‹ Recherches historico-monumentales concernant les sciences, les arts de l'antiquité: concernanChapitre 34 sur 90 · UECIIEUCHKS · texte numérisé non relu

UECIIEUCHKS

(lius-]Marcellus ; après Ja prise de Syracuse, environ 2IU ans avant J. -C, les slatues et les ouvra^c^ de Fart, enlevés à cette ville, furent employés à la décoration du Capitole '. L. Quintius avant terminé la guerre entre les Romains et Philippe, roi de Madécoine , fît transporter de la Grèce à Rome mie grande quantité de statues de bronze et de marbre, avec une inlînité d'objets |)récieux artistement travaillés '^ ; ce fut dans la i45^ olympiade.

Il y avait à Rome |dusieurs ouvrages de Praxitèle : la Flore, le Triptoléme , la Cérèsdes jardins de Servilius, les figures de la lîonne -Fortune et de la Félicité au Clapitole, les^NIénades on Baccbantes , les Cariatides, le Silène d'Asinius-Pollio , enfin un Apollon et un Neptune ^ ; sans parler du I.aoeoon , des ?s^iobé, de rilercule dit de Farnèse, de l'Apollon du Helvédère, du Torse, etc. , ouvrages immortels d'Agéstuidre, de Scopas , <le Glicon , etc. De si beaux modèles ne pouvaient que favoriser le développement des arts.

Les Romains, aprèsavoirintroduit et adopté les dieux de la (irece , sous des noms grecs ^ , en firent des objets de leur culte particulier, et leur don-

^ T. Liv. lih. \\v, ( . V>- — ■ Plutauch,, in Marcel. ^ p. J.|.

' T. l.i\,, Ui. \\\1\, r. J'2.

' (lu:., Onit. pro dornel. />'////o, mp. 'i\.

n ISTORIGO«MOfin)ME9T ALES. a §7

nèrenl.des prêtres de cette même nation. Cette nouveauté fournit l'occasion de. faire exécuter les statues des dieux , dans la Grèce et à Rome , par des artistes grecs; c'est encore un résultat de la guerre, c'est"-à-dirè dés conquêtes et de la domi<^ aation des Romains dans TOrient. On remplaça successivement dôs bas-reliefs eh terre cuite et autres matières communes par dès ouvrages en marbre, Ainsi«le goût et le luxe dès arts se développèrent généralement dans l'Italie ^ Depuis cette époque mémorable^ Rome offre des clie&d'œuvre qui furent admirés jadis à Corinthe , Athènes et Sicyone.

Mais combien lès monuments antiques n'ontils pas dû souffrir dans le grand incendie de Rome, ( l'an 64 de l'ère chrétienne ) , sous Néron j et dans les troubles de Viteilius, pendant lesquels on se défendit au Capitole en lançant des statues sur les assaillants; ensuite pendant les invasions des Barbares, les saccagements de Rome, du La-^ tium et des autres provinces de l'Italie, sans parler des dévastations de la Grèce elle-même durant la guerre des Achéens et des Étoliens;.etc.! Aussi presque tous les monuments de la sculpture antique conservés jusqu'à nous sont-ils plus ou moins dégradés ou mutilés. C'est en vain que depuis deux cents ans on cherche à dissimuler ces pertes irrépara-

' T. Liv., Uh. XXXIX, c. îia. — Id., lih, xl, rc 5i, Sa.

^58 RECHKmCHBS

Mes *; dm générations d^artisles sont consumées y et tous les ciseaux postiches du moyen et du nouvel âge n'ont pu s'assortir avec le type primitif des Phidias, des Polyclète, des Scopas, des Agésandre, des Praxitèle , des Lysippe, etc.

Cependant quelques étincelles du génie de l'antiquité ont lui par intervalles , et les temps modernes offrent à notre admiration les beaux ouvrages de Michel-Ange, de Donatello, de Jeande<-Bologne,du Puget ^ , deCanova, etc. On pour» rait même dire que la peinture moderne en Italie est il l'ancienne ce que la sculpture ancienne est k k moderne. Pour cet art , comme pour l'ar* chitecture , l'Italie possédera long '^ temps la supreHume*

Varron ( le docte) , Comelius-Nepos , CScéron , Suétone, Plutarque, Tacite, etc. , ont phis fiût que de grands artistes en sculpture , fonderie , etc. , lorsqu'ils ont transmis à une postérité indéfinie les portraits physiques et moraax des hommes les plus célèbres de l'antiquité.

ABCHITIîCTliaX aOHAUflt, niCOaATIOKS , BXC.

Vitruve nous a laissé un beau traité « en dix livres, sur l'architecture des anciens. Avant lui ,

' Le Puget est Français ; mais la ville de Gènes possède le Si-Sébastien de cet artiste , morceau sublime, digne de la pins belle antiquité.

HlSTORlGO-^ltOmiMKBfTikLES. !^S^

Tereiitios^Varro a écrit neuf livres sur les scimi* ces, dont un sur i^architecture. Publius^Septimius en a écrit deux sur l'architecture ; Celsus m écrit aussi sur le même sujet.

Si le premier éclat de rarchiteçtàredesRomai»is ne fut produit que par llmitatiotn des Greos, ces anciens Romains auxquels on doit un ordre spé* cialf le composite f ont à leur tour brillé , étonné par la grandeur , la richesse , la mulliplicité de leurs monuments publics et la magnificence des constructions particuUères. Leur goût s'est aussi manifesté jusque dans le choix des emplacements et des sites favorables.

Il y avait nécessairement bien des rapports ^m^ tre les constructions romaines et celles des Grecs leurs maîtres, tant dans l'ensemble que dans les détails, même des édifices particuliers ; mais aussi Ton doit restreindre aux premiers temps des conquêtes en Grèce Télégance et la riobesse des édifices publics et particuliers de l'ancienne Borne. L. Crassus , censeur l'an 66a de sa fondation , commença le premier à employer des marbfes d'ornement ; il décora le frontispice de sa maisoii de douze colonnes tirées du mont Hymèle près d'Athènes. Depuis , le luxe des constructions fut porté au plus haut degré: Sylla, Scaurus , Lucullus, Auguste > Caligula , Néron , etc. , mirent à contribution la Grèce, laNumidieet l'Egypte. Suétone, au sujet du lieu de plaisance surnommé . la Mai-

'xGo RECHEKCRFS

son cVOr de N<''ron,fait une description merveifleiise, dont voici la traduction partielle rapportée par Montfancon \

« Dans son vestibule était un colosse haut de « six-vingts j^ieds, qui représentait Néron; ce ves- •< tibule était si vaste qu'il y avait trois portiques « d'un mille chacun de longueur. Dans l'enceinte « de ce grarid palais il y avait un étang ou bassin '( dVau qui paraissait une nier. Cet étang était ence touré de maisons qui avaient l'apparence d'une te ville. La grande enceinte de ce palais renfer- « mait des champs, des vignes , des forets remplies '< de bestiaux de différentes espèces. On y trouée vait aussi des bétes fauves. Toutes les parties du ce bâtiment étaicuit brillantes d'or, de pierr(»ries et ee de perles. Les salles à manger étaient lambrisee sées d(î tables d'ivoire , mobiles et versatiles, afin (c que par les intervalles on put faire pleuvoir des ee fleurs et des parfums. La plus grande des salles ee était ronde, et tournait perpétuellement, tant le « jour que la luiit, à la manière de cet univers, et Les bains étaient mêlés de l'eau de mer et de la « rivière Albula. Quand la maison fut achevée, f< et lorsqu'on en faisait la dédicace , Néron, con- « tent de sa forme et de sa structure, dit : Quil ce pouvait enfin se loger en homme. »

r>es Romains n'alfectaient aucune forme exclu-

• M^NTFAUc:., Antic]. cxpl., t. m, i"^*^ parlic, liv. m, p. 94.

HISTORICO-MONUMSNTALES. u6j

sive ni dominante dans le plan de leurs temples. Dioctétien les avait variées dans une de ses de-» meures rurales , où il avait fait bâtir quatre temples; le premier, parallélogramme oblong; le second, octogone ; le troisième , carrié parfait; et le dernier, rond.

Les édifices publics des anciens ont pu résister aux siècles; mais il n'en pouvait être ainsi des édifices particuliers. Il a fallu une catastrophe sans exemple , pour nous transmettre le type complet de deux cités moyennes de l'antique Italie , surprises dans leur activité. L'architecture dllerculanum et de Pompéia était régulière, dans le genre grec et romain à la fois. Cependant on y trouve un aspect asiatique : Winkelmann ' compare leufs^maisons à celles d'Alep en Syrre , n'ayant en général point de jours du côté de la voie publique.

I^s parois ou murs des chambres sont peints a fresque d\in fond rougeâtre ou brun , avec dçs espèces de médaillons dans le milieu , représentant des sujets historiques ou fabuleux , des animaux, des figures grotesques, des paysages, des arabesques, dont plusieurs sont monochromes; d'autres sont peints à grands encadrements, variés de fond, avec des. bandes jaunes ou grises. Le pavage intérieur est ordinairement fait à com-

■ WiHKKL., I^Ures sur les «'intî'q. d'Uertul., art. iv.

'2iy2 HKCUtaCHES

partiiiients, avec des filets, les bords en marbres de diverses coideurs, et !<» milieu en terre cuite. Ou y voit aussi des mosaïques faites de quatre ou ciuq espèces de pierres naturelles taillées en très-petits cubes. On voit encore dans plusieurs chambres une espèce d'estrade, d'environ un pied d'élévation, régnant tout autour, qui devait ser- \iv <le siéi:îe, et qu'on [)Ouvait revêtir de coussins à la manière des ottomanes ou divans. Les cbambres à coucUer présentaient un renfoncement, espèce d'alcove pour le lit. J'ai donné quelques autres détails à ce sujet, dans mes Souvenirs po lytecl iniques f tome H ;.

Pour donner une idée plus complète du genre (rbabitation et des usages de cette contrée, je vais traduire la description italienne que fait l'académici(Mi , professent royal, Gaétan o-d' A ncora(^P/*Oi^jx'tto storico-Jisictt degli scuK'i di Ercolano e cli Pomjjci^ etc. ), d'une villa ^ ou maison de campagne découv<'rte près de Pomj^éia. Cet édifice, que j'ai n)entio!Uié dans \\\^*s Souvenirs polytechniques^ ^ est le méuK» où Ton a découveit un Sfpielette avec une bourse à la main, grand sujet d(^ discussion , pour savoir si ce n'était point une victime surprise dans sa fuite, v\ surtout un vieillard 'type de la |)rudence bumaine (Mn[)ortant son trésor,

« Près de Pompeja, sur le [)encbant d'une col-

Soiivcii. j)olvttM'1iii. , t. Il, Il ai^mcnl^ \<irus , p. ./81

HlSTORIGO-HOMUHKirTALES. a63

« Une, on voit une maison de cdnipaign«, coœir posée de trois étages distincts. L'étage supérieur « est au niveau du chemin principal conduisant « à la porte de la ville. Un péristyle forme l'en- « trée ; d'un càté sont des chambres , dont lune « regarde du leirant au midi et présente un renc foncettiént pour la place dn lit ; de l'autre côté, « est l'appartement des bains , où Ton remarque « spécialement Tétuve avec le fourneau , et les disff positions faites pour avoir des eaux à différentes « températures. Dans un tf oisiéme côté , on dis- « tingue les anciennes parties du vestibule, quoi- « qu'elles n'aient point les mêmes proportions que « dans lés autres maisons antiques. Dahs le qua» « trième côté se trouve une porte de laquelle , par « un corridor incliné , on desœnd k l'étage infé- « rieur , qu'on peut nommer le second relative- « ment au ^rvifce. Dans ce second étage , les cham- « bres adossées au terre^lein sont les plus grandes « de tout l'édifice , et les mieux ornées, tant en « peintures qu en pavés mosaïques. Â la mente « hauteur se trouve un jardin avec un vivier et « une treille qui, suivant les apparences, était sou- « tenue par six Colonnes. Entre le jardin et les m dernières chambres, est un portique dont les « pilastres, revêtus d'un stuc jaunâtre , sont ornés « d'arabesques veris l'intérieur , avec les socles « peints en noir. Ce portique règne sur les trois c autres côtés du jardin, au plan duquel il est un

2()4 RECHERCHi s

« peu supérieur. Le portique est couvert en ter- (c rasse, pour la commodité de Tappartement prin- « cipal ou supérieur. Vu-dessous des trois parties u extérieures du même portique en est un autre, i( souterrain , que nous nommons vulgairement « des caves, et formant le troisième ou le plus (( bas étage de l'édifice. Ces caves sont revêtues « de stuc, et suffisamment éclairées par de nom- « breux soupiraux, tant du coté du jardin que du (( coté opposé. On voit encore dans ces mêmes caa ves un certain nombre d'ampliores dans la poi< sition accoutumée chez les anciens \ L'édifice, « à lexception de la partie joignant le chemin, (( était entouré de jardins et d'une ferme où Ton •( retrouve des Iraccs de sillons et d'une aire à « battre les grains. »

On pourra joindre à cette description celle que que Pline le jeune a donnée de sa tn/Ia du Laurentin ^, laquelle prouve encore que dans ce temps les personnes aisées recherchaient et se procuraient <lans leurs habitations toutes les jouissances de détails que dorment le choix des positions , le luxe , la modification artificielle des températ(jres, les agréments et les commodités de tout

' Cf s amphores , que j'ai vik's moi-niomc sur jilace, sont r'pllcs (iont j'ai parU-, dans mr's S(^nvenirs polytochniqiK'*i, t. iT, traçjiTionfs vari/'s, p, 7.S9.

' Piiv. iTTN., u, ///?., Jîpist. 17, (tallo.

HISTORIGO-MONUMENTALES. a65

genre. Les édifices et leurs dépendances étaient nombreux, vastes, bien disposés pour leur objet , et toutes les distributions se trouvaient ordinairement dans un même étagç.

Comment la commodité si recherchée par les anciens s'accordait-elle avec le défaut de cheminées qu'on remarque dans leurs • édifices ? Yitruve n'ayant point donné de règles pour les cheminées, on en conclut qu'elles étaient inusitées chez les anciens en général. Cependant Aristophane introduit, dans une de ses comédies, le vieillard Polycléon enfermé dans une chambre, d'où il cherche à s^échapper par la cheminée. Ulysse, retenu dans l'île de Calypso, exprime le désir de voir au moins la fumée d'Ithaque. Virgile dit aussi : Et jàm swnma prociil villarum culmina fiimcuit. Cicéron conseille à Trebatiu$ d'entretenir un bon feu dans son caminus. Horace est d'avis que pour chasser le froid , il faut mettre beaucoup de bois sur le foyer. Enfin Sénèque donne à entendre que les parties inférieures des maisons romaines s'échauffaient par des tuyaux conduisant la fumée du foyer des parties inférieures. On peut croire que l'usage des étuves faisait négliger aux Grecs et aux Romains celui des cheminées, que l'on a dû soigner davantage dans les climats septentrionaux.

Les Romains, dotés de leurs pouzzolanes abondantes, dont ils connaissaient l'excellente propriété»

!l66 RBCHERGHES

sûrs de Ténergie et de la Tésistance de leurs mor* tiers , ont eu pour méthode prÎDGÎpale, daus leurs constructions, l'emploi des petits et même trèspetits blocs de pierres, qui sont en général comme jetés dans tme gangue de chaux copieuse , de manière à former une espèce de poudingue ; des voûtes, sans aucun appareil, étaient pour ainsi dire modelées de la sorte, et d'autant plus im* perméables à l'infiltration des eaux. Cette mé» thpde , éprouvée par les sièdes , se retrouve encore et dans l'Italie et partout ou les Romains ont construit pendant leur domination. Leurs enduits étaient surtout très-soignés et sans doute bien manipulés. Ces avantages étaient chez eux des résultats de l'art guidé par l'expérience.

STSTiMKS DE COlTSTBUCTfOII.

Les Romains avaient deux systèmes, entre au* très, de maçonnerie , nommés opus reticidatam et apus insertum '. Perrault, le commentateur de Yitruve, traduit le premier système par maçonnerie maillée , qui était fort en usage du temps de Tarchitecte romain , tandis que l'ancienne manière des Romains , devenue depuis la nouvelle, est Y opus insertum j ou maçonnerie en liaison. Le reticulatum tire son nom de ce que

« ViTRUvE, liv. 11, ch. 8, p. 4a, noie i.

HISTORIOOMONUMENTALES. ^67

ses joints obliques, dans leur ensemble , re* présentent une espèce de réseau ; il s'appliquait à la pierre de taille et à la brique, llinseriumj sui» vant le même commentateur^ aurait son étyinologie dans l'insertion > l'engagement réciproque des joints y tant au-dessus et au-dessous les uns des autres, que latéralement. Celle-ci ressemble à notre maçonnerie française et s'appliquait, comme elle, à toute espèce de matériaux plats et à tou«* tes les variétés d'assises. Quant à notre système riternatif des carreaux et boutisses en parement , c'était celui employé par les Grecs. Ces ^derniers appelaient isodomos les maçonneries par assises égales, et pseudisodomos celles par assises itl«* égales; ils appelaient em/?/ec/io/3 les maçonnerie^ irrégulières en pierres brutes.

Cependant le texte latin de Vitruve porte le mot incertum (par un c, non par une j); ce qui donnerait du lùoins une signification d'irrégula* rite dans les joints, d'autant plus qu'en qualifiant cette maçonnerie de plus solide et meilleure, Vitruve ajoute : qumquelle ne fasse point un beau parement. Ces expressions* paraît^ient dé» terminer le sens du mot incertum , qui, dans les maçonneries et les pavés modernes d'Italie, nor tammiBnt de la Toscane, signifie un ouvrage à joints irréguliers, soit courbes, ou anguleux, ainsi qu'ils se présentent naturellement, pour le distinguer de celui à joints carrés. Il est donc

968 REGHBRGHES

permis de douter au moins de Tinterprétation donnée par Perrault en modifiant le texte latin de Vitruve.

Vopus reticulatum des Romains n'eut qu'un temps, limité entre les règnes d'Auguste et de Caracalla inclusivement, c'est-à-dire une période d'environ deux cent quarante-cinq ans; on n'en connaît pas d'exécuté avant ni après ces deux épo- .ques; peut-être faut-il excepter l'amphithéâtre de Pouzzole, réputé très-antique.

he payimentum sectile des Romains est une espèce de mosaïque, en pierres dures, dont les pièces ont naturellement les couleurs et les nuances dont on a besoin, en sorte qu'une même pièce pourrait représenter et le jour et l'ombre ; ce qui fait qu'on les taille de différentes formes suivant le dessin qu'on veut exécuter. Cette mosaïque diffère du pavimcntum tessellatum , autre genre de mosaïque ordinaire, composé de petits cubes (en forme 'de dés), soit en marbre ou pierres de différentes couleurs, soit en émaux très-variés de nuances ?. Ces derniers sont employés à l'imitation durable des tableaux, d'après les plus grands maîtres, qu'on voit notamment à Saint-Pierre de Rome. Il y a d'autres émaux minces comme des pailles, pour les miniatures.

' ViTEuvE, liv. VU, ch. 1 > p* a'iS, note 6.

HISTORIGO-MOirUMENTALES. S169

les dessins de bijoux , etc. raurai occasion de reparler de ces divers genres de mosaïques.

Les démolitions d'antiques édifices romains ont fait voir qu'on employait, à l'intérieur des maçonneries, pour lier les pierres de taille, des crampons de fer et de* cuiVre, et quelquefois des doubles queues d'aronde en bois dur. Les Grecs employaient aussi cette dernière espèce de liens , qu'ils appelaient immantosis. Le pont de Babylone sur TEuphrate, et la Piscine probatique à Jérusalem, prouvent l'emploi des crampons ou liens de fer, scellés dans les maçohneries^ mille ans ou plus avant l'ère chrétienne; j'ai déjà relaté ces faits, aux articles concernant les Babyloniens et les Hébreux.

Les Romains avaient des demi-briques, pour raccorder leurs maçonneries de ce genre '. Ces deiiiiers n'ont point épargné l'usage des briques, et cependant ils avaient d'autres matériaux disponibles ; mais ils regardaient comme très-solide et commode ce genre de construction. Ils s'en procuraient souvent de fortes dimensions, pour encadrer des archivoltes, des plinthes, des frises, etc. ; on en voit de nombreux exemples jusque dans les Gaules, surtout lorsqu'on employait concur^ remmerit la maçonnerie de moellons. 11 est étonnant que les modernes aient si long-temps né-

* ViTRuv», liv. II, ch. 3, p. 35.

•;tno RECHhHCIiKS

glinr les avantages que présentent les formes variées dont ces matériaux sont susceptibles. J'ai p^ivlé [Som^en. poljtechn,^ t. Il, p. 9.G0 , etc. ) du parti qu'en a su tirer Farchitecte français Gourlier, dont les échantillons figuraient à l'exposition générale de 18^7, au Louvre de Paris.

f.es Romains avaient, pour les couvertures ordinaires de leurs édifices, deux espèces de tuiles: trgulœ hamatœ^ les tuiles à crochets, et tegiilœ animatcBy les tuiles creuses, en demi-canal.

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