VII. RADIOTHÉRAPIE
EX résumé, l'effet de l’irradiation n’est pas plus précoce après
la dose massive qu'après la dose thérapeutique habituelle.
Les modifications histologiques ne commencent à apparaître que le sixième jour, et sont d’abord marquées par une hyperplasie légère, avec accentuation des formations kystiques.
Les lésions destructives, à peine indiquées le huitième jour, apparaissent avec une intensité brutale en même temps que les modifications macroscopiques de la tumeur. Le onzième jour, elles sont étendues à la presque totalité de la tumeur. Le douzième jour, l'animal meurt pendant la phase de résorption des produits nécrosés. La cause de la mort est sans doute complexe : diminution de l'hématose par les progrès des métastases pulmonaires, hémorragie lors de dernière biopsie ; mais la destruction massive du néoplasme, produite par la radiothérapie, imposant à l'organisme un travail de résorplion considérable, n’est peut-être pas non plus un facteur négligeable.
M° Souris 2.
Epithélioma mammaire lypique (tumeur greffée).
M° Souris 2 greffée, le 27 mars 1909 avec une masse provenant de la récidive de la tumeur spontanée M, présentait le 22 Juin une tumeur non ulcérée grosse comme une cerise. Celle tumeur reçoit 60 /7 en 5 séances, du 2? juin au 6 juillet (rayons non filtrés, n° 7).
Nous pratiquons une biopsie avant radiothérapie, et huit biopsies en série, une fois le traitement terminé depuis 14 jours.
La lumeur commence à diminuer de volume 10 Jours après le début du traitement ; celle réduction atleint son maximum 20 Jours après Ja fin du traitement. (haricot) ; puis la tumeur recommence à proliférer au bout d’un mois. Au bout de SIX semaines, elle atteint à nouveau le volume d'une grosse cerise. Les petites plaies produites par les biopsies guérissent en trois
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jours jusqu'à la quatrième intervention. Après la cinquième (23 jours après la fin du traitement), les plaies ne se ferment plus. A la sixième, il y a une ulcération étendue dont les caractères néoplasiques (végétation du fond) s'accusent au moment de la septième.
L'animal meurt 6 semaines après la dernière biopsie, avec une tumeur ulcérée du volume d'une noix. L'autopsie ne montre aucuue métastase macroscopique.
BIOPSIE AVANT RADIOTHÉRAPIE. — Épithélioma mammaire typique, formé de petits acini pressés les uns contre les autres, avec stroma très réduit formé de conjonctif adulte, malgré lintégrité de l’épiderme pourvu de phanères normaux. La malignité de la tumeur est accusée par l'envahissement destructif des muscles striés voisins.
Les fibres dissociées de ces muscles perdent leur noyau, les fibrilles ne présentent plus les réactions colorantes de l’hémoglobine musculaire.
Les cellules épithéliomateuses sont petites, leurs noyaux sont arrondis ou ovalaires; rares mitoses; pas de noyaux bourgeonnants ni de monstruosités cellulaires. Le protoplasma de ces éléments est légèrement basophile.
1 BIOPSIE, 17 JOURS APRÈS LE DÉBUT, 8 JOURS APRÈS LA FIN DU TRAITEMENT. — L’épiderme, aminci et dépapillé, est dépourvu de phanères.
La couche superficielle du chorion est ‘formée de conjonctif adulte, dans lequel on trouve des nodules de cellules lymphoconjonetives jeunes, on ny voit point d'éléments néoplasiques.
Le derme est infiltré de travées épithéliomateuses formées d'éléments atypiques, sans aucune ordination asineuse. Nombre de ces éléments ont des noyaux bourgeonnants, la plupart ont des noyaux pycnotiques ou en karyolyse, leur protoplasma est franchement acidophile ; ces travées sont envahies par des polynucléaires et desfibroblastes jeunes ; pas de fibres de collagène.
Dans l’hypoderme, les travées conjonctives qui séparent les
206 VII. RADIOTHÉRAPIE
lobules graisseux sont au contraire riches en fibres. On trouve à ce niveau des ilots épithéliomateux formés d’acini irréguliers et de petits kystes.
2° BIOPSIE, 19 JOURS APRÈS LE DÉBUT, D JOURS APRÈS LA FIN DU TRAITEMENT. — La biopsie très superficielle contient très peu d'éléments néoplasiques ; ceux-ci ont perdu complètement leurs noyaux, où ont des noyaux en pycnose. La réaction leucocytaire et conjonctive est encore plus intense autour de ces éléments nécrosés que dans la biopsie précédente.
3° BIOPSIE, 24 JOURS APRÈS LE DÉBUT, 10 JOURS APRÈS LA FIN DU TRAITEMENT, — La biopsie encore très superficielle, a été prélevée à la périphérie de la tumeur : épiderme épaissi, phanères en métaplasie contenant des globes épidermiques. On ne trouve pas d'éléments néoplasiques sur les coupes. Dans le derme scléreux on rencontre de petits nodules de cellules lympho-conjonctives.
4° BIOPSIE, 29 JOURS APRÈS LE DÉBUT, 14 JOURS APRÈS LA FIN DU TRAITEMENT. — La biopsie volumineuse montre un fragment étendu de la tumeur : épiderme légèrement épaissi : derme complètement dépourvu d'éléments néoplasiques, constitué en ma- Jjeure partie par du tissu conjonctif adulte, absence presque complète de polynucléaires immigrés, rares tlots lympho-con- Jonctifs.
Sous le peaucier indemne et très épais, l’hypoderme et le pectoral sous-jacent, sont infiltrés par une volumineuse masse néoplasique, d'aspect très différent si l'on considère successivement ses parties superficielles et profondes :
À la surface, sous le peaucier, on voit au milieu d’un conjonc- Uf fibreux épais, de minces travées de cellules épithéliomateuses volumineuses, à noyaux monstrueux, ne présentant aucune ordinalion glandulaire.
À la partie moyenne, et sur une épaisseur de plusieurs millimétres, on voit des acini irréguliers formant d'assez grandes cavités pour la plupart vides de contenu. Ces acini bordés de cellules en hyperplasie sont très distants les uns des autres, ils
ST on
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sont séparés par de grandes nappes de tissu fibreux très pauvres en cellules ; pas d'infiltration leucocytaire.
Dans la profondeur au contraire, le stroma est réduit au minimum, la tumeur formée de pelits acini avec cellules de pelites dimensions présente exactement le même aspect que dans Île fragment prélevé avant le traitement. À
D° Biopsie, 37 JOURS APRÈS LE DÉBUT, 23 JOURS APRÈS LA FIN DU TRAITEMENT. — Épiderme peu modifié. Derme fibreux sans aucun élément néoplasique. Dans l’hypoderme à 4 millimètres de la surface, quelques cellules épithéliomateuses vivantes mais atrophiées au centre de nodules lympho-conjonctifs.
6° Biopsie, 42 JOURS APRÈS LE DÉBUT, 28 JOURS APRÈS LA FIN DU TRAITEMENT. — Épiderme dépourvu de phanères mais nettement papillomateux. (Radiodermité hyperplasique avec globes cornés). Derme contenant quelques nodules lympho-conjonctifs et même quelques plasmodes basophiles, mais ne renfermant plus aucun vestige d'éléments néoplasiques.
La biopsie superficielle, n’intéresse que la région supérieure de l'hypoderme, dans laquelle on ne rencontre pas davantage trace de cellules cancéreuses.
7° Biopsie, 53 JOURS APRÈS LE DÉBUT, 39 JOURS APRÈS LA FIN DU TRAITEMENT. Sous un épiderme papillomateux, une mince couche de derme, infiltrée d'amas lympho-conjonctifs.
Les plus profonds de ces amas contiennent quelques cellules épithéliomateuses isolées ou agminées en petits ilots, et présentent des caractères de monstruosité et d’hyperplasie.
Dans lapartie moyenne du derme, on voit entre des travées fibreuses épaisses, des cavités irrégulières tapissées de cellules épithéliomateuses hyperplasiques.
Dans la partie profonde du derme el l'hypoderme, volumi- * neuses masses cancéreuses non modifiées, formées de petits acini pressés les uns contre les autres.
Se Biopsie, 62 JOURS APRÈS LE DÉBUT, AS JOURS APRÈS LA FIN DU TRAITEMENT. — Épiderme dépourvu de phanères et de papilles, mais épaissi et contenant des globes cornés dans son épaisseur.
CLUNET. - 17
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Volumineuses masses néoplasiques proliférantes, formées de petits aciniserréslesuns contre les autres, avecstroma minimum, envahissant la peau jusqu’au contact de l'épiderme qu'elles uleèrent.
Autopsie 3 mois et demi après le début, 3 mois après la fin du traitement. — La tumeur est entièrement formée d'éléments vivaces, sa structure ne diffère en rien decelle de biopsie pratiqué avant la radiothérapie.
EN RÉSUMÉ : les résultats-obtenus avec M? souris 2 concordent dansleurensemble avec ceuxque nousavonsrecueillis dans l'étude
de la tumeur spontanée primitive, M1.
Nous n'avons pu étudier cette fois les stades les plus précoces de l’action des rayons, puisque notre première biopsie, (3'jours après la fin du traitement) survient 17 jours après la première irradiation. Mais nous avons, comme dans le cas précédent, constaté nettement la phase de résorption des cellules nécrosées (trois premières biopsies). L'observation plus prolongée de cette tumeur nous a montré deux autres phases :
1° Phase d'organisation fibreuse avec conservation des éléments légèrement touchés, mais non détruits ‘4° à 6° biopsie).
2° Phase de repullulation deséléments indemnes ou peu altérés. Cette nouvelle prolifération a pour point de départ, les régions profondes, qui ont reçu la plus faible indication (7° et S° biopsie; autopsie).
Tandis que la clinique ne nous fournissait que des faits isolés. ces deux. observations expérimentales nous permettent ainsi d’entrevoir l'enchainement complel des phénomènes produits par les rayons X sur les épithéliomas mammaires, *
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