‹ Recherches historico-monumentales concernant les sciences, les arts de l'antiquité: concernanChapitre 19 sur 90 · LABYRINTHE · texte numérisé non relu

LABYRINTHE

£ntre le Nil et le lac Mœris, près de là ville dite des . Crocodiles , se trouvait un des plus faroefax monuments de l'antiquité, mais au sujet duquel on est forcé de s'en rapporter aux descriptions sommaires d*Hérodote et de Diodore; il s'agit

HISTORICOMOMUfiffENTALES. 1 33

<iu labyrinthe égyptien. Le premier en parle de visu, et va jusqu'à déclarer ce monument comme supérieur aux plus beaux ouvrages des Grecs , même aux temples d'Éphèse et de Samos. Montfaucon relate la description d'Hérodote ^ Suivant Pline y le labyrinthe de Crète n'était que la centième partie de celui d'Egypte , qu'il qualifiait de portentosum humani ingenii opus. Il était composé de douze grandes salles communiquant entre elles. L'ensemble de l'édifice était divisé, comme le zodiaque , en deux parties égales, six salles du côté du midi, six du côté du nord, semblablement disposées sur chaque rang, pour indiquer la séparation formée par l'équateur des deux hémisphères austral et boréal. Ces parties étaient couvertes d^hiéroglyphes. Les sous-divi* sions intermédiaires étaient innombrables, tant sous terre qu'au-dessus. Il y avait, à l'un des angles du labjrrinthe, un obélisque de l\o orgyesou 160 coudées'; au-dessus de l'entrée se présentait majestueusement la figure du soleil, c'est-à-dire un globe ailé, emblème de son mouvement apparent, projetant des rayons de lumière et surmontant une frise chargée de serpents , symbole des astres du firmament, et peut-être de leur course entortillée, avec différentes portes gardées par des génies à tête de chien, gardiens naturels des por-

' MoNTFACCON, Anûq. cxpl. , tom. m, i"^ partie, liv. v.

• ^4 liKCUMlCUhS

les (1(1 soleil on des tropiques, l/aslrouoiiue dominait ton joui s [os i^randes eonceptions des l'-i^\ plieiis.

Ce labyrinthe elait, siuvant quelques-uns, Touvraf^e sinuiltané des douze lois successeurs de Sésostris', (jui voulurent consacrer emblémati- (juenjent le pacte de leur souveraineté duodénale. Lu tre^-^rand nombre de cliand)res semblables, et dis[)osées autour des douze salles immenses ou palais particuliers, devaient eirectivement embarrasser ceux (pu se liasaidaient à les visiter sans i<uide.

Memphis était coiunie du temps de iMoise. Mais sa eekd^rité doit être post(ij'ieure, puiscpie Homère, parlant de Tlielx s, ne nouune pas Memphis, qui, plus rapprocliée et mieux situé(^ (pie ilielx'S, aurait eu la priorité, ou i\u moins aurait écbappé à Toubli (lu poète historien. Mem|)his , comme Thèb(\s, a été le sejoiu' de rois puissants et la capitale d'un i^rand empire; c'est à iMemphis que résidaitMît les souverains dMli;v[)te ; les Pharaons ; lorsrpie les FlebnMix \ lurent dans celte contrée. iMemphis avait, au rapport de Diodore % un contoui' de 1 5o stades i;>,o(jo mètres 1; on ne peut

' IS.'HniiM'tiijne, I un (Jr ces don/c rois, exile par ses roii Ile les , It'N a (les troupes, par\inr à se \cnf;er, et denieura ^eul luaîlie de I l.i^vpte.

' DioDour lie SuiU-, Btlf/mt/i. /i/\f. , //Y;, i, /j(/^'. 5<j et (.">

HISTORICO-MOtrTJM«!WTALES. 1 35

plus^en recotinaitre le& limites. C'est, de toutes les capitales de l^Égypte , celle qui a le plus éprouvé les ravages des hommes et du temps.

COLOSSE DE MBM1^&T6.

Le colosse humaiii de IVlemphis était d'utie prdportioD ' décuple de natiire. li avait i8 mètres 47 centimètres (4o coudées) de hauteur, mesure déduite du seul poignet qui subsiste, lequel a o mètre 62 ceâtimètrés- ( tiaturellemek)t =t: o mètre 06 ceotimètres) de largeur à sa jonction avec l'a*vaot--bras , et o mètre 87 centimètres ( naturellement = o mètre 087 millimètres) delonguèur jusqu'à l'articulation du doigt majeur.

I>TRAMIDt>;S DB GTSfeH.

Nous voici sur le terrain des merveilleuses py<ramides *. Vis-à^-vis de Oyseh ou Djizé , sur la rvre

' Jje mot pyramide se prend génériquement pour toutes les formes semblables aux pyramides ëgyptietirtes , c*est-àdire aux tombeaux antiques et merveilleux de cette contrée. £d effet , suivant Yoloey, ce mot est égyptien plutôt que grec , mais adopte , par les premiers, suivant le génie de leur langue. Pjrramis'idos. Or, dans l'ancien grec, \\y était prononcé ou ; d'ailleurs, le p était souvent substitné au b et Ys HM t : cv. qui fait primitivement bouramit. Mais en hébreu , bonr signifie une excavation en terre, une citerne, une pri-

\ M\ KKCIIKRCUKS

gaiiclie (lu Nil , uii sj)hinx colosse a rté taillé dans nue lies laces ilela coupure de la chaîne Libyque, du côté du fleuve. Son élévation est d'environ j '^ mètres ( 4o pieds; au-dessus du sol actuel, et reste comme un témoin du déblai supérieur fait pour dresser cette |)artie de la monta£;ne. La croupe, à peine sensible, paraît seulement tracée sur le sol, dans une longueur de -i-i métrés. Les cotés intérieurs, ordinairement couverts de sables accumulés |)ar les vents jusqu'au niveau de la montagne, n'ont offert à Texploraleur ( l\l. CoutidU*, mend)redc la Conmiission d'Egypte , sur une profondeur de () à lo métrés, aucune forujc régulière; d'où Ton peut conclure que ce colosse n'a jamais été aciievé.

iM. de Cbazelles, chargé en 1694 d'opérations astronomicjues aux pyramides d'Egypte, pendant que M. Picard en faisait de send)lables dans Tîle de Véen (détroit (lu Suncf, ayant pour objet de vérifier la iono:itude et la latitude de ces lieux, ;din de les com|)arer aux données ries anciens astronomes, et de s'assurer de la variation ou de la fixité des pôles de la tern^ ^I. de Clhazelles, dis-je , observa que les quatre côtés de la plus

son NMiiffi raine , iiu*- cv\\^[v . un xpiilcir ( \(»v«/. HtivloiT, I.t'xiron hf'h).^ \ a-inU ^ en lan'^iic (uirritalc, simiiJif» <l'i iTiDil; «*t houfdinit , srpulrir on civran <ln niorf. NruNKV, Vovaae on Egypte; étal politifpn* , cliap. \'\ ^

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grande pyramide répondent précisément aux quatre points cardinaux. Ce dont ne parle pas cet académicien , c'est que la base de cette grande pyramide, mesurée sur le gradin ou socle taillé dans le roc, est un étalon du stade égyptien de 4oo coudées^beiody^ou 5oo coudées antiques', partie aliquote (exactement la 480®) du degré terrestre, et que son apothème (arête inclinée) est' un autre stade de 4oo coudées antiques, et la 600* partie du même degré. Aiusi la base est à l'apothème dans le rapport de 5 à 4-

La. base de la seconde pyramide, qui est de 36o condées-beladjr , est la 54o® partife du degré de l'écliptique; c'est l'étalon correspondant à la demi-coudée, la 720* partie du stade, et cette mesure de 540 au degré est aussi la ^So^, partie du parallèle méridional de Thèbes, ou le degré terrestre propre à la latitude moyenne de l'Egypte, vérifié par les astronomes français de l'expédition.

Ces dispositions, certainement calculées, attestent des vues et des connaissances astronomiques. Or on sait que la grande pyramide était consacrée au roi Chéops, qui régnait 1 178 ans avant Jésus- Christ. Voilà donc un repère d'antiquité d'art et de science bien antérieur au temps d'Hérodote *.

' Voir U détermioadon de ces diverses eoudées au cha-r pitre ci-aprés des mesures égyptieunes.

* Hérodote, d'Halicarnasse en Carie, naquît an V* siècle avant J.-C.

I li(S lUCUKKCIIJS

IVIais on a vn (jue la spliere de Tlièbes se rapportait à une é[)0(jue encore plus reculée de iSài ans. ( )n poinrait bien reij^arder TKgjpte comme le berceau de rastronomi(î. Ce|)endant les anciens ont regardé les Chaldéens couime les inventeurs de cetU* science; je ne prétends pas le nier. Nous avons vu d'ailleurs que les Chinois ont très-antiquement ciiltivé rastronomie. Toujours est-il certain que riiiivpte ne tient ses coiuiaissances que d'elle-même.

I^(\s étonnantes p\ramides (h* Ciyzeli sont depuis long-temps dépouilléi^s de leurs su|)erbes revéteujenls; ils turent démolis, en ij;ran(le partie, par ordre du fameux sultan Saladin, pour élevei* la forteresse du Kaire. ( )n employa aussi de ces pierres à la construction du pont de la plaine d(* Ciyzeli, ainsi quà la digue ou chaussée qui, de le pont , conduit au Nil, et (jui servit au transport des matériaux destinés à lenceinte fortifiée du Kaire. Il est à remarquer que U\s matériaux des pyramidc^s ne firent, p;u' celte translation n)oderne , que retourner vers leur carrière de la chaîui^ Arabicpie. Le prince syrien fit d'ailleurs beaucoup pour rKg\|)te; mais sa politique ne respectait aucuiH nient la gloire des antiqu(\s souverains du pays conquis. Au reste, Saladin ne pouvait soupçonner Timporlance et la merveilleuse <lisj)()siti()îi (lu [)ren)i(M' de ces uKMuuneuts. J. ancien pont (lu Nil (levait sidr^ister à cette é[)ocpie ;

UlSTORICO-BtOfrUMElVTALIiS. 1 3^

on sait que le mot gyseh signifie passage. Les Français y établirent un pont de bateaux p€n- (tant l'expédition d'Egypte.

C'est ici le cas de reproduire des renseignements exacts recueillis par les savants de cette mémorable expédition , et que l'on doit aux explorations les plus pénibles et les plus soignées.

LE caiops,

ou LA. GRANDE PYRAMIDE.

La grande pyramide {le Chéops) a a3i mètres 747 millin>ètres (716 pieds 6 pouces) de largeur (1 stade 1/4) mesurée au-dessus du socle ou <le la double assise taillée dans le roc, et a3o mètres 90a millimètres de base réelle entre les deux arêtes des parements prolongés jusqu'au socle; sa hauteur perpendiculaire et visible, déduite de la mesure successive de tous ses gradins, est de i38 mètres (4^4 pi^^ 10 pouces). Si Ton y ajoute les deux marches ruinéesi du sommet = i mètre 117 millimètres, et le double socle taillé dans le roc = I mètre 849 millimètres ( faisant 6 pieds égyptiens ou 4 coudées), on aura i4o , mètres 966 millimètres de hauteur totale actuelle; enfin ajoutant encore ce qui paraît avoir été abattu du sommet, la hauteur primitive de toute la pyramide avec le socle taillé dans le roc devait être d'environ 146 mètres (449 pi^ds i/a), c'est-à-dire plus

l/|0 UIXHtHCUFS

du double des tours de Notre-Dame de Paris ^ Lu base de cette pyramide occupe luie surlace de 5'i,3Gi mètres carrés (environ i5 arpents i 5t de Paris, à la porche de 18 pieds), ou SG plèthres 1//4 superficiels, ou 9.5 aroures. Son apothème contient, avec le stade antique, f\ côtés de l'aroure, () plèthres, 60 cannes, 100 orfi^vies, liim coudées, Goo pieds éirvptiens ^. Cette pyramide, dont on connaît la parfaite orientation, est donc en même tenjps un monument astronomique, architectural et métrique^; c'est, comme dit M. Jomard, Theureuse alliance des sciences et des arts. L'entrée du monument est située sur la face nord, à i4 mètres 489 millimètres d'élévation au-dessus de h\ base et au niveau de la quinzième assise. La galerie correspondante était fermée sur le parement extérieur; c'est lorsqu'on eideva les revêtements de la pyramide qu'on découvrit fentrée mystérieuse. Cette galerie conduit à la chambre sépulcrale appelée vulgairement chambre de la reine. La chambre a 5 mètres -j^'i millimètres île longueur sur

' I/airlL' cxtiviiK' ilii paiNMncnt dc-nioli, U'iriiiiiL' par IViicastreineiit (Jans le rnr, se tronvail à > niùtrcs 73 centimètres environ de <liï>tance du novan (MI de la liase apparente.

I.a pIat('-fornie aeinelle dn sonniiet a 10 niètres de côté- : Observations de IM. le ecdonel CoLTFirE, sur les jwrainides de (iv/,(di, A., toni. n, p«i^<'S U* » 'i"?» -^»')

' \i)\v ci-après les \alenrs inetri«pies des nu'siires èt;yplitnne^.

HISTORIGO-MONUMEICTALES. 1 4 1

5 mètres oa 2 millimètres de largeur, et 6 mètres 307 inilliroètres de hauteur; elle est couverte par des pierres placées en décharge et par encorbellement, en forme de gradins renversés. Une autre galerie conduit à la chcunbre du roi^ objet spécial de la construction du monument. Cette dernière chambre sépulcrale a moyennement 10 mètres 47 centimètres de longueur, de Test à Touest , sur 5 mètres %i centimètres de largeur, et 5 mètres 86 centimètres de hauteur. Toutes les pierres des murs sont de taille et de nature calcaire ; elle est surmontée d'un plafond en pierres, au-dessus desquelles il reste un vide général de 1 mètre 00a millimètres de hauteur. On voit dans cette chambre un sarcophage en granit ; c'est une espèce de cuve de 1 mètres 3oi millimètres (5 coudées) de long sur 1 mètre 00a millimètres de large, i mètre 1 37 millimètresde haut, et o mètre 16 centimètres d'épaisseur; le couvercle y manque '.

Dans l'intérieur de cette pyramide se trouve Un puits, dont la profondeur est de 63 mètres 344 niîllimétres, et lé fond à 9 mètres 010 millimètres audessus de la Méditerranée, correspondant à jo coudées x") doigts de la colonne nilométrique ou

' Le voyageur Burkard, en Egypte, a récemment découvert , par de nouvelles fouilles au pied de la Grande Pyra-~ mide y le reste du corps et les jambes du colosse, entre lesquelles il avait reconnu une porte dVntrée dans le temple intérieur.

I ]>. i:Fr:ni:iu iifs

Mccpdsj iiivt'aii inovcn des eaux clii fleuve, conséqueiîiinenl inférieur à tous l(\s points de la rivecrauclic. Sui\anî I opinion de l'ingénieur (iratien-lc- F^*^e , ce puits aurait (ui |>our ohjet (rintrc)duire les eaux du Nil dans liiirérieur <le la p\raniidc, par fpielc|ue tnoven resté sans exécution '. Mais pounjuoi cette inlronussion des eaux dans un monument sé|)ulcral, astr<inomi([ue, et mystérieux * Pour moi , jiî verrais tout simpl<Muent dans cette étroite et si profonde» cavité, dont la largeur n^^st généralement cpic de o mètre fi*) centimètres siu* o mètre ()o centimètres, un puits de sondage fait , avant Térectiou du monument , potu^ s'assurer de la nature et de lépaisseurdii lit de roc cpii devait su|)porter une masse sans e\empl(\ M. le colonel {'.outelle a osé descendri* au fond de cet ahime.

II a exactement mesuré la pvraujide, et il en év.ilue la solidité à 9,(')f).>.,r)o.8 mètres cubes

'"('),(')(x), K)5 pieds cubes ^. -

sjroNm 11 nioisiiAir imramidvs.

La seconde |)\ ramide le C'Iu fren , cpii se trouve à l'ouest de la glande, a uo^ mètres qo centimètres de bast* rev/tue au-dessus du socle, (»t i V>. mètres de

■ ()l)^^M•valu^rls >m !«• iii\ ('llonxrit ti .u)s\i'r>al do la valK-r (In Xil, M. , tnm. Il , pa::. \ \).

• ()l)s«rvatn»n> mu 1c> pyian)i(l(> de CiV/<'li, A., toni. ii.

niSTORlCO-MOiriJMSirTALES. 1 43

hauteur perpendiculaire. £lie renferme une galerie, ou plutôt un puits, d'environ ao mètres de profondeur y conduisant à une chambre sépulcrale dirigée aussi de Test à Touest. 11 y a un sarcophage à peu près des dimensions du précédent, et dont le couvercle, de o mètre a44 millimètres d'épaisseur, porte deux pommeaux à chaque extrémité^

If

avec un rebord qui entrait dans le sarcophage; il avait été soulevé et tourné , et la momie enlevée. Cette pyramide ofire des déttdls de construetion trés-remarquables : chaquepierre des quatre arêtes est encastrée dans l'inférieure, au moyen d'un re* fouillemeot de o mètre o54 millimètres, de manière que Taréte est généralement liée dans toute sa hauteur; et malgré la démolition du parement dans les quatre cinquièmes au moins de la partie inférieure , la portion qui reste n'a point éprouvé le moindre écart, la moindre dégradation '. Les pierres du parement sont posées à sec sur leurs lits, et seulement liées sur le derrière avec la maçonnerie brute du noyau, par un bon ciment; e'est^àfdire qu'on n'a voulu laisser aucun mortier ou cino^at exposé aux influences atmosphériques. Ibutes ces précautions , le choix des matériaux , et surtout la forme du monument étaient bien propres à perpétuer sa durée ; voilà d'excellentes méthodes dans l'art des constructions.

■ Ohsorvations sur les pyramides de GvEch, A., tom. ii, page 5a.

t44 recrsrgbes

La troisième pyramide est connue sous le nom de Myceriniis; près des deux autres elle ne mérite aucune attention.

On croit que le roi Chéops était successeur de Ramsès; Chéfren successeur de Chéops, et Mycerinus fils de Chéfren '.

DA.HGHOUR ^T SAQQARAH.

Ces trois pyramides, situées au nord de Memphis, semblent avoir épuisé l'attention et la curiosité de la plupart des historiens et des voyageurs. Il en est cependant de fort intéressantes, au sud de l'antique cité 4 notamment celles de Dahchour (l'ancienne jicantùs) et de Saqqdrah; elles varient de forme et de grandeur. Plusieurs sont , il est vrai , construites en briques crues , durcies au soleil ; aussi sont-elles , en général , presque ruinées, excepté la pyramide de Dahchour^ qui est revêtue en pierre. Celle-ci est la plus considé* rable: elle a 174 sur 178 mètres de lal*geur à sa base. Elle a éprouvé im déversement dans sa masse;les assises du revêtement, au lieu d'être horizontales, sont perpendiculaires au plan d'inclinaison des faces, qui sont conséquemment lisses ; voilà encore un détail de bonne construction. Elle pré-

■ MoHiTAucoN, Antiquité expliquée 1 tom. v, 11^ partie, liv. I, chap. 3.

HiSTORiGOi-MONUMENTALES. 1 4^

sente uw ouverture à 6 mèires 4 au-dessus de la base; cette ouverture pénètre au-dessous des fondations, et Pon y peut descemlre encore jusqu'au-delà de 60 mètres de profondeur. Ce monument est exactement orienté vers les quatre points cardinaux.

PYRAMIDES DE SAQQARAfl.

La principale des pyramides de Saqqàran est nommée Haram-eUKebyreh { la grande pyramide) ; ses dimensions approchent de celles des pyramides de Gjrzeh. La base a moyennement 200 mètres de longueur, et sa hauteur est de to3 mètres 36 ceiv tiroètres. Les revêtements sont aussi par gradins. L'entrée se trouve vers le cinquième de 1» hauteur ; il y a trois chambres sépulcrales, oblongues, couvertes en décharge, et séparées par des couloirs ; la longueur çn est toujours dirigée du nord au sud.

On voit à Saqqârah d'autres pyramides bien plus petites, dont la hauteur est divisée en phisieurs corps -de maçonnerie , ou pyramides tronqaées, superposées en retraite, dont les gradins sont conséquemment inclinés sur leurs faces.

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