CONCLUSIONS
Nous sommes arrivés au terme de notre longue étude, le moment est venu d'en faire ressortir les résultats et de revenir rapidement sur la route que nous avons parcourue.
A. Respiration des tissus. — Les combustions prises en elles-mêmes et dans les tissus varient pour deux raisons :
1» Elles augmentent ou diminuent avec la quantité d'oxygène fournie aux éléments.
2° Elles augmentent ou s'abaissent avec la température à laquelle elles s'opèrent.
B. Variations des milieux. — L'oxygène nécessaire aux combustions est fourni aux tissus par l'intermédiaire d'un milieu intérieur qui est le sang.
Les maladies font varier par deux processus différents la
quantité d'oxygène qui peut être renfermée dans ce milieu (étude des gaz du sang).
a. lo Les affections qui diminuent la ventilation pulmonaire font que moins d'oxygène arrive dans les alvéoles, d'où confinement plus grand dans l'intérieur du poumon, d'où finalement tension plus faible de l'oxygène et dissolution moindre dans le sang.
2° Les combustions étant exagérées, l'oxygène est consommé plus vite, il en reste donc moins dans le liquide sanguin. — Si la ventilation pulmonaire s'exagère, il peut y avoir compensation, sinon il y a appauvrissement du sang en oxygène.
3"^ Les combustions peuvent être diminuées et, si le sang a sa composition normale, il contiendra davantage d'oxygène.
p. La maladie peut frapper directement le milieu intérieur et faire que, d'une façon définitive, il contienne moins d'oxygène et qu'il en fournisse moins aux combustions (étude de la capacité respiratoire).
1° Les globules, éléments actifs dans la respiration, peuvent être diminués de nombre, de sorte qu'un volume donné de sang possède finalement une moindre capacité respiratoire.
2° La maladie peut détruire directement le pouvoir absorbant de l'hémoglobine en lui faisant subir des modifications chimiques définitives ou passagères.
3° Dans tous ces cas, le sang apporte moins d'oxygène aux tissus à moins qu'une ventilation active dans le poumon ne vienne produire la compensation.
Le milieu intérieur, le sang, est lui-même alimenté par le milieu extérieur, par l'oxygène de l'air.
La maladie peut amener des variations dans l'arrivée au poumon de cet oxygène.
a. — Il convient d'abord d'étudier la quantité d'air qui, dans une maladie donnée, pénètre dans l'unité de temps dans le poumon (circulation aérienne, spirométrie.)
Elle est augmentée toutes les fois que les combustions sont elles-mêmes augmentées.
2° Elle est souvent augmentée quand la capacité respiratoire est amoindrie (compensation).
30 Elle est diminuée quand diminuent les combustions.
p. La pénétration de l'oxygène 4.ans le poumon est ré-
glëe par le jeu du thorax et du diaphragme. — Pour posséder entièrement les données du problème, il faut donc étudier les mouvements de ces organes (Pneumographie) :
lo Certaines affections frappant directement la cage thoracique(traumatismes, déformation) viennent empêcher ses mouvements;
2° D'autres compriment le poumon, l'aplatissent, remphssent ses alvéoles et s'opposent encore à la pénétration de l'air (Pneumonie, pleurésie);
3« Certaines lésions de l'abdomen entravent les mouvements du diaphragme ;
4« Enfin, quelques affections nerveuses exagèrent ou diminuent les mouvements des organes respiratoires et augmentent ou amoindrissent d'autant la quantité d'air qui les traversent.
C. Variations des produits de combustions. — 1 tude des milieux nous a montré les causes de variation produits comUtrants : la seconde partie du problème c tient l'examen des produits comDurés et la mesure combustions :
1« Les produits comburés sont complètement oxydés
(urée, acide carbonique), où ils le sont incomplètement (leucine, tyrosine, etc.)
2^ Vuréc varie en raison directe des combustions et de la production de chaleur sauf dans les cas où le foie (siège de sa formation), est frappé. Dans ce cas, les combustions ne sont pas complètes et des produits non complètement oxydés sont éliminés ;
3« L'acide carbonique varie en raison directe des combustions et dans le môme sens que l'urée. Son élimination s'accroit quand augmente la température. La consommation d'oxygène croit plus vite encore de sorte que le rap-
port est abaissé, les produits hydrocarbonés sont détruits. (Fièvres, phlegmasies, affections hectiques.)
Elle diminue dans les affections où moins d'oxygène arrive au sang (abaissement de la capacité respiratoire ou obstacles mécaniques) ;
4« La quantité de chaleur produite croît en même temps que la consommation d'oxygène, l'élimination de l'urée et l'exhalation de l'acide carbonique augmentent.
Tous ces phénomènes sont donc intimement liés en général et peuvent par leur ensemble ou pris séparément servir à mesurer l'intensité des combustions organiques en pathologie.
Nous ne voudrions pas terminer notre travail sans indi-
Regnabd. 2^
quer encore une dernière fois l'esprit qui a présidé à sa rédaction.
Nous avons moins tenu aux théories et aux explications qu'à la constatation des faits.
Nous avons insisté longuement sur les méthodes : elles sont tout dans les sciences expérimentales.
Nous croirions avoir fait une œuvre utile si le lecteur restait persuadé que tout ce que nous lui avons présenté a été bien observé. Un jour viendra sans doute où ces importants problèmes qui se rattachent aux combustions trouveront leur solution : alors les faits que nous avons vus et groupés pourront peut-être servir utilement à édifier des théories qu'il serait imprudent ou prématuré de proposer aujourd'hui.