I. Nous rapporterons en détail cette observation
If. Nous comparerons aux résultats obtenus dans ce cas type, ceux que nous ont montré les préparations (pièces opératoires et biopsies) de quatre autres cas de cancer du sein chez la femme, à divers stades du traitement. |
II. — Nous étudierons ensuite l’action des rayons sur les épithéliomas du sein de deux de nos souris (Tumeur M. Premières générations épithétiales), chez lesquelles nous avons pu préciser les conditions expérimentales.
298 VII. RADIOTHÉRAPIE
[. Étude comparative des masses néoplasiques traitées et non traitées dans une même tumeur humaine.
Observation XX.
Métastases cutanées mulliples d'un épithélioma typique du sein.
Étude clinique :
Dou... Il s'agissait chez notre malade, une femme de 6o ans, entrée en mars 1906 dans le service de M. Ménétrier à l'hôpital Tenon, de métastases multiples, cutanées et sous-cutanées, d’un cancer de sein. La superficialité des lésions permettait une application facile des irradiations tandis que leur multiplicité excluait toute idée d’une intervention chirurgicale curatrice.
C'était d’ailleurs un cancer à marche remarquablement lente. Le début remontait en effet à l’année 1889. Opéré par le professeur Segond en 1892, il récidive en 1900 au niveau du sein, et trois ans après, apparaissent des métastases multiples du cuir chevelu.
D'après les renseignements fournis par la malade il semble bien que, dans ce cas, cette lenteur d'évolution. soit en rapport avec une forme particulière du cancer, et qu'il se soit agi au début d'une maladie kystique de la mamelle.
En effet, et bien que la malade aie tout d'abord remarqué une tumeur seulement au niveau du sein gauche, la lésion est en réalité double, ou le devient rapidement, puisque le chirurgien pratique l’extirpation des deux seins ; et d’ailleurs c'est le diagnostic de « kystes du sein » qui fut porté par le médecin traitant qui le premier conseilla l'opération.
Au moment où la malade entre à l'hôpital Tenon, les métastases craniennes datent donc de trois ans. On voit alors, au niveau de la convexilé du crâne, quatre grosses tumeurs, à peu près hémisphériques, présentant à leur base un diamètre de 4 à 6 centi-
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SET SR RE PRES PEL RE Ed
mètres, dures, peu sensibles à la pression, non mobilisables sur les parties sous-jacentes, et paraissant même profondément adhérentes à l'épicrâne et à l'os. La peau amincie à leur surface est lisse, luisante, rougeñtre, avec de fins vaisseaux en arborisation superficielle; elle est complètement adhérente à la masse néoplasique, et fait corps avec elle. Une de ces tumeurs est légèrement ulcérée et recouverte en partie de croûtes jaunâtres, suintantes.
Outre ces tumeurs principales, une vingtaine de nodosités plus petites, dont le volume varie des dimensions d’un pois à celles d’une noisette, sont disséminées autour d'elles et dans toute l'étendue du cuir chevelu.
Au niveau du sein droit, la première récidive forme une tumeur des dimensions d'une mandarine, adhérente à la peau, et mobile sur les parties profondes. Dure, non douloureuse, elle est située à quelque distance de la cicatrice opératoire. Dans l’aiselle correspondante, un noyau cancéreux plus petit est adhérent à la peau.
La superficialité de ces lésions permettait d'espérer une action efficace du traitement radiothérapique, d'autant plus qu'à ce moment, et malgré l'atteinte de l’état général, rien n'indiquait l'existence de localisations viscérales profondes du néoplasme en voie de généralisation. La malade est adressée à M. Béclère, dans son service de l'hôpital Saint-Antoine, où, le 7 avril 1906, le traitement fut commencé et continué ensuite régulièrement une fois chaque semaine.
D'ailleurs, et bien que l’histoire de la malade et les signes cliniques constatés à l'examen de ces tumeurs ne laissent aucun doute sur l'exactitude du diagnostic de cancer mammaire en voie de généralisation, pour plus de certitude, nous faisons pratiquer par M. Demoulins, l’extirpation chirurgicale de la tumeur située au niveau du sein, qui, plus mobile que les tumeurs craniennes, peut être enlevée sans difficulté.
L'examen histologique confirma pleinement notre diagnostic de cancer mammaire ; et en outre, nous montra des lésions d’épithéliome typique, ayant par places conservé des apparences
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adénomateuses, ce qui rend vraisemblable, le point de départ du cancer dans l’évolution maligne d’une maladie kystique, d’une affection adénomateuse des déux seins; hypothèse que nous avait suggéré le récit fait par la malade.
Sous l'action du traitement radiothérapique, les tumeurs craniennes diminuent progressivement, sans aucune modificaton apparente du tégument, semblant fondre en quelque sorte, sous la peau, qui à aucun moment ne présente trace d'érythème. Elles ne paraissent pas se ramollir avant de disparaitre, mais diminuent peu à peu, tout en gardant la même consistance, tant qu'il subsiste quelque chose du nodule néoplasique. Toutes ces particularités sont de grande importance, car elles montrent qu'il n’y a eu à aucun moment, de travail inflammatoire perceptible au niveau des tumeurs en régression, et moins encore de processus destructeur, ulcéreux ou nécrotique. Bien plus, la tumeur qui était ulcérée, avant le commencement du traitement, s'est rapidement cicatrisée sous son influence.
Aussi, quand, après 7 mois et demi de traitement, nous présentons avec notre maître M. Menetrier cette malade à la Société médicale des hôpitaux (1) on peut constater que les grosses tumeurs hémisphériques ontà peu près complètement rétrocédé, laissant à leur place une peau blanche, amincie, même légèrement déprimée par rapport aux parties voisines, et parcourus seulement de petites veinosités à la périphérie. Sauf pour la tumeur qui fut ulcérée, il n'y a pas à proprement parler de cicatrice, mais une sorte d’atrophie interslitielle du tissu de la peau au niveau des tumeurs résorbées. D'ailleurs à côté de points paraissant entièrément guéris, complètement débarassés de tout vestige de cancer appréciable cliniquement, il reste encore en d'autres régions, des petites plaques indurées, indiquant l'existence de résidus de néoplasme.
Et puis landis que les lésions traitées disparaissent ainsi, fondant sous l’action curative des irradialions, d'autres tumeurs se
(1) Bullelin de la Société médicale des hôpitaux, 26 octobre 1906.
as ra
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développent en d'autres points du corps : à la nuque, sur les côtés du cou, au pubis, dans le sein droit. En mème temps l'état général s'aggrave, et, à partir du 20 décembre, on doit, en raison de la faiblesse croissante de la malade, suspendre Île traitement radiothérapique.
Il a été ainsi appliqué pendant 4 mois à raison d'une séance par semaine. À chaque séance on a fait absorber à la région irradiée une quantité de rayons de Rœntgen non filtrés égale au plus à trois //. Ce qui donne un total de 120 /J. environ. Le pouvoir de pénétration des rayons employés atteignait le n° 8 du radiochromomètre de Benoist.
Après la cessation du traitement le malade accuse des douleurs dans les membres inférieurs, et de nouvelles nodosités cutanées apparaissent.
La, cachexie va ensuite progressant de jour en jour et la malade est finalement emportée par des accidents de bronchite capillaire le 19 février 1907, juste 2 mois après la cessation des irradiations.
Jusqu'à la fin, les lésions traitées et paraissant guéries gardent le même aspect, et ilsemble à l’examen clinique, à la vue comme au toucher, n’y avoir aucune récidive en ces points, aucune reproduction du néoplasme résorbé.
Autopsie :
Nous passerons rapidement sur les résultats de l'autopsie, remarquable surtout en ce point, qu'on ne rencontre que d’infimes lésions néoplasiques viscérales : quelques nodules pleuro pulmonaires, un petit noyau cancéreux dans un rein), et que toutes les métastases, par suite d’une prédilection singulière de ce cancer pour les tissus superficiels, sont à peu près excluvement cutanés ou sous-cutanés. Il y a d'autre partun contraste remarquable entre le peu d’étendue des lésions cancéreuses, et la cachexie mortelle qui en a été la conséquence.
Étude histologique :
Nous avons examiné histologiquement un grand nombre de