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> La phase de maturation monstrueuse (1) est marquée :
a) Par l'augmentation de volume de loutes les parties de la cellule, noyau et protoplasma. Cette hypertrophie peut atteindre des proportions considérables (2 et 3 fois en diamètre).
b) Par le nombre plus grand des mitoses atypiques.
c) Par l'apparition des noyaux bourgeonnants monstrueux, très chromophiles.
d) Par l'apparition dans le corps de la cellule de formations archoplasmiques d'aspect pseudo-parasitaire.
3° La kéralinisalion est à fois disséminée, lotale et atypique :
Disséminée, en ce sens que chaque cellule se kératinise pour son propre compte indépendamment de sa voisine, sans qu'il y ait imbrication à la manière des globes épidermiques.
Totale, en ce sens que toutes les cellules atteintes par une même quantité d'Æ subissent cette évolution cornée bien qu'à des moments différents : au début du processus on trouve l'une à côté de l’autre des cellules réduites à un petit bloc de corne, et des cellules au début de la kératinisation; mais bientôt toutes les cellules ont subi leur évolution, et toute la région est transformée en masses cornées visibles aux plus faibles grossissements et simulant des perles géantes.
Atypique, en ce sens que protoplasma et noyau subissent le plus souvent l'un et l'autre pour leur propre compte l'évolution cornée, sans passer par les stades que l'on observe dans lépiderme normal, ct dans les globes des cancroïdes. Le protoplasma devient granuleux, d’abord orangeophile, puis éosinophile; les granulations augmentent de volume et finissent par
(1) BorNaïT-LEGUEULE dans sa thèse Modifications histologiques du cancer du sein trailé par les rayons X (obs. IV, p. 125 et fig. 4. Paris, 1909) décrit et figure des hyperplasies et des monstruosités cellulaires dans une biopsie de cancer du sein pratiquée deux mois après la cessation d’un traitement intensif de six semaines. L'auteur n'a observé le phénomène qu'une fois, et le rapporte à l’évolution pathologique ultérieure de cellules résiduelles (vie latente) épargnées par l'irradiaton. Il serait intéressant de comparer ces formations monstrueuses à celles que nous avons toujours observées au début de l’action radiothérapique sur les épithéliomas malpighiens.
22 ) VI. RADIOTHÉRAPIE
se fusionner en un bloc homogène, présentant toutes les réac-
tions colorantes de la kératine.
Ces granulalions ont sans doute une constitution chimique
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FiG. 15. — Observat on I: Épithélioma végétant de la face. Biopsie DE LA SUPERFICIE DE LATUMEUR AVANT RADIOTHÉRAPIE. (Grossissement — 230 diamètres.)
© La préparation montre des travées épithéliales pleines, formées de cellules métatypiques, dépourvues de prolongements épineux. Le stroma très-grèle contient quelques fibroblastes et quelques éléments migrateurs. — Les karyokinèses des cellules épithéliomateuses sont très nombreuses, et pour la plupart Lypiques. à L — Par places, on trouve une légère tendance de quelques cellules à la kératinisation spontanée, mais ce phénomène est toujours très limité, nulle part de v'rilables globes épidermiques.
À, Trivées épithéliales pleines, formées de cellules mélatypiques: — B, Stroma conjonctif; —C, Mitoses;— D, Kératinisation spontanée partielle (pseudo-globe)}-
analogues à celle de l'éléidine, mais elles n'en présentent à aucun moment les réactions colorantes caractéristiques.
Le noyau subit une évolulion différente suivant les cas :après une phase de pyenose, tantôt il y à karyorrhexis puis diffusion
dans le proloplasma: tantôt le noyau S'éclaircil, se charge-de
granu'alions acilophiles et finit par se transformer directement en un bloc de kératine. La kératinisalion nucléaire peut évoluer sans stade préalable de pyenose, elle semble alors le plus sou-
DES ÉPITHÉLIOMAS MALPIGHIENS
vent commencer par les nucléoles ; dans certaines cellules elle paraît précéder la transformation cornée du corps cel'ulaire. — }° La dislocation et la phagocytose des masses cornées parait
Fic. 16. — Observation I : Môme cas que figure 15 «Biopsie de la superficie de la tumeur quinze jours après Île début de la radiothérapie effective. MATURATION MONSTRUEUSE DES ÉLÉMENTS NÉOPLASIQUES. (Grossissement — 230 diamètres.)
— Le grossissement de la figure 16 est rigoureusement le même que celui de la figure 15. On est d’abord frappé de l'augmentation de volume de loutes les parties de la cellule : noyau et protoplasma, dont les diamètres ont doublé, triplé même par places.
— Les noyaux hyperplasiés bourgeonnent et deviennent très chromophiles. Nombre de cellules présentent des inclusions pseudo-parasitaires. On voit apparaître dans le protoplasma des granulations de volumes divers qui ne présentent pas les réactions histo-chimiques de l'éléidine normale, mais semblent néanmoins marquer un premier stade de l'évolution cornée.
A, Noyaux bourgeonnants très chromophiles, mais non pycnotiques; — B, For-
mations archoplasmiques d'aspect parasitaire; — C, Grosses granulations protoplasmiques (éléidine modifiée); — D, Petites granulations protoplasmiques de mème nalure; — E, Début de kératinisation nucléaire; — F, Mem-
brane nucléaire encore distincte, ne renfermant ;lus de chromatine.
être surtout l'œuvre des polynucléaires neultrophiles et des fibroblastes du stroma qui prolifèrent avec activité. Plus tard apparaissent les macrophages et les plasmazellen, qui s'accumulent autour des vaisseaux el persistent longtemps après la
disparition des cellules néoplasiques. On trouve aussi parfois,
229 VI. RADIOTHÉRAPIE
à la périphérie des blocs, quelques. plasmodes qui affectent le type habituel des cellules de corps étranger: mais nous n'avons . trouvé ces éléments en abondance que dans un petit nombre de
cas.
Les masses cornées, avant d'être entièrement détruites, peu-
FIG, 17. — Observation I : Même cas que les figures 15 et 46 : Biopsie de la superficie de la tumeur, aprèsle début de la radiothérapie. KÉRATINI- SATION. (Grossissement — 230 diamètres.)
— Presque tous les éléments de la Préparation sont complètement transformés en masses cornées qui se fragmentent, si bien que les contours cellulaires ont presque partout disparu, Dans la partie gauche de la figure on voit de nombreux fragments de noyaux en pycnose. Par places on retrouve des membranes nucléaires encore distincles, mais dépourvues de toute chromatine.
À, Cellule dont le protoplasma est déjà entièrement kératinisé, mais dont l'architecture nucléaire ést encore distincte; — B, Fragments de noyaux pyCnotiques ; — C, Membrane nucléaire ne renfermant plus de chromatine (kératinisation complète du noyau); — D, Masse cornée fragmentée en petits blocs; disposés sans aucune ordination systématique.
vent perdre les réactions colorantes de la kératire, et demeurer longtemps enchâssées dans le derme, sous forme d'amas de corpuscules chromophobes dépourvus de noyaux. r 2 ® L'organisation de la cicatrice conjonclive, mème dans les tumeurs ulcérées, ne S’accompagne pas le plus souvent, de la formalion de gros tractus libreux; le tissu reprend la structure
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du derme sain, à cette différence près qu'il ne contient plus ni poils ni glandes, et que les fibres élastiques y sont moins nom-
FiG. 148. — Observation ! : Même cas que les figures 15, 16 et 1T: Fragment de la zone moyenne de la tumeur prélevée lors de l’autopsie (mort par pneumonie) deux mois après le début du traitement, en une région presque complètement guérie macroscopiquement. DiISLOCATION ET PHAGOCYTOSE DES BLOCS KÉRATINISÉS. (Grossissement — 230 diamètres).
— La région supérieure et droite de la figure représente une masse de corne
fragmentée, presque anhiste, dans laquelle on distingue encore quelques
noyaux pyenotiques; cette masse est envahie par des polynucléaires, des cellules libres du tissu conjonctif qui semblent jouer un rôle de phagocytose, et des fibroblastes jeunes.
— La région inférieure gauche de la figure montre le tissu conjonctif de néo-
formation qui s’est substitué à la néoplasie détruite. On y remarque, outre
les fibroblastes jeunes qui enveloppent quelques débris de cellules épithéliales kératinisées, de nombreux leucocytes et quelques plasmazellen:
A, Cellules épithétiales kératinisées à noyau pyenotique; — A', Fragments de noyaux pycnotiques ; — B, Membranes nucléaires ne renfermant plus de chromatine (kératinisation complète du noyau); — C, Masses corhées anhistes fragmentées en petits blocs, disposés sans aucune ordination; — D, Cellules conjonctives libres, ayant pénétré dans l'épaisseur des masses cornées ; — E, Fibroblastes jeunes remplaçant le néoplasme détruit; — E Fibroblastes jeunes ayant pénétré dans l'épaisseur des masses cornées ; — F, Leucocytes; — F' Leucocytes en pycnose; — G, Plasmazellen; — G Plasmazellen autour
d’un néo-capillaire.
breuses et plus grèles qu'à l’état normal. Dans cette cicatrice souple il peut ne persister aucun élément néoplasique, et c'est
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la guérison définitive; ou au contraire il subsiste dans la profondeur quelques cellules frappées par les rayons X mais non détruites; ces cellules à noyau très chromophile, mais non
pycnotique, à protoplasma réduit, et avide des colorants
basiques, sont à l’état de vie ralentie : si le traitement n’est pas continué, c'est la récidive plus ou moins différée.
FiG. 19. — Observation I : Même cas que les figures 15, 16, 17 et 18: Fragment de la superficie de la tumeur prélevé, lors de l’autopsie (mort par pneumonie), deux mois après le début du traitement, en une
région complètement guérie en apparence. ORGANISATION DE LA CICA-
TRICE CONJONCTIVE, (Grossissement — 230 diamètres.)
— La figure montre un tissu conjonctif jeune formé de fibroblastes volumineux, avec sécrétion minime de collagène; quelques capillaires contenant un grand nombre de leucocytes surtout polynucléaires. Au milieu des tractus conjonctifs on aperçoit quelques cellules épithéliales groupées par deux ou trois.
Ces cellules, réduites de volume, ont des noyaux très chromophiles, mais.
non pycnotiques; leur protoplasma: est également réduit, et légèrement baso-
phile. Ce sont des cellules épithéliomateuses en état de vie ralentie (léthargie
cellulaire), qui auraient pu, en cas d'interruption du traitement et de survie du malade, donner des récidives à longue échéance. |
À, Cellules épithéliomateuses à l'état de vie ralentie; — B, Fibroblastes jeunes ; — C, Néo-capillaires renfermant des hématies et de nombreux leucocytes.
Celle distinction de cinq phases successives est fort schéma ; Uque : elle ne s'applique pas à l'ensemble d'un tameur en un
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mêmemomentdeladurée. Nousles avons observéesles unes après les autres, dans les biopsies successives prélevées en des points comparables de la superficie d'une même tumeur. Lorsque nous avons pu étudier dans son ensemble un néoplasme en cours de traitement (opération ou autopsie), nous avons retrouvé simultanément ces divers aspects : on les observe dans le même ordre lorsqu'on parcourt successivement sur les coupes sériées, les zones profondes, puis les zones de plus en plus superlicielles, c'est.à-dire les points qui ont reçu peu d’/7, puis ceux qui en ont reçu davantage.
£LUNET. 15