VIII AVANT-PROPOS
Les analomo-cliniciens purs, faisaient peu de progrès, parce qu'ils s'abstenaient des recherches expérimentales; les expérimentateurs modernes ont eu beaucoup de déboires, parce qu'ils ne tiennent pas suffisamment compte des données anatomo-cliniques.
Beaucoup d’entre eux ont raisonné par analogie : tant que les manifestations de la tuberculose et de la syphilis ont été considérées comme des tumeurs, comme des produits engendrés par l'organisme, comme des manifestations de l'héréditéet de l’état des humeurs : pas de progrès.
Le jour où l'on a cherché le parasite, les progrès ontcommencé; et on a vu clair le Jour où le parasite a été trouvé.
Le parasite de chacune de ces affections est un, malgré le polymorphisme des manifestations anatomo-cliniques.
Il suffira d'appliquer aux tumeurs malignes la méthode qui a fait ses preuves pour la syphilis et la tuberculose. Lorsqu'on aura trouvé le parasile du cancert, tout s'éclairera par sa découverte.
Le programme est tentant, mais rien ne dit qu'il soit réalisable. La pathologie a fait un pas de géant le jour où l’on a démontré le rôle des parasites. Mais la parasitologie n'est peut-être pas toute la pathologie.
L'hypothèse de la nature parasitaire du cancer sera peut-être un jour une vérilé, mais Jusqu'ici aucun fait démontré ne l'étaye. Celui qui ne travaille que pour vénifier cette hypothèse s'expose à un échec complet.
Rien ne prouve même que ce syndrome anatomique et clinique que nous désignons à l'heure actuelle sous le nom de cancer réponde à une unilé pathologique véritable, et que l’on ne soit pas contraint un jour de répartir les tumeurs malignes en plusieurs groupes morbides de pathogénie diverse.
Le grand mérite d'Ehrlich et de son école est de ne pas poser. de principe à priori.
Pour lui l'étude vraiment scientifique des néoplasmes malins est trop jeune, pour qu'on puisse dès maintenant entrevoir la