‹ Recherches historico-monumentales concernant les sciences, les arts de l'antiquité: concernanChapitre 18 sur 90 · PORTES · texte numérisé non relu

PORTES

ou TOMBEAUX DES ROIS.

Les grottes les plus remarquables sont : la Grande Grotte ou Sjrringe, non loin et au nord du tombeau d'Osymandias, et celles appelées dans le pays Bjrbdn-el'Molouk^ indiquées par les vqyageucs sous le nom de Portes ou Tombeaux des Bois^ Celles-ci n'ont pour arrivage qu'une gorge, ou plutôt une suite de gorges étroites et siniieuses dans la chaîne Arabique. On trouve une exacte et belle description de. ces cataconibes royales, par M. Costaz, dans le chap. 9, sect. 1 1 *-■ ■ ■ ^ » ■* ■ ■ ■■ ■ I É ■>■ ,»

' Oo pourrait aussi le» désigner sous le nom de Basi" Ifopiies.

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(A., t. i) de l'ouvnige d'Korypte. Dans ronsemblo (le ces catacombes , les savants français de Texj)édition en ont distingné trois par les dénominations suivantes, relatives aux sujets des tableaux les plus remarquables : catacombe des Harpes y catacombe de la Métempsycose , catatombe Astronomique,

Les immenses et soigneuses précautions des anciens pour conserver à perpétuité les restes de leurs souverains n'ont pu empécber la violation, le bouleversement de ces asiles mystérieux et sacrés. La violence, la baine et la cupidité des conquérants asiatiques ont f\\\ moins laissé quelques profits liistoriques aux savants modernes, surtout à ceux de Texpédition française qui termina si glorieusement le XVllI^ siècle de notre ère.

Nous apprenons, par le mémoire cité de M. Costaz, que, dans la grande salle sépulcrale de la catacombe dite des Harpes , où Ton ne pénétrait qu'après avoir francbi un grand nombre de galeries, de couloirs, de cliambres, et dix portes montées sur des pivots d'airain , on voit encore le sarcopbage royal, et que ce reste |)récieux consiste : a En une grandi» cuxî^ oblongue , de « granit rose de Svene, ornée en dehors et c\\ « dedans crhiérogU pluvs et de peintures : ses «' dimensions sont telles, (prrm lionnne debout f« dans rîntéri(*ur est à |)eine a|)er( ;u de ceux qin

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spéciale et très^récente , dont je croîs devoir reptxxiture ici des détails aussi curieux qu'authentiques, extraits du journal français dit le Messager des Chambres y du i^'' octobre i8a8; ils confirme* ront ce que j'ai dit àt ce sujet.

AUTOPSIK AUTHEirriQUK D*U1VE MOMtE.

L'autopsie archéologique d'une momie égyp*tienne fut opérée en septembre i8a8,au Musée royal de Paris, par les docteurs Vidal et Cornac aine, et Bonastre, pharmacien, sous la direction de M. Dubois y dessinateur des antiquités égyp> tiennes dujnusée de Charles X , en présence ?f une réunion nombreuse de personnages distingués 4 de savants et d'artistes^ entre autres de MM. le comte Siméon , pair de France ; Girard et Amaury^^ Diival , membres de l'Institut ; de Cailleau ^ Cham-^ pollion , Coutelle, de la commission d'Egypte; Marron, président du consistoire israéiite^ etc.

Nota. Cette momie fait partie de la riche collection de monuments égyptiens cédée au roi, en 18117^ par le chevalier Drovetti, consul^général de France au Kaire.

« La momie, d'après l'examen de ses inscrip- « tions hiéroglyphiques , est celle de Noute-Maî ( le « chéri des dieux), l'un des prêtres d'Ammon pen- « dant quelques années seulement. Elle était ren- « fermée dans Un riche cartonnage, orné exté-

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« rieurenient de fijj;ures de dieux et d'animaux « symboliques. La conservation de cette enve- « loppe funéraire élait [)arlaite, ayant été préser- « vée par deux autres cercueils en bois, où elle (f avait été |)rimitiv(»ment placée, et dans lesquels « la moniie a été transportée à Paris. Ce cartonu nage était intact et tel qu'il était sorti des mains « des embaumeurs.

« A son ouvertuie , on a pu reconnaître avec « quels soins mijjutieux les Kiiy[)tiens arrangeaient « leurs momies. Le (lévelo|)pement successif des « linges et bandelettiîs qui entouiaient le cadavre « a permis d'ol)scrver les différentes opérations u que les embaumeurs avaient exécutées, et il en u résulte» : i" Qu'après la dessiccation opérée par « le natron , le corps du mort, ])lié dans un lince ceul ', avait été plongé dans le bitume bouillant, « qui avait pénétré chuis tons les membres de ma- « nière à fornjer, en se lefroidissant, une couche c( bitumineuse solide , enveloi)pant à la fois le <( corps et le linceul; le derrière de» la tète était u seul exempt de cette immersion pénétrante ; « a** qu'après cette immersion, chaque mem- « bre avait été enveloppé de barjdelettes , les doigts (( dabord, ensuite les l)ras et les jandjes isolément, « et enfin le corps entier qui, au moyen de di- « verses grandes pièces de linge placées sur le de-

' On a sans «loiitr cnlcndn f\\\o le lin» ciil scnlorncnt rlaif plié aulonr du corps.

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recouvrement, dont la fermeture est maintenue par des chevilles ou par des liens de cordes. On y déposait, avec le mort, des ^amulettes , des figurines, et autres petits objets accrédités par la piété ou par la superstition : oh y a trouvé des manuscrits.

On croit que tous les corps ^ ainsi. renfermés, étaient rainés debout contre les murs des galeries; cardans les catacombes ouvertes on ne trouve plus une seule de ces enveloppeâ qui soit en placb, et rarement dans son intégrité; les Arabes ont tout bouleversé, tout fouillé par cupidité* Les caisses sont, comme on Ta dit 4 Compoéfes d'un grand noml>re de toiles coUées ensemble .el teUoroent pressées, qu'elles ont le soaet ladurefcédu bois. Il en est aussi en bois de sycomore^ d'autant plus propre à la conservation des .momies qu'il e$t pareâllement recouvert de stuc et de peinturai « «

HOMI£S ACMAINES.

Les momies- des riches avaient deux cercueils ou caisses , la première en carton 1 l'extérieUre en bois. Quelquefois le dedans était orné de peintures comme le dehors. Un a remarqué dans les peintures des momies, certaines figures symboli*ques fi*équemment reproduites et dans le même ordre, par exemple : une figure humaine, un cynocéphale, un chacal et un épervier, savoir : les

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deux premières en face Tune de l'autre, et ainsi des deux suivantes ; elles sont tantôt sous letir forme naturelle, tantôt sous celle de momies.

Sous les nombreuses enveloppes du corps et des membres on tâchait d'arrondir et de perfectionner avec art les formes naturelles, et de prévenir les effets de la dessiccation des chairs ; car on en veloppait séparément chaque partie du corps j c'està'-dire chaque main ^ chaque pied et même chaque doigt par des bandelettes particulières, avant de mettre les enveloppes générales autour du corps '.

Les distinctions et les richesses suivaient encore certains cadavres dans leurs hypogées. Indépendamment du luxe ordinaire des sarcophages, on dorait quelquefois les mains , les pieds et des parties plus considérables du corps des momies. Des enveloppes décollées de dorures et d'hiéroglyphes peints, des manuscrits de papyrus en différents caractères, probablement relatifs à la vie ou aux travaux du défunt, et placés entre ses jambes ou sous ses bras , étaient des indices certains de richesse ou d'autorité.

Nous possédons , dans nos musées dé France , quelques momies égyptiennes. Mais on né les connaissait que superficiellement avant l'opération

' Description des hypogées dé Thèbes, par M. Johasd, A., tom. I, chap. 9, sect. x, pag. B38.

nisTORico-MoirtJMKNTALES. t ag

vant du cou , la poitrine , lés reins , Tabdomen , en dehors des bras et des cuisses, etc., et retenues par des tours innombrables de bandelettes, reprenait ainsi les formes du corps vivant, dans ses justes proportions, l'excessive maigreur du cadavre, réduit réellement par le natron à la peau et aux os , étant déguisée par tous ces appareils.

« Lorsqu'il en a été dépouillé , ob a reconnu que sa tête était rasée; et l'antiquité littéraire, comme les monuments , disent que les^ prêtres égyptiens l'étaient en effet. Les dents étaient A leur place, et l'examen attentif du ca(kvi*e a permis de juger que la momie était celle d'un homme âgé d'environ quarante ans. Une feuille d'or couvrait sa bouche , une plaque d'argent était sur sa poitrine; des bretelles en cuir coloré pendaient de ses épaules'. La cavité des yeux était occupée par des tampons de linge qui , comme toutes les bandelettes ^ parait avoir été imbibé d'huile de cèdre , éminemment préservatrice de la corruption. L'intérieur de la tête était vide, et l'enveloppe du cerveau conservée dans toute son intégrité. Des coulées de bitume

' OrdiDairement les deux mains , croisées sur la paitrîoe', tiennent en sautoir les extrémités pendantes de ces espèces de bretelles. Les trois figures nccromantiques que je possède et que j'ai mentionnées plus haut , sont dans cette altitude.

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« très-brillant, assez épaisses, existaient sur la poi- « trine, entre les jambes et sur d'autres parties du « corps. Cet appareil, pour la momie dont il est « question, paraît remonter à |>lus de vinfjt-cinq « siècles de l'époque actuelle. » C'est à peu près le commencement du règne de Psammétique.

\TOMirS UAMM Al X.

l/espèce humaine, (»n Kgypte , n'était pas seule digjne des honneurs particuliers de la sépulture et deTembaumement : quantité d'animaux, considérés comme sacrés, quelques-uns peut-être simple meî]t chéris de leurs maîtres, étaient l'objet d'une conservation soigneuse. On pourrait enfui attribuer à la prévoyance phiiantropique des anciens gouvernements ( si dilférente de rinsouciance et du fatalisme actuels de l'Asie) l'usaire de soustraire à la corruption extérieure, à la circulaticm atmosphérique, jusqu'aux restes des animaux les plus multipliés dans cette brûlante contrée. La plaine des Momies ou de Saqqârali est d'une immense superficie. La chaîne T^ibyque renferme dans son sein des galeries ou voies souterraines dont la longueur ensemble est de plusieurs lieues, la largeur d'environ 90 pieds, et la hauteur plus considérable, toutes creuséc^s de main (Thomnie \ et rem-

ets paieries sont Irrs prohal^h-mcnt les rarrirrcs fjnj '>Mi <k'\\\ ;i l'cdifif.itioti (les L'inn(l<\s nU's Aç^ \\.\iy\i\i' anfifjiir.

HISTORICO-MOirtIMBNTALES. l3r

plies d'ibis, d'éporvters, de chiens, de chats, de béliers, de chacals, de singes, etc. Il J a dans la chaîne Arabique une grotte naturelle, dont la profondeur est aussi très-grande , et dont les vastes salles intermédiaires sont «t bourrées de crocodiles « et d'une pâte résineuse où l'on a jeté, péte-méFe, fc et à profusion, des grenouilles ^ des serpents et « de petits crocodiles i peine éclosi»; telles sont les expressions du docteur français Pariset', lequel assure avoir exploré et parcouru ces cryptes mystérieuses.

L'embaumement des animaux n'était guère moins soigné que celui des hommes , parce qu'ils étaient consacrés. Ce n'était point une adoration, ainsi qu'on l'a donné à entendre; par exemple : chaque maison nourrissait l'oiseau sacré , comme son protecteur contre les insectes nuisibles , et comme un signe vivant des bienfaits du ciel ; à sa mort on l'honorait encorede la sépulture de fkmille. Ne voit* on pas, de nos jours, en Hollande, un respect public, pour les cigognes? et cependant les Hollandais ne sont point idolâtres. Sommes-nous idolâtres, parce que nous entretenons et que nous aimons des chiens , des chats , des singes et des oiseaux? Mais nous sommes moins reconnaissants que les Égyptiens.

' LeUrc datée du Kaire, le i8 décembre 1829, insérée dan» le journal françab le Moniteur.

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Les momies d'ibis , soigneusement embauméesv le bec et les pattes repliés sur le ventre, entourées de bandelettes^ sont placées dans des vases ou pots de terre cuite, couchés et rangés avec ordre, l'un sur l'autre, comme les bouteilles dans nos caves françaises. Le couvercle de ces pots est scellé avec du plâtre ; ces momies ont leurs catacombes particulières , nommées le Puits des Oi* seaux^ près d'Abousyr (l'ancienne Busiris\ dans le voisinage de Memphis. La forme des momies d oiseaux est à peu près conique ; celle des quadrupèdes cylindrique, ou prismatique arrondie sur les angles, les pattes de devant rabattues et celles de derrière relevées sur le corps. Ces dernières sont renfermées dans des vases de pierre ou de faïence , et placés debout.

Ce que j'ai dit, surtout des momies, ne s'applique point exclusivement à Thèbes, mais plus particulièrement en ce qu'elles sont bien plus soignées et mieux conservées que celles de Saqqârah et des environs de Memphis.

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