‹ Recherches historico-monumentales concernant les sciences, les arts de l'antiquité: concernanChapitre 69 sur 90 · VETEMENTS ET COSTUMES · texte numérisé non relu

VETEMENTS ET COSTUMES

Les Indiens coloraient leurs cheveux et leurs

barbes. Les anciens Perses se rasaient dans le deuil. Au temps de Sémiramis, qui affectait des qualités viriles, les Assyriens ne pointèrent point de barbe. Les Égyptiens , dans les grands deuils , laissaient croître leurs cheveux et coupaient leur barbe ; mais leurs prêtres avaient la tête constamment rasée. Les Athéniens portaient la barbe. Les Lacédémoniens laissaient croître leurs cheveux , leur barbe et leur moustache. On sait que la barbe de Socrate était fameuse. On lit, dans Guillaume de Tyr, qu'un débiteur, dans quelques occasions, hypothéquait sa barbe.

Jusqu'à Tan 4^4 de Rome, les citoyens romains et leurs statues portaient de longs. cheveux et de longues barbes; ce ne fut qu'en cette année qu'il vint des barbiers de Sicile à Rome \ Scipion^l'Africain fut le premier, au rapport de Pline, qui se rasa habituellement. Depuis son temps jusqu'à celui d'Hadrien, les barbes romaines étaient un si-

« Vabao, De Re rusticâ^ lit. ii, c. ii. — Ciger., Orai. pro M, Cœlio, — Plutarc, in Camii,, lib. xxiv , />. a54.

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<(. Les Jiactiiens avaient à la tète des tiares ap- « procliantes de celles des Mèdes; ils avaient <( aussi des flèches de cannes, selon la coutmne « de la nation, et des lances courtes. Les Saces , a peuples de Sc\ thie, avaient des espèces de casf( ques qui s'élevaient en pointe; ils portaient « des braies; leurs flèclies étaierit à la mode du w pays; ils portaient, outre C(îla, des haches et « d'autres armes qui s'appelaient ,vY/^<^m ; c'étaient, a dit Xénophon ',des haches à deux tranchants.

« Les Indiens avaient des habits d'écorce d'ar- « bre, des arcs faits de cannes, des flèclies aussi de « cannes, dont la pointe était de Fer. Les Ariens « ])ortaieïit des arcs à la manière des Mèdes; le « reste de leur armine était semblable à celle des Bac- « triens.Lcs l^arthes, lesClhoramicns,lesSo^diens, c( lesGardariens et les Dadices étaient vêtus et armés (( comme les Ikictriens. Les Caspiens portaient des « saies de [)eaux de bétes, des arcs de cannes « qui naissent dans leur pays, et des épées. Les fc Saranges portaient des habits peinturés; leur « cliaussure montait jusqu'au genou; ils avaient « des arcs et des piques a la façon des ûlèdes. Les a Pactyes avaient des saies de peaux de bétes ; ils rr portaient des arcs à la mode de leur pays et « des poignards. Les Vtiens, les Myces et lesPars- (( canicns étaient écpiipés de même.

X^^^)PH., Ui\(. (le ('vriis, liv. H.

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a Les Arabes étaient ceints de larges ceintures , « et portaient de grands arcs à deux courbures. <c Les Éthiopiens , revêtus de peaux de lion et de « léopard, portaient des arcs de cote de palmier, « fort longs, qui n'avaient pas moins de quatre « coudées. Les flèches de cannes , longues à pro- « portion y avaient ^ au lieu de fer, des pierres « pointues, dont ils se servaient pour graver « leurs sceaux ; ils portaient aussi des lances , au c bout desquelles était une pointe de corne àe « chevreuil, faite comme un fer de lance , et des « massues ferrées. Quand ils allaient au combat, « Us s'oignaient la moitié du corps de plâtre « mou , l'autre moitié de vennillon. Les Éthio- « piens étaient divisés en orientaux et en occidenc taux, et ne différaient entre eux que par la che- « velure et par la langue : les orientaux avaient «les cheveux plats,' et les occidentaux (de la « lâbye) les avaient naturellement plus frisés que « tout le reste des hommes. Les Éthiopiens oriente taux, ou de l'Asie, étaient vêtus et armés preste que comme les Indiens; ils portaient pour « casques des peaux de tête de cheval avec les « oreilles et la crinière; en sorte que la crinière « servait d'aigrette, et que les oreilles étaient ton- « tes dressées. Au lieu de boucliers ils se serti vaient de peaux de grue.

« Les Libyens étaient couverts de cuir, et se «c servaient de javelots brûlés par le bout. Les Pa-

a phlagoBs portaient des casques tissus , de petits a boucliers, et deslauces d'une longueur médio» « cre; ils avaient , outre cela, des dards et des « poignards ; leurs chaussures montaient à mi- « jambe. Les ligyens , les Matiènes , les Marion- « dynes et les Syriens étaient armés et Têtus « comme les Paphlagons. Les Phrygiens étaient « à peu près armés de même.

<c Les Arméniens étaient armés comme les Pfary- « giens, dont ils sont une colonie. Les Indiens « étaient presque arin,és comme les Grecs ; ils s'ap- « pelaient autrefois Méons ; ils changèrent de nom « du temps de Lydus, fils d'Atys. Les Mysiem n portaient un casque à la mode de leur p^ys , de ce petits boucliers » et se servaient de joiYelots « brûlés par le bout.

« Les Thraciens |)ortaient des peaux de re« n nard sur leurs têtes ; ils étaient revêtus de tu- « niques, et ceints de plusieurs bandes; leur « chaussure des pieds et des jambes était tissue « de nerfs. Ils étaient armés de dards , de peltes « ( boucliers échancrés), et de courtes épées. Les « Thraciens asiatiques étaient armés de petits a boucliers de cuir de bœuf; chacun d'eux avait « deux dards à U manière des Lyciens; leurs cas* ce ques d'airain avaient des oreilles et des cames fc de bœuf de la même matière, avec une espèce ce de crête au milieu ; leurs jambes étaient couce vertes d'un drap rouge. I^es Cabelées-MéonîeDS ,

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« qu'on nomme aussi Laftoniens , étaient armés et « Têtus de même que les Gilicteos, dont nous parti leroos plus bas.

« Les Mylîens portaient des lances courtes et des « habits serrés par des boucles ; plusieurs d'entre « eux avaient des arcs de Lycie; kurs casques 4t étaient Êiits de peaux. Les Mosques avaient des «casques de bois, de petits boucliers, et des « dards fort courts , mais dé longues lances. Les « Tibaréniens, les Macronset lesMosynèoes étaient « armés de même que les Mosques. Les Mares pûr> « taient des casques tissus à la manière de leur « pays 9 de petits boux^liers de cuir, et des dards.

« Ceux de la Colchide portaient des casques de 4r bois, et de petits boucliers de cuir de bœuf « non taâné ; ils avaient aussi des épées. Les Al* ce larodieas et les Saspires étaient armés comme « ceux de la Cokhide. Les insulaires de la mer « Rouge avaient une armure et un vêtement ap- « prochant de celui des Mèdes. Les Phéniciens « avaient des casques presque à la^ecque, des « cuirasses de lin, des boucliers qui n'avaient « point de creux , et des javelots.

« JjGA Égyptiens portaient des casques dont le « haut était divisé en deux, des boucliers pro^ « fonds, dont le convexe du milieu était fortre- «c levé , des lances propres pour les combats de m mer , de grandes haches. Ceux de Cypre étaient ff revêtus de tuniques, et, pour le reste, armés

aS.

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« comme les Grecs. Les Ciliciens avaient des casi< qiies à la mode de leur pays, de petits bou- « cliers de cuir de bœuf non tanné, des tuniques « de laine; ils portaient chacun deux dards, et « des épées semblables à celles des Égyptiens. <( Les Pamphyliens étaient armés à la grecque.

rc LesLycicns portaient des cuirasses et des botce tines, des arcs de bois de cornouiller, des flèches « de cannes, sans ailerons, et des dards; ils se « couvraient les épaules de peaux de chèvre, et t( la tète de bonnets couronnés de plumes; ils « avaient encore pour armes offensives des épées « et des faux. Les Doriens, originaires du Pélo- (t ponèse, étaient armés comme les Grecs. Les « Cariens l'élaient de même, à cela près qu'ils <( portaient des épées courtes et des faux. Les (( Ioniens, les Eoliens et les llellespontins étaient « Grecs et armés à la grecque '.»

Les Achéens portaient des frondes, et des traits dont la réputation était passée en proverbe : acliaïcurn tehun se disait pour exprimer quelque coup porté avec adresse.

Le vêtement de guerre des Parthes se voit en entier sur l'arc de Se[)time-Sévère à Rome : plusieurs ont la télé nue, les autres portent une tiare relevée par derrière presque à la manière du bonnet |)lirygien; ils ont une tunique qui dcs-

>l()MF\i c:o>, Anti(|. c\|)l., t. iv, i'*^ partie, liv. i, cli. lo.

niST0It|CX>-M01ll] H ENTA LES» 4^7

cend jusqu'aux genoux , ceinte au milieu du corps, une chlamyde (le candys); leurs braies larges se resserrent sur la cheville du pied, et leur3 souliers sont ronds sur le devanl. Les mé«daillesreprésentent les rois parthesavec de grandes et fortes barbes, quelquefois la tête nue avec un simple diadème; ceux d'Arménie sans barbe, mais portant la tiare avec des appendices laté<^ raux.

Les Daces avaient le vêtement pareil à celui des Parthes ; ils portaient des boucliers ovales de moyenne grandeur. I^urs.armes offensives étaient Tépée , bien plus longue que la roipaine, et t-rèscourbée sur le tranchant. Plusieurs avaient aussi des arcs et des flèches, et quelques-uns une dague ou espèce, de poignard , outre leur épée ordir naire. On voit ces costumes sur la colonne Trajane, où sont représentés les combats, de l'empereur Trajan contre cette nation.

Les anciens Perses^ les Parthes et les Daces , autant quon en peut juger faute de monuments, mais d'après les témoignages de Xénpphon , Dion , Srabon, etc., portaient pour vêtement extérieur des candys^ espèces de chlamydes ou de manteaux courts, mais amples, flottant sur les épaules, attachés avec une agrafe, la tiare phrygienne, ou pileus^ des tuniques à manches, de longues braies nommées anaxyrides^ différentes de celles des Scythes, des Germains et des Gaulois; du

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moins tous ees vélemenlB différaient peu chez ces diverses nations.

Les Mardes, peuple motitagnard de la Perse, étaient fort belliqueux et durs à la fatigue; leurs femmes ne crârignaient point de la partager : vêtues à la légère , elles se ceignaient la tâte d'une fronde , qui leur servait d'orùement et d'arme tout à la fois'.

La cavalerie sarmate, figurée sur la colonne Trajane, est bien rêfaïarquable par l'enveloppe écaillée dont tes hommes et les chevaux sont couverts et serrés sur toutes les parties du corps, jusqu'aux extrémités des meitibres inelustvemenL Leurs armes étaient des arcs et de cotwrtes épées.

Les Amazones , guerrières voisines des Scythes, étaient vêtues d une tunique courte , laissant une mamelle découverte, les cheveux flottants; elles avaient des bottines jusqu'à mi-jambe, étaient ordinairement armées d'une hache à deux tranchants que Xénophon appelle sagaris^ de lapelie (bouclier échancré), d'un arc avec ses flèches et «on carq'uois. EHes firent la guerre d^abord aux Scythes, ensuite aux Athéniens ;. cependant il 'existe ertcore des doutes sur les exploits fabuleux "de ces femmes célèbres.

lies Égyptiens nationaux, c*est^-diré antérieurs

' QuiNTE-CuRGE, Hv. V, c. 7 , p. a65. (Édil. de Bauiée). ' XiiHOPH. , HIst. de CyrCB, atr sujet des Perses.

HISTORICO^lfOjrVIirafTALES. 439

aux Ptoléiuéts, qai, transplantés en Egypte, aé vétissatenl à la grecque , portaient des tuniques de lin , yéritables justaueorpa ( Hérodote lès appelait calasiris)^ sur desquels étaient d'antves vête* ments de laine, dont il fallait se dépouiller en en* trant dans les temples. Ces É^ptiena nationaux , coonne les Grées des teinp& héroïques, ccimbat* taîeat dans des cha^s; ce qui ne s'entend que des chefs, du moins k en juger d'après leurs ba»» reliefs et leurs tableaux historiques , où Ton Toit des guerriers combattant de la sorte, des hommes et des chevaux renversés sous les chars et foulés aux pieds. Dans ces représentations de batailles^ on voit aussi des ares et des carquois , ^es lances QU javelots, de grands^ boucliers, des casques et des espèces de coutelas. MM.Jollois et DevUlieis citent une dispo^tioa toute particulière, ingénieuse et comn^ode, du char sur lequel est monté le héros d'une bataille représentée en basr^reliefs, sur la face du «lur d!euceinte d^ palais de Médyneirjhwi^ : on voit atitachés sur les côtés du char des carquois remplis de flèches» Ils citent même , à ce aujet, la figure du .héros comme un phefr d'œiivre de L'ast et du génie ; elle est , suivant eux, iuu£ i^ulptures égYpHennes ce que VApoUon-du'' BtU^édèr^ esf aiftatr siaiues grecques. Ce héros leur

' Descrîpt. gén. de Thèbes, A., 1. 1, ch. 9 de Ponvrage d'Égyplc.

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parait être Séso9tris lui-mérae, dont les retracent l'histoire glorieuse- et les exploits presque fabuleux. Dans les représentations de ce genre, le héros est toujours distingué par ses proportions majeures.

Ties cavaliers numides (au nord de F Afrique) montaient ' leurs chevaux presque nus , sans bot* tines, sans selle et sans bride; ils avaient pour arme un javelot , et pour bouclier leur manteau flottant.

I^s anciens, cavaliers de toutes les nathms ne connaissaient point Fétrier : les* Grecs et les Latins n'avaient aucun nom pour le signifier. H parait que du moins les Bomains se servaient d'éperons, au temps de Virgile, qui s'exprime ainsi : Quadrupedemque citumferraià calcefatigaV, Cicéron emploie le mot calcarey pour dire éperonner, stimuler. La forme de ces éperons est, je crois, inconnue.

Les guerriers de presque toutes les nations ont adopté le cimier ^ moins comme un ornement de leur coiffure que cîomme un signe de ralliement dans les batailles. Ce mot porte son étymologie française, italienne ou latine (cime, ciima on sùnd); c'est la pièce la plus élevée des armoiries, du casque auquel on l'applique. Hérodote attribue aux Cariens l'invention des cimiers ou aigrettes des

' ViKo., Eneid,, Hb. xi, v. 714.

HISTORIGO-MON UMElf TàLES. 44 '

casques; ils placèrent les premiers des figures ou emblèmes sur leurs boucliers. C'est à ce sujet que les Perses leur donnèrent le surnom de Coqs y parce qu'ils semblaient crétés comme ces animaux; cette idée est moins expressive que celle qui fit donner le nom de Centaures aux caraliers thessaliens. Les guerriers égyptiens portaient aussi des cimiers : on en voit sur leurs bas-reliefs antiques. Au rapport de Diodore, Protée , roi d'Egypte, changeait tous les jours son cimier, qui représentait tantôt un mufle |de lion, tantôt la tète d'un cheval , tantôt un dragon , etc. Il est probable qu'il changeait de même ses. vétemenis ; il était d'ailleurs très-ingénieux et rusé; d'où vient c[ue les poètes l'ont fait passer pour un dieu qui changeait de forme à tout moment Homère , Virgile et FArioste se sont complu dans la description de plusieurs cimiers. L'usage des cimiers n'est peut-être point sans rapports avec les figures à têtes fantastiques de Sérapis , Jupiter-Ammon, Gérion , etc. Les -Grecs , les Romains, et, par suite, les peuples modernes ont adopté cet usage «militaire. Le vêtement guerrier des Lacédémoniens était rouge, afin, dit-on, que l'on s'aperçût moins du sang versé dans les combats. Ils portaient un bouclier de cuivre > c'était un crime capital chez eux de revenir du combat s^ns ce bouclier.

SCYTALES LACEDEMONIENNES.

La correspondance officielle et secrète des I^cédémoniens se faisait par le moyen des scjiales : quand les éphores, dit Plutarque (dans la vie de Lysander), envoient un commandant, ou de la flotte ou de Tarmée, ils préparent deux bâtons de la même longueur et de la même grosseur; ils gardent Fun et remettent l'autre au commandant. Lorsqu'ils veulent écrire, de manière à ce que les missives interceptées ne puissent être lues, ils font des bandelettes très-longues et très-étroites, avec lesquelles ils entourent ce bâton, sans laisser aucun intervalle; ils écrivent sur cette enveloppe ce qu'ils veulent notifier, et défont ensuite la bandelette qu'ils envoient, par exemple, au commandant, qui ne peut la lire qu'en mettant de la même manière cette bandelette sur la scvtale. Ce mot a sans doute pour étymologie la forme de la bandelette enroulée : on sait que le scytale est le serpent-rouleau.

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