‹ Recherches helminthologiques en Danemark et en IslandeChapitre 2 sur 21 · Taenia marginata Batsch · texte numérisé non relu

Taenia marginata Batsch

Cette espèce, pour ce qui regarde le chien, a pendant longtemps été confondue avec les deux suivantes, auxquelles elle ressemble beaucoup, et on les a toutes comprises sous la dénomination commune de Taenia serrata.

P a 1 1 a s 1 2) désigne sous le nom de T. cucurbitina tant le ver solitaire de l’homme que les grands Ténias du chien, du loup et du chat, et il y joint aussi les Ténias de la souris.

Goeze9) distingue plusieurs espèces. Réservant le nom de T. cucurbitina au ver solitaire de l’homme , il désigne sous celui de T. serrata les grands Cestoïdes du chien et du chat, et range le Cestoïde du loup dans l’espèce appelée par lui T. cateniformis.

Batsch3) sépare le Cestoïde du loup des autres espèces classées purGoeze sous le T. cateniformis , et l’appelle T. marginata.

R u do 1 phi4) n’emploie le nom de T. serrata que pour le grand Ténia du chien; il appelle celui du chat T. crassicollis , et conserve pour le Ténia du loup le nom de T. marginata proposé par Batsch.

Dujardin5) et Diesing6) suivent Rudolphi; cependant Dujardin fait observer que le T. marginata du loup diffère à peine du T. serrata du chien.

M. v. Siebold ayant réussi en 1852 à transformer le Cysticercus pisiformis , le Cyst. tenuicollis et le Coenurus cerebralis en Ténias dans l’intestin du chien , rangea les trois Ténias correspondants sous le T. serrata malgré la différence frappante qu’ils pré-

M Neue nordische Beitrâge. Petersb. u. Leipz. 1781. Bd. 1. p. 46.

2) Versuch einer Naturgeschichte der Eingeuieideivürmer thierischer Korper. Blankenburg 1782.

3) Naturgeschichte der Bandwurmgattung. Halle 1786. p. 125.

4) Entozoorum sive vermium intestinalium historia naturalis. Vol. II. P. II. Amstelaedami 1810.

5) Histoire naturelle des helminthes. Paris 1845.

6) Systema helminthum. Vol. I. Vindobonae 1850.

sentent entre eux à l’état cystique, et les regarda même comme identiques avec les Ténias de plusieurs autres carnassiers et le ver solitaire de l'homme7). 11 fut sans doute conduit à ce résultat par ses idées sur les Cystiques, qu’il considérait comme des Ténias dégénérés.

M. Küchenmeister8) fut amené par ses recherches sur le grand Ténia du chien, le T. serrata Rud., à en distinguer 3 espèces différentes. Ayant fait ingérer à un chien des Coenurus cerebralis , il obtint, en 1853, des Ténias dont les œufs produisaient le tournis chez les moutons, appela ce ver T. Coenurus 9), et, réservant le nom de T. serrata au Ténia du Cysticercus pis f 'or mis , considéra le T. e Cysticerco tenuicolli comme une espèce différente des deux autres. En 1856, dans un mémoire10) couronné par la Société royale des sciences de Danemark, il décrivit très exactement ces 3 espèces, et en fit voir les différences par les dessins qu’il donna des crochets et des ramifications de la matrice. Si l'on compare ces dessins avec ceux de M. Lewald11) et de M. v. Siebold* *), on reconnaîtra également dans ces derniers la différence de forme que présentent les crochets du T. serrata ( e Cysticerco pisiformi ) et ceux du T. Coenurus .

M. R. Le uc kart12) décrivit, en 1856, ces 3 espèces, en adoptant les vues de M. Küchenmeister, et dessina également les crochets.

M. van Reneden traite séparément du T. Coenurus et du T. serrata , mais en déclarant1,7) toutefois qu’il a en vain cherché à les distinguer par leurs crochets. Il a représenté (pl. XX) les crochets du T. serrata , mais pas assez exactement pour qu’on puisse avec certitude en déterminer l’espèce; cependant, à en juger par la forme, ils paraissent bien appartenir au T. serrata (e Cyst. pisiformi).

M. Baillet14) admet la différence des espèces ci-dessus, et est conduit par ses propres recherches à reconnaître l’exactitude des caractères indiqués par MM. Küchenmeister et Leuckart, caractères qui l’ont mis en état de distinguer ces espèces l’une de l’autre, sans savoir par avance de quels Cystiques les Ténias qu'il trouvait tiraient leur origine. Dans le cours de ses expériences, exécutées à Toulouse, il a le plus souvent

7) Ueber die Band- und Blasenwürmer. Leipz. 1854. p. 99.

8) Günsburg's Zeitschrift für Minische Medicin. Jahrg. 1853. p. 448.

9) Die in und an dem Korper des lebenden Mensclien vorkommenden Parasiten. Erste Abth. Leipz. 1855. p. 26.

,0) Moleschot.t' s Untersuchungen zur Naturlehre des Mensclien und der Thiere. Erster Band. Frank/, a. M. 1856.

u) De Cysticercorum in Taenias metamorphosi. Diss. inaug. Berolini 1852.

*) Ouvr. cit. n° 7. p. 90.

12) Die Blasenbandwürmer und ihre Entwickelung. Giessen 1856.

13) Mémoire sur les vers intestinaux. Paris 1858. p. 148.

,4) Annales des sciences naturelles. Série IV. Tome X. 1858. p. 190.

rencontré le T. serrata , fréquemment aussi le T. e Gysticerco tenuicolli, mais n’a jamais trouvé le T. Coenurus chez les chiens qui n’avaient pas été soumis à un traitement préalable.

M. Davaine15) exprime des doutes sur les différences que présentent les 3 espèces qui nous occupent, et les considère comme n’en formant qu’une seule, le T. serrata.

M. R- Leuckart16) adopte le nom de T. marginata pour désigner le T. e Cysticerco tenuicolli, après s’être assuré que ce dernier est identique avec le T. marginata

du loup.

MM. Pouchet et Verrier17) ont communiqué en 1862 à l’Académie des sciences les résultats de quelques expériences qu’ils avaient faites en administrant à des chiens des Coenurus cerebralis , et, à des moutons, des œufs des Ténias du chien, résultats qui leur ont fait contester la justesse des vues de M. Küchenmeister. Mais, comme l’a démontré M. van Beneden, leurs expériences dénotent une ignorance complète des vers dont il s’agit, et leurs conclusions sont tirées avec tant de légèreté quelles méritent à peine d’être mentionnées.

J’ai trouvé les caractères indiqués par MM. Küchenmeister et Leuckart suffisamment exacts pour qu’on puisse distinguer avec certitude les 3 espèces de Ténias. Lorsqu’on a eu l’occasion de les observer plusieurs fois et en assez grand nombre, ils se laissent en général reconnaître sans difficulté à l’œil nu; en tout cas, l’examen des crochets, dont nous parlerons plus bas, fournit un indice certain, bien que le nombre, la grandeur et la forme en varient chez chaque espèce dans de certaines limites.

Le T. marginata s’est rencontré chez un septième des 500 chiens que j’ai examinés. Le plus souvent il n’y en avait qu’un, quelquefois 2, rarement davantage (j’en ai trouvé une fois 15 dans un grand chien de II ans appartenant à un boucher du faubourg de Vesterbro). Ils mesuraient rarement plus de 160cm de long*); j’en ai vu cependant qui atteignaient jusqu’à 265cm.

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