VASES ÉTRUSQUES
Suivant Pline , l'art de la poterie et des ouvrages en terre cuite aurait pris son origine à Corrinthe' ; Demaratte , Corinthien , père de Tarquin l'Ancien , le porta eh Étrurie. jéretiiim ( Arezzo ) passait pour avoir d'excellents ouvriers en ce genre; c'est à ce sujet que Martial disait : Aretina nimis ne spemes vasa monemus :
Lautus erat Tuscis Poneniajictilibus,
Les vases étrusques ont une grande célébrité. Il faut se garder du préjugé vulgaire qui qualifie exclusivement d'étrusques tous les vases de terre cuite avec des couleurs ou des figures semblables à celles des vases d'origine étrusque. En effet, un grand nombre de villes de l'ancienne Campanic
' Plih., Hht, nat., liv, xxxv, c. i a.
S^^ Kt.CHKRCIiI.S
ont été fondées par des colonies grecques; on j a trouvé, on y trouve encore, et même en Sicile» des vases du genre , mais avec des inscriptions et des dessins d'un style purement grec, dont tout le travail doit naturellement être attribué à des
artistes grecs.
IjCs figures d'ornement des vases étrusques sont uniformément jaune-fauve sur un fond noirâtre; ou plutôt on a réservé pour la surface de ces figures la teinter naturelle de la terre cuite , et les contours ainsi que les principaux traits du dessin sont du même noir que le fond. Cependant ou voit «les lij^ures entièrement noires de surface, sur le fond jaune des vases; celles-ci passent pour les plus anti(}ues, mais les moins correctes. Les vases en terre cuite du genre étrusque sont d'une pAte fine, légers, très- variés de forme, d'usages, et de grandeurs , depuis les plus petits qui probahli^ment servaient, comme chez les modernes, de jouets pour les enfants, jusqu'aux plus grands qui ont jusqu'à ] à 5 jïalmes ( i nu^tre à i mètre ^j centimètres de haut; ces (h^rniers ne |)euvent étrefjue fort rares et précieux. Ils servaient pour les cérémonies pubiicpies et pour les besoins domeslicpies ; c'étaient des urnes cinéraires, des lampes, des aiguières, des coupes, des patères , (les [)ieces d'orneuK^nt, des prix de jeux. Je l'uurscs , etc.
Il appaitenait a la galerie moderne de Florence.
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si belle et si riche en tout genre « d'être le dépôt Iç plus précieux des antiquités étrusques. Ou j remarque, parmi les bronzes et les terres cuites, des objets très-curieux , notamment : '
Une figure de jeuuis homme , dite V Idole , trouvée à Pesaro sur l'Adriatique , en 1 53o. Cet ouvrage étrusque est réputé un très^beau mor^^ ceau d'antiquité. On doute si c'est un Génie, ou bien un Bacchus. La figure est montée sur une base moderne, d'un travail soigné, portant en inscription ce vers latin du cardinal Bembo, qui la suppose un Bacchus:
Ut potui hue vêniy DfilphiSj etfratre rêlioio.
£lle tient la main droite ouverte et tendue, comme pour recevoir les offrandes qu'on lui feisait; à la place des yeux il reste deux cavités qui, peutêtre, étaient remplies par deux pierres précieuses. Une Minerve très-belle, quoiqu'elle soit, ou non terminée, ou endommagée par le feu. La coiffure de cette déesse est un casque ouvert , ayant pour cimier un dragon, symbole de la vigilance et de la [Mrudence; elle est couverte d'un vêtement long, de peau, dont le devant sur l'estomac forme une espèce d'égide; le bras droit est moderne, l'ancien tient la navette et l'aiguille, autre symbole parti-" culier à l'industrie du sexe. Cette belle statue fut trouvée près d'Arezzo {Aretium) en i54i.
i'jG Kb:ciJi:uciiFS
Vnv Chimère, aveu un nom en caractères étrusques i; raves sur sa jambe ciroile de (levant (peutêtre est-ce celui de l'artiste?). Kl le fut aussi trouvée près d'Are/z/o, en i558.
Un liommt», (Kàge niiu-, dont le vêtement offre sur un bord dvs caiactères étrusques; il harangue avec un air de dignité. Cette statue, que l'on croit celle d'un nommé Metello on Meteliino, trouvée près du lac Iraziniène, fut acquise en i 5GG par le grand-duc Cosme J*'. ].e style, quoique noble, est rude et inférieur aux antiques grecs ou romains; mais on la regarde comme un morceau de véritable antiquité étrus(pie \ et Ton est persuadé qu'elle représente un de ces gouverneurs électifs de cités, conmis sous le nom de Lucwuony c[ui, durant leur magistrature, jouissaient (fun pouvoir très-élendu. Sa tunique ressemble à la romaine; elle a par-dessus, une robe beaucoup njoins am])le et monis longue que la toge romaine; celle-ci [paraît fermée de toutes parts, excepté Ton vertu re su[)ériein'e pour y passer la tète; le bras droit (\st libres dans ses mouvements; le i;auche relevé la robe et |)orte un anneau au doigt. La chaussure, plus complicpiée que la ronjaine, est bien celle indiquée par Virgile: Tyvrltena pedurn viucula^ c est-à-dire des sandales de l)iHs, couvertes de bandes de cuir dorées.
Aïo> rrAi'ro>, AtiiHj. ^vpl., t. in, p. Si).
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Les plus beaux vases étrusques ont été trouvés à \olterra (^Foiaierree)^ Chiusî {Clusîumyet Ârezzo {Jretium)j trois des douze villes étrusques. Leurs formes n'ont rien de spécial : il y en a de sveltes, de larges, de ventrus, d'élégants, etc. Les anses diffèrent aussi dans leur disposition et leurs con* tours; quelques-unes sont sculptées. Les dessins représentent des temples, des chasses , des combats, des jeux, des danses et autres sujets; on y voit des miroirs portatifs.
On sait bien peu de chose des divinités étrusques; les auteurs les plus instructifs à ce sujet sont : le Toscan Gori (Musée étrusque j publié en 1737), et d'Hancarville ÇJnliquités étrusques^ grecques et romaines,)
Sans entreprendre l'indication, même sommaire, des objets d'antiquité grecque et romaine qui fourmillent dans le célèbre musée de Florence, je crois pouvoir citer ici deux types précieux pour l'art en général : ce sont des mesures romaines.
l'^Dans la pièce du Brutus de Michel-Ange, sous une tête moderne de porphyre, on voit une base en forme di Hermès^ qui porte l'inscription P. Ferra^ n'i^, trouvée aux environs de Pise, et remarquable en ce qu'elle présente la mesure du pied romain, la plus grande qu'on connaisse; eHe répond à ^ du pied français =o mètre 3oo8.
a^ Dans la pièce des bronzes , parmi divers ustensiles antiques, tels que des balances et romaines^
^7^ RKCHERCHhS
on <*n (listiiigiif uik^ très-remarquable, en ce que M>ii contre-poids est une tête de iiinon-jlJoneta, lequel équivaut exactement à une monnaie d'or d'Ilonorius, du poids de quatre deniers et demi.
AllCFIITICTlRF.
r.(*s monuments de rarcliitectine étrusque ont échappé aux explorations des moderries; c'est probablement ce qui laisse aussi peu de jour sur le culte symboli([ue ci les divinités de cet ancien peuple; car les temples, par leur position, leur forme et leurs ornemcMits, ement, dans tous les pays, des rapports essentiels avec le culte national. On ne coimaît guère cpie les murs de Volterra , les ruines presque informes d'un li^mpie présumé de Bacchus à (lortona, et les Catacombes de Tarcjuinia (Yiterba\ auxquels on puissr atlribuer la (pialification (Télrusipies; à moin> qu'on ne lasse participer à cette anticjuité Tordre toscan, dont Vitruve, l'arcbitecte d'\ugust(% con naissait déjà les proportions, puisqu'il les avait publiées avant l'ère clirétieruK». Cet ordre toscan, si si?n]>Ie etsidurable, nous offre en Italii^peu d'exem pies d'uni» application entière de son ordoiniance.
DIS (;\Tî.OIS.
Les (iaidois, si redoutables pour les Romanis, contribuèrent beaucou[) à la gloire de Ciésar qui
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les vainquit, mais ne put les dompter. Ces peuples nombreuse ne pouvaient être homogènes; leurs mœurs et leurs usages coïncidaient à peine dans leur énergique et constante simplicité.
Suivant $trabon» il y avait chez les Gaulois des bardes^ des vates et des druides. Les bardes chan<taient et composaient des poésies; c'était, en quelque sorte , la tradition ambulante des feits et gestes mémorables. Les vates faisaient la divination, expliquaient les choses naturelles, et peut-être les surnaturelles. Les druides ajoutaient à cette étude celle de la philosophie; ils étaientjuges des affaires publiques et particulières , et même des différends entre les peuples; plusieurs attribuent aux druides la présidence du culte et des sacrifices.