‹ Recherches expérimentales sur les tumeurs malignesChapitre 58 sur 88 · NT NET · texte numérisé non relu

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DES ÉPITHÉLIOMAS MALPIGHIENS QU

pas modifiées. Le chorion sus-jacent est formé de fibroblastes jeunes et de très nombreux polynucléaires sans trace d'éléments néoplasiques. Le bord libre de la lèvre,et la face postérieure sont ulcérés : de grosses travées épithéliomateuses viennent bourgeonner à sa surface, et pénètrent dans la profondeur des fibres | musculaires striées. Le stroma grêle est infiltré de polynucléaires vivaces et de globules de pus. Les globes éprdermiques sont plus nombreux et plus volumineux à la surface que dans la profondeur. Les travées superficielles contiennent des cellules plus grosses que les travées profondes. Les figures d’inclusion pseudo-parasitaires, les noyaux bourgeonnants et surlout les éléments isolés en dyskératose s’y trouvent en abondance. Ces images histologiques sont exceptionnelles dans la profondeur.

Observation XIX.

Epithélioma végétant de la lèvre inférieure.

Renseignements cliniques :

Lec..., homme de 65 ans. Début en 1905, par une petite ulcération à FRE indurée au niveau de la commissure labiale droite, enlevée à la cocaïne. Récidive un an plus tard, extirpée opéraloirement ainsi qn'un ganglion sous-maxillaire envahi. On fail à ce moment un curage complet des ganglions de la région. Deuxième récidive en mars 1908 dans la lèvre inférieure; la tumeur atteint fin avril le volume d’une grosse noix ; la peau détruite par les végétations est ulcérée sur une surface égale à celle d’une pièce de 5 francs. La muqueuse buccale demeure intacte. À partir de mai, radiothérapie de la lèvre par la face cutanée. Nous ne pouvons obtenir de renseignements sur cette irradiation, mais elle a dû être intensive, car elle a paraît-il pro: voqué une radiodermite ulcéreuse intense des régions mentonnière et sus-hyôdienne, Cette radiodermite oblige d'interrompre le traitement en juillet. La tumeur qui s’est d’abord affaissé, se remet à proliférer, à partir d'octobre. Troisième opération le

218 VI. RADIOTHÉRAPIE

20 novembre 19409. On enlève la tumeur en masse avec le maxillaire inférieur. Le chirurgien nous confie un gros fragment (noix) qui répond à toute l'épaisseur de la lèvre inférieure ; nous pratiquons des coupes totales.

Étude histologique :

PIÈCE OPÉRATOIRE (prélevée 3 mois et demi après cessation d’une radiothérapie intensive poursuivie pendant 3 mois).

Tout l'épiderme cutané a disparu ; de ce côté, sous une mince couche de fibrine, on trouve un tissu scléreux formé de grosses bandes de collagène, entre lesquelles on voit des masses cornées en désintégralion, parsemées d'éléments épithéliomateux vivaces, isolés ou agminés par groupes de deux ou trois. À mesure qu'on s’avance vers. la profondeur, les éléments vivaces sont plus nombreux, les masses cornées diminuent, puis disparaissent ; le stroma devient grêle.

Sous l’épiderme buccal intact, se pressent de grosses travées épithéliomateuses formées d'éléments à protoplasma clair, dépourvu d'épines; à noyaux volumineux, présentant de nombreusés figures de karyokinèse; pas de monstruosités, ni de signes de kératinisation (ni globes perlés, ni kératoses unicellulaires). e

Si nous cherchons à résumer les résultats obtenus, nous voyons que les épithéliomas passent par cinq phases successives avant de disparaitre sous l’action des rayons X :

1° Phase latente ; 2° Maturation monstrueuse ;

Kéralinisation :

4" Dislocation et phagocytose :

Organisation d'une cicatrice conjonclive souple.

— 1° La phase latente a une durée variable de 6 à 15 Jours : pendant celte phase, aucune modification cylologique appréciable, La durée en parait être un peu plus courte pour les épithéliomas spinocellulaires, que pour les basocellulaires.

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