CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Les historiens de l'antiquité nous ont transmis des mesures, la plupart de tradition ou d'aperçu, rarement en métrologues compétents, et du moins sans préciser le module ou type nominal qu'ils entendaient énoncer. Aristote, Hérodote, Mégastène , Déimarque n'employaient pas le même stade que les Égyptiens et les Grecs; Ératosthène, Hipparque, Strabon appliquaient un stade différent des uns et des autres; Ptolémée, Marin de Tyr, et les Arabes d'une part, les Babyloniens, les Perses, les Hébreux de l'autre, Cléomède et Posidonius, Archimède et Pline, variaient encore dans leurs déterminations; enfin le type principal des mesures itinéraires , le stade astronomique, éprouva sept variations connues : on le compta de 5oo,de 600, de 666 j, de 700, de 760, de 833 4 9 et de II 1 1 ^ au degré du grand cercle de la sphère. Vitruve et Pline, qui devraient commander
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la confiance, d'Anvillo, lo plus habile des gt'ogra- |)l)t'S, se sont eux-inenies tronij)és dans leurs interprétations. Ainsi (jiuî (Terreurs ])ro|)ag('es ! Qtielles difi(M'enees ne trouve-t-on pas entre (es d()iuié(\s iiorn- ])i'eus("s, souvent accessoires à Tobjet d(\s écrits! Que de méprises se c. ncoivent âc la part des anciens euxmêmes 1 méprises analoj^ues à celles (pie les expressions de li(uies, de milles, etc., ne cessent de produire jKirmi les modernes. ^lais nos piopres erreurs s'arrête i"ont devant le type fixe et conunun créé par la r'rance sur les hases immuahles de la naturt* *.
Ne voulùt-on (pTétudier la géot^raplne des anciens, il (\sL d'autant j)lus utile de savoii' évaluer leurs mesur(\s, ([u'avant IMolémée [ Claude -, au 11^ siècle de notre (^re, ils n'admettaient point d'autre mesure que celle des distan(;es respectives, pour déterminer /a position des lieux, c\^st-à-dire, cpj'iis n'avaient pouit cmplové le calcul des latitudes et longitudes. I/uitelligence des anciens auteurs, suilout des Grecs et d(\s Romains ([ui ont parlé (hî la haute antiquité, e\ige une connaissance très-ap[)roximative des mesures citées [)ar cnix, et dont rint(M|)rétation si variée (x^casionne i\c graves erreurs, déjà trop accréditées, ericurs (pii ont du se complicpier d'après les variantes du module et des citations. Clonsécpiemment, tous ceux fpii dans la suite se sont prévalus des uns et des autres, sans discernement, ont (Ul obscurcir cette métiologic», hien loin (Ten facililei* rintelligence.
' Ktahlissciiient dn svstcme nnfri(|iK'. ( Décret du vG mars 1 ;•; 1 , vl li)i tin 1* ' arjMi i ~() V
II importe donc, en même temps qu'on reconnai* tra les types originaux , de savoir pourquoi les maîtres de riiistoire ont difieré entre eux, et d'évaluer les mesures adoptées par chacun, ne fût-ce, comme je lai dit , que pour rintelligence de leurs écrits. La plupart des contradictions peuvent disparaître ainsi. M. Gosselin a le premier débrouiHé ce chaos historique, par ses rechen^hes sur Thistoire de .la géographie des Grecs. Mais la Commission française en Egypte, vers Tannée 1800, a rendu d'éminents services à Thistoire, comme à la science, en s'appliquaot à la découverte, par les monuments mêmes, des mesures primitives et originaires de cette antique contrée. M. Joniard notammetit, dans son docte Mé" moire sur le système métrique des anciens Égyptiens, a répandu sur cette inatièr^ ie jour le plus t)rillant et ia fixité la plus authentique.
Le prototype égyptien une fois retrouvé, la lumière s'est réfléchie du foyer principal sur les Grecs et les Romains, dont les mesures ont été facilement rectifiées d'après renchaincinent incontestable qui liait CCS peupies,B]odèIessuccessifsder£urope civilisée.
Des mesures anciennes, la plus importante à bien déterminer est le stade; c'est la grai^de unité où se trouvent les divisions , parties aliquotes, dont Tapplication était plus nécessaire auK besoins et aux usages de la vie. II y avait les stades itinét*aires ou géographiques, et les stades des jeux publics. Les premiers sont évidemment les plus utiles à connaître; ils intéressent à la fois les sciences , les arts et l'industrie. Les seconds dérivent <]es premiers. Tous tes stades
itinéraires, égyptiens ou grers, se divisaient en iy* > pieds. Quant aux stades des jeux, il faut obser\(r que ee mot était devenu g('néri(|ue, et que la division n'était pas différente parce (pie tel eirque ou liipjiodroine avait plus de longueur cpie tel autre : riu|)podroMîe de Tlièbes avait i5 stades de long; le cir(|ue ou riiippodroine d'Alexandrie, l'un des plus fameux et des plus anciens, avait, selon M. de Clioiseul- Gouffier, observateur et niétrologue judicieux, 2 stades de longueur, mesurée sur fépiue , environ ic^o toises, ou 3(h) mètres, ou i'>.()0 pieds grecs ); <e (pii s'accorde avec les 4 stades ou 2 chaules qui (]<'terjn inaient la course des cbevaux. La carrière du stade olympique n'a point pour origine fabuleuse» d(» sa mesure Goo fois le pied gigantescjue (riliMVule, qu'un hasard inconcevable auiait fait précisément la /jSo*^ ou la Goo*" partie du degré terrestre. En (in le prétendu stade de 1000 pieds, nommé p y thlque par Onsorin ', n'était point une mesure itinéraire, mais celle de la coiuse des jeux pyiJiiens à Delphes. Plusieurs auteurs, d'Anville et Harhié-Dubocage , entre autres, pensent cpie c'était \\\\ diaule de jooo pieds romains, ou le double du stade de '700 au degré, tel que le stade baîjvlonien.
La diversité des stades provient de celle de leurs rapports locaux avec la circonférence, conséqueniment avec le degré teriestre. De même l'identité des deux principaux stades égvptien et gi^îc vient de ce que les étalons en ont été consacrés, pour le premier,
* Cknsor., De Die natali^^ cap, xiir.
concernaut le^ mesures j etc. 543
par Tapothème de la grande pyramide de Memphis, et pour le second , ^^après le premier ,* par la largeur (sous-quadruple) du temple de Minerve surnommé r Hécalompedon y à Athènes. Ce stade était compris 216,000 fois dans la circonférence du globe, et 600 fois dan» le degré. Sa mesure est, en nombre rond, de f85 mètres.
JVL Jomard a donné la tablie suivante des stades connus et employés par les divers auteurs '. Avant* de reproduire ce document précieux, je ferai ebserver que la plupart des géographes anciens ont établi leurs mesures en longitude, c'est-à-dire dans la direction de l'est à l'ouest, sur le parallèle du 36^ degré de latitude, ou du moins sur une ligne qui s'en écartait peu.
On sait que le degré moyeu du méridien, pris sous le 45* degré de latitude, d'après les dernières opérations françaises, a été fixé à 57008 toises. I^es rapports de la table suivante sont conformes à cette base, et adoptés par M. Gosâelin, qui exprime ses résultats* en nombres ronds, par exemple, i85 mètres, au Jieu de 184 .mètres 72 centimètres, pour le stade olympique; loomèrres, au lieu de 99 mètres ^5 centimètres, pour le petit stade d'Hérodote, etc.
M. Gosselin, dans ses tables de conversion en\1egrés, minutes, secondes, etc., des mesures anciennes^, a donné le moyen de connaître auquel des divers sta-
' Mémoire sur le syst. métr. d«s anc. Égypt. , A., t. 11, p. 549.
' . STaABON , éditioD française. Mesures itinéraires.
des astronomiques appartient la distance exprinit\» abstraitement par la seule dénomination de stade.
TAHLCAL des stades connus et employés par Us
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