‹ Recherches helminthologiques en Danemark et en IslandeChapitre 8 sur 21 · Bothriocephalus sp · texte numérisé non relu

Bothriocephalus sp

Au mois de Janvier 1863, j’ai trouvé un ver cestoïde appartenant à ce genre dans la partie moyenne de l’intestin grêle d’un chien du faubourg de Vesterbro, âgé de quelques mois, et qu’on avait abattu comme attaqué de la maladie des chiens. Il mesurait près de 3cm , mais, comme il ne présentait pas trace d’organes génitaux, je n’ai pu en déterminer l’espèce.

On ne connaît jusqu'ici qu’une dixaine d’espèces de Bothriocéphales qui habitent les mammifères, savoir, outre l’homme, divers carnassiers et quelques phoques. Deux de ces espèces, les mêmes qu’on trouve chez l’homme, ont été signalées dans le chien; ce sont le B. latus, qu’on doit cependant considérer comme un helminthe habitant ordinairement l’homme, et l’espèce, décrite par ML Leuckart*) sous le nom de B. cordatus, qui est très commune parmi les chiens du Groenland, et la seule même qu’on ait constatée chez ces animaux; on l’a aussi observée une fois chez l’homme, mais ce n’est sans doute là qu’un cas accidentel. Bien que l’un des caractères indiqués par M. Leuckart pour distinguer ces deux espèces, savoir la position des fossettes, repose sur une vieille erreur — il résulte en effet des recherches récentes de M. Bot t cher32) que, chez le B. latus, elles ne sont pas placées sur les côtés correspondant aux bords des articles, mais, de même que chez le B. cordatus et d’autres espèces, sur ceux qui correspondent à leurs faces — sous d’autres rapports pourtant, entre autres la grandeur plus considérable des œufs du B. cordatus , elles présentent des différences assez tranchées pour qu'on puisse les séparer nettement l’une de l’autre.

La présence du B. latus dans le chien a déjà été signalée au siècle dernier. De nos jours, M. v. Siebold33), en a publié un cas relatif à un exemplaire d’assez grandes dimensions, provenant d’un petit roquet de la Prusse orientale. M. Diesing**), qui ne menlionne pas ce Bothriocéphale comme habitant le chien, réunit celui dont parle M. v. Siebold avec un Cestoïde trouvé au Brésil par Natter er chez le Canis Azarae , sous la dénomination de Dibothrium scrratum. 11 n’y a cependant pas de raison pour douter que, dans le cas observé par M. v. Siebold, il s’agisse vraiment du B. latus , et je puis ajouter un nouvel exemple qui prouve bien que ce Cestoïde se rencontre chez le chien. En effet, M. le professeur Steenstrup ayant eu la bonté de m’envoyer quelques articles provenant d’un chien du Holstein, j’ai réussi, bien qu'ils fussent en fort mauvais

") Ouvr. cit. n° 16. p. 437

32j Virchow s Archiv fur pathologische Anatomie u. Physiologie u. für Iclinische Medicin. Bd. 30. 1864. p. 103.

33) Wieg manns Archiv für Naturgeschichte. 4. Jahrg. 2. Bd. 1838. p. 305.

") Ouvr. cit. n° 6. p. 588.

état, à y reconnaître avec nne complète certitude l’espèce en question; les œufs (fig. 110) avaient 0,O7mra de long; chez un B. latus de l’homme, ils ne mesuraient que O,065ram. M. Cobbold*), en Angleterre, prétend aussi l’avoir rencontré chez un chien. De même, M. Knoch34), à St. Pétersbourg, a souvent trouvé des Bothriocéphales dans les chiens qui servaient à ses expériences; il ies a rangés sous le B. latus , et en a attribué l’origine à des embryons du Bothriocéphale de l’homme, qu’il avait fait manger aux chiens. On verra plus bas qu’outre le B. latus et le B. cordatus , il y a encore d’autres Bothriocéphales qui habitent le chien.

C’est en général une exception fort rare de rencontrer le B. latus chez l’homme en Danemark. Cependant, dans le courant de l’année dernière, il ne m’en a été signalé pas moins de 5 cas, tous des environs de Soro. J’ai eu l’occasion d’examiner les vers provenant de ces 5 malades; l’un de ces derniers, une domestique de Soro , en avait rejeté deux, et elle en souffre encore.

B. Nématoïdes.

Page 1