COSTUMES ORDÏIVVIRES DES GRECS
Le vêtement le plus ordinaire des anciens Grecs était la tunique, qu'ils appelaient chiton^ espèce de robe (pii descendait jusqu'aux genoux, et quelqiu'iois jusqu'aux talons; elles avaient des man-
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ches assez étroites. La tunique était commune aux Grecs et aux Romains , mats celle des Romains avait les manches larges, très-courtes, et se terminant au-dessus du eoude ; c'était le sagum ou la saie des Gaulois , lequel admettait une ceinture*
Les femmes , tant grecques qiie romaines , portaient aussi des tuniques, mais qui descendaient jusqu'aux talons; elles portaient aussi, les unes et les autres^ «ne espèce de voile nommé pqplos par les Grecs, et péplum par les Romains.
La ehlamyde^ en usage chez les Grecs et ches les Romains, se mettait par^dessus la tunique, en guise de manteau ou d0 toge ; elle s'attachait et se élevait, au moyen d'une agrafe, sur l'épaule droite , afin que le bras fut libre de ce côté.
Le pétase , petit chapeau à bords ronds et fond bas, en usage diez les Greo$ et les Romains, étail porté par les voyageurs; on en coiffait Mercure^ qui était leur patron.
Les statues grecques présentent différents gen* res de coiffures r
Celle .d'Apollon est nomméq kroèyios; cttUe des jetmes îiA^s korjrmbos.
Le cothurne était l'ancienne chaussniu des rois ^ des princes et des magistrats de; la Grèce , puis^ que Sophocle le donnait aux héros de se& tragédies. La chaussure ordinaire (solea) étaitune sa»* date aivec des ligatures {pedibus inieaiii)^
- COSTITMES ORDINAIRES PES ROMAllTS.
La toge et la prétexte étaient d'amples vêtements extérieurs, attribués anx dignitaires étrusques et romains ; ih s*en couvraient quelquefois la tête. L'usage de la toge était répandu dans toute l'Italie , dans les villes municipales , et dans une partie des Gaules qui fut surno^nmée Galiia iogaia^ Selon Denys d'Halicamasse , la toge é(a[idae i terre avait la figure d'un demi-cercle; ce qui prouve qu'elle était ouverte par-devant ; mais son ampleur exigeait beaucoup de plis , de replis et de contours, conséquemment un tissu fin, pour être supportable.
Les femmes romaines portaient des tuniques qui descendaient jusqu'aux talons; les anciennes matrones portèrent même la toge. Dans la suite, leur vêtement extérieur fut V amictdum^^xxlaL palla^ et le peplurn , qu'elles disposaient quelquefois en forme de voile sur la tête , se couvrant même les bras et' jusqu'aux poignets; c'était le peplos des Grecques. Toutes ces draperies, grecques et lomaiiies, annonçaient le goût et la richesse, tant par la pose que par i'ampleur. et le tissu.
Lecucullusy espèce de capuchon, était employé par les Aoroains et les Gaulois , pour se garantir la tête contre les injures de Tair; il l'était probablement aussi par les Grecs, puisqu'ils en cou-
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vraîent la tête de Télespbore ^ leur dieu des con* valescents.
Le pileuSy bonnet sans bord», presque collant, est celui qu'on donnait aux esclaves, en les affranchissant; il devint le symbole de la liberté. Suétone dit que ce signe fut porté spontanément par le penple de Rome, à la mort de Néron. Le pétase , petit chapeau à bords ronds , était porté chez les Romains t:omme chez les Grecs.
Les colliers et les bracelets étaient fort anciennement usités chez les Romains comme chez les Grecs et dans presque tout TOrient, même dans les Gaules : on sait que T. Manlius fut surnommé Torquatus^ parce qu'il portait le collier qu'il avait pris à un Gaulois tué de sa m^in vers l'an de Rome 4^0. Les colliers et les bracelets étaient donnés aux hommes, comme récompenses honorifiques; ils étaient de différents métaux, quelquefois ornés de pierres précieuses; il y en avait d'ivoire.
Le luxe des pendants d'oreilles était on peut dire effréné chez les Romaines. J'ai relaté plus haut ce dire de Sénèque : Leur folie était telle, en ce point, qu'une seule femme portait deux ou trois patrimoines pendus à ses oreilles.
On a vu , en parlant des arts divers chez les anciens Égyptiens , que Pharaon élevant Joseph à la dignité de son premier ministre, lui remit son anneau , c*est-à-dîre son sceau, et le fit revêtir d'un
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collier d'or. L'usage de^ anneaux se trouve ausn chez les Hébreux , les Perses , les Grecs , les Bomain set les Gaulois ; Juda, fils de Jacob, donna son anneau à Thamar pour gage de sa parole Jézabel scella de Tanneau du roi Tordre qu'elle :envoya pour faire mourir Nabolh. Alexandre scellait de son propre anneau les missives qu'il adressait en Europe, et de l'anneau de Darius celles qu'il expédiait en A^ie; il donna en mourant son anneau à Perdiccas^ pour le désigner son successeur. Ces anneaux, comme on le voit , étaient moins un bijou qu'up signe de puissance. Les Étrusques, au traips des rois de Rome, portaient aussi des anneaux, puisque Tarquùu-l'Aficien, après les avoir vaincus, en prit à leurs ma- :gistrats. Mais les Romains avsHent multiplié cet usage, comme ornement, et s'en étaient servis •pour distinguer les conditions, car ik -ayaient trois sortes d'anneauj: : les sénateurs et les chevaliers portaient l'anneau d^or , officiellement remis par le préteur; les autres citoyens portaient Tanneau d'argent, et les esclaves l'anneau .de fer. Ils avaient eu outre l'anneau nuptial (annuli nuptitt les , ou géniales , ou sponsalitii^ ou pranubi). Les Romains tenaient probablement ces usages des Grecs et même des Hébreux : on voit, en effet, dans r^jTO^, que les hommes et les femmes donnèrent leurs colliers, leurs pendants d'oreilles, leurs anneaux, leurs bracelets, pour &ire les vases du sanctuaire.
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Saos atteindre l'époque où les Romains commencèrent à porter des anneaux , on sait du moins qu*à répoque de la bataille de Cannes, les sénalem*s et les chevaliers en portaient tous, et ces derniers étaient en grand nombre. Annibal ayant ramaûssé les anneaux trouvés aux Romains qui périrent dans cette bataille , on en trouva de quoi remplir trois boisseaux et demi '. Les triomphateurs portèrent d'abord des anneaux de fer; suivant Pline j Caîus-Marius changea cet usage ; il avait. porté un anneau de fer à son triomphe sur le roi Jugurtha, il en porta un d'or en son troisièfne consulat. Les Romains ont successivement porté les anneaux, ou bagues, à tous les doigt», excepté. le pouce. Les peuples des Gaules et de la Grande-Bretagne les portaient au doigt du milieu. Enfin cet usage est parvenu jusqu'aux temps les plus modernes, et dans la France on connaît l'anneau du roi Childéric, de saint Louis, l'anneau pastoral de nos.évêques, etc.
La chaussure de distinction des plus anciens Romains ^'appelait mulleus (d'où vient probablement le mot français mule); elle était de cuir apprêté avec de l'alun, et de couleur rouge. Les mullei étaient en usage chez les rois d'Albe , et
' Le muid ou boi$seau romain (modiiun)^ un tiers de l'amphore^ contenait 9 pintes 7 de Paris. (Voir ci-après, aux mesures romaines. )
passèrent de là aux rois de Rome, ensuite aux édiles et aux principaux magistrats , notamment pour les solennités. Voilà donc une époque reculée des arts en Italie. On. reprochait à Jules-César d'affecter dans sa mise l'élégance et la pompe de la jeunesse, et surtout de porter une* chaussure semblable à celle des rois d'Albe, dont il se prétendait isçu. Ces muUei^ ainsi que les caicet^ étaient des espèces de cothurnes ' ; en cela , par exemple , ils ne ressemblaient guère aux mules de nos douairières françaises du siècle précédent.
Florus, au sujet de Tacquin-l' Ancien , rapporte à une origine étrusque les faisceaux y la trabea (espèce de toge), les sièges curules, les bagues, les colliers, le paludamenium (sorte de manteau), la prétexte , les chars de trictmphe ou quadriges, les toges peintes , les tuniques ornées , et autres objets qui indiquaient les dignités de Fempire.