‹ Recherches historico-monumentales concernant les sciences, les arts de l'antiquité: concernanChapitre 21 sur 90 · MOS(20^E8 PO KA.1RE · texte numérisé non relu

MOS(20^E8 PO KA.1RE

Le Kaîre est actuellenîent la grande cité d'Egypte; c*est le 'résultat de sa belle position entre les deux'iners, et siir le bord d'un fleuve navigable. Cette 'ville dérogé du type égyptien, mais elle mérite une mention somniaire. La fondation du Kaire ne date que de 970 dé nôtre ère , et sa population- excède déjà deux cent soixante mille habitants. Il n'offre ique des monuments du style arabe plus ou moins modifié. Cette ville, semi moderne, est remarquable par le nombre et la beauté 'des mosquées, des dternes, des abreuvoirs-publics, des bains, des nécropolis, etc. Il n'y a pas moins de quatre cents mosquées, y compris cent cinquante-huit petits temples ou chapelles. Les quatre principales sont celles de TeylouH^ à^El-Hak/m^ ^FA-Azhar et de Soultân- Hasan; CiçUe^^ci est- un des pins beaux monuments de l'architecture arabe. Les deux premières sont les plu» anciennes.

La mosquée de Teyloun , ou Touloun , tire son nom du fondateur, premier sultan d'Egypte, et fut construite de l'an 877 à l'an 879 de notre ère.

La mosquée d'El-Hakym a été fondée, au com-

[^8 lucjiKRrFns

iiiencenieiit du XI' siècle, par le sultan Fati/nc AhoU'vl-lMansour ; elK* est eu partie ruinée, et depuis long-temps ahandonuée.

La ni()S([ué(» AEl-Azhar^ dite la Grande Mos- (piée, ou la mosquée des Fleurs, est la troisième |)our ranciennelé. C'est la plus fréquentée; ses revenus sc^rvent à Tentretien d'inie hibliothècpie et d'une espèce d'université. (Test là que se réfugièrent les insurgés lors de la révolte du Kaire contre les Français ^

\/<i mosquée d(* Soultàn'Jîasuii a été londeien i'^5G, avec un collège. File étonne par la hardiesse de sa coupole, Télévation d(* ses deux minaiets et la grandeur du vaisseau, ainsi que par la richesse de ses ornements. l>a forme ordinaire de ces mosquées est un carré dont Tenceinte renferme plus ou moins de colonnes et d'arcades symétriques.

Pl'lTS V*\ JOSFl»H.

C'est dans la citadelle Aw Kaire (jue se trouve le grand puits de Joseph y ainsi nommé par un préjugé, ou |>ar un malentendu. Cet ouvrage fut construit Tan \\''i\ de notre» ère, ainsi que I enceinte fortifiée, par It* sultan Saladin Yousvf-

' Il V a un linspirr pom* Ir^ avnu'los. A(>t\f\ \ ovaj^c »r« riivph-, k^\a\ poliri<jiif , chap. \) " indiqnr (('Itc «Ir-noniina- 'if>ii ht- 4zhnf joiïinir I rt\ iDoloç^ic fin mot liiZ(U(t.

HISTORICO-MOBTUMEMTALES. I .^Q

Salah-el-Vjrn) ; il a 90 mètres 60 centimètres de profondeur totale , et correspond au niveau du Nil : il est formé de deux parties qui ne sont point dans la même verticale; la partie inférieure a 40 mètres 3o centimètres de hauteur sur ^ mètres 3o oenlimètres de largeur en carné ; I9 partie supérieure a 5o mètres 3o centimètres de hauteur sur 5 mètres de largeur aussi en carré. L'eau en est extraite par deux, opérations, au moyen d'un puisard ou dépôt établi à la jonction des deux parties, et par des roues et chaînes à pots : la machine inférieure est mue par un cheval, et la supérieure par des boeufs. Le produit, par mimute, suivant le calcul de M. Jomard, n'est que de o mètre 0127 dix milliroèt. , ou 64r pouces cubes de France. On descend jusqu'à l'orifice du second puits par une rampe en hélice droite , creusée dans le roc au pourtour du puits supérieur ; cette rampe a a mètres de largeur ; elle est assez douce pour la descente du cheval de manège. Le diaphragme en maçonnerie qui sert de paroi commune au puits et k la rampe, et dans lequel on a* pratiqué les ouvertures qui éclairent ladite rampe, n'a que o mètre 16 centimètres d'épaisseur : c'est un sujet étonnant de remarque, pour une si grande hauteur '.

« Description de ia ville du Kairc, E. M., toiii. 11 de I ouvrage d'Egypte.

1 "^o Hi:fiuïH:nF>

riTFHNFS IT TÎAÏNS,

Les citernes du Kain* sont au nombre de deux cent cinquante au moins, dont le quart environ est d'une constructioîi remarcjuable ; plusieurs servent de soubassement à des écoles ])ubliques et i^ratuites. [a\s abreuvoirs sont ordinairement alimentés par les citernes; les aninjaux s'y désaltèrent daiîs des auij;es dv picore placées à des bauteurs convenables et à couvert.

Les ]:)ains publics ^ sont très-nombreux : on en compte plus de cent, t.a conmiodité, Télé^jance, et on peut dirc^ la volupté, s'en ])artagent les aiiréments.

iNrr.ROPOT.is.

Les cimetières, ou Xécropolis ; vill(\s des Tombeaux ) , sont aussi fort nombreux, vastes <»t riches de monuments; on y voit de petit<\s mosquées, des dômes, des colonnes, des cippes, etc., où les marbres, b*s sculptuivs et les métaux sont prodigués.

En i5i6 de notre ère, Oansoi/h-rZ-G/ioury tut tué dans une bataille contre le sultan Sélim ; l'année suivante périt soîi neveu 7oN/n(i/i-/Jty\ dernier sultan circassien. I/Kj^ypte, contjuise par Sélim ^ deviul une province ottomane; cette

HISTORlCO-MOirUMENT ALES. I D I

époque fut à peu près le terme de 1 architecture arabe.

H^LIOPOLIS.

Héliopolis ( ville du Soleil ) figurait parmi les villes les plus importantes de l'ancienne monar- . chie égyptienne, et florissait plus de 1700 ans avant Jésus-Christ, k l'époque où le patriarche Jacob vint en Egypte. Flav. Josèphe I9 qualifie de la belle ville, dite la cilé du Soleil^. Joseph, fils lie Jacob, épousa la fille de Putiphar, .grandprétre du soleil à Héliopolis. On sait que la belle cité fut incendiée et presque détruite par les ordres de Cambyse. Strabon, qui la visita sous le règne d'Auguste, atteste que cette ville offrait alors les traces de la dévastation et les symptômes de la décadence , qui s'^st consommée par Fatterrissemeut de la branche pélusiaque.

Les ruines d'Héliopolis sont situées à la limite du désert Arabique , à 6 kilomètres de la rive droite du Nil, près et au nord de Matarueh. On voit encore des restes de son enceinte construite en grosses briques crues; les murailles en étaient d'une épaisseur sans exemple. Le savant Monge pensait, d'après ses reconnaissances particulières, qu'elles étaient autrefois revêtues en pierre^ de

* Flav. Jospph , lib. i , contra Apionem.

laillf crune nature calcaire. La ville n'avait t^iiere |>lus crmie lieue de pourtour. T.es eaux débordées du Nil arrivaient jusque là; on conroit que l'enceinte de Tan tique cité devait lormer digue en même temps qu'une défense ordinaire.

Jl ne reste aucmie trace des anciens édifices; ou y trouve seulement quelques fragments de pierre calcaire, de marbre, de granit et de brèclie siliceuse. Mais, au milieu d'un amas de décombres, s'élève un obélisque isolé, unique témoin (Tune splendeur si fameuse. Ce monolithe est de granit rouge, comme ceux de la Haute-Egypte. Il a Mt mètres -j^j centimètres de hauteur sur r meiie 8 j centimètres ( 4 coudées antiques ) de largeur à la base, et i mètre 17 centimètres au niveau du pvrauiidion ; ainsi, sa hauteur totale tloit v^-tre d'environ jlà mètres. Il est posé sur un socle de grès, ujaintenant stirmonté par les décombres. Ljie marque tracée sur l'obélisque, à !1 mètres 33 centimètres de la base, indique la plus grande hauteiu' des eaux du Nil. f.es faces sont couvertes (rhiéroglyj)hes tres-dégradés vers les |)arti(*s inférieures : un tel motif a peut-être déterminé sa conservation sur place. Rome a décoré ses places de plusicMirs des obélisques d'Héliopolis, qu'on rap|)orte au règne de Ramsès.

Le teujple du Soleil, a llélio|)olis , présentait douze superbes colonnes, cojj vertes de symboles lelatifs aux douze silènes du zodiacpie, et d'autres

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emblèmes faisant allusion aux propriétés occultes des éléments. Il y avait, dit-on, un réflecteur circulaire disposé de manière à reproduire , pendant tout le jour, l'image du soleil, et à remplir ainsi le temple de sa lumière '.

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