‹ Recherches expérimentales sur les tumeurs malignesChapitre 56 sur 88 · PS OR · texte numérisé non relu

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DES ÉPITHÉLIOMAS MALPIGHIENS 201

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En mai 1908 le coiffeur en rasant la joue droite écorche un petit bouton dont le malade ignorait l'existence. L’hémorragie abondante l'inquiète et il va consulter M. Guinard. Celui-ci opère au début de juin une tumeur sous-cutanée du volume d’une noisette. Il enlève les ganglions sous-angulo-maxillaires et carotidiens droits, qui n'étaient d’ailleurs pas appréciables à la palpation, au dire du malade. En septembre le malade rentre chez lui, la plaie jugale n’est pas entièrement cicatrisée, et continue à suinter, la plaie cervicale est entièrement fermée. En novembre, récidive en chou-fleur au uiveau de la joue. On fait une seconde intervention qui oblige à faire une brèche complète à travers la paroi buceale. L'opération est accompagnée de fulguration. En février 1909 deuxième récidive, troisième intervention de M. Guinard accompagnée de fulguration. La plaie ne présente aucune tendance à la cicatrisation, et 19 jours plus lard ses bords recommencent à végéter; le malade est envoyé à Bicètre commeincurable. Hémorragiespeuabondantes,mais quotidiennes.

A l'examen le 26 février 1909, on constate une perforalion compiète de la joue, du diamètre d’une pièce de cinq franes, permettant de voir tous les mouvements de la langue. Les rebords de ce pertuis sont hérissés de végélations en chou-fleur, très dures. La peau du menton est saine, mais soulevée par une tumeur adhérente très dure, grosse comme une noix, paraissant lobulée à la palpation. |

Biopsig AVANT TRAITEMENT; gros fragment prélevé au niveau du rebord de la fistule.

Le 2 mars 1909 : 1° Séance 20 11. Rayons non filtrés en trois applications distinctes. Une par la bouche, une par la joue, une sur le menton. Dans cette séance et les suivantes on protège la langue avec une cuiller.

Le > mars 1909 : > Séance 19 H. (Total = 35 /1.) Rayons filtrés jusqu’au n° 4 ; trois applications distinctes.

1e Biopsie, (8 jours après le début du traitement.)

Le 16 mars : 3° Séance 159 H. (Total — 50 A.) Rayons filtrés. verre jusqu'au n° 4 ; trois applications distinctes.

202 VI. RADIOTHÉRAPIE

> Biopsie, (19 jours après le début du traitement.)

Depuis la dernière séance, les hémorragies ont cessé, mais l'aspect de la tumeur n’est pas modifié.

Le 30 mars : 4° Séance 7 H. (Total — 57 4.) Rayons non fillrés, une seule application sur le menton.

Le pourtour de la fistule n'est pas modifié, mais la tumeur du menton a beaucoup augmenté, et commence à s’ulcérer.

3° Biopsie, (1 mois après le début du traitement.

Le 27 avril :-5° Séance 10 . (Total = 67/1.) Rayons filtrés 1 millimètre d'aluminium.

La tumeur a encore augmenté, la commissure labiale est envahie.

Les bourgeons ulcérés du menton prolifèrent.

Le 4 mai: 6° Séance 15 H. (Total — 8 A.) Rayons filtrés > millimètres d'aluminium. Trois applications distinctes,

La tumeur progresse du côté du menton et de la commissure labiale.

Le 11 mai : 7° Sécrre 10 H. (Total — 93 A.) Rayons filtrés verre Jusqu'au n°6. Deux applications distinctes.

La commissure labiale est entièrement détruite, et la fistule Jugale se continus, avec l'orilice buccal.

4° Biopsie, (2 mois après le début du traitement).

Le 25 mai : 8° Séance 10 H, (Total = 103 /1.) Rayons non filtrés. ;

Le 4 juin : 9° Séance 10 H. (Total = 113 Æ.) Rayons filtrés 2 millimètres d'aluminium. La tumeur envahit complètement le menton elle plancher de la bouche, elle végète dans la cavité buccale. Les hémorragies reparaissent chaque fois que le malade mastique des aliments. Devant les résultats complètement négalifs de la thérapeutique, malgré les hautes doses employées,

on cesse toute irradiation.

Le malade succombe à la fin d'août 1909, pendant les va- Cances.

On ne peut praliquer l’aulopsie, et nous n'avons pu recueillir

aucun document clinique, ni anatomique sur son décès.

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DES ÉPITHÉLIOMAS MALPIGHIENS i 203

Étude histologique :

BiOPSIE ANTÉRIEURE AU TRAITEMENT : Épithélioma malpighien métalypique.

Travées épithéliomateuses dont les cellules sont pourvues de prolongements exoplastiques, avec monstruosités cellulaires, mitoses,. Inclusions pseudo-parasitaires, dyskératoses monocellulaires nombreuses, pas de globes cornés typiques. Nous ne savons si cette structure était la structure primitive du néoplasme, ou si elle n’a pas subi l'influence des deux fulgurations répétées à trois mois d'intervalle, et dont la dernière remonte à trois semaines. .

1 Biopsie, (8 jours après le début du traitement).

Image histologique non modifiée.

2° Biopsre, (15 jours après le début du traitement).

À la surface, tissu de granulation, contenant des nappes de cellules cornées dissociées par les polynucléaires et les plasmodes phagocytaires. Moins d'un millimètre au-dessous de la surface, reparaissent les travées épithéliomaleuses vivaces, à éléments monstrueux, en tous points semblables à ceux de la première biopsie. Po

3° Biopsie, (1 mois après le début du traitement). Même structure, mais le tissu de granulation est plus épais (2 millimètres) et ne contient à la surface aucun élément néoplasique. Les masses cornées reparaissent dès le troisième millimètre, dès le quatrième, on retrouve les travées épithéliomateuses proliférantes.

4° Biopsie, (2 mois après le début du traitement). Malgré l’épaisseur du fragment (5 millimètres), les coupes ne contiennent que du tissu de granulation sans éléments néoplasiques.

L'action histologique destructrice des rayons X sur les éléments de la tumeur semble donc identique à celle que nous avons décrite dans les observations précédentes ; mais il semble que malgré l'intensité des doses employées, la prolifération spontanée du néoplasme dans les profondeurs se soit montrée plus active que sa destruction radiothérapique à la surface.

20/4 VI. RADIOTHÉRAPIE

Observation X

Ulcus rodens de la lempe droite.

Étude clinique :

Car... homme de 8> ans, ancien palefrenier, entré à Bicètre

le 16 ne 1908.

En mai 1905, à la suite d'une émotion violente le malade

s'aperçoit d’une tache violacée du diamètre d'une pièce de 1 france au niveau de la tempe droite. Cette tache s’entoure d'un rebord induré en janvier 1906. En décembre 1907, elle s'ulcère, et Pulcération commence à saigner en février 1908. Depuis 15 Jours, les hémorragies ont augmenté à tel point que le malade demande un traitement.

A l'examen, le »9 juin 1908, on constate au niveau de la tempe droite une ulcération arrondie, régulière, à bords décollés, du diamètre d'une pièce de 5 francs. Cette ulcération repose sur une base cartonneuse, etses rebords sont indurés au pourtour, sur une largeur de plus d’un centimètre. Pas de ganglions appréciables.

BIOPSIE AVANT TRAITEMENT.

Le 30 juin 1909 : Séance unique : 19 H. Rayons non filtrés, Spintermètre, 7 centimètres ; 8/10 de milliampère ; 59 minutes à 13 centimètres de l’anticathode.

Quatre jours après la séance, les hémorragies cessent com-

plètement, dix jours plus tard, le fond de l'ulcération devient sec, et se recouvre d'une croûtelle brunâtre.

Le malade enchanté de ce résultat dit ne pas demander davantage el se refuser à toute continuation du traitement.

L'ulcération diminue d’abord d’élendue, et le 15 octobre 1909 elle ne surpasse pas celle d'une pièce de cinquante centimes. À partir de janvier 1910, elle recommence au contraire à s’étendre, mais sans donner à nouveau des hémorragies abondantes.

À la fin mai 1910, les hémorragies n'ont pas reparu, le fond

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