‹ Recherches expérimentales sur une nouvelle fonction du foie: consistant dans la séparation de laChapitre 1 sur 7 · GERMER BAILLIÉRE, LIBRAIRE-ÉDITEUR · texte numérisé non relu

GERMER BAILLIÉRE, LIBRAIRE-ÉDITEUR

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Hipp. Balllière, Ml, Reftat itrwt. 1 MUière brtttm, 441. Ireadwaj.

MADRID, C. BAILLY-BAILLIBRE, PLAZA DBL PJUKCIPB ALFO>-SO, 16.

SUR UNE

NOUYELLË FONCTION DU FOŒ

Cl La cholesterine du sang est-elle un de ces produits destinés à être expulsés de Téconomie, et par conséquent dépourvus d'action immédiate sur Téconomie elle-même ? Sa destination est tout à fait inconnue. » Traité de physiologie, par F. A. Longet. Paris, 1861. Tome I, page kSS.

Cette phrase, tirée du traité de physiologie le plus élaboré que Ton possède, publié en 1861 au foyer de la science physiologique, exprime l'état de nos connaissances en ce qui regarde le rôle de la cholesterine. La cholesterine, découverte en 1782 par PouUelier de la Salle, dans des calculs biliaires, fut reconnue dans le sang, il y a plus de trente ans, par Denis; mais depuis lors, à l'exception de recherches purement chimiques sur ses propriétés, nos connaissances à ce sujet n'ont fait aucun progrès. Son histoire chimique elle-même est loin d'être

(1) C'est pendant le printemps et Tété de Pannée 1862 qa'ont eu lieu les recherches qui ser?ent de base à ce mémoire, publié en octobre de la même année^ dans V American Journal of the médical science.

A. PLINT. 1

parfaite, tandis que son histoire physiologique est inconnue. En 1833, Boudât découvrit dans le sang une substance qu'il appela séroline, principe qui a beaucoup de caractères communs aveclacholestérine, mais qui n'offre jusqu'à présent d'intérêt que comme un curieux principe

imméliat qui m troiivQ Paiement àm$ le lémm du

sang (d*oà son nofti), et s'y trouve en quantité trèsfaible : en réalité, trop faible pour admettre l'analyse. Son rôle était aussi obscur que celui de la cholestérine.

En examinant ce qu'on a écrit sur ces deux substances, nous trouvons que, dans beaucoup d'ouvrages de physiologid, on ne traite pas de cholestérine. La séroline est même ^rarement mentionnée. Leur rôle est demeuré si peu connu, et en apparenoe si peu important, qu'on n'a pas avancé de Ihëories à cet égard, et que les meilleures autorités en chimie, parlant de leur usage dans l'économie, se bornent à dire qu'il ^t inconnu. Dans la chimie anatomique de Robin et Verdeil, nous trouvons la cholestérine traitée sommairement en ces termes :

« Le rôle physiologique q'iielle remplit dans f économie est également inconnu. »

r Les mênf>es auteurs disent de la séroline :

« On ne sait pas comment se forme la séroline^ ni quel est son rôle physiologique. »

Bien que la physiologie de ces substances soit, comme on le voit, obscure ; bien que leur histoire doive encore peu à la chimie et ne doive rien à la physiologie, certains ftits qui s'y rapportent semblent montrer qu'elles ne sont pas sansi ;mportai>ce dw& récooomie* On trouve la

SUR UNE NOUYBLLE FONGTIOM SU FOIE. S

cholestérine dans le sang, la bile, le foie, la substance nerveuse, le cristallin, le méconium (mais non pas dans les fèces, comme on Ta écrit à tort), et, en outre, daiA nombre de produits morbides. On la rencontre comtam* mentà^m ces points de Téconomie; elle apparaît dans le sang aussitôt que ce fluide est formé et y existe jusqu'à la fin de la vie* Sa proportion dans le sang est augmentée par certaines conditions morbides^ diminuée par d'autres. On a dit que la séroline existait toujours dans le sang, bien que jusqu'à présent on ne l'ait découverte huile part ailleurs. Elle est« comme la cholestérine, un principe oofi-» stant, et ces deux substances jouissent de beaucoup dtt caractères chimiques communs. Leur rôle est défini et important ; et, si l'auteur n'exagère pas cette importanoe^ dans son enthousiasme à explorer un champ parfaitement vierge encore, la connaissance des fonctions de ces sub*^ stances sera d'un prix incalculable pour le médecin praticien, et la voie ainsi ouverte par la physiologie conduira à un vaste champ de recherches pathologiques ^ Ce que h découverte du rôle de l'urée a fait pour les maladies comprises maintenant sous le titre et urémie^ la découverte du rôle de m cholestérine peut le faire pour les mû*ladies obscures^ que l'on pourra dorénavant classer sous le nom de cholestérémie.

Nous ne devons pas être surpris de l'obscurité qui entoure le rôle de substances isolées avec beaucoup de difficulté, que l'on ri a pas ^ d ordinaire, trouvées dans les excrétions, et si peu abondantes que leur investigation semblait être du ressort spécial du chimiste, leur étude

ayant peut-être découragé les physiologistes. Mais il est étonnant qu'un liquide aussi important que la bile, le produit de la glande le plus considérable de Téconomie, celui que l'on rencontre le plus constamment dans le règne animal, soit si peu compris. La bile a été regardée par les uns comme une excrétion, par les autres comme un liquide non pas excrémentitiel, mais digestif, et les physiologistes ont tellement concentré leurs efforts sur la solution de cette dernière question, que pas un n'a prétendu expliquer sa fonction excrémentitielle, si elle existe, et que les recherches sur sa fonction digestivé nous ont laissés dans une obscurité presque absolue. Blondlot rapporte le cas d'un chien qui vécut cinq ans avec une fistule biliaire qui détournait, assure-t-il, toute la bile des intestins et la déversait à l'extérieur. L'animal ne présenta aucun symptôme fâcheux et mourut naturellement. Aucune portion de la bile n'avait passé dans les intestins, elle avait toute été évacuée. D'après cette observation, la bile semblerait n'être qu'un excrément. Schwann ainsi que Bidder et Schmidt, dans leurs nombreuses expériences, ne réussirent jamais à conserver plus de quelques semaines un chien soumis à cette opération ; tous moururent avec les signes de l'inanition. Selon ces observations, l'office principal de la bile se rapporte à la nutrition; et comme elle est versée à la partie supérieure du tube digestif, il est probable qu'elle joue un rôle important dans la digestion. Mais Bidder et Schmidt ne nous expliquent pas sa fonction digestivé ; Blondlot ne dit ni quel principe-elle élimine, ni quel serait le résultat de sa suppression.

A part quelques faits isolés, assez intéressants, mais n'indiquant rien de précis, voilà tout ce que nous savons sur le rôle de la bile. Mais quel est le physiologiste qui ne sent pas cette lacune de la science, et quel est le médecin praticien qui ne sent et ne comprend l'importance de ce rôle de la bile? Il n'est pas nécessaire d'examiner l'histoire naturelle et de montrer l'existence presque universelle du foie dans le règne animal, pour convaincre le médecin, au chevet du malade, de l'imporlance de la bile. Un patient souffre d'un mal vague, que Ton peut appeler état bilieux ou dérangement du foie, lequel est guéri d'une manière inexpliquée, par un purgatif mercuriel. Le praticien sait que la fonction du foie, comme organe sécrétoire de la bile, est importante, mais il ne l'apprend pas du physiologiste. Chaque médecin comprend que le foie a un rôle qui doit lui être expliqué par le physiologiste, avant qu'il puisse cesser de traiter empiriquement une classe nombreuse de maladies.

La bile remplit une fonction excrétoire importante, sujette à de nombreux dérangements ; et c'est cette fonction que l'auteur de ce mémoire espère pouvoir décrire.

On voit, par les remarques qui précèdent, que l'histoire physiolog:ique de la bile est encore à écrire. Le sujet offre trop d'intérêt et d'importance pour ne pas attirer l'attention des physiologistes expérimentateurs. Il est difficile, à première vue, de faire accorder les assertions diamétralement opposées que nous venons de citer, de la part d'expérimentateurs qui ont des droits égaux à notre considération. L'application d'une méthode philosophique

6 Rg^HSiiGQBe 9XFtlU]fBllTÀI^£$

à l'étude de la bite doiti avant toute chose, décider si elle aat de nature excrémentitielle ou récrémentitielle; Dans le premier cas, quelle est la matière excrétée, et d'où vientelle? Dans le second, quel est son rôle dans les divers phénomènes de la nutrition? Afin de mettre d'accord dans notre esprit, s'il était possible, les assertions opposées de Bidder et Schmidt et celles de Blondlot, nous entreprîmea, il y a quelque temps, d'établir des fistules biliaires sur des chiens. Nos premières expériences eurent lieu à la Nouvelle-Orléans, pendant l'hiver de 1860-61 ; mais toutes furent malheureuses, aucun des animaux n'ayant survécu à Topération plus de troi^ jours. Interrompues ^rs, elles furent reprises pendant l'hiver de 1861^62, au allège de médecine de Bellevue Hospital. Après nombre d'^sais aussi infructueux que ceux de l'hiver précédent, nous parvînmes à pratiquer l'opération très-rapidement^ eausant peu de perturbation dans les organes abdominaux, et sur l'un des sujets le succès fut complet.

Espérience I. -^ L'opération fut pratiquée en faisant daas la paroi abdominale^ sur la ligne médiane, juste audessous du cartilage xiphoïde, une incision longue d'environ 7 centimètres. Le bord du foie étant relevé avec MÔn et le canal cholédoque isolé, deux ligatures furent pesé^, Tune trèa-près du duodénum, l'autre près du peint de jonction des conduits hépathique et eystique ; poîft refipace intermédiaire fut divisé. Le fond de la vésicule biliaire fbt alors ramené vers la partie supérieure de kl plaie et incisé sur une longueur d'environ 2 cenlin^tare^ et demi ; la vésâcule fut vidée» et les bords en

SUR UNS MOirVSViB FQHQTIOlf Ml FOIE. 3

furent fixés à la pe;àu par des points de suture interroiiH pue. La plaie fut alors fermée avec soin autour de rori4 fica de la vésicule biliaire.

Tel est à peu près le procédé recomoiandé par Blondiort^ qui préfère cependant opérer sur l'aniinal à jeun^ la véftÎ4 cule biliaire étant alors gonflée et plus facile à irouveri Nous avons préféré opérer après le repas, lor^ue la vésicule est comparativement vide, attendu qu'il n'est pes bien difficile de la trouver, et quand on en évacue le contenu, il y a moins de chance pour que la bile tombe dans Ja cavité du péritoine, ce qui est une des causes iM la péritonite intense qui ^ déclare ordinaire^ient à II suite de l'opération ,

/> lendemain de ï opération^ {animal, mm^m ài&A^ Iq bile coula abondamment par la fisti^ ^ a'avait wmu accès dans l'intestin, comme le prouva Fautopsie. (1 IM survint pas d'autres symptômes que ceux predMÎts par la dérivation de la bile de son canal naturel. L'opér^lioa eut lieu le 15 novembre 1861^ et l'animal vécut trente^ huit jours.

Dans aucune des observation» dont aous avcms va la relation, l'animal n'a été aussi exempt de Tinilainm^tictt (\\ï\ est la conséquence d'une opération si grave, ete^ eas nous semble on ne peut plus, favorable pour déterofûiMT si un animal peut vivre quand la bile est détournée du tube intestinal et déversée par une ûslule; L'animal perdit graduellement l'embonpoint et la force ; raptiétit^ cependant^ devint vorace» et il mourut d'inanHion;, l'observation concordant dans tous les points imfM)rtants avec

ks esféneDce& de Scfawann él cdles de Bidder et ScfamidL

Expérience II. — Cette expérience fut entrq>rise dans le bot de déterminer (si cela était possible) la quantité totale de bfle sécrétée en vingt-quatre heures. Une fistule fut pratiquée dans le canal cholédoque par la section du canal et Tintroduction d'un tube d'ai^ent. L'expérience ne réussit pas au point de vue qui l'avait motivée, et, quarante-huit heures après l'opération, le tube se détacha. Après la chute du tube, la bile cessa de couler à l'extérieur dL l'animal ne sembla éprouver aucune suite ûcheuse de l'expérience. Trente jours après l'opération, l'animal, parfaitement rétabli, fut sacrifié par la section de la modle allongée, et l'on soumit les parties à un scrupuleux examen. Nous copions l'autopsie dans notre livre de notes :

« A l'autopsie, le foie adhère au diaphragme dans la plus grande partie de sa surface convexe. Le duodénum offre des marques d'inflammation limitée. Le foie luimême est normal. A l'ouverture du duodénum, la papille qui marque l'orifice du canal cholédoque est normale en apparence. Un mince stylet d'ai^ent est introduit dans ce canal. Pendant quelque temps ^ il est impossible de trouver une communication entre la partie supérieure du canal et Fintestin ; mais enfin^ après une patiente recherche {sachant qu'il ne s'était point échappé de bile à Fextérieur^ et qu'une communication existait indubitablement avec le duodénum)^ une communication est découverte^ I)ans le cas de Blondiot, il est

probable qu'une communication s'était rétablie et était demeurée inaperçue. »

Dans l'observation remarquable rapportée par Blondlot, dans laquelle l'animal survécut si longtemps, le succès est attribué à ce fait que l'on empêcha le chien de lécher la bile à mesure qu'elle coulait de la fistule, et l'auteur constate que la nutrition commença à s'améliorer aussitôt que Panimal ne put se lécher. Désireux de n'omettre aucune des précautions adoptées, nous mîmes au chien de l'expérience I une muselière dont l'extrémité était couverte de toile cirée, de sorte qu'il lui était impossible d'avaler une seule goutte de bile. Cette muselière fut maintenue jusqu'à sa mort, mais ce soin n'eut aucun effet sur la nutrition. La bile coulait si abondamment par la fistule que toute la partie inférieure de l'animal en était couverte. Toutefois, ce ne fut qu'à l'autopsie faite dans la seconde expérience que nous nous expliquâmes la difficulté que nous avions éprouvée à mettre d'accord les observations des divers expérimentateurs que nous avons cités. Chez les animaux inférieurs, — chez les chiens au moins, — les conduits ont une tendance remarquable à se rétablir. Ce fait n'a guère pu échapper à quiconque a beaucoup opéré sur les glandes. Si, par exemple, on divise le canal pancréatique et qu'on y introduise un tube, il suffit que celui-ci soit enlevé ou se détache pour que le canal soit invariablement rétabli. C'est ce qui arriva dans l'expérience II, où le lube du canal cholcdotiuc se détacha. Le conduit se rétablit, sans nul doute, car pendant près d'un mois il ne s'écoula pas de bile à l'exté-

iO RKHnant EUPÉMMnffTAUS

rieur, l'aaimal jouissant d'une parfaite santé et la bile étant nécessairement déversée dans Tintestin. Ce ne fut pourtant qu'aveo une difficulté extrême que noui déeouvrîmes la communication au moyen de la sonde^ et cela après de longues rechercbest dirigées par la oerti-^ tude de son existence. Prenant eu considération la difficulté que nous avons éprouvée, dans ce e^s, à trouver le passage» et après avoir discuté avec soin l'expérience rapportée par Blondlot, nous sommes arrivés à conclure que, dans son expérience, il y eut une communication qui échappa à ses recherches, mais qui donna accès dans l'intestin à une grande quantité de bile (1).

Pour ce qui est des fonctions digestives de la bile, qu'il nous suffise de constater que nos expériences sur ce sujet nous ont porté à croire que ce fluide joue dans la digestion un rôle important : si important, qu'il est indispensable à ia vie. Toutefois, la nature de ce rôle n'est pas comprise, et ne peut être déterminée que par une longue et minutieuse série de recherches expérimentales qui nous entrm-

(i) On tiMiTe le coiii|Mt renda de cette eipéflence dans un article intitulé : Esêai sur U$ fimcHons du pié et et ê^ê atmeoptSt par N. Blondiot. Paris, 18ii6. L'autopsie de Panimal, faitçplus de cinq ans après rétablissement de la fistule , fut publiée dans un petK mémoire complémentaire du précédent , iatitalé : Inutilité de h Mê dans ta digestiùn, Paris, 1S51. Nous n'avoiBS pas eu Tintention de discuter à fond les Tues de Blondiot et autres sur le rdle de la bile dans la dige^r tion. Nous traiterons ce sujet dans un autre mémoire consacré principalement à Tétude des propriétés digesUves de la bile ; pour le moment, nous nous proposons de nocs occuper seulement de ses fonctions excré- Bwmitiel M ^

SUR WM f^ùj^nM* f(>^mm w foie. il,

neraîe^t à traiter la question tout entière de la digestion. Noua ^apérona pouvoir l'exposer dan^ un autre mémoirOf Maia il y a une fonction de la bile qui est entièrement distincte de la précédente. Elle consiste à séparer di| sang la cholestérine, substance excrérnentitielle formée par désaasinnlation de certains tissus. Bien qu'elle ne soit pas e:)Lpulsée du corps sous forme de chotestérine, car elle subit une transformation préalable, c'est sous cette forme qu'Ole est séparée du sang e( versée dans l'intestin par le canal cholédoque. C'est ce nouveau rôle excrémentitiel de la bile qui formera le sujet principal de ce mén[H)ire, et noua traiterons i^us tard de sa fonction récrémentitieUe, si néces^ aaire pour eompléter l'histoire physiologique de ce fluide. Noua veyrrona que la cholestérine est la pliis importante dea matières excrémentitielles aéparéesi par le foie, comme Vmm est la plus importante de celles aéparées par les

reins; de sorte que l'étude de cette substance embrassera nécessairement la fonction dépurative du foie. Nous commencerons donc par la cholestérine, et nous nous efforcerons de montrer dans quelle partie de l'économie elle se forme, en suivant le sang dans son passage à travers les divers organes. Cel^ nous entraînera néceaaairement à décrire les procédés chimiques employés pour son e:xtrac^on^ Puis nous tâcherons de montrer^ par la même méthede d'mvestigation> quel eat le point de t'économie m la eholestérine est séparée du sang. Nous aurons ««suite à la suivre en dehors de ce liquide» et à étudier les changements qu'elle subit dans son passage à travers le

QWpi^ inteatinali Après avoir décrit sa formation dan& lea

12 RECHERCHES EXPÉRIIŒNTALES

tissus^ sa séparation du sang par le foie, et enfin son élimination, nous nous efTorcerons de montrer en concluant les efforts produits sur l'économie par Tinlerruption de cette fonction du foie. Cela nous introduira dans le domaine de la pathologie, et nous verrons surgir une foule de maladies qui peuvent dépendre du trouble apporté dans cette fonction excrétoire du foie. Nous serons amenés à tracer d'une manière plus définie la ligne de démarcation entre des conditions morbides dans lesquelles il y a simplement résorption du principe colorant (non dangereux) de la bile, et ces maladies dans lesquelles la séparation de certaines parties excrémentitielles du sang n'a pas lieu. Ces conditions morbides, on le sait, diffèrent beaucoup quant à la gravité, et leur distinction est d'une haute importance. Ce dernier état morbide, caractérisé par la rétention de la cholestérine dans le sang, sera traité sous le nom de cholestérémie.

CHOLESTÉRINE.

Caractères chimiques* — La cholestérine est une substance non azotée qui possède toutes les propriétés des corps gras, excepté celle d'être saponifiée par les alcalis. Sa formule chimique est représentée par C**, H**, 0. Elle appartient à une classe de matières grasses non saponifiables que Lehmann a groupées sous le nom de lipoïdes. Cette classe se compose de la cholestérine et de la séroline, substances animales; de la castorine et de

Tambréine, retirées du castoréum el de Tambre. II y ajoute une matière découverte par Bush dans une tumeur utérine, inostéarine. La cholestérine est neutre, inodore, cristallisable, insoluble dans Teau, soluble dans Téther, frès-soluble à chaud dans Talcool, mais fort peu à froid. Elle brûle avec une flamme blanche, n'est point altérée par les alcalis, même après une ébuUition prolongée. Traitée par l'acide sulfurique concentré, elle donne naissance à une couleur rouge particulière que des auteurs ont mentionnée comme caractérisant la cholestérine. Nous avons trouvé qu'elle partage cette propriété avec la séroUne(l).

Formes des cristaux. — La cholestérine peut être facilement et sûrement reconnue à la forme de ses cristaux, dont les caractères sont découverts au microscope. Ils sont rectangulaires ou rhomboïdaux, extrêmement minces et transparents, de diflérentes grandeurs, avec des bords distincts et généralement réguliers. Ils sont fréquem-? ment disposés par couches, et les bords des cristaux inférieurs apparaissent au travers de ceux qui les recouvrent. Cet agencement des cristaux a lieu quand la cholestérine se présente en quantité considérable. Dans les spécimens pathologiques, ils sont généralement peu nombreux et isolés. Les tables de cholestérine offrent souvent à un de leurs angles un clivage dont les lignes sont parallèles aux bords ; elles sont fréquemment brisées, et

(1) Ceue réaction de la séroline est mentionnée par Bérard, Cours de physiologie, karis, 1851, t. III, p. 117.

la Hgnc de rupture est ondulée. Lehtnânn attache une grande importance d la knèsure des angles du rhomboïde* Suivant lui, leB angles obtus sont de lOÔ*" bO\ et les angles aigus de 79* 80'. Nous dvorts enamlné récemment • un grand nombre de spécimens de cholestérine retirée du sang, de la bile, du cerveau, du foie, et pft)venant dé tumeurs, et nous Nommés convaincus que ses cristaux n'ont pas d'angle^ fixes. Les tables sont souvent rectangulaires et parfois presque en losange. C'est à leur trans-^ parence, au parallélisme de leurs bords et à leur tendance à se briser selon des lignes parallèles que nous les reconnaissons pour être formées de cholestérine. Lehmann semble considérer les tables de cette substance comme des cristaux réguliers à angles invariables. D'après des examens faits pendant le phénomène de la cristallisation^ nous sommes portés à croire que ces tables ne sont point des cristaux, mais des fragments de feuilles arrangées comme celles du mioa< et que leur ténuité rend trèsfragiles. En étudiant un spécimen provenant de méconium, extrait par Talcool bouillant, nous avons pu voir une pellicule transparente se former à la surface du liquide peu de temps après son refroidissement. Celle-ci, examinée au microscope in situ, en agitant le liquide aussi peu que possible, était distinctement marquée de longues lignes parallèles. Quand le liquide fut en partie évaporé, la pellicule se divisa et prit la forme ordinaire des tables de cholestérine, seulement celles-ci étaient plus grandes et plus régulières. La beauté des tables, à cette période, ne saurait g^e représenter fidèlement. Elles

SUR OMB nOmrilLB FOROnON DO FOIE. H

étaient extrêoiement minces et ré^^lièremenl diviséffi en feuillea délioates, avec le divage des angles qui caraclérise la choiestërine. A mesure que le foyer de l'instrument changeait, on découvrait de nouvelles couohes diverseinent agencées. Nous avons essayé de donner une idée de la forme de ces tables dans ta figure I { mais naturellement il est impossible de représenter leura bords pâles mais remarquablement distincts. Ainsi que l'a remarqué Ch. Robin, les borda de ces cristaux sont imparfai* lemenl représentés par une ligne; il n'y a pas de ligne dan» \'6i^ luinnétne, mais le bord indique où la table

CMMUrlne extriite du raéconlom. Objectif; ,-, de peace.

Les cristaux sont ordinairemeDl incolores ; mais, quand .ils se nncontreot dans un liquide coloré, Uè peuvent

prendre une teinte jaunâtre, et même devenir très-foncés. Néanmoins, ils peuvent encore être reconnus à la fornne caractérislique que nous venons de décrire.

Les cristaux de cholestérine fondent à l/iS^'ccnt., mais se reforment quand la température retombe plus bas. Selon Lehmann, on peut les distiller dans le vide à 360 degrés sans décomposition. La détermination du point de fusion de la cholestérine est un des moyens de la distinguer de la séroline, qui fond à 35% 55.

Où SE TROUVE LA CHOLESTÉRINE. — La plupart dcs auteurs disent que Ton trouve la cholestérine dans la bile, le sang, le foie, le cerveau, les nerfs, le cristallin, le méconium et les matières fécales. Nous l'avons trouvée invariablement dans tous ces milieux, excepté dans les fèces, où nous ne l'avons rencontrée qu'une seule fois, malgré de nombreuses recherches ; et, en relisant les ouvrages de ceux qui ont étudié cette substance, nous n'en trouvons aucun qui Tait reconnue dans les fèces normales. On la trouve en abondance dans le méconium, d'où on l'extrait peutêtre le plus aisément à l'état de pureté, et on l'a retirée des excréments d'animaux en hibernation; mais, bien qu'on puisse accidentellement la rencontrer dans les fèces pendant la maladie, ou chez les animaux après une longue abstinence, nous sommes convaincus qu'elle ne s'y trouve jamais dans les conditions normales. L'analyse des matières fécales est si peu attrayante, qu'elle a été fort négligée par les chimistes, et jusqu'à ces dernières années, où Marcet en a fait une analyse minutieuse ( sur laquelle nous reviendrons plus loin), les travaux de Berzelius

SUR UNE NOUVELLE FONCTION BU FOIE. il

constituaient toutes nos données sur ce sujet. La cholestérine est Télément principal des calculs biliaires, qui ne contiennent d'ordinaire que de la cholestérine, de& matières colorantes et du mucus. On la trouve dans un grand nombre de dépôts morbides. Il y a peu de tumeurs cancéreuses qui ne présentent, à Texamen, des tablettes de cholestérine, et elle est très-abondante dans les tumeurs enkystées. Selon Robin, les dépôts athéromatiqueâ que Ton rencontre dans la tunique intermédiaire des artères sont souvent composés de cholestérine. Elle forme parfois des tumeurs distinctes ou des dépôts dans la substance du cerveau. Nous avons eu dernièrement l'occasion d'examiner y à l'hôpital de Bellevue, une tumeur du cerveau formée de cholestérine presque pure. On Ta fréquemment reconnue dans le fluide de l'hydrocèle^ dans celui des kystes de l'ovaire, dans le tubercule cru, les tumeurs épithéliales et le pus. Elle est en très-faible quantité dans les fluides organiques. Nous avons fait à ce sujet de nombreuses analyses quantitatives du sang, dont nous donnons le résultat dans le tableau suivant, où nous avons compris celles d'autres physiologistes. On y voit aussi la proportion que nous avons trouvée dans les autres milieux où elle se rencontre. Les variations obtenues dans les diffé-^ rents points du système circulatoire et dans la maladie formeront un autre tableau. Nous croyons que la quantité qui existe dans le cerveau et dans le cristallin n'a jamais été indiquée.

A. FLINT

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Tableçm 4^ la quantité dfi phoh^érine dam dioen mifmx.

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