MOMENT
de l'observation.
Apyrexie.
Stade de frisson et de chaleur.
Stade des sueurs.
Apyrexie.
1^® demi -heure.
Dans les 2 heures
Le premier fait qui résulte de cette expérience c'est que l'acide carbonique augmente dans la période de fièvre. La quantité est toujours plus grande- que pendant l'apyrexie.
Nous avons répété l'expérience de Liebermeisler au moyen de notre méthode.
Expérience GIX. — Un jeune homme de 27 ans, du poids de 64 kilogrammes, entre à l'Hôtel-Dieu au mois de juillet 1877. Il a pris en Algérie une fièvre tierce qu'il a rapportée en France.
Le 11 juillet, il a eu un accès violent. Le 12, jour intercalaire. (Respiration = 20; P. =80; T. =:37o8). Nous dosons les produits de sa respiration.
Il absorbe par heure 30 litres 800 d'oxygène. Il exhale 22 litres 714 d'acide carbonique. L'air expiré contient 18, 9 0/0 d'oxygène.
Les 73/100 de l'oxygène absorbé ont été utilisés à la production de l'acide carbonique : 27 parties se sont fixées sur autre chose que du carbone.
Le lendemain, à midi, grand accès, nous faisons le dosage pendant la période de frisson, T. = 40^ 5.
Oxygène absorbé par heure, 63 litres 734.
Acide carbonique exhalé, 42S370.
L'air expiré contient 17,8 p. 100 d'oxygène.
Les :njïï de l'oxygène absorbé se sont fixés directement sur le carbone.
En somme, dans la période de frisson avec une température de 40°, l'exhalation d'acide carbonique et l'absorption d'oxygène ont été doubles de ce qu'elles étaient à l'état normal. Fait très-important et sur lequel nous aurons à revenir bien souvent : dans le cas où la température était plus élevée, il y avait plus d'oxygène utilisé en dehors de la production d'acide carbonique. Nous retrouverons cela dans toutes nos expériences sur la fièvre.
Liebermeister a tu dans ses observations un phénomène curieux que nous n'avons pas pu retrouver, mais que nous avons déjà signalé â propos de l'urée ; c'est ce fait que l'excrétion exagérée de l'acide carbonique précède l'augmentation de la température. Le médecin de Bàle explique ce phénomène de la manière suivante. L'excrétion exagérée de l'acide carbonique correspond bien au moment où les combustions augmentent ; la chaleur périphérique, elle, est forcément en retard, car il faut un certain temps pour que la masse du corps arrive à s'échauffer. Des expériences faites dans la fièvre ordinaire par Liebermeister l'ont confirmé dans sa manière de voir.
Traube et Senator ont contesté les résultats de Liebermeister. Ils ont prétendu que la quantité d'acide carbonique exhalé n'était pas augmentée dans la fièvre.
Cela tient à ce que ces auteurs employaient dans leurs recherches la déplorable méthode des analyses qualitatives : ils prenaient une petite quantité d'air expiré et en dosaient l'acide carbonique. Ils en trouvaient moins, mais ils oubliaient ce fait que nous avons signalé, c'est que le fébricitant respire très-activement, il y a moins d'acide carbonique dans chaque litre d'air qu'il rend, mais tout compte fait, comme il expire un bien plus grand nombre de litres, il y a définitivement plus d'acide carbonique excrété par lui dans un temps donné.
Senator a persisté tout récemment dans son opinion, et il a prétendu que l'excès d'acide carbonique que les autres expérimentateurs observaient, tenait à l'activité plus grande de la ventilation pulmonaire qui nettoyerait mieux le sang veineux. Ceci ne pourrait être vrai que pour les premières minutes de l'expérience, mais dès que la ventilation pulmonaire a bien balayé l'acide carbonique du sang, cet acide carbonique ne peut plus être éliminé qu'au fur et à mesure de sa production. L'objection de Senator n'a donc pas une grande valeur. — Il ajoute encore que l'exhalation plus
grande de l'acide carbonique provient d'une acidité plus grande du sang (décomposition des carbonates alcalins). Cette explication n'a de valeur que si on prouve que le sang est, en effet, plus acide dans la fièvre : or, je ne sache pas qu'on l'ait démontré.
En somme, les arguments présentés par Senator ne nous semblent pas appuyés sur une série d'expériences suffisantes pour contrebalancer les recherches de Pflùger, de Colasanti et de Liebermeister, tout imparfaites qu'elles soient. Ce n'est pas avec des arguments et des corrections calculées, que l'on peut atteindre des faits aussi énormes que ceux que nous venons de signaler, l'augmentation portée au doiMe dans l'excrétion de l'acide carbonique, quand la température s'élève (1).
Nous avons, du reste, voulu vérifier expérimentalement les résultats que nous avions obtenus par l'observation clinique. Pour élever la température des animaux, au lieu de leur injecter, comme nos prédécesseurs, des substances toxiques qui viennent agir sur le sang et qui compliquent les résultats puisqu'elles diminuent la capacité respiratoire du globule, nous avons simplement placé les animaux dans une atmosphère surchauffée et nous avons ainsi élevé leur température. Quand le chiffre que nous désirions était atteint, nous commencions l'expérience.
Pour amener un refroidissement, au contraire, nous nous contentions d'attacher l'animal en expérience pendant plusieurs heures, et quand l'abaissement de température était arrivé nous pratiquions le dosage des gaz expirés.
C'est en procédant de cette manière que nous avons obtenu les résultats que nous allons exposer.
(l) On verra, d'ailleurs, cette augmentation être constamment considérable dans toutes les expériences sur la fièvre dont le détail va suivre.
RSGNARD. 20
Expérience CX. — Nous prenons un cobaye du poids de 450 grammes et nous l'attachons à huit heures du matin sur une table. La température extérieure est de 8°. A trois heures de l'après-midi la température rectale du cobaye est tombée à 26«. Elle a baissé de 12''.
Dans ces conditions nous voyons que 1 kilog. de cobaye absorbe en une heure 415 ce. d'oxygène et exhale 497 ce. d'acide carbonique.
CO-
Rapport— ^ — = 1,1. 11 y a beaucoup de carbone brûlé,
il s'élimine plus d'acide carbonique qu'il n'y a d'oxygène absorbé.
Expérience CXI. — Sur le même cobaye, on arrive par l'immobilisation à abaisser la température jusqu'à 33*^ seulement. Dans ces conditions, 1 kilog. absorbe en une heure 734 ce d'oxygène et exhale 1414 ce d'acide carbonique, CO-
(Rapport-^= 1,9.) Une élévation de la température a amené une élévation de l'acide carbonique.
Expérience GXll. — Sur le même cobaye on pratique le dosage des produits expirés alors que sa température est normale (37%4). Un kilog. consomme alors par heure, 2,414 d'oxygène et exhale 2,280 ce d'acide carbonique. Nouvelle augmentation suivant la température. Ici le , GO^
rapport — ^ = 0,9, il est normal.
Expérience GXIII. — Le lendemain, la température rectale du cobaye est de 38°. Le kilog. d'animal absorbe à l'heure 3,105 ce d'oxygène et rend 2,565 ce d'acide carbo- GO^
nique. Le rapport = 0,82. 11 est un peu abaissé en
même temps que les combustions ont augmenté. Il se consomme plus de produits hydrogénés.
Expérience CXIV. — L'augmentation dés produits de
combustion et la diminution du rapport s'accentuent
encore ici. L'animal a été mis dans l'appareil entouré d'eau chaude, sa température rectale demeure pendant l'expérience â 40" ô (Température fébrile).
Oxygène absorbé par kiL et par heure ^ 2M0 ce. CO exhalé par kiL et par heure = 1,945 ce. CO -
Rapport — 0,49.
ExpÊËîÊNeg CXY. — On continue â chauffer, latênipérature de ranimai arrive â 41^ on Ig laisse une heurs, Cette température reste flxë»
Oxygène absorbé par kiL et par heure 5,168 ce. CO^ exhalé par kiL et par heure l,Ô2ô ce
Rapport -g-— 0,37.
Expêëîëngë CXVL — on chauffe encore, le cobaye tombe sur le eôtë, il est haletant. Le thermomètre placé dans le rectum accuse 42^
Oxygène absorbé par kil. et par heure 5,687 ce. CO exhalé 2,100 ce.
CO
Rapport 0,36.
Nous représenterons par un graphique la marche de cette expérience. {Fig^ 99.)
L'examen de cette figure montre deux choses, d'abord l'oxygène marche avec la température, mais leur mouvement n'est pas uniforme. Si la température est figurée par
une droite, l'absorption de l'oxygène est figurée sensiblement par une parabole.
Quant à l'acide carbonique, il suit à peu près la température jusque vers 38°, mais aux températures fébriles, il
CO
s'abaisse un peu, de sorte que le rapport--^ devient très- faible. Beaucoup d'oxygène se combine avec autre
Fig. 99. — Graphique indiquant l'influence de la température sur l'absorption de l'oxygène et l'exhalation de l'acide carbonique. (La ligne pleine indique l'oxygène et la ligne pointée l'acide carbonique.)
chose que du carbone, il se produit une grande quantité de ces matières extractives que nous avons déjà dit être propres aux combustions élevées. (Voir le chapitre de l'urée.)
Si on compare le graphique 99 à celui de la respiration des tissus [Fig. 8), on verra qu'ils sont très-analogues, au moins pour ce qui est de l'acide carbonique. Dans les deux cas l'acide carbonique s'élève avec la température. Puis,
arrivé aux degrés incompatibles avec le fonctionnement normal de la vie, il s'abaisse.
Les expériences actuelles nous donnent quelque chose de plus puisque nous savons que l'oxygène continue à être absorbé, que les combustions augmentent et qu'elles portent sur autre chose que sur le carbone.
Pour les anciens auteurs, il n'y avait pas à hésiter, quand CO -
le rapport — baissait, c'est qu'il se brûlait de l'hydrogène,
ou du moins des corps hydrogénés, des graisses. Aujourd'hui on ne saurait être aussi affirmatif, nous l'avons déjà dit ; il faut pourtant reconnaître que, dans la fièvre, les graisses disparaissent, puisque les malades maigrissent beaucoup en quelques jours et toute question d'ahmentation à part.
Nous persistons donc à croire que, dans les températures élevées, les graisses sont oxydées, mais nous ne connaissons pas bien les produits qui sont formés. Nous ne croyons pas qu'il se fasse directement de l'eau qui serait éliminée aussitôt. Nous nous sommes suffisamment expliqués sur ce point.
En résumé, nous pensons qu'une température anormale se produisant, la combustion vient se faire sur Ja réserve de produits combustibles qui constitue la graisse. De là
GO
l'abaissement du rapport -q^j ces substances contenant une
grande quantité d'hydrogène qui fixe de l'oxygène. De là aussi l'amaigrissement.
Nous pouvons nous appuyer encore pour soutenir notre thèse sur les expériences d'hibernation. — L'animal hiber-
nant maigrit, il dépense ses graisses. Le rapport s'abaisse chez lui. Cet abaissement n'est pas particulier aux animaux à sang chaud. M. Jolyet et moi nous avons opéré sur des poissons portés à des températures élevées. Les com-
CO-
bustions augmentaient, mais le rapport baissait. —
Marchand, en expérimentant sur les grenouilles, a vu que quand la température augmente, l'acide carbonique diminue. Il ne parle pas de l'absorption de l'oxygène, il est pro-
CO -
bable qu'elle continuait à augmenter et que le rapport
s'abaissait. — Senator n'admet pas la combustion des graisses : pour lui le fébricitant, après la maladie, contient plus de graisse qu'avant. (Dégénérescence des muscles.) Nous ne croyons pas cette opinion soutenable en face d'un fait aussi vulgaire que la disparition de la graisse du tissu cellulaire après les maladies fébriles, disparition qui peut diminuer le poids d'un malade quelquefois de moitié et que le plus simple examen macroscopique permet de constater.
Nous l'avons déjà dit, pour nous le fébricitant est devenu un animal à température non réglée, il augmente de température à la façon des animaux à température inconstante ; comme eux il présente des modifications de combustion qui portent sur l'oxydation complète (eau) ou incomplète (matières extractives) des substances hydrogénées, (graisses) que l'on rencontre dans les tissus.
Dans toutes les maladies fébriles nous allons retrouver
l'abaissement du rapport nous verrons son accroissement dans toutes les affections où il y a refroidissement ou asphyxie (diminution des combustions).
Examinons donc ce qui se passe dans les diverses classes de maladie quant à l'exhalation de l'acide carbonique et l'absorption de l'oxygène. Nous allons nous livrer ici à un simple énoncé descriptif. Tous les cas rentrant dans les trois règles que nous avons posées.
1° Il y a augmentation simultanée de la température et de l'absorption d'oxygène.
2*^ Il y a augmentation simultanée de la température et de l'acide carbonique (l'abaissement n'a lieu que dans les cas extrêmes, 41°, 42°).
3° Le rapport entre l'oxygène et l'acide carbonique est d'autant plus bas que la température est plus élevée.
Au point de vue qui nous occupe Hervier et St-Lager divisent les maladies en trois classes.
Dans une première classe sont les maladies où l'acide carbonique augmente (plilegmasies, fièvres).
Dans la seconde, sont les affections où son exhalation resterait normale (Chlorose, diabète, etc.).
Dans la troisième sont toutes les maladies qui, entravant la respiration, devraient diminuer la quantité d'acide carbonique rendue (pneumonie, pleurésie, phthisie, etc.).
Outre que Ilervier et St-Lager ont fait leurs expériences par la méthode qualitative que nous rejetons, il faut reconnaître que leur classification est bien artificielle. Ainsi ils mettent la pneumonie dans la classe des maladies qui diminuent l'acide carbonique, or, cette affection est accompagnée de fièvre et les combustions y sont beaucoup augmentées.
Nous diviserons les maladies que nous avons étudiées en trois groupes.
classe : 1° Maladies où la température est subitement élevée avec augmentation des combustions organiques (Fièvre, phlegmasies, etc.).
■ 2° Maladies où les combustions sont surtout déviées de leur type, et dans lesquelles les produits hydrogénés disparaissent lentement, (d'où l'amaigrissement). (Affections hectiques).
^° classe : Etats dans lesquels les combustions sont diminuées. (Cachexies.)
5® classe : Affections qui influent sur les combustions d'une manière indirecte. (Rachitisme, chorée, etc.).
CLASSE. — i^'' G?'oupe. — Le type du premier groupe se trouve bien tracé dans l'accès de fièvre paludéenne ; la température passe de 37*^8 à 40° 5, l'oxygène absorbé va de 30 litres à 63 litres. L'acide carbonique exhalé monte de
22 litres à 42 litres. Le rapport tombe de 0,7 à 0,6
(Expérience CIX). Ici tout se passe en quelques heures et on revient à la normale. Immédiatement après la fièvre paludéenne nous étudierons la fièvre traumatique qui constitue aussi un cas simple.
Expérience GXVII. — Un homme de 45 ans a été opéré d'une petite tumeur du creux poplité. Le lendemain soir il a un peu de fièvre traumatique. (Poids = 75 kil.)
Oxygène absorbé par heure 36 lit. 362
Acide carbonique exhalé 23 880
Rapport— — .... 0, 63
Teneur en oxygène de l'air expiré, 16,7.
Expérience CXVIII. — Une femme de 45 ans est atteinte d'une grande brûlure du 2° degré. Le lendemain de l'accident elle présente une température de 38^" 2. (Poids — 54 kil.)
Oxygène absorbé par heure 34 lit. 845
Acide carbonique exhalé 19 660
CO
Rapport-^ — 0, 54
Teneur en oxygène de l'air expiré, 17,6.
Dans la même classe d'aflection nous placerons encore Vérysipèle.
ExpÉRiENXE CXIX. — Un homme de 35 ans, atteint de fracture comminutive de jambe est pris d'un éy^ysipèle qui couvre le membre blessé. (T. =s40°.)
Oxygène absorbé par heure 43 lit. 664
Acide carbonique exhalé. 20 772
co-
Rapport 0, 48
Teneur en oxygène de l'air expiré, 17, 4.
Expérience CXX. — Nous dosons les produits de la respiration d'un homme de 50 ans, du poids de 70 kil. atteint d'un érysipèle traumatique qui a couvert toute la face, (respiration anxieuse, asphyxie.)
Oxygène absorbé par heure 25 lit. 520
Acide carbonique exhalé 21 985
CO
Rapport — ^ — 0, 86
Teneur en oxygène de l'air expiré, 18,5.
Ici le rapport — n'est pas abaissé, cela pourrait bien
tenir à l'asphyxie qui était menaçante et à l'agonie qui n'était pas loin de commencer.
La pneumonie aiguë y en raison de la fièvre intense
qu'elle comporte, peut être mise dans notre première catégorie.
Expérience GXXI. — Un jeune homme de 25 ans, du poids de 62 kilogrammes, est atteint d'une double pneumonie. Fièvre assez intense (39^, 8).
30 lit. 400 18 000
Teneur en oxygène de l'air expiré, 18,4.
Expérience GXXII. — Homme de 35 ans atteint de pneumonie gauche aiguë {39" 8).
Oxygène absorbé par heure 29 lit. 875
Acide carbonique exhalé 21 560
Rapport 0, 73
Teneur en oxygène de l'air expiré, 17,7.
Expérience CXXIII. — Homme de 40 ans , pneumonie gauche au troisième jour (40°). (Poids, 51 kil.)
Oxygène absorbé par heure 291it. 000
Acide carbonique exhalé 18 240
CO
Rapport G, 63
Teneur en oxygène de l'air expiré, 17,2.
Oiygène absorbé par heure Acide carbonique exhalé.. .
Rapport
Victère grave, nous l'avons vu, fait dévier le type de la combustion des matières azotées. Il ne se produit plus
d'urée. Il s'élimine des substances moins oxydées. La seule expérience que nous ayons prouverait assez bien que la combustion des matières ternaires est, elle aussi, modifiée.
Le rapport-^ est extrêmement abaissé ; il doit se former là encore des produits de dédoublement.
Expérience CXXIV. — Homme de 42 ans (poids ^2kil.), ictère grave, pétéchies, liémorrhagies nasales. T. = 38,7.
Oxygène absorbé par heure 31 lit. 525
Acide carbonique exhalé 16 855
Rapport—— 0, 53
Teneur en oxygène de l'air expiré, 17, L
V ictère simple est accompagné d'une grande augmentation d'urée, il est également suivi d'une augmentation dans l'excrétion de l'acide carbonique. Mais ce qui le distingue bien de l'ictère grave, c'est que la nature des combustions
est changée dans un autre sens. Le rapport est augmenté.
Expérience GXXV. — Jeune homme de 26 ans, pesant 68 kilogrammes, atteint dHctère sùnple après une violente colère (36« 5).
Oxygène absorbé par heure 31 lit. 628
Acide carbonique exhalé 30 432
Rapport 0, 96
Teneur en oxygène de l'air expiré, 18,4.
Deuxième groupe. — Dans la classe des maladies où la température s'élève, il faut comprendre un groupe spécial d'affections où les combustions augmentent peu, mais où leur type ordinaire est beaucoup plus changé que ne le comporte la modification thermique. Nous voulons parler des fièvres éruptives et des dystrophies constitutionnelles conduisant par l'intermédiaire de la fièvre hectique à un état de consomption générale.
Dans la fièvre typhoïde, par exemple, où la température est très-élevée, on a delà peine à comprendre comment se font les combustions ; l'urée est augmentée , mais d'une manière qui n'est pas proportionnelle à la chaleur ; l'acide carbonique, tous les auteurs l'ont vu, est accru aussi, mais moins encore qu'il ne le faudrait pour obtenir l'équation entre les produits comburés et la chaleur dégagée. Mais, en revanche, si on considère l'absorption de l'oxygène, on la trouve augmentée considérablement. Ici encore l'oxygène a servi à brûler incomplètement les produits ternaires et quaternaires. De là l'accumulation dans l'organisme de substances déjà oxydées qui sont éliminées dans ce qu'on appelle les crises ou dans la convalescence.
Ce que nous devons donc retenir, c'est que, dans ces fièvres, l'oxygène utilisé est ad œquat à la température. Les produits habituels d'oxydation font défaut ; d'où abaissement du rapport
Dans la phthisie la même chose a lieu. La fièvre n'est pas très-vive, mais elle se produit tous les soirs ; les substances grasses disparaissent, le malade maigrit, arrive à l'hecticité. Il absorbe beaucoup d'oxygène (étant donné le rétrécissement du champ de l'hématose), et il rend peu d'acide
carbonique. Le rapport—^ est encore diminué.
Ce que nous avançons est justifié par les observations qui suivent :
A. Fièvre typhoïde.
Expérience CXXVI. — Nous closons les gaz expirés par une jeune fille de 15 ans, au cinquième jour d'une fièvre typhoïde très- nette. (R. — 38. P. = 116. T. =40«3.)
Oxygène absorbé 28 lit. 319
Acide carbonique exhalé 17 142
Rapport ^ 0, 6
Teneur en oxygène de l'air expiré, 17,7.
ExpÉRiENXE CXXVII. — Même dosage sur un jeune homme de 25 ans du poids de 60 kilogrammes. Fièvre typhoïde à forme adynamique. Huitième jour, T. =: 40° 1. P. = 112. R. = 25. Fuliginosités, dyspnée.
Oxygène absorbé 40 lit. 608
Acide carbonique exhalé 23 940
CO'
Rapport — jj- 0, 58
Teneur en oxygène de l'air exhalé, 18,6.
Expérience CXXVIII. — Femme de 26 ans du poids de 50 kilogrammes. Nourrice, atteinte de fièvre typhoïde (période des taches rosées).
Oxygène absorbé 22 lit. 578
Acide carbonique exhalé 12 291
Rapport ***
Air expiré (teneur en oxygène), 18,4.
Expérience GXXIX. — Jeune homme de 27 ans, du poids de 66 kilogrammes. (T. = 39° 2.) Fièvre typhoïde.
Oxygène absorbé 21 lit. 847
Acide carbonique exhalé ; . . 15 100
CO-
Rapport 0, 67
Teneur en oxygène de l'air expiré, 18,8.
Expérience CXXX. — Jeune homme de 24 ans, fièvre typhoïde classique, vers le 15® jour. (T. = 38« 9.) Poids 62 kil.
Oxygène absorbé 30 lit. 670
Acide carbonique exhalé 23 840
CO
Rapport 0, 77
Teneur en oxygène de l'air exhalé, 18,2-
Expérience GXXXI. — Jeune homme de 25 ans du poids de 64 kilog., période des taches rosées dans une fièvre typhoïde.
Oxygène absorbé : . . 371it. 036
Acide carbonique exhalé 25 878
CO
Rapport 0, 69
Teneur eh oxygène de l'air exhalé, 18 0/0.
Expérience GXXXII. — Fille de 16 ans, pesant 40 kil. Fièvre typhoïde. Température 40° 8. P. 120.
Oxygène absorbé 33 lit. 613
Acide carbonique exhalé 21 180
Rapport 0, 63
Teneur de l'oxygène de l'air expiré, 1*7,7.
B. Plitliisie pulmonaire.
Expérience CXXXIII. — Femme de 40 ans, du poids de 39 kilog. Pâle, anémique. — Cavernes au sommet. Fièvre intense le soir.
Acide carbonique exhalé 15 885
Rapport 0, 58
Teneur en oxygène de l'air exhalé 17,5.
Expérience CXXXIV. — Jeune homme de 16 ans, poids 42kil., grande maigreur, fièvre intense chaque soir. Tous les signes physiques de la phthisie.
Oxygène absorbé 32 lit. 718
Acide carbonique 15
Rapport • 0, 48
Teneur en oxygène de l'air exhalé, 17,6.
Expérience GXXXV. - Homme de 45 ânS, phthisie, cavernes; anémie profonde, mais peu de fièvre le soir (38«,2).
Oxygène absorbé , 17 lit. 876
Acide carbonique exhalé , 13 330
Rapport—^ — 0, 74
Teneur en oxygène de l'air exhalé, 18.
Expérience GXXXVI. — Femme de 28 ans, atteinte de phthisie laryngée, avec accès de fièvre le soir. Poids 40 kil.
Oxygène consommé 24 lit. 477
Acide carbonique produit 13 272
CO
Rapport—^ — 0, 54
Teneur en oxygène de l'air, 18,1.
Expérience GXXXVII. — Phthisie chez un homme de 47 ans, cavernes, fièvre intense 39^8, hecticité. P. = 42 kil.
Oxygène absorbé 26 lit. 100
Acide carbonique produit 10 809
co-
Rapport 0, 41
Teneur en oxygène de l'air expiré, 17,7.
Expérience GXXXVIII. — Phthisie au premier degré, homme de 50 ans. Pas de fièvre. A peine quelques craquements secs.
Oxygène absorbé 25 lit. 720
Acide carbonique 20 760
CO
Rapport- 0, 8
Teneur en oxygène de l'air exhalé, 17,6.
Nous rapprocherons de la fièvre typhoïde la septicémr:. qui semble amener un état fébrile comparable et une mo> dalité analogue des combustions. '
Expérience CXXXIX. — Homme de 35 ans atteint de septicémie chirurgicale. T. = 38«,8. P. = 96. Langue noirâtre, pus dans toutes les articulations. Teint terreux, amaigrissement, yeux caves.
Oxygène absorbé 24 lit. 370
Acide carbonique produit 10 000
Rapport 0, 42
Teneur en oxygène de l'air expiré, 17,3.
L'abaissement du rapport ~6st particulier à l'état fébrile
proprement dit : il est plus marqué dans les fièvres de mauvaise nature et c'est ainsi que, dans un cas où nous hésitions entre un début de dothiénentérie et un simple embarras gastrique, nous penchâmes de ce côté rien qu'à l'inspection des produits de la respiration.
Expérience CXL. — Une jeune fille entre à l'Hôtel- Dieu avec des signes de fièvre typhoïde, épistaxis, nausées, diarrhée, gargouillement, maux de tête, vertiges. (Poids 57 kil.) Elle est malade depuis la veille.
Oxygène absorbé 19 lit. 567
Acide carbonique produit 14 4G0
CO
Rapport 0, 77
Teneur en oxygène de l'air expiré, 18,4.
Regnard.
En présence de l'élévation du rapport entre l'oxygène employé et l'acide carbonique rendu, en môme temps qu'en raison du peu d'intensité - des combustions, nous pensons à un embarras gastrique. L'événement a justifié notre prévision : La malade était guérie deux jours après. Comme procédé de diagnostic l'analyse des gaz n'est guère recommandable vu les difficultés dont elle est entourée. L'expérience que nous venons de rapporter n'a d'intérêt que comme corollaire de ce que nous avons dit de l'état fébrile grave.
CO-
II est certain que si la diminution du rapport est le
fait de la fixation de l'oxygène sur les corps hydrogénés, ce rapport doit augmenter dans la période de convalescence, alors que les combustions diminuent et que la graisse recommence à s'emmagasiner.
C'est ce que nous démontre l'observation.
Expérience CXLI. — Le malade de l'expérience GXXVI, atteint de fièvre typhoïde, nous avait donné le rapport 0,6. Pendant qu'il est convalescent et qu'il se nourrit presque avec excès, nous faisons un nouveau dosage (T. = S'Ï'^îQ).
21 lit. 037
Teneur en oxygène de l'air expiré, 18,5. L'oxygène a diminué d'un quart, mais le rapport s'est considérablement élevé, il a presque doublé.
Expérience GXLIL — Elle nous donne des résultats encore plus probants. -~ Un garçon de 29 ans (Poids 67 kil.),
Oxygène absorbé
Acide carbonique exhalé,
Rapport—^ —
très-robuste est convalescent d'une fièvre typhoïde qui a été très-grave, il est très-amaigri. (Il dit avoir pesé 80 kilogr.). Il mange avec un appétit extraordinaire.
Oxygène absorbé 30 lit. 104
Acide carbonique exhalé 34 420
Rapport ^ 1, 1
Teneur en oxygène de l'air expiré, 17,7.
Expérience CXLIII. — Fille de 18 ans pesant 50 kil. Convalescente d'une fièvre typhoïde grave, mange avec avidité. T. = 37«,5.
Oxygène absorbé 22 lit. 340
Acide carbonique produit 18 984
CO
Rapport--^ 0, 84
Teneur en oxygène de l'air expiré, 19,7.
Expérience GXLIV. — Une femme de 27 ans (Poids 44 kil.) est atteinte de rougeole, nous dosons les gaz de la respiration le jour de l'éruption. (T. = 38«,6. P. = 116. R. = 41.)
Oxygène absorbé CO^
Rapport — ^ — . .
Teneur de l'air expiré en oxygène, 19,2.
16 lit. 000 21 . 617
Dix jours plus tard, la malade est en pleine convalescence.
Oxygène absorbé 14 lit. 697
Acide carbonique exhalé " 17 502
Rapport 1, 1
Teneur en oxygène de l'air exhalé, 19, 3.
L'élévation du rapport entre l'oxygène absorbé et l'oxygène qui sert à fournir l'acide carbonique, dans tous ces états où les produits hydro-carbonés s'emmagasinent dans l'organisme, rendait intéressante l'étude de Vmloxication par le phosphore.
Expérience GXLV. Au mois de septembre 1877, une jeune fille entre à l'Hôtel-Dieu à la suite d'un empoisonnement par les allumettes chimiques. (Diarrhée, délire, haleine sentant le phosphore. Pouls faible. Respiration lente.
Acide carbonique exhalé 11 348
Rapport 0, 91
Teneur en oxygène de l'air exhalé, 18,8.
La règle que nous avons observée jusqu'à présent se trouve donc ici encore confirmée, et il ressort de toutes ces expériences, ce fait que nous avons énoncé : le rapport entre Foxygène absorbé et celui qui est contenu dans l'acide carbonique exhalé augmente. Il se détruit donc moins de produits hydrogénés. Gela peut rendre jusqu'à un certain point compte de l'accumulation de ces produits, et en particulier de la graisse.
2* Classe — Maladies où les combustions sont diyninuées ^ cachexies.
Dans toutes les affections où le sang est altéré, où son pouvoir absorbant est diminué, l'oxygène étant apporté en quantité moindre, les combustions sont diminuées du même coup. La température est assez basse; mais la modalité des combustions ici encore n'est pas conservée : il y a
CO-
un léger abaissement de rapport — : les substances
grasses sont attaquées. — Il y a encore une autre cause de diminution du rapport: c'est l'inanition relative, les malades de la classe que nous étudions ayant les fonctions digestives très-peu actives.
Le type le plus simple dans ce genre d'affection est constitué par Vanémie.
Expérience CXLYL — Homme de 26 ans, du poids de 76 kil. T. = 37«,5. P. = 64. R. = 14. Anémie simple assez prononcée (liémorrhagie).
Oxygène absorbé
Acide carbonique produit
Rapport
Teneur de Tair expiré en oxygène, 16,9.
Expérience CXLVIL— Le même, huit jours après (T. = 37«5. P. = 60. R. = 15 (après le repas).
Oxygène absorbé
Acide carbonique exhalé CO^
Rapport
29 lit. 365 18 025
28 lit. 755 21 206
Teneur en oxygène de l'air expiré, 17,0.
Expérience CXLVIII. — Jeune fille de 18 ans, du poids de 65 kilog. CJilOi'^o-anéime, souffle, leucorrhée. R. = 28. P. =80. T. = 37«,8.
22 lit. 000 14 900
Teneur en oxygène de l'air expiré, 18,4.
Expérience GXLIX. — Homme de 46 ans (P. 65 kil.), ouvrier à Clichy . Un peu d'anémie.
Oxygène consommé 29 lit. 791
Acide carbonique exhalé 23 365
co-
Rapport 0, 78
Teneur en oxygène de l'air expiré, 1*7,4.
Expérience CL. — Femme du poids de 40 kilog. Anémie, teint pâle, petites hémorrhagies, par des tumeurs érectiles.
Oxygène absorbé 16 lit. 427
Acide carbonique produit . 10 050
CO'-
Rapport 0, 61
Teneur en oxygène de l'air expiré, 17,4.
Le mal de Bright donne lieu à une cachexie spéciale dans laquelle nous trouvons l'acide carbonique diminué comme nous avons vu l'urée l'être déjà.
Expérience GLI. — Homme de 40 ans, maladie de Bright (attaques d'éclampsies deux j ours avant) .
Oxygène al)Sorbe
Acide carbonique exhalé CO'-^
Rapport
Oxygène absorbé. . . 21 lit. 474
Acide carbonique 10 864
Rapport—^ — 0, 50
Teneur en oxygène de l'air expiré, 18,3.
La cachexie cancéreuse étant plus complète donne des résultats plus frappants encore.
Expérience CLIL — Femme de 50 ans, du poids de ^2 ]ù]., cancer stomacal faisant saillie à l'épigastre. Anémie, teint jaune paille. — Pas d'appétit.
Oxygène absorbé 15 lit. 577
Acide carbonique exhalé 8 405
Rapport— — 0, 52
Teneur en oxygène de l'air expiré, 18,0.
Expérience CLIII. — Femme de 44 ans, du poids de 39kil. Cancer utérin. Hémorrhagies, teint jaune paille.
Oxygène absorbé • • 19 li^* ^^3
Acide carbonique exhalé H
Rapport — — 0, b
Teneur en oxygène de l'air expiré, 18,5.
Expérience GLIV. - Homme de 53 ans. Vomissements noirs, cachexie, emphysème, cancer stomacal (autopsie). P. 49 kil.
Oxygène absorbé 9 lit. 900
Acide carbonique exhalé 7 200
Rapport 0, 72
Teneur en oxygène de l'air expiré, 19,0.
Nous rangerons encore dans notre dernière classe, mais avec une place spéciale, une maladie où nous voyons les combustions respiratoires considérablement amoindries. — Nous voulons parler de la maladie chardontietise. — MM. Pasteur et Joubert ont les premiers proposé une explication de la rnort dans le charbon par le mécanisme de la respiration. Pour eux, les bactéridies consommeraient l'oxygène contenu dans le sang, de telle sorte que celui-ci arriverait aux tissus déjà appauvri ; il en résulterait une diminution des combustions toujours croissante conduisant au refroidissement et finalement à la mort. Les deux observations que nous avons pu recueillir militent en faveur de cette opinion si elles ne la démontrent pas absolument.
Expérience CLV — (Faite en commun avec M. Jolyet). Un chien du poids de 11 kil. 650 est mis en expérience. On dose les produits de sa respiration :
Acide carbonique 5 535
co-
Rapport 0, 71
On inocule l'animal avec du sang de rate provenant d'un mouton mort du charbon.
Le lendemain l'animal est très -malade, sa température est tombée de 39<^ à 34^
Oxygène absorbé 5 144
Acide carbonique 3 515
Rapport — - 0, 68
Ainsi les combustions ont diminué d'un tiers ; mais le rapport — n a été modifié que d'une manière insignifiante.
Expérience CLVI. — Homme de 34 ans, garçon boucher, pesant 80 kilog., piqué la veille en dépeçant un mouton. Grandes bactéridies dans le sang. Temps 33^ 5. Dyspnée intense.
Oxygène absorbé 7 lit. 924
Acide carbonique exhalé 6 300
CO"-
Rapport 0, 82
Chez l'homme comme chez le chien il y a eu refroidissement, diminution des combustions. Elles se sont néanmoins
faites suivant le même mode, car le rapport n'a pas
été changé.
Nous disons que ces faits marchent dans le sens que la théorie de Pasteur indique et,en effet, c'est bien ainsi que tout doit se passer si, dans le sang, il existe des êtres qui viennent lui enlever son oxygène avant que celui-ci n'arrive aux tissus. Le résultat est finalement le même que si le sang avait moins de globules ou une capacité respiratoire moindre.
S'il faut en croire les travaux d'Empereur, l'exhalation d'acide carbonique serait encore considérablement diminuée dans V hystérie. Nous n'avons pas été à même de vérifier cette
assertion; mais nous avouons cxu'en faisant la critique expérimentale du procédé employé par M. Empereur, on se demande s'il n'y avait pas, dans son appareil, quelqu'énormo cause d'erreur qu'il n'aurait pas aperçue. D'abord il emploie la méthode des analyses qualitatives et il a la prétention d'en tirer l'azote exhalé, ce qui est impossible, puis il nous parle de femmes adultes qui expirent l'une deux litres d'air par minute, l'autre litre et demi, c'est-à-dire unpeu plus qu'un lapin et pourtant les mouvements du thorax sont trèsamples, très-naturels chez toutes ces hystériques. Chez les malades de M. Empereur on aurait dù voir à peine le soulèvement de la cage thoracique; cela aurait été un phénomène très-frappant : l'auteur n'en parle pas.
Notre opinion est que Tappareil de M. Empereur devait avoir quelque fuite considérable et perdre continuellement , c'est la seule explication qu'on puisse trouver aux fantastiques résultats qu'il a donnés (1).
Nous ne nous étonnons donc que fort médiocrement de voir M. Empereur annoncer que ses malades exhalaient 22, 25, 30 litres d'acide carbonique %)ar jour. Il a trouvé ■ encore qu'elles exhalaient 2 grammes de vapeur d'eau par heure : soit 48 grammes en 24 heures ; dans ces conditions l'air qu'elles expiraient était presque absolument sec; en traversant la bouche il ne se chargeait pas d'eau? La bouche ne contenait donc pas de salive ? la muqueuse de la trachée et des fosses nasales devait être aussi sèche que le tégument externe, car enfin la loi de la tension des vapeurs est, je le pense, applicable aux hystériques; ces malades ne sont pas au-dessus des lois physiques. Il n'y avait rien de tout cela en réalité; mais en lisant la thèse de M. Empereur, on s'aperçoit qu'il dosait la vapeur d'eau en faisant expirer ses
(l) L'auteur avoue que son appareil coûtait eu tout 25 fr. C'est une mauvaise recommandation au point de vue de la précision.
sujets dans ?«n petit tube plein de ponce siilfuriciiie. Dans ces conditions, nous nous sommes assurés que l'air, passant trôs-Yite sur la ponce n'abandonne pas la vingtième partie de sa vapeur d'eau. Voilà pourquoi M. Empereur en trouvait si peu. — Si nous nous sommes étendus sur ce sujet c'est un peu pour excuser les longs développements que nous avons accordés à la technique dans ce travail. Si on ne faisait pas attention aux procédés employés par M. Empereur, on accorderait à ses résultats une importance qu'ils n'ont pas. — Le procédé dont il se sert ne permet pas de doser l'azote et l'eau ; il donne sur la quantité d'air expiré des résultats invraisemblables, la construction de l'appareil n'inspire aucune confiance, nous pensons donc que, jusqu'à nouvel ordre, il faut passer outre et attendre qu'une occasion permette de vérifier les résultats que M. Empereur a publiés.
3® CLASSE. — Maladies qui modifient mécaniquement la respiration. — Quand nous avons traité des gaz du sang, nous avons longuement insisté sur ces maladies, qui entravant l'apport de l'air dans le poumon, diminuent l'oxygène que peut contenir le sang, et qu'il peut apporter aux tissus. Dans ces conditions, avons-nous dit, les combustions doivent diminuer, et l'être tomber dans un état progressif conduisant à la cachexie.
Il en est ainsi, en effet ; les expériences qui vont suivre le prouvent. Il faut encore remarquer que ces états constitiient une véritable asphyxie. Nous en rapprocherons les affections cardiaques où le sang ne circulant plus d'une manière normale ne peut plus aller chercher dans les poumons l'oxygène nécessaire aux combustions.
Dans tous ces états, il continue à se dégager de l'acide
carbonique. Le rapport — augmente donc. C'est, en » somme, ce qui a lieu quand un fragment de muscle est sus-
pendu dans un milieu privé d'oxygène. Il continue à dégager de l'acide carbonique. (Edwards.)
Expérience CLVII. — Parmi les affections qui entraînent l'immoLilité du poumon et la diminution du champ respiratoire, nous avons signalé \di pleurésie. Nous avons voulu savoir quelle était l'influence de l'épanchement sur l'hématose et les combustions qui en sont la suite. Cette étude était d'autant plus importante que la thoracentèse nous permettait d'exécuter une expérience cruciale.
Homme de 40 ans, atteint de pleurésie gauche, grande matité, cœur dévié, etc. Un peu de fièvre. (Poids = 64 kil.).
Oxygène absorbé 33 lit. 221
Acide carbonique exhalé .... 19 945
Rapport 0, 60
Teneur en oxygène de l'air expiré, 16,8. Quantité d'air inspiré à l'heure, 632 litres. On pratique la thoracentèse; on enlève 1 litre de liquide; lanhélation diminue.
Quantité d'air expiré à l'heure, 655 litres.
Oxygène 33 lit. 442
Acide carbonique produit 20 764
Rapport 0, 60
Teneur en oxygène de l'air exhalé, 17, 0. Les combustions ont augmenté en même temps que le
GO
champ de l'hématose. Le rapport — - — a à peine varié.
Expérience CLVIII. — Homme de 48 ans (P. = 66 kil.),
pleurésie gauche, pas de fièvre, poitrine remplie par Tépanchement.
Oxygène absorbé 18 lit. 118
Acide carbonique produit 17 214
Rapport- 0, 95
Teneur en oxygène de l'air, 19, 0.
(Diminution des combustions, asphyxie, augmentation
du rapport — ^ — .)
Expérience CLIX. — Homme de 40 ans, phthisique, fièvre hectique. (T. = 39° 2.) Pneumothorax droit.
Acide carbonique produit 4 500
Rapport 0, 58
Teneur en oxygène de l'air exhalé, 19,6. (Diminution énorme des combustions, mais comme dans tous les cas d'hecticité abaissement du rapport).
Expérience GLX. — Garçon de 18 ans, très-rachitique, scoliose qui réduit le poumon droit à un faible volume.
Oxygène absorbé
Acide carbonique produit
Rapport
17 lit. 410 12 500
Teneur en oxygène de l'air expiré, 18,0.
Expérience GLXI. — Affection cardiaque chez un rhu-
matisant de 45 ans, oppression, aspJiyMe. (Poids 78 kil.).
Oxygène absorbé 17 lit 400
Acide carbonique produit 16 245
Rapport ; . . 0, 93
Teneur en oxygène de l'air expiré, 18,19. (Diminution des combustions , augmentation du rapport.)
Expérience CLXII. — Homme de 35 ans, rhumatisant, insuffisance mitrale, asphyxie, asystolie.
Oxygène absorbé 24 lit. 640
Acide carbonique exhalé 23 460
CO
Rapport — 0, 95
Teneur en oxygène de l'air expiré, 18,7.
Expérience CLXIII. — Homme de 45 ans, albuminurique, ammoniémique (T. = 37", 8), dyspnée intense, capacité respiratoire du sang, 14, 5 0/0. Poids 67 kil.
Oxygène absorbé 23 lit. 712
Acide carbonique exhalé . 31 800
CO
Rapport 1, 34
Teneur en oxygène de l'air expiré, 18,8. (Diminution des combustions dues à la diminution de la capacité respiratoire du sang, anoxhémie).
Expérience GLXIV. - Une hrûlure étendu.e, en supprimant la respiration cutanée, semble produire une sorte d'asphyxie. Les combustions sont diminuées et le rapport augmenté. (Femme de 32 ans, brûlure immense du tronc et des membres, suppuration, plus de fièvre ; la malade est presque tout entière dans un pansement ouaté.)
Oxygène absorbé 93 li^. 330
Acide carbonique produit 240
Rapport-^ 1, 21
Teneur en oxygène de l'air expiré, 18,9.
» Expérience CLXV. — Agonie chez un homme de 50 ans mourant de traumatisme récent (pas de fièvre).
Oxygène absorbé 15 lit. 660
Acide carbonique produit 15 900
CO
Rapport—— , 1, 01
Teneur en oxygène de l'air expiré, 17,7.
Nous résumerons les développements dans lesquels nous venons d'entrer dans les conclusions suivantes :
1^ Dans les fièvres franches et dans les inflammations aiguës la consommation d'oxygène est considérablement augmentée. L'exhalation de l'acide carbonique l'est également, mais dans des proportions moindres, de telle sorte que l'oxygène contenu dans l'acide carbonique ne représente que les 5 ou 6 dixièmes de celui qui a été absorbé. Cet oxygène a donc dû se fixer sur les produits hydrocarbonés. Il y a parallèlement une abondante excrétion d'urée.
2° Dans les fièvres lentes et dans riiecticité, les combustions sont également augmentées, mais moins que dans les fièvres franches. L'exhalation d'acide carbonique est moindre encore par rapport à la consommation d'oxygène. — Les graisses disparaissent très-vite. D'où l'amaigrissement considérable et rapide. L'urée est remplacée en grande partie par des produits moins oxj^dés.
3° Dans toutes maladies cachectiques où le sang a perdu sa capacité respiratoire et où il arrive moins d'oxygène aux tissus, il y a diminution dans la consommation d'oxygène et dans l'exhalation d'acide carbonique. Le mauvais état des fonctions digestives fait que les produits hydrocarbonés doivent eux aussi fournir aux combustions, il y a encore amaigrissement, l'urée est diminuée.
4^^ Dans la convalescence les combustions diminuent. Le
rapport augmente. Il y a augmentation de poids du malade.
5» Dans toutes maladies qui produisent une asphyxie mécanique il y a diminution faible des combustions. Le GO-
rapport n'est pas modifié ou bien il est augmenté. L'urée est un peu diminuée.