HISTORIQUE
L'étude de la déformation des solides est une question qui a retenu l'attention d’un très grand nombre de chercheurs ; les métaux en particulier ont suscité à cet égard de multiple recherches, les unes purement théoriques, les autres expérimentales, depuis les travaux de science pure, exécutés au laboratoire jusqu'aux essais industriels exécutés en grand à l'usine, la plus grande partie d'ailleurs tenant le milieu entre ces extrêmes. L'abondance des mémoires publiés rendrait vaine l'idée d’une bibliographie un peu complète du sujet. Je me bornerai seulement à indiquer, outre les mémoires auxquels se rattachent mes travaux, quelques études générales de la déformation et de la torsion des métaux.
L’une des premières études sur le sujet est celle ‘de Tresca: « Poinçonnage et théorie mécanique de la déformation des métaux » (1) (2). Le sujet a été traité ensuite, surtout du point de vue théorique, par M. Brillouin dans une série d'articles et de notes, pour laquelle je ne fournis que quelques références bibliographiques, se rapportant principalement à des discussions de résultats expérimentaux (3) (4) (5).
M. Bouasse, étudiant la torsion de fils métalliques a précisé la technique et les ‘précautions à suivre (6) (7) (8) (9) ; la partie expérimentale repose sur ses expériences personnelles ét sur celles de M. Z. Carrière, exécutées sur des fils montés en pendules de torsion. Ces expériences n'ont pas un rapport direct avec les miennes, cependant M. Bouasse dans la discussion de ses résultats fournit nombre de renseignements généraux importants; propose une classification des déformations;
distingue deux types métalliques au point de vue des déformations permanentes : métaux à frottement solide et métaux à frottement liquide ou métaux visqueux, à partir d'une température propre à chaque métal il y a passage progressif du premier type au second (pour le cuivre, par exemple cette zone de températures se place aux environs de 300°). Egalement M. Bouasse admet que la déformation permanente a lieu dès le début de la mise en charge.
La recherche des coefficients de frottement interne des métaux a été effectuée par la méthode de l’amortissement des oscillations de torsion de fils métalliques, enregistrement photographique et calcul du décrément logarithmique. Dans cette voie M. C. E. Guye et ses élèves (10) (11) (12) (13) ont publiés de nombreux mémoires sur le frottement interne de divers métaux, de verres et du quartz. Mais l'emploi de fils fins (de diamètre inférieur à 0 mm. 5), l'absence de déformations permanentes et les températures peu élevées (maximum 360°) font que je n’insiste pas sur leurs résultats. Tout à fait analogues sont-les travaux de MM. K. Honda et S. Konno (14). M. Horton, de son côté, a opéré quelques recherches sur la viscosité des métaux, mais seulement aux basses
températures.
Avec la note de M. Chévenard « Sur la viscosité des-aciers aux températures élevées » (16),
j'arrive plus directement au sujet que j'ai traité. M. Chévenard est le premier à avoir signalé sur des aciers soumis à l'essai de traction, que pour une température et une charge données la vitesse d'extension d’abord très rapide, décroissait progressivement et se fixait à une valeur constante, pour des efforts convenables. Cette vitesse cons-
tante caractérisait, empiriquement, l4 viscosité du métal. Une seconde note (17) de M. Chévenard et un travail récent de MM. J. Cournot et K. Sasagawa (18) continuent ces recherches ; j'insisterai plus longuement sur ce dernier travail dans un chapitre spécial, étant donnés les rapprochements intéressants qu’il y a lieu de faire avec mes expériences. :
Je citerai encore deux mémoires, l’un de M. E. Dupuy (20), l’autre de M. Dikenson (21) sur les charges de rupture par traction et leurs variations avec la température, auxquels j’ai emprunté quelques chiffres.