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stroma conjonctif abondant (aspeet carcinomateux). Les cellules de ces travées sont pour la plupart des cellules claires avec noyaux exubérants à réseau chromatinien délicat; quelquesunes au contraire présentent les caractères des cellules jeunes : noyau volumineux très chromophile, protoplasma peu abondant et basophile. Il n'y a aucun ordre dans la répartition des cellules claires et des formes jeunes. Pas trace d’action des rayons.
Dans les fragments sous-cutanés, au contraire cette action est manifeste; les coupes ressemblent tout à fait à celles qui proviennent des nodosités traitées, mais non macroscopiquement résorbée de l'observation XX.
La peau présente un léger degré de radiodermite chronique, atrophique : nivellement des papilles, disparition partielle des poils et des glandes, mais pas d'état vacuolaire des cellules du corps muqueux. Le derme est formé de faisceaux conjonctifs épais, avec quelques rares noyaux allongés de cellules conjonctives jeunes. Pas d'infiltration leucocytaire. (La tumeur n'était pas ulcérée). Dans le derme, quelques éléments à noyau condensé, à protoplasma réduit et très chromophile. Ce sont des cellules cancéreuses frappées de léthargie par les rayons, analogues aux cellules de la figure 22.
A la partie profonde des coupes, les travées cancéreuses sont toujours très grêles et atypiques, mais elles sont en majeure partie formées de cellules claires ; elles sont tout à fait analogues à celles que nous avons décrites dans les fragments prélevés
dans les.régions de la tumeur les plus éloignés des téguments.
En résumé dans cette observation, comme dans la précédente, nous sommes-en présence des résultats éloignés de la radiothérapie. Le stade de destruction cellulaire est passé, les éléments détruits sont depuis longtemps résorbés ; seules quelques cellules frappées de léthargie persistent encore dans leur forme d’involution : les cellules moins touchées se sont mises depuis :
longtemps à proliférer à nouveau avec intensité, mais comme il s'agit de tumeur atypique, de carcinome, et non d’épithélioma typique comme dans le cas précédent, même dans les régions
2,6 VII. RADIOTHÉRAPIE
les plus profondes, nous ne trouvons que des travées cellulaires pleines. Aucun vestige de formations acineuses.
Observation XXII
Épithélioma du sein.
Renseignements cliniques :
Tron..., femme âgée de 52 ans, atteinte d'une tumeur mammaire non ulcérée ayant débuté 15 mois avant le commencement du traitement. à
La tumeur reçoit 40 /J en trois mois et 14 séances. Huit jours après la dernière séance, on pratique une biopsie superficielle, dont on nous confie l'examen.
Etude histologique :
L'épiderme témoigne d'un léger degré de radiodermite hypertrophique, épaississement de toutes les couches, en particulier de la couche des cellules à éléidine et de la couche cornée. Mais poils et glandes ont disparu, les papilles sont pour la plupart nivelées.
Le derme est si riche en cellules, qu'on pourrait croire, à un faible grossissement, à une lésion infectieuse banale : mais un examen plus attentif montre que les phénomènes de diapédèse et d'infiltration leucocytaire sont au second plan.
L'accumulation des noyaux est due à la métaplasie para-embryonnaire des éléments conjonctifs : résorption du collagène et de l’élastine, hypertrophie nucléaire et protoplasmique, multiplication des fibroblastes.
Enveloppés de toutes parts par ces ntoformations conjonctives nous trouvons de très petits ilots épithéliomaleux encore parfaitement reconnaissables.
Les plus volumineux de ces ilots sont formés de dix ou douze éléments de grand diamètre. Les noyaux de ces cellules sont tous très chromophiles, et la plupart même, franchement pycno-
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tiques ; quelques-uns sont en karyolyse à des stades divers ; les protoplasmes prennent avec avidité l'éosine qui les colore en rouge foncé, beaucoup contiennent des vacuoles.
Nous assistons cette fois au processus de la résorption cellulaire, processus terminé dans les préparations des deux cas précédents.
Le faible volume de la biopsie ne nous permet pas de comparaison avec les éléments moins frappés par les rayons X, mais ce que nous savons des cancers du sein en général nous permel de supposer que les quelques très petits îlots disséminés dans le derme à grande distance les uns des autres, ne doivent pas
avoir toujours eu le volume réduit que nous observons à l'heure actuelle.
Aussi bien beaucoup d'entre eux sont-ils dissociés par la pénétration des cellules conjonctives isolées. Ils représentent vraisemblablement des travées beaucoup plus volumineuses dont la plupart des cellules ont déjà été entièrement résorbées.
D'ailleurs aucune des cellules qui les composent ne présente les caractères des cellules cancéreuses normales : la plupart avec la pyenose complète ou la karyolyse de leurs noyaux, représentent de véritables cadavres cellulaires, chez d’autres le processus est moins évolué, et nous ne pouvons discerner celles qui étaient destinées à périr, de celles plus résistantes qui auraient pu persister plus longtemps à l'état de vie ralentie.
Observation XXIII Épithélioma du sein.
Renseignements cliniques :
Le... femme, âgée de 44 ans à vu se développer depuis plus d'un an, une tumeur mammaire ulcérée, et dépassant le volume d’une grosse noix.
La tumeur reçoit 6o /7 en 6 mois, à intervalles très irréguliers, et par doses très petites 2 à 3/7. Rayons non filtrés.
218 VII. RADIOTHÉRAPIE
Dix jours après la dernière séance, biopsie superficielle dont
on nous confie l'examen.
Étude histologique :
L'épiderme présente une radiodermite atrophique intense, il est en tous points comparable à celui qui est représenté figure 22.
Le derme ne contient aucun élément néoplasique, ni actif, ni involué, il est formé de tractus conjonctifs épais, enfermant dans leurs intervalles des nodules formés de l'accumulation de mononucléaires et de plasmazellen. Rares polynucléaires.
Dans la profondeur de l'hypoderme, nous trouvons un îlot néoplasique comprenant des travées cellulaires pleines, formées d'éléments jeunes petits et basophiles et de cellules claires volumineuses, à noyau monstrueux sans aucune ordinalion dans la répartition de ces deux types. À un fort grossissement on aperçoit dans le centre même des travées, qu'il se forme par place de petits groupes de cellules : quatre à six éléments qui se disposent en acini à contours peu définis, mais à cavité arrondie remplie de sécrétion acidophile. Il est remarquable que ces formations acineuses sont d'autant plus nombreuses qu'on regarde des points plus voisins de la peau.
Les lésions si marquées de l’épiderme témoignent de l’action”
intense des rayons sur les régions superficielles de la tumeur. Aïnsi s'explique vraisemblablement l'absence totale d'éléments néoplasiques dans le derme, et les nodules lympho-plasmatiques, témoins d'une résorplion complète des éléments détruits par la radiothérapie.
L'élal exubérant du nodule de Fhypoderme, est d'une interprélation plus difficile. Étant donné que nous n'avons pas observé nous-même la malade, ni pu faire préciser les dates exactes des séances radiolthérapiques, nous sommes réduit aux conJonctures, el nous n'aurions pas rapporté le cas si nous n'avions pas élé frappé de l'image histologique particulière que fournissent les peliles cavilés pseudo-acineuses au centre même des travées épithéliomaleuses pleines. Nous avons en effet observé des
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images analogues, mais bien plus accusées dans notre épithélioma atypique du sein, tumeur F, chez une souris examinée cinq jours après une forte irradialion.
Il est possible que la malade, après une série de séances qui avait fait complètement disparaitre la tumeur du derme, soitrestée longtemps sans traitement, ce qui a permis aux noyaux de l'hypoderme de proliférer. Les modilications cytologiques en évolution que nous venons de décrire, la tendance au retour de la forme acineuse, seraient l'effet d’une séance récente. Nous ne donnons bien entendu cette interprétation qu’à l'état d’hypothèse pure.
Observation XXIV
Épithélioma du sein.
Renseignements cliniques :
Cot..., femme, âgée de »5 ans, atteinte de cancer du sein non ulcéré depuis 18 mois, a reçu en deux mois 50 {7 à raison de 3 H par séance. Rayons non filtrés. Lors de la dernière séance, alors que la tumeur à déjà nettement commencé, à régresser, on pratique une biopsie superficielle, dont on nous confie l’examen.
Étude histologique :
L'épiderme présente un aspect papillomateux des plus accusés : hypertrophie de toutes les couches de l'épiderme, particulièrement de la couche à éléidine, et de la couche cornée.
Le derme contient de nombreux poils, et glandes sébacées à divers stades d'involution vers le type malpighien non différencié.
ILest formé de tractus conjonctifs épais, au milieu desquels on trouve de très petits îlots de cellules épithéliomateuses nécrosées, avec pycnose nucléaire el chromatophilie protoplasmique intense. On trouve même de nombreux éléments analogues isolés. Ilots et cellules isolés sont entourés de masses
290 VII. RADIOTHÉRAPIE
conjonctives jeunes, volumineuses, formés de fibroblastes anastomosés et infiltrés de poly et de mono-nucléæires. C’est l'aspect que nous avons vu sur les préparations du cas Trou... mais plus accentué encore. Il s’agit bien d’un processus particulier aboutissant à la résorption des vestiges cancéreux, et non d’une réaction inflammatoire à une infection banale, puisque la tumeur n’était pas ulcérée.
L'hypertrophie papillomateuse de l'épiderme, la métaplasiedes phanères, peuvent être interprétées, comme une lésion produite parles rayons X ; elles donnent en effet des images tout à fait comparables à celles que l'on observe à la périphérie des cancroïdes développés sur des radiodermites anciennes.
L'observation XXIV nous paraît surtout intéressante parce qu'elle confirme en les accentuant les données fournies par l'observation XXII. Nous voyons dans l’une et l’autre observation le mécanisme de la résorption des cellules frappées de mort par les rayons X. Il est remarquable que nous n'avons pu découvrir ni dans l’un ni dans l’autre de figures de phagocytose proprement dites. Le rôle principal semble joué par les fibroblastes revenus à l’état jeune; ces cellules disjoignent les blocs d'éléments nécrosés, mais ils ne présentent jamais d'inelusions protoplasmiques ; les fragments provenant des cadavres cellulaires sont peut être digérés par les liquides intercellulaires, en tout cas on n'en constate point non plus, dans le corps des leucocyles mononucléaires assez nombreux qui infiltrent les nodules de résorption. e
[IT, Etudes de pièces irradiées provenant d'épithélioma du sein chez la souris. Tumeur M.
Epilhélioma mammaire lypique. Tumeur spontanée.
Nos premières recherches radiothérapiques expérimentales ont porté sur la tumeur spontanée M.
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DES ÉPITHÉLIOMAS MAMMAIRES
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1° Biopsies en série après une seule séance de 5 H. à
Dans le but d'étudier l’action de la dose que l’on emploie le plus souvent en une seule séance en thérapeutique humaine (5 ), nous avons appliqué cette dose rayons non filtrés n° 7, le 1°t avril 1908, à la récidive ulcérée et végétante que présentait à ce moment la souris, couvrant avec le localisateur la totalité de la tumeur, les bords comme l’ulcération.
Puis nous avons pratiqué des biopsies en série, prélevant à chaque fois un fragment intéressant à la fois le bourrelet qui borde l'ulcération, et le tissu sous-jacent à la surface ulcérée. Nous faisons chaque prélèvement en un point diamétralement opposé au prélèvement précédent, de manière à ce que les images histologiques ne soient pas influencées par les phénomènes inflammatoires provoqués par la dernière biopsie.
Nous avons pu faire ainsi quatre biopsies successives après 2, 6, 11et 24 Jours.
1" Biopsie APRÈS 2 Jours. — Peau normale, tumeur formée d'acini irréguliers avec quelques petits kystes. Les cellules épithéliomateuses ont un aspect normal; le stroma minimam est formé de conjonctif adulte. Infiltration leucocytaire limitée à la zone immédiatement sous-jacente à l'ulcération.
2 Biopsie APRÈS 6 Jours. — Même structure, on remarque seulement que les acini sont un peu plus grands, les kystes plus nombreux, surtout à la périphérie.
3° Biopsie APRÈS 11 Jours. — Épiderme aminei avec début de nivellement des papilles, et de métaplasie des phanères. Les élé-. ments néoplasiques forment toujours des acini irréguliers avec petits kystes.
Les cellules des acini les plus superficiels, tant dans la région sous-épidermique qu'au niveau de l'ulcéralion, présentent des noyaux plus volumineux et plus compactes que dans les régions profondes, quelques-uns deviennent bourgeonnants.
Le stroma est un peu plus cellulaire que ten les biopsies précédentes.
h° BiopsitE APRÈS 29 JOURS. — Nombreux acini irréguliers
2592 VII, RADIOTIHÉRAPIE
rares kystes, quelques travées cellulaires pleines. Aussi bien à la superficie que dans la profondeur les noyaux des cellules conservent l'aspect clair, et le diamètre normal. Pas de formes bourgeonnantes.
EX RÉSUMÉ l'effet de l’irradiation semble commencer dès le sixième Jour, et est marqué par une accentuation de la sécrétion cellulaire.
Le onzième, les cellules superficielles, qui seules ont subi une atteinte sérieuse, présentent une tendance à l'hypertrophie et à la monstruosité, quelques-unes présentent un début de pycrose.
Le vingt-quatrième jour, les effets de l'irradiation paraissent avoir complètement disparu, les images sont identiques à celles que présententles coupes témoins d'unfragment prélevé le 1‘*avril avant le début du traitement. La tumeur loin de dimiouer a augmenté de volume depuis dix jours.
2° Biopsies en série après 30 H en 2 séances.
Pour obtenir des effets thérapeutiques plus marqués, nous employons cinq semaines après la première, irradiation légère, une dose massive de 30 /7 en deux séances, à vingt-quatre heures d'intervalle; rayons non filtrés n° 7, et nous refaisons des biopsies en série, après les intervalles de6, Set 11 jours Le douzième jour, l'animal meurt avec des métastases pulmonaires étendues. Le décès semble avoir été précipité par une assez forte hémorragie survenue lors de la dernière biopsie. Malgré le court laps de temps écoulé depuis les 30 /J, l'effet macroscopique cherché est obtenu: l’ulcération n’a pas diminué d’étendue, mais la tumeur s’est complètement alffaissée. Elle faisait une saillie de plus d'un centimètre avant la radiothérapie. A l’autopsie la paroi thoracique lout entière de la souris, de l'épiderme à la plèvre, ne mesure pas au niveau de la tumeur plus de cinq millimètres d'épaisseur.
1 Biopsie APRÈS 6 Jours. — Épiderme un peu aminci el dépapillé, phanères en partie involués. Tumeur formée d'acini irré-
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guliers avec grands kystes dans les travées épithéliales superficielles.
Stroma riche en cellules. Infiltrations leucocytaires.
oe Biopsie Après 8 Jours. — Même image que dans la précédente biopsie : quelques cellules dans les acini les plus superficiels présentent une augmentation de volume du noyau avec condensation de la chromatine, et de pelites vacuoles claires dans leur protoplasma.
3% Bropse APRÈS 11 Jours. — La biopsie n'intéresse pas l’'épiderme. On voit deux petiles masses épithéliales nécrosées avec noyaux pycnotiques dans lesquels la structure acineuse est difficile à retrouver. Cette masse est envahie par les fibroblastes jeunes et par une quantité considérable de leucocytes, poly et mono-nucléaires. L'aspect ressemble beaucoup à celui de l'observation X XIV. Dans la graisse, en dehors des masses n6oplasiques, acini de glande mammaire normale non modifiés.
3° Autopsie après 12 jours. — Nous prélevons à l'autopsie Îa tumeur tout entière, et pratiquons des coupes à travers la totalité de la paroi thoraco-abdominale, de l'épiderme à la séreuse.
L'épiderme, dépapillé, dépourvu de poils et de glandes au pourtour immédiat de l’ulcération, est au contraire proliférant et papillomateux à distance. |
La tumeur envahit la presque totalité de la paroi, cependant elle est encore, séparée partout de la séreuse par une mince couche musculaire; les côtes sont indemnes. La tumeur est entièrement formée d’acini très petits à noyaux compacts, groupés en volumineux îlots, réunis par un stroma conjonctif infiltré de leucocytes. Dans les îlots les plus superficiels, les contours cellulaires s’effacent, les éléments ne sont plus représentés que par des amas de noyaux pycnotiques ; en quelques points, ces amas sont dissociés par du tissu conjonclif en métaplasie paraembryonnaire, et par des leucocytes.
C’est un point de ce genre qui a été prélevé dans la dernière biopsie pratiquée. la veille de la mort.
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