‹ Recherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du systèmeChapitre 51 sur 55 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

RELATIVES AU MEMOIBE IKTITULE:

MTSIUIIIIÂTXOH DES PROPRIÉTÉS DU 9TSTBMB* HSRVSUX, ET DV RÔCB- QUB JOUXITT LES DIVERSES PARTIES DE CE STSXiMS DAKS I.SS MOUYE- MEirs DITS VOLOHTAIRES , OU DE LOCOMOTION ET DE PRBBEITSION,

Distribuées à T Académie des sciences dans sa séance du 29 septembre 18^5 ; et faisant suite aux notes précédentes sur les expérienioes de M . Rolando.

kOfi^

Depuis que j'ai eu ThooDeur 4e soumettre ce Mémoire au jugement de l'Académie , il a été dit, dans quelques journaux, que mes travaux n'étaientqu'uner^;»^'tfa(?ndeceux deM. Rolando, publiés en 1809, à Sassari, en Sardaigne. Pqur faire apprécier cette assertion, je me propose de publier la traduction littérale des expériences de M. Rolando % à la suite des miennes.

Je me serais même borné à ce genre de réfutation, si, au moment de communiquer.de nou-

» Ce sont celles qui précèdent.

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veaux Mémoires à l'Académie, je D*eusse cru de mt)û devoir de bien établir d'abord que mes premiers travaux ne sout pas aussi dépourvus de nouveauté qu*on Ta prétendu.

On s'est tellement occupé, surtout depuis la dernière moitié du dix-huitième siècle , d'expériences sur les centres nerveux , qu'il n'est pas étonnant que la plupart des phénomènes, ou du moins la plupart des principaux phénomènes dérivant de ces centres , c'est-à-dire la stupeur, la convulsion , la paralysie, l'ivresse , etc. , soient, depuis long-tems, connus.

Le lecteur peut se souvenir que. dans le préambule de mon Mémoire, j'ai fait une histoire, aussi complète qu'il a dépendu de moi , des travaux publiés par mes prédécesseurs* Je n'ai point parlé, dans ce préambule, de l'ouvrage de M. Rolando , parccqu'il m'était tout-à-fait inconnu. Dans tous les cas, au reste, j'aurais eu d'autant moins de motifs pour ne le pas citer, que cet ouvrage, à mon avis, n'ajoute absolumeot: aucune précision aux résultats déjà connus par les travaux de Hailer , de Lorry , de Zinn , etc.

Haller, Lorry, Zinn , Fontana, vingt autres, devaient nécessairement produire, dans leurs expériences, tous les phénomènes que j'ai produits dans les miennes , puisque les parties sur les-

AWw

BU SYSTÈME NBftVEOX, CÎoS

quelles ils expérimentaient n'étaient autres que les parties sur lesquelles j'ai opéré moi-xhém^i Mais 9 1° ils n'apercevaient ces phénomènes qu'en gros, et tous les résultats de détail leur échappaient; â* les résultats mêmes qu'ils obserraîent, ils *ne savaient à quels organes les rapporter, parcequ'ils n'étaient jamais sûrs de l'organe qu'ils avaient blessé; 3^ n'isolant point les organes, ils n^isolaient point les phénomèties; aussi fit 'étaientils jamais les maîtres de provoquer les. uns à Texclusion de» autres. En un mot, ils avaient ol?-* serve la plupart des phénomènes , ils avaient expérimenté sur la plupart des organes; mais ils a<î savaient à quel organe en particulier appartenait tel ou tel phénomène déterminé; et cette localisation des phénoMène^, par la localisation des organes^ était précisément le but qull fallait atteindre.

Or, ce qui avait eitipêché^les observateurs que je vietià de citer, de réusi&ir dan^ cette recherchei ce n'était sûrement pas le manque de génie vi) suffit de rappeler leurs noms ; ce n^tak pas .1^ manque d'expériences, on les compte pail milï^ liers dans leurs livres; ce n'était pas le ma&que de variété dans les .animaïux , il y en a de toutes les espèces depuis les mammifères jusqu'aux^ po* lypeis. Ce qui manquait donc, c'était une mé-

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thode expérimentale qui, isolant convenablement les organes , en isolât rigoureusement les propriétés.

Voyons si une méthode plus rigoureuse a conduit M. Rolando à des expériences mieux délimitées , et par suite à des résultats plus Certains.

M. Rolando se borne à ouvrir le crâne par un trépan (voyez ci -dessus p. 275 ); il introduit ensuite ua stylet (p. 276) ou une petite spatule (p. 28^) par cette ouverture ; et c'est avec ce stylet ou cette spatule, introduits ainsi, qu'il découpe (p. 275), emporte (p. a84)j ou perce (p. 277), comme à tâtons, puisque c'est par un trou qu'il opère , les parties cérébrales sur lesquelles il veut expérimenter. En second lieu, M. Rolando n'a jamais le soin de retrancher en entier l'organe sur lequel il expérimente (p. 274$ et suivantes).

Ainsi, 1" M. Rolando n'est jamais sur de n'intéresser qu'une partie donnée ; 2*" il ne détache jamais complètement une partie donnée des parties voisines; il procède enfin tout aussi imparfaitement que Haller , Lorry , Zinn et les autres : ses résultats devaient donc nécessairement être tout aussi vagues que les leurs, ou plus exactement, n'être qu'une répétition des leurs.

Je vais suivre d'abord M. Rolando dans ses

DU SYSTÈME NERVEUX. So^

expériences sur les lobes cérébraux; je le suivrai ensuite dans ses expériences sur le cervelet.

Dans les lobes cérébraux , M. Rolando trouve Tasso-upissement (p. 2^4) ^t l'ivresse (p. 285); et cette ivresse, il la retrouve encore (p. 281), tantôt dans les tubercules bijumeaux, tantôt dans les couches optiques.

P. 281 , M. Rolando dit : « J'ai observé qu'a- »près avoir déchiré tantôt les tubercules biju- »meaux, tantôt une portion des couches opti- »ques, il se manifestait des phénomènes qui «démontraient que les muscles^de Tanimal ne »se mouvaient plus en sens direct, mais avec » une espée^ d'irrégularité tout-à-fait semblable «au mouvement d'un homme ivre. »

P. 284» M. Rolando dit : «Après avoir trépané 9 les deux os pariétaux d'une poule avec une es- »pèce de petite spatule, j'emportai de chacun des » hémisphères du cerveau une grande quantité nde la substance cendrée qui enti*e dans leur *» composition. L'animal paraissait souffrir un peu y dès le principe;' mais après une vingtaine de » minutes il commençait à marcher j à baire, et »à manger quelques miettes de pain : il était » néanmoins un peu étourdi et comme dans un 9 état d'ivresse; et quand ii voulait prendre une «miette de pain, il se trompait facilement^ et ne

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1^ pouvait parvenir à la saisir qu'après avoir donné 1 deux ou. trois coups de bec. »

P. 286^ dans une autre e:i!cpérieDce sur les hémisphères d'un coq , M. Rolando dit : « A 1^ mesure que j'attaquais plus profondémeut ces » parties» Tanimal devenait stupide et restait plus » calme. A la fin, il s'assoupit> se coucha par terre » pendant quelque tems : une heure après, il se i» releva, restant sur ses pieds immobile coùime 9 une statue; et il n'y avait ni bruit , ni alimens, »ni eau, nî piqûres, qui pussent lui faire faire le «plus petit mouvement, j». .

Yoilà donc trois expériences : dans Tune , Vivresse dérive des couches optiqu^ et des tubercules bijumeaûx; elle dérive des hémisphères cérébrauK.dans l'autre. Dans Tune, la mutilation des , hémisphères cérébraux produit Vassoii^is&e^ ment ei Yimmobilùé; dans l'autre,! elle produit V ivresse <f e'e^t-à^dire la disharmonie ^ la fougue ^ des mouvemens. Dans l'uae, l'animal est «to/^i^f^ et calme durait 'la n^utilsition» et il ps^x^ii ^ouffhir dans l!autre; d^ns l'une enfm^ pi le bruits njJes â/tm^ni^.ni l'^aiAn'^m^av^^tiranîmal; dansl'autre, l'animal boit et; mange^. Aiusi> tant^t^ selon M. Rolando, les l^bes cérébraux produisent Vassoupissçment^ eXt tantôt ils. produisant V.ivrestn; qAielquejfois l'animaj est stupide eXiCalnhe; quel-

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quefois il souffre^ et puis il boit et mange : enfin , c'ejst tantôt des couchés optiques, tantôt des tubercules bijumeaux, tantôt des lobes cérébraux que le phénomène de rtî?re5«^dérîve. M. Rolando confond donc tous les phénomène^, coiitme il confond aussi tous les organes d'où ces phéno** mènes dérivent , et cela pàreeque sa méthode n'isole rien. Avec une méthode isolatrice, il eût vu que l'assoupissement venait des lobes eéré-^ braux; l'excitation, des tubercules quadrîjûmeaux; l'ivresse, du cervelet.

Mais ce qu'il importe surtout de faire rentiarquer ici, c'flet queM. Rolando ne parle nulle part expressénaent de la perte des facultés' intellectuelles et sensitfves par l'ablation des lobes cérébraux. Il s'est même si peu douté de cette perte , qu'il dit (j); 284) î d'une poule à lobes cérébraux mutilés, qu'elle boittX mange; et (p. 288), d'un corbeau y ^elon lui, dans le même état, que, «à la 9 vue d'un chien ou d'un« poule d'eau, ses plus .9 mortels ennemis , il ne se mettait plus en co« >lère. » Quant à l'explication de c6 dernier fait, M. Rolando me permettra de ne pas m'étonner, avec lui, de l'impassibilité qu'a montrée le corbeau à la vue de ses plus mortels ennemis; puisque, d'après mes expériences, il n'y voyait pas.

M. Rolando n'a donc établi nulle part ce fait

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capital, que dans les lobes cérébraux résident exclusivement toutes les facultés intellectuelles et sensitives.

Il y a plus, c'est que, avec sa méthode, il était impossible qu'il l'établît. En effet, comme il sera montré par mes nouvelles expériences , une portion même très limitée de lobes cçrébraux suffit à l'oLercice de leurs fonctions : or, M. Rolan^do n'enlève jamais ces organes en entier; il se borne à les mutiler, tantôt un peu plus , tantôt un peu moins ; quelquefois même il n'en mutile qu'un ; jamais il ne les mutile que par un trou. On voit tout ce que doit apporter de vague dans les résultats une manière d'opérer aussi incomplète* . Un second fait principal relatif aux lobes céré-^ braux, c'est qu'ils ne concourent en rien à Tordonnance directe des mouvemens. Ce fait n'a pas moins échappé à M. Rolando que le précédent , puisqu'il attribué à ces organes Vivresse; et il est inutile d'ajouter qu'il ne leur attribue l'ivresse, ou le désordre des mouvemens, que parceque, avec, sa méthode, il n'est jamais sûr de ne pas intéresser une partie pour une autre, le cervelet pour les lobes cérébraux , la moelle alongée pour le cer-^ velet , etc.

Ainsi, de ces deux faits, l'un, que toutes les facultés intellectuelles et sensitives résident dans

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les lobes cérébraux ; Tautre , que toutes les facultés locomotrices sont étrangères à ces lobes , et y par conséquent , essentiellement distinctes des facultés intellectuelles et sensitives , M. Rolando n'en a vu aucun.

A plus forte raison, n'a-t-il absolument vu aucun phénomène de détail.

J^ai démontré, r que la conservation d'un seul lobe cérébral suffit pour la conservation de toutes les facultés intellectuelles et sensitives: M. Rolando n'en dît pas un mot ; 2* que la perte d'un seul lobe n'entraîne que la perte delà vision de l'œil oppo^ : M. Rolando n'en dit pasun^mot; 3® qu'il y a deux moyens de faire perdre la vision, sans sortir de la masse cérébrale, l'un, l'ablation des tubercules quadrijumeaux, c'est la perte du $ens de la vue; l'autre, l'ablation des lobes cérébraux, c'est la perte de la sensation de la vue ou de la vision : de cette singulière distinction , on n'en trouve pas vestige dans M. Rolando.

Je passe aux expériences sur le cervelet ; et ce qu'il y a d'assez curieux ici , c'est que M. Rolando est préoccupé de l'idée que le cervelet est un^organe de la locomotion.; que le cervelet concourt, en effet; à la locomotion, et que, faute dedéméler comment il y concourt, M. Rolando attribue au cervelet le rôle des moelles épinière et alongée ,

3l2 PROPRIETES ST FONCTIONS

comme il attribuait tout à Theure aux lobes cerébrauK le rôle du ceryelet.

c Je. pratiquai, dit M. Rolando (p. 294)9 sur » quelques cochons et sqr qu piopton, à Taide »du trépau , une ouverture sur un .fl^s côtés du t cervelet, dopt j 'emportai, à. plusieurs reprises, »tout ce que je pus ripais la lésion s étendait à »peine au-delà du côté trépané, que ranimai » était ^appé à* hémiplégies et périssait bientôt au » milieu de êpasmes convufsifs. »

' < J'ai constamment observé , dit-il ( p. âgS ) , » que la diminution des moupçmens était en raison .«directe de la lésion du cervelet.. ». — JEt (p^^g'j) »fii je fléchirais tout d'qn coup, ou sji j'emportais »ie cervelet en çntier, Tanimâil était constamment •.atteint d'ufip paralysie complète. »

Qui ne voit , pour peu qu'il se rappelle ici mes expériences.» que tout ce que M. Rolando dit du c/ecvelet appartient exclusivement aux moelles épinière et alongée, ,et t^ooséquemment qu'il n'a f jen vu ^dans le cervelet de ce q^i'il est en effej:, c'est-à-dire» le régulateur .et nion le produeteair, le balancier. et nson torigii^ des mouvement. Or, ce qu'il y avait de plus dlfikile, et ce qui m'a coûté le plus à démêler, dan» les phénomènes du cervelet , c'es^t précisément ce principe caordonnateur 9 étranger ^u principe produc^

DU SYSTEME NEKVIiUXt Oi:>

leur des mouvemens, et dont j'ose croire, avec M. le baron Cuvîer, que rien ne donnait ^encore l'idée en physiologie*.

En résumé , il n'y a rien , dans ]^. Rolando, de la perte directe de la vision et de l'audition par la perte des lobes cérébraiix; rien de la pertç du $em de la vue par la perte des tuberculpç quadrifumeaux ; rien con$équemment du croisement de la perte de la vue par la perte de ces deux organes; rien touchant la conservation de toutes les facultés intellectuelles et sensîtives par la conservation d'un seul lobe cérébral; rien touchant le principe régulateur des mouvemens de locomotion et de préhension dont le siégé est le cervelet ; rien touchant Tindépendaace fora^elle des facultés locomotrices et des seositives, ni l'indépendance complète des mouvemens de locomotion et de ceux de conservation; rien , enfin ^ touchantla limite précise qui sépare les parties nerveuses suscep^tifales d'exciter la contraction musculaire, de celles qui n'en sont pas susceptibles* Je puis donc me croire assez heureux pour n'a*voir été devancé par personne dans la découverte des faits que je vais rappeler \c\ en peu de mots.

i*" Il y a, dans les centres nerveux, des orga*

' Voyez plus haut page 8a.

3l4 PROPRIÉTÉS ET FONCTIONS

nés distiDcts pour le sentiment et pour le mou^e* ment ;. et conséquemment la propriété de êentir j est essentiellement distincte de la propriété de mouvoir:

s* La moelle épinière, la moelle alongée, les tubercules quadrijumeaux sont seuls susceptibles d'exciter immédiatement la contraction musculaire ; les lobes cérébraux et le cervelet n'en sont pas susceptibles.

3^ Dans les lobes cérébraux résident exclusivement les sensations , les instincts , les volitions; toutes les facultés intellectuelles et sensitives.

4* Dans le cervelet réside exclusivement le principe coordonnateur des mouvemens '^de lo-^ comotion et de préhension.

5* De même que la perte des lobes cérébraux n'altère en rien ni la régularité ni FordonnaDce des mouvemens , de même la perte du cervelet n'altère aucunement ni la régularité ni l'énergie des sensations : le centre des sensations est donc essentiellement distinct du centre des mouvemens , et les facultés sensitives des facultés lo^ comotrices.

6"" Dans un mouvement voulu, il faut distin-* guer le rôle du nerf, celui de la moelle épinière, celui do cervelet, et celui des lobeSf.cérébraux.

DU SYSTÈME NERVEUX. 3l5

Le nerf excite immédiatement la contraction musculaire ; la moelle épinière lie les diverses contractions en mouvemens d'ensemble ; le cervelet coordonne ces mouvemens en mouvemens déterminés, marche, vol, station, etc. ; les lobes cérébraux perçoivent et veulent,

La volitiony la coordination , la production d'un mouvement de locomotion sont donc trois choses essentiellement distinctes : la première réside dans les lobes cérébraux ; la seconde, dans le cervelet ; la troisième , dans la moelle épinière et ses nerfs.

7** La perte d'un seul lobe cérébral n'entraîne que la perte de la vision de l'œil opposé : toutes les autres facultés intellectuelles et sensitives subsistent.

8° La perte d'un seul tubercule quadrijumeau ne fait perdre également la vue que de l'œil opposé.

9* La perte des deux lobes eérébraux rend l'animal aveugle ; mais ni l'iris , ni la rétine , ni le nerf optique ne sont nullement altérés par cette perte.

Au contraire , la perte des tubercules quadrijumeaux , quand elle est complète , paralyse , sur-le-champ , l'iris , la rétine et le nerf optique.

L'origine du sen$ de la vue est donc distincte,

3l6 PROPRIÉTÉS ET FONCllONS

dans la masse cérébrale , du siège de la sensation de la vue. L'origine du sem réside dans les tubercules quadrijumeaux ; le principe de la sensation, dans les lobes cérébraux.

10* G}iacun des autres sens^ Todorat, le goût, Touïe, .a pareiIle[n^ût , dans la masse cérébrale , unq origine distincte du cenfre , ou réceptacle unique des sensations.

Il y a donc , dans la mass/iî cérébi'ale , des or* ganes distincts pour les sens 9 pour les sensations , pour les moiioemens.

1.1" Lorsqu'on enlève le cervelet en entier à un animal, tous les mouv^mens réglés de locomotion et de préhension sont aussitôt perdus : mais tous les mouvemens réglés de conservation subsistent. Les mouvemens de locomotion sont donc essentiellement distincts des mouvemens de con-

servation. (On verra, dans un procliain Mémoire, de quel organe ceux-ci dérivent. ' )

1 â"" Chaque partie essentiellement distincte des centres aerveux a donc un rôle déterminé , des fonctions f>ropres , des propriétés distinctes et spécifiques.

Ce rôle , ces fonctions , ces propriétés maintenant connus, tout le monde voit la facilité

' Yojez plus haut pages 168 et Suivantes.

0U SYSTÈtoB NERVEUX* 5ï']

qu-aura désormais la pathologie à conduis Tàltération des pahies de raltétation des propriétés , et réciproquement la lésion des propriétés de la lésion des parties : double déterminatiôrl qui constitue* le but et le complément de toUte pathologie.

1 5"* Je n'ajoute plus qu'une réflexioU. Pour obte-

nir les résultats que Ton vient de voir, il m'a fallu isoler, avec le plus grand soin , les divers organes cérébraux les uns des autres ; découvrir en entier ces organes , afin de suivre et de guider l'instrument par l'œil ; ne les enlever que par couches régulières et ménagées , afin de ne dépasser jamais les limites* qui les joignent ou les séparent. (^Foyez ^lus haut le rapport de M. Cuvier, p. 71) Toutes ces précautions étaient indispensables pour les obtenir avant de les connaître; aujourd'hui même qu'on les connaît, le défaut d'une seule suffirait pour empêcher de les reproduire. On peut donc avertir ici M. Rolando, qu'en opérant, comme il a toujours opéré, c'est-à-dire sans isoler, sans découvrir, sans voir, sans savoir ni jusqu'où il va , ni où il s'arrête , il ne les reproduira sûrement jamais.

i4'' M. Rolando n'a donc jamais observé que des phénomènes complexes ; il n'en a jamais déduit que des conséquences vagues ou contra*

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dictoires ; il s'est constammeût borné à répéter les expériences de Haller , de Lorry, de Zinn. Tous mes efforts, au contraire, ont tendu au perfectionnement de la méthode expérimentale, dans le but d'ajrriver enfin à des résultats précis. Les physiologistes décideront si j'ai réussi.

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