérance annulaire ; après quoi l'animal se tint quelque tems sur ses pieds, puis se coucha, et resta comme pris d'un profond sommeil pendant l'espace de dix heures; enfin, après s'être alongé de tems en tems , il cessa de vivre. L'autre chien devint comme apoplectique, à la première intro^ duction du stylet, qui servit à couper les corps cannelés et les parties voisines; mais, après une lésion faite sur les couches optiques', il fut at-

-• ■■■ I -.i.i. ,1.1 .1 II r^ .1 I , I III I . — — ^ I I,

' On a TU , par mes expériences, que la lésion des ccniches optiques ne produit pas des convulsions, tandis que celle des tubercules bijumeaux (ou quadri jumeaux) en

t:^qué 4€f spasme» taot6t tonique» 9 tantôt cloniqqes ; il resta pendapt quelque tem» cataleptique, et expira, quelques heures après, au milieu dés convulsions.

De» phénomènes (ort curieux furent zi^m obseri^é» aur un g^ros çQcbon, chez lequel ou a coupe , ayec un inst;rument tranchant , les fibres qui Tont se rendre des couche» optique» aux corps cs^nnelés* A peine fut-îl opéré , que Ton observa qu'il ne remisait plus comme auparavant le» jambe» antérieures,; mais il semblait que , quand TîMtûma) voulait les mouvoir d'un cOté , ^11^ »e QH^uvaient $pQ>atanément de l'autre^ Peu apré» 9 il tomba dans un profond as»oupis$emeQt , pendant leqv]>€l il resta, près de dix heures sur s^s pieds^ appuyé contre le mur, ayec la respiration stertoreu»e ; $'il lui arrivât de s'éloigner un peu, il cherchait au»sÂtôt un appui; eoaiûte il s'éteodait par terre , et il restait peu de tem» deb^out , lorsqu'il »e releviiit. Il fut tué vingt- six heures après Texpérience , pour être examiné.

Df^ »emblables, e;:i;:périe/nces furent répétées et variées de mille m<mi€^res sur un très grand nom-

PW»i^WIWP-(^^»"<»!!»P1

jjçodgit ï^'î^gjlicur p.e, copfc^d ici ks iÇffets de ce» devas parties quje pnrçequ'il o/ç,Lçs,wote ^oint, <J4n3 ses e.jqpérieoce?, les unes de» autres..

DU SYSTÈME NKRYÏUX. Wjg

bre d'autres animaux , tels que chèvres » moutODSy cochaDS-dlode, etc. y principalement dans le but de voir les phénomènes résultans de la lésion des tubercules bijumeaux, des couches optiques, du corps calleux^ de la voûte et de ses appendices.^ Les résultats furent que^ toutes les fois g%*un grand nombre de fibres qui traversent les corps cannelés étaient coupées ou déchirée», que le corps calleux ou la voûte étaient intéressés, il s'en-^ suivait un état de léthargie et d'assoupissement^ et d'autres foi», quelques symptômes fugitifs de caialepsie\ Toutefois les signes d'assoupissement étaient moins prononcés dans les cochons-dinde et les autre» petits animaux : mais j'ai observé quelques phénomènes non moins singuliers.

Si l'emportais l'un des hémisphères , l'animal marchait etcouraiten tournanttoujoursdumême

< L'aatear produit donc itaïtàtVassoupùsement ^ix la ^« /Ao^e y tantôt la ca/a/e^E^^ie, c'est-à-dire les cons^ulsions ^ et cela n'est sûrement pas étonnant, quand on songe ù toutes les parties qu'il blesse, tour à tour ou tout à la fois, les tubercules bijnmeaux , les couches optiques , le corps calleux, la voûte et se^ appendices •

L'essentiel ci*élait pas <fe produire tantôt i'assouptsse* ment, tantôt la catalepsie, par ia lésion confuse de tant de parties diverses ; l'essentiel était de démêler l'efifet particulier de la lésion déterminée de ehacune d'elles.

2&0 PKOPRIÉTSS ET FONCTIONS

côté ; en faisant sur Tautre hémisphère une lésion semblable, il se mettait à tourner en sens opposé. D'autrtes fois , aprèê les mêtnes lésionê , Tanimal courait sans suivre aucune direction , et allait heurter contre tous les objets qui se trouvaient devant lui; et enfin, êuivant l'altération produite, j observai qu'il jouissait comme idéalement de ses extrémités postérieures , et qu'il tournait sur ses jambes de derrière comme sur unpivot, au moyen de celles de devant.

J'ai fait des expériences innombrables sur des chevreaux, des agneaux, des cochons, des daims^ des chiens , des chats et des cochons-d'Inde , pour voir les résultats des lésions faites sur les tubercules bijumeaux et les parties voisines des couches optiques; mais J'obtins rarement des èf-^ fets eonstans ; ce qui ne doit pas surprendre , si l'on réfléchit à l'entrelacement particulier des nombreux filets médullaires qni se rencontrent dans ces parties. Car , comme il est extrêmement difficile dé connaître quels faisceaux de fibres ont été intéressés dans ces opérations , on ne peut pas tirer des conclusions claires et précises , quand il y a quelque différence dans les résultats \

• La différence de ces résultats ne surprendra certainement personne : c*est que l'auteur intéresse tantôt une par-

DU SYSTÈME NERVEUX. 2&i

En effet, j'ai observé, chez quelques uns des plus gros de ces animaux, qu'après avoir déchiré, tantôt les tubercules bijumeaux, tantôt une portion des couches optiques, il se manifestait des phénomènes qui démontraient que les muscles de l'animal ne se mouvaient pas dans un sens direct , mais atyec une espèce d'irrégularité tout'-àfait semblable au mouvement d'un liomme ivre \ C'est pourquoi tantôt ils marchaient , tantôt ils élevaient les pieds plus qu'il n'était nécessaire ; d'autres fois , ils marchaient en les traînant.

Ne pouvant, pour plusieurs raisons, donner un détail des observations^que m'ont fournies ces expériences et beaucoup d'autres , je me bornerai à en rapporter une des plus surprenantes, que j'eus occasion de faire sur quelques cochonsd'Inde , qui , après que j'eus lésé les tubercules bijumeaux , et quelquefois la portion voisine des couches optiques , commençaient d'abord par

tie, tantôt une autre, tantôt plusieurs ensemble; et qu'il est impossible , comme il ledit très bien , de tirer des can^ closions claires et précises de phénomènes yagues, confus^ et incohérens.

' L'auteur attribue visiblement ici aux tubercules quadri jumeaux et aux couches optiques les phénomènes du cervelet qu'il a blessé , sans s'en apercevoir.

28a PROPRIÉTÉS ET FONCTIONS

tourner comme à rordinairé;. ensuite ils se cou-* chaîent sur ua côté, en remuant continuellement les ïambes, mais principalement celles de devant, comme s'ils avaient voulu marcher. S'ils se mettaient sur le côté opposé à celui sur leq^uel ils étaient tombés,ils se retournaient tout d'un coup^ et reprenaient leur première position avec la promptitude, je dirai presque , que ces marionnettes dont le pied est de plomb et le corps d'une substance très légère se redressent, aussitôt qu'on les a renversées , par la force du plomb qui sert de contre-poids. Si on les soutenait du côté sur lequel ils se couchaient» ils marchaient un peu ; et s'il arrivai! que quelques uns commençassent à marcher après dix ou quinze jours , quoiqu'ils parussent presque guéris,, le plus petit choc suffisait pour les faire tomber sur ce côté et jamais sur l'autre, à moins d'un effort extraordinaire. Quelques expériences , au moyen desquelles la glande pinéale fut intéressée et même entièrement séparée de ses pédoncules , n'ont fourni aisicune doiUBée d'où Von puisse- faire la moindre conjecture sur son utilité '.

^ Le résultat le plus remarquable q^ dérive donc des expérieiscés de Taoteurs c'est l'assaupissemeat ou la léthargie^ déterminés par la lésion du cerveau. M^ais ce

DU SYSTÈME KEKVEUX. 285

Expériences siur \e cerveau dea oiseaux.

Pour bien comprendre les expériences que je vais rapporter, il est nécessaire d'avoir présent

■ ■■ ■ Il ■ I ■ p ■ ■ ^^— ^^^

résuhiit n'est point nouveau r nous avons déjà vu que Zme l'avait con&tivté. Saucerotte {Prix de Vacad. rq^. de chirtofg., tom. IV, pug. 4o4) s'en explique ^nriclLemeurt : i^CoQcluonsy dit-il (des etpérieaces qu'il vient de i^apr «iporter), que la lésion du corps calleux cause la Iéthar7 ngie, etc. 9 6tc. »

Mais Saucerotte, H aller et Zinn , croyaient exciter aussi des convulsions par le cerveau ; et M. Rolande ne sait si la cMatep^ie tient à ia lésion des couches optiques ou à celle é%9 tubercules bijumeaux.

B'iMi au'tre cÔt^, AI. Rolandii^ croit détenniber l'ivresse par les couches optiques et les tubercules bijuiDeaux; ils croy^ÛQt la déteffoiiDer par le cerveau, etc.

Voici comment s'exprime Haller {Mém^aur la naL irri^ tab, etsensib, des parties du corps anim, , tom. I, pag. aoo)c a On enfonça une $ende d'argot daxis le cerveau d'un » chien, de grands symptônsbes parvient tout à coup, e'é- » tait une- espèce d'ivnesse et une stupeur,: ensuite un %(mt*nAoienoieot qui se termina par une ehute, etc.^ ete.»

ïte tout eela il smt :

1^ Que M. Rolando a recoono, comme onFavatt recoasm avant ku , que» ki^ lém«. du- cerveau produit Fassoupissemeiit , mai» que , faute d'une détermination précise des diverses parties blessées, il a cru, comme on Favait aussi cru avant lui>, que cette lédîoii peu4; pnoduire tantôt la ^ stupeur^ tantèt l'ivnesse, tatuôt l$v catalepâe.

à la mémoire ce qui a été dit plus haut sur la structure du cerveau de ces animaux.

Après avoir trépané les deux os pariétaux d'une poule avec une espèce de petite spatule, j emportai de chacun des hémisphères du cerveau une grande quantité de la substance cendrée qui entre dans leur composition. Vanimal paraissait souffrir un peu dès le principe^ ; mais , après une vingtaine de minutes, il commençait à marcher, à boire, et à manger quelques miettes de paitt'; il

•A* Que ses expériences n'étant, quant à la méthode, qu'une répétition de celles de ses prédécesseurs, il est tout naturel qu'il n'en ait pas obtenu des résultats différens des leurs.

' 5* Qu'il n'y a que les expériences qui isolent rigoureusement les parties, qui puissent conduire à l'isolement rigoureux des propriétés. ^

4* Qu'ayec des expériences isolatrices on arrive non seulement soi-même à des résultats précis, mais qu'on par^ Tient à expliquer encore les résultats vagues , confus , ou incohérens de ceux qui n'ont pas employé de pareilles ex*périences; et à décoiwrir ainsi ^ comme je l'ai dit en commençant ces notes , la source de leurs erreurs.

> n est constant, d'après mes expériences , que l'animal^ loin de souffrir -^dir les lésions des lobes cérébraux, ne les sent pas même.

^ C'est que l'ablation ne dépassait pas certaines limites^ et que, comme on l'a tu par mes expériences, les lobctis

DU SYSTÈME NKRVEUX. 285

était néanmoins un peu étourdi > et comme dam un état d'ivresse^ ; et, quand il voulait prendre une ooi^tte de pain , il se trompait facilement • et ne pouvait parvenir à la saisir qu'après avoir donné deux ou trois coups de bec. Je le tuai vingt-quatre heures après l'opération : à l'ouverture du cerveau , je trouvai une déperdition de près des deux tiers de la substance des hémisphères , qui avait été remplacée par du sang caillé ; mais ni l'expansion médullaire qui se trouve dans la face interne des hémisphères , ni la portion oblongue que l'on rencontre vers la base , n'avaient été altérées ^

cérébraux ne perdent leurs fonctions qu'autant que la perte de substance éprouvée par eux dépasse certaines limites*

' Voilà encore Tétat d'ivresse attribué à la lésion des lo* bes cérébraux.

^ Il est fâcheux que l'auteur ne tire jamais aucune conclusion de ses expériences , car il eût été fort curieux de voir celle qu'il eût tirée de cette expérience-ci.

Jusqu'ici la lésion des lobes cérébraux arait produit l'assoupissement 9 sinon comme résultat constant (car, avec des expériences qui jie sont ni constantes ni déterminées elles-mêmes, comment les résultats pourraient-ils l'être?), du moins comme résultat dominant, l'assoupissement et la léthargie ; mais ici l'animal est fort éveillé, il boit, il mange, il marche , il est dans un état d'ivresse. Il faut donc con-

Ayant fait deux ouvertures sur les os pariétaux d'un coq d'une rigueur et d'une activité extraordinaire, j'emportai delà mêOGie manière une grande quantité de la substauce dont sont formés les hémisphères ; je déchirai en outre , arec le même instrument, non seulement la susdite expansion médullaire, mais encore celle qui occupe la base des hémisphères. Je pratiquai cette opération en trois tems, laissant un intervalle d'une demi-heure de l'un à l'autre de ces tems. A mesure que j'attaquais plus profondément les parties dont je viens de parler , l'animal devenait stupidcy et restait plus calme. A la fin, ils'assou^ pit, se coucha par terre pendant quelque tems ; une heure après , il se releva , restant sur ses pieds iuimobile comme une statue ; et il ny avait ni bruit^ ni aliment^ ni eau, ni piqûre, qui pussent lui faire faire le plus petit mouvement^ ; ce n*était que par uu choe violent^ comme un coup de pied,

cinre, ou qfoe led lobes cérébraux prodobent tantôt Tassoupissement et tantôt Tivresse, ou (}ue M. Roldodo blesse tantôt une partie et tantôt une autre, et qu'il n'isole conséqueiuaient jamais ni les organes ni les fonctions*

' L'opposition, entre les résultats donnés par cette expé* rience et les résultats donnés par la précédente, est absolument complète. Cependant M. Rolande croit n'attaquer

par exemple, qu'on lui faisait changer de situation, et qu'on lui faisait l'aire quelques pas. Je pénétrai^ avec le même instrument y dans les couches optiquesj sur chacune desquelles Je fis trois ou quatre incisions ^ ce qui ne donna aucun résultat nouveau y sinon que tes yeux restaient ouverts ^ les pupilles dilatées, sans qu'il fût possible de les faire fermer par l'approche d'un corps étranger quelconque\ L'animai resta dans cet état, pendant deux fois vingt-quatre heures , sans prendre aucun aliment de lui-même ; cependant il avala quelques pelotes de pain que je lui introduisis dans le gosier. J'observai , après l'avoir tué au

jamais que la même partie , opérer toujours de la même manière , ne refaire enûn que la même expérience.

Dans Texpérience précédente, Tanîmal buvait , mangeait, marchait; ici il est immobile, et il n'y a ni bruit, ni aliment, ni eau, ni piqûre qui puisse lui faire faire le plus petit mouvement.

C'est que, dans l'expérience précédente, ce n'étaient point les lobes cérébraux mais le cervelet qui avait été gravement affecté; et qu'ici c'est, au contraire, les lobes cérébraux et non le cervelet qui le sont.

' Ceci serait pourtant bien un résultat nouveau j n'était que les parties que M. Rolando prend pour les couches optiques sont les vrais tubercules quadrijumeaux; et, conséquemment, que ce qu'il attribue à ces couches appartient à ces tubercules.

bout de cet espace de tems , que les deux faisceaux de fibres médullaires , qui donnent naissance aux deux productions médullaires dont j'ai fait mention , avaient été altérés comme cellesci , et entièrement détruits.

J'ai répété cette expérience sur des poulets , des faucons et des canards ^ et presque toujours avec le même succès. Les mêmes lésions faites sur un gros corbeau, d'une force et d'une finesse singulière , sont d'un grand poids en faveur de mon opinion \ Il demeura immobile comme le coq, et, quoiqu'il se tint sur ses pieds, il n'en resta pas moins assoupi, tellement qu'il n'ouvrait les yeux qu'à un bruit très fort , et il levait la tête ou la couchait sous son aile , comme il avait coutume de faire en dormant réellement. Aucun objet externe ne pouvait l'émouvoir : il ne se mettait plus en colère à la vue d'un chien ou d'une poule d'eau ^ ses plus mortels ennemis* 9 et

' L*auteur n'en a émis encore aucune.

3 On le conçoit aisément, puisque, d'après mes expériences , l'animal ne les voyait pas.

Tout cela lait bien voir, au re«te, que l'auteur ne s'est jamais seulement douté des fonctions réelles des lobes cérébraux, puisqu'il n'a réconnu ni la perte de la vue, ni la perte de Vaudition, ni la perte des facultés intellectuelles par l'effet de leur ablation.

DU STSTÈMB NERVEDX. «89

qu^ilpoursîiîvait aupàrataiit afec uœ smgulière adresse. Après qu'il eut passé vingt^huit heures dans cet état 5 je voulus .pratiquer quelques lé^ sions plus profondément; mais> ayant touché in-'

Le phénomène ^ui Fa le plus frappé est celui de la stupeur; mais oe phénomène même n'est pas constant dans ses expériences, etTauteur n'en a nulle part assigné Içs conditions réeMes.

Aussi n'est-il januds sûr de le produire 9 et surtout de le produire isolé de toute cojBplication..

On a y-u ci-dessus (pag. 284] que l'animaLt/ifazf éveillé ^ hwaît , mandait, malgré la lésion des lobes cérébraux : è'est que cette lésion n'était pas assez profonde pour faire perdre à ces lobes leurs facultés ;

(Pag. 285) Que l'animalétait dans un état d'ivresse, toujours par la lésion des Ipbes cérébraux: c'est. que le siège principal de la lésion n'était pas dans lés lobes cérébraux, mais dans le cerTclet ; ^

(Pag. 376) Que l'animal était plongé dans une stupeur et dans une léthargie complète : c'est que la lésion était pro-^ fonde, et qu'elle se bornait aux lobes cérébraux :

(Pag. 277-78. ) Que la lésion des couches optiques et des tubercules bijumeaux produit la catalepsie : c'est que l'auteur attribue, aux couches optiques ce qui n'appartient qu'aux tubercules bijumeaux;-

( Pag. 287. ) Que la lésion des couches optiques produit la dilatation des pupÛies : c'est que ce queTaUteur appelle couches optiques constitue précisément les tubercules <}uadrifiimeaux.

ago PROPHiÉTiÊs et TorrcTiONs

Yolontairement le point placé au-dessus de la protubérauce annulaire , il fut saisi de hoquets très fréquens , de convulsions , et il expira enfin au bout d'une demi-heure. Ayant à peine touché les parties voisines de la protubérance annulaire sur plusieurs poulets , il m'arriva deux fois de produire les hoquets , mais ils furent toujours suivis des convulsions et de la mort.

Expériences sur le cerveau des reptiles et des

poissons.

Depuis long-tems j'avais connaissance des expériences du célèbre Fontàna, d'où il résultait qu'en enlevant l'encéphale chez une tortue, celle-ci vivait encore près de six mois, continuant de manger et de marcher comme auparavant. En vain j^avais répété cette expérience : toutes les fois que j'emportais entièrement la masse cérébrale jusque derrière le cervelet , l'animal mourait aussi Bubitement que ceux- à qui l'on coupait la tête.

Lorsque j'eus occasion de m'entretenir avec ce célèbre personnage, qui a cultivé avec tant de zèle et de succès-toutes les branches de l'histoire

naturelle, je ne manquai pas de lui faire des questions sur les differens résultats de ses expériences : néanmoins il m'assura qu'il avait cou-

stamment obtenu les mêmes effets , en vidant complètement la cavité du crâne. Je répétai ensuite l'expérience avec toute l'exactitude possible , et en ne répandant qu^une très petite quantité de sang ; mais chaque fois que la moelle alongée était gravement intéressée , la mort arrivait ; et , après vingt- quatre ou quarante -huit hefures au plus, l'animal ne donnait plus aucun signe de mobilité sous l'action de l'élel^tricité galvanique.

Voyant que toutes ces expériences étaient iû*fructueuses, je tâchai de les varier; et, dans cette intention, j'emportai seulement les deux hémisphères du cerveau d'une tortue, laissant les autres parties intactes. Elle vécut encore très long-* tems , ainsi que plusieurs autres opérées de la même manière. Après cette ablation des hémisphères du cerveau, ces animaux devenaient plus stupides ; ils ne perdaient pas» il est vrai, la faculté de se mouvoir , mais ils ne le faisaient que rarement , et lorsqu'ils étaient fortement irrités. J'emportai les couches optiques chez quelques autres ; le résultat fut qu'ils paraissaient seulement un peu plus stupides. Je laissai vivre un de ceux-ci pendant deux mois , et il mourut enfîn , parceque la musca canaria avait déposé ses larves dans la cavité du crâne , lesquelles s'étant

^Sga PROPRIÉTÉS ET FONCTIONS

défeloppées détruisirent probablement le reste de la masse cérébrale.

Je coupai et j'enlevai les deux hémisphères du cerveau. sur une très grosse tortue de mer , chez laquelle cette opération offre plus de difficulté , à cause des grandes masses musculaires doDt elle a les os du crâne enveloppés. I /ayant ensuite remise à l'eau, elle nagea pendant quelque tems ; puis elle alla au fond , où elle restait tranquille et immobile pendant des heures entières, se tournant seulement quelquefois tantôt d'un côté 9 tantôt de Vautre. Cependant , quand on la soulevait avec la corde à laquelle elle était attachée , elle nageait un peu , et se laissait en- 'Suite aller au fond de l'eau.

J*enlevai les deux hémisphères du cerveau chez le sgualus catulus L.,.,fi\ l'ayant remis dans l'eau» il s'enfuit avec la plus grande prestesse, quoiqu'il eût le ventricule percé de l'hameçon avec lequel il avait été pris; il se cacha derrière une. pierre où il restait immobile, à moins qu'il ne fût agacé. J!|i répété et varié de mille manières ces expériences sur les tortues ; et le résultat a toujours été le même.

Gomme on ne distingue plus de rédtables hémisphères che^ les animaux invertébrés , il ne m'a pas été. possible. de faire sur ces derniers dés

DU SYSTEMS NERVEUX. 296

expériences sous le même point de vue qii&celles que je viens de rapporter.

J'aurai occasion d'en citer quelques unes en parlant du cervelet; j'avertis , pour le moment, que des lésions fort légères faites sur les parties qui tiennent lieu de cerveau chez la sepia , sur les ganglions de la lapsia^ «t d'autres mollusques, et crustacés, ne troublaient nullement leura fouettions ; mais , si on intéressait plus gravement ces parties, l'animal périssait en fort peu de tems.

Expériences faites sur le cervelet des mammifères.

La structure du cervelet,, les découvertes im- .portantes faites par le professeur de Padoue sur le grand nombre de feuillets dont il est copoiposé, firent naître en moi plusieurs soupçons sur le véritable usage de cet organe. Je crus qu'il était destiné à la locomotion^; et , pour confirmer cette

> Cette conjecture est assurément fort heureuse; mais ce n'est enfin qu'une conjecture. Peut-être même que cette conjecture ne dit pas tout ce qu'elle semble dire; car ce n*est pas tout d'avoir préjugé 'que le cervelet peut-être destiné à la locomotion , le point essentiel est de déterminer le rôle qu'il joue dans la locomotion ; et l'on va bientôt voir que l'auteur , loin de se douter, en aucune iaçon , de ce rôle Important , a constamment pris le rôle de la moelle alongée pour celui du cervelet.

294 PROPHlÉTis £T FONCTIONS

opinion, voici les expériences que j'entrepris de faire sur le cervelet :

Je pratiquai , sur quelques cochons et sur un naoutoD , à l'aide du trépan , une ouverture sur un des côtés du cervelet, dont j'emportai , à plusieurs reprises, tout ce que je pus ; mais la lésion s'étendait à peine aundelà du côté trépané, que l'animal était frappé d'hémiplégie '^ et il périssait bientôt au milieu de spasmes convuUifs* et de l'hémorragie.

Il est très difficile de pénétrer dans le cervelet des quadrupèdes sans les priver tout à coup de la vie ; et l'animal qui m'a paru le plus propre à cette expérience , c'est encore le chevreau.

Une ouverture faite avec le trépan , je coupai en dîfférens sens, avec un stylet tranchant, le cervelet d'un de ces animaux ; après quoi il ne put plus se soutenir sur les jambes, comme s'il avait été paralytique. Il vécut vingt-quatre heures en cet état, et mourut dans les canvulsions^. ■ . I ' I' ■■ ' — ■■ ■'■ ■• "" ■ ' " '■' ■

■ L'anteuT ne dit pas de quel côté.

> Il est démontré, par mes expériences, que la lésion du ceryelet ne produit jamais des eonrulsions, et que toutes les fois qu'on a cru en produire par lui, c'est que la moelle alongée avait été blessée sans qu'on s'en aperçût.

^ Toujours des convulsions} toujours les effets de la YDoelic* alongée pri$ pour les effets du cervelet.

nu SYSTÈME NERTEUX* agô.

L'ayant examiné ^ outre les lésions dont j'ai, parlé, j'ai trouvé encore une grande quantité de sang coagulé sur le quatrième ventricule; ce qui, je crois , fut la principale cause des spasmes et de la mort. Je manquerais à la brièveté que je me suis imposée , si je voulais rapporter minutieusement les expériences que j'ai multipliées, de dîflérentes manières , sur le cervelet d'un grand nombre âk quadrupèdes ; je me bornerai , pour le moment , à /lire que j'ai constamment observé que la diminution des mouvemens était en raison directe de la lésion du cervelet\ C'est pourquoi l'animal était tantôt entièrement paralytique , tantôt d'un côté seulement; d'autres fois les extrémités antérieures et postérieures seules restaient sans mouvement, suivant que cet organe était détruit en tout ou en partie.

} Si ^ HT diminution ( dans le texte italien, mancanzà)^ l^auteur veut dire faiblesse ^ les mouvemens sont sans doute plus faibles qu'avant l'ablation du cervelet; mais ils n'en sont pas moins très énergiques; et ce n'était assurément point cette faiblesse des mouvemens qui suit aussi l'ablation des lobes cérébraux, qu'il importait de remarquer, c'était leur irrégularité, dont l'auteur ne parle nulle part pourtant.

Si l'auteur, au contraire, a youIu dire petie, ce qui semble assez indiqué par tout le reste de son travaîl^, 1;^ eon#lusioB est «ntièrement démentie par les faits,-

296 PROPRIETES BT FONCTIONS

Expériences sur ]e ceryelet des oiseaux.

Je trépanai plusieurs espèces d'oiseaux sur le point correspondant tantôt à la partie latérale 9 tantôt à la partie supérieure du cervelet ; et le mouveoient des muscles soumis à la faculté locomotrice manqua toujours en raison de la lésion t|ui avait été faite. Ayant pratiqué une ouverture sur la partie supérieure du cervelet d'u^coq, avec un instrument approprié , j'enlevai à peu près la moitié du côté droit de cet organe : à l'instant il fut frappé de paralysie , et tomba du même côté , sans pouvoir se servir, en aucune manière / de la jambe droite, ni exécuter^ avec eette jambe, le moindre mouvements Pour m'assurer de plus en plus de ce phénomène singulier, je pris^ avec la main, la jambe du côté blessé, et, en la tenant dans une position favorable, le coq se supportait avec l'autre jambe , et pouvait faire quelques pas ; mais^ peu de tems après , il ne pouvait pas même s'en servir ; et à la fin la paralysie s'étendit aux deux côtés.

On doit observer que , dans ces altérations du cervelet, l'animal ne devient jamais stupide et

' Il y a donc, selon fauteur, perte totale du mouvement; résultat* je le répète, complètement démenti par tes f^it».

DU éYSTÈME WE^RVEUX. 297

assoupi; il tient les yeux ouverts , regaacde. tous les objets ; maiê e*e$t en vain quil essaie d'exé-cuier le moindre mouvement au mûyen des muscles qui dépendent de la faculté locomotrice '. // faut convenir néanmoins qu'il agite quelquefois les ailées , et qu'il fait aussi mouvoir les extrémités in-férieures ' ; mais ces mouvemens semblent être re£Pet de la seule mobilité dont jouit encore la fibre musculaire^ ou bien ils ont lieu lorsque quelque morceau considérable de cervelet reste intact, de manière qu'il peut encore remplir ses fonctions en partie.

Si je déchirais tout d'un coup , ou si j'empor-

* J'ai montré que tous les mouvemens persistent après l'ablation du cervelet ; il leur manque seulement d'être rél^uliers et coordonnés. D'où j'ai été induit à conclure que la production et laxooniiiuxlion des mouvemens constituaient deux ordres de phénomènes essentiellement distincts, et résidant dans deux ordres d'organes essentiellement distincts ausû ; savoir : la coordination dans le cer^ velet, la production dans les moelles épinière et ahngée.

' Non seulement il les^^^uit mouvoir quelquefois ( ce qui pourtant forme,une contradiction assez frappante avec tout ce qui précède et tout ce qui suit) 9 mais il les meut près-* que continuellement, parcequ'il ne peut rattraper l'équi^ libre, et qu'il s'épuise en vains et bizarres efforts pour le rattraper.

tais l'organe en entier » Tanioial était constamment atteint d'une paralysie complète:^ ; m^is 9

' Ainsi, c'est tantôt la paralysie , tantôt la com^ulsion , mais toujours exclusÎTement la paralysie ou la convulsion que l'auteur produit par le cervelet : il est donc .visible qu'il ne s'est jamais douté du véritable rôle de cet organe , qu'il n'a pas même ape^u c^ problématique j cet érdgmatique des fonctions du cervelet qui avaient déjà frappé plujsieurs observateurs, et qu'indiquent si bien les deux expériences suivantes de Zinn et de Saucerotte.

fl On fit descendre la sonde jusqu'à ce qu'elle entrât dans »le cervelet (d'un chien), qu'elle perça de part en part. Il »en provint une espèce de convulsion universelle , une rt sorte de secouement mêlé de tremblement , comme celui 9 d'un chien mouillé.» (Zinn^ Mém. sur la naU irritab, et sensib,. du corps anim., t. I9 p. 208.)

«Le scalpel fut enfoncé dans le cervelet d'un chien

» De tems en tems il se renversait ^ et faisait ainsi le tour de ula chambre, en roulant^ il avait toujours les potes en ac-^ • don, etc.» (Saucerotte, Pria: /ie /'^ca^. rojr. de chirurg, tom. IV, pag. 407. )

Il y a une observation célèbre de Petit de Namur, que le lecteur sera bien aise de trouver ici :

flUn soldat reçut un coup de mousquet. La balle avait «traversé la partie gauche du cervelet, et pénétré jusque » dans le lobe postérieur de l'hémisphère du cerveau. Peny> dant les quaraht€i-trois heures que ce soldat vécut , son «jugement était quelquefois bon : il répondait pour lors uÀ ce qu'on lui demandait; mais le plus souvent il délirait*

DU SYSTÈME NERVEUX. 39g

quand la lésioi) n'était que légère, peu d'heures après il recouvrait la faculté de se mouvoir*

Expériences sur le cervelet des reptiles et des poissons.

Les expériences que j'ai faites sur les animaux à sang froid ont donné des résultats semblables.

9 II était toujours en agitation , se toumantdans son lit de ncôté et d'autre j remuant sans cesse les bras et les jam- » bes, » ( Petit de Namur, Prix de VAcad. roy, de chirurg. tom. IV, pag. 546.)

L'observation suivante de Saucerotte n'est pas moin» curieuse.

«Un soldat tomba à la renverse du haut d'un escalier Il fort rapide, se fractura toute la partie antérieure et «moyenne du pariétal gauche.... lise tournait et retour- 9nait à tout moment dans son lit, et s* agitait tellement que T» sa plaie dtait toujours découverte, bien qu'on remit sounvent l'appareil; lorsqu'on youlait le toucher /70wr le reft mettre en place , il se démenait et se retirait ,eXc,,, A l'ou- • verture du crâne, on trouva un dépôt considérable sur , »la tente du cervelet du côté droit. La tente du cervelet de »ce côté était corrodée de manière que le pus faisait en ce » lieu des impressions immédiates sur le cerveleL » ( Prix de VAcad,' roy, de chirurg, , tom, IV, pag. 423).

En voilà plus qu'il n'en faut pour montrer que l'action du cervelet n'a été jusqu'ici qu'un mystère, et que M. Rolando, qui n'y a vu que convulsion et paralysie , non seulement n'a pas résolu la difficulté, mais ne s'est pas même aperçu du point où était la difficulté.

3oO PROPRIÉTÉS ET FONCTIONS

Uoe tortue dont \e séparai le cerrelet de la moelle aloDgée, resta entièrement paralysée, et vécut pendant dix ou douze jours sans faire le plus petit mouvement. Après une semblable opération, une autre tortue vit depuis deux mois, sensible, comme à l'ordinaire , aux plus petites offenses et à la plus légère stimulation , tnais immobile au point de ne pouvoir s'éloigner y en aucune manière , du lieu oit elle est inquiétée. Je traitai de la même manière un lézard , et avec un égal succès. Mais ce qui est surprenant , c'est de voir les mêmes phénomènes arriver sur deux serpens d'une espèce extrêmement 2i^\\t {coluber natrix)i n'ayant pas emporté entièrement l'organe d'où dépend la locomotion , chez le premier, qui était le plus petit , il resta paralytique pendant deux ou trois heures , maïs il recouvra , par la suite , sa force première , et s'enfuit. Le second ayant été mieux opéré fut entièrement privé de la faculté de se mouvoir ; de tems en tems seulement il était agité par des mouvemens incertains, qui n'étaient point dirigés par l'instinct, mais dépendans de la grande mobilité de la fibre musculaire de ces animaux : il périt au bout de cinq jours.

Pour rendre complète cette expérience sur les poissons^ qui meurent ns^turellement avec facilité pour peu qu'on les tienne hors de leur élé?

DU SYSTÈME NERVEUX. 3oi

ment , je fixai avec des attaches contre une pe* tite table un poisson ( il pag;ello ) pesant environ deux livres, et, le tenant ainsi assujetti dans leau, je lui emportai tout le cervelet; Tayant ensuite détachée il tomba conune mort au fond du baquet , quoiqu'il vécût ensuite.

Je pratiquai la même opération sur un squalus catulus avec beaucoup plus de facilité , parceque le crâne de ce poisson est cartilagineux , et qu'il peut rester plus long-tems hors de Teau : il perdit la faculté de se mouvoir; et, l'ayant remis dans l'eau, il ne faisait plus que quelques mouvemens vagues et incertains , et ne pouvait plus se livrer à la natation.

J'observai , comme je l'ai déjà dit , que les lésions faites sur le cervelet de plusieurs poulets guérissaient promptement , et que ces animaux recouvraient leur ancienne aptitude au mouvement. Néanmoins j'ai vu arriver cela d'une manière plus singulière chez la première tortue que j'opérai, et dont je n'avais que déchiré et divisé le susdit organe. L'animal resta paralysé pendant plusieurs heures ; mais bientôt après il acquit une facilité surprenante de se mouvoir, si bien qu'il marchait avec une rapidité pour ainsi dire quadruple de ce qu'il avait coutume de faire auparavant. Je fus curieux d'examiner le cervelet

302 PROPEIÉTÉS ET FONCTIONS

qui était seulement couvert de sang coagulé ; il me parut cicatrisé et considérablement augmenté de volume. Serait-il possible que le cervelet ayant acquis , par le moyen de la cicatrice , un plus grand développement , il put ainsi contribuer à l'agilité iûsolite dont il jouissait après l'opération ?

DU SYSTÈME NERVEUX, 3o3

nr , ■ 1 ■ ■ r ■ „ ' , ') , ' . .i i ZSSSSSSS^fSÇSi

Page 1