SÉPULTURES LYDIENNES ET MACÉDONIENNES
Hérodote décrit ainsi la sépulture d'Alyattès, roi des Lydiens et père de Crœsus : « Il y a, dans « la I^ydie, un ouvrage qui ne le cède en grandeur '( qu'à ces magnifiques bâtiments des Egyptiens et «des Babyloniens, c'est le sépulcre d'Alyattés,
« père de Crœsus, dont le fondement est de gran- « des pierres, et le reste un monceau de terre énor- (c me. Il fut construit par des gens du peuple, des «ouvriers et des femmes. Il y avait encore, de (c mon temps, cinq grandes pierres au plus haut du c( tombeau, où était écrit ce que chacun avait fait, « et il paraissait que les femmes y avaient plus « travaillé que tous les autres. Le circuit de ce « tombeau est de six stades et deux plèthres; la « largeur est de tieize plèthres. » Le stade d'Hérodote étant le petit stade égyptien de 1 1 1 1 -j- au
' La Haupf, , Abr. de l'hist. gin. des voy., t. vu, j). ^9 cl 5(>.
HISTORIGO-MOlTOMBBrTALES. 4^ 1
degré, faisant 99 mètres 76 centimètres, et le plèthre étant le sixième du stade (voir, ci^près, le tableau comparatif des stades antiques ), le circuit du tombeau devait être d'environ 633 mètres. Cette description n*est point catégorique; maïs on y distingue principalement le genre des tumuli^ dont. j'aurai lieu de parier plus loin.
Les Macédoniens prenaient grand soin des sépultures ,. même à la suite des batailles. On voit , dans Quinte-Curce', qu'après la bataille d'Isse, ils s'acquittèrent religieusement des derniers devoirs envers les morts trouvés sur le champ de bataille , c'est-à-dire de brûler leurs corps. Alexandre permit à la mère de Darius, sa prisonnière, de rempUr les mêmes devoirs à l'égard des Perses. Cette conduite du vainqueur toucha vivement Sysigambis et les prisonniers de sa suite : les Perses , autant que les Macédoniens, attachaient une grande importance à l'accomplissement des devoirs funèbres : ce fut la seule grâce que demandèrent au vainqueur de Darius , sa mère et son épouse , lorsqu'après la bataille d'Isse , elles crurent à la mort de ce prince. On sait que la bataille d' Arbelles devait ajouter encore à la gloii;e d'Alexandre, et combler les malheurs de Darius. Mais jahiais Alexandre ne se montra plus grand que par ses généreux procédés envers la famille de Darius.
> QunrT-CuAT.yi^'i. lUyC/i/y. 1%,
/[Sol RECIIERCIIFS
coNVor FrNF.iîiiK d'alfxandrf-le-graind.
Je vais doiuuT un extrait curieux de la description du convoi funèbre d'Alexandre - le - Grand , raj)j)orté par Diodoie de Sicile , au XVIll^ livre de sa Ijibliothèque historique. Les usages dont il s'agit ap[)artiennent peut-être autant aux Perses qu'aux ^Macédoniens. Ce pompeux convoi parcourut un espace d'environ 4oo lieues, de BabyJone (d'Euphrate) à Alexandrie.
Cette longue cérémonie eut lieu dans Tannée oii Philoctès était archonte d'Athènes, et Caïus-Sulpitius avec Caïus- /Elius , consuls à Roine^ On cite un llieronymus comme l'artiste qui confectionna le magnifique char sur le([uel devait être transporté le corps d'Alexandre. On fit une bière en or travaillé au marteau et au ciseau , proporliounée à la longueur du corps, que l'on remplit à moilié d'aiomates et de parfums. Au-dessus du couvercle, aussi d'or, on étendit une étoffe de pourpre, brochée d'or, fianquée des armes du prince. Ce char était couronné d'une espèce de dôme d'or, orné de pierres précieuses, et dont la longueur était de 12 coudées, la largeur de 8. Ce dôme était supporté par des colonnes d'or avec chapiteaux ioniques. On \ avait placé un trône d'or massif, présentant des télés de cerf en saillie, d(\s(pH'lles [)endaient des cercles (for de ? palmes
' Knvir(Uï j'/'ji aiisa\ant J.-dlir.
H ISTORIGO^MOllUlf BMT ALES. 4 ^3
de diamètre^ ^uteuaat une guirlande de dif«férentes couleurs et d'uu goût menreîlleux. A la frise supérieure du char étaient suspendues de grandes sonnettes qui s'entendaient de ifbrt loin. Entre les colonnes on voyait une bordure d'or ci-^ seké et quatre tables symétriquement rang^.
Sur la première de ces tables , on voyait riotâge d'Aleicandre assis dans un char artistetitei)t h'^ çcHiné , tenant un sceptre ^accompagné de Macé*' doniens armés et de Perses 9 et précédés desécdyeM du roi» Sur la seconde table on voyait^ k la suiM <lu roi , des éléphants armés comme pour la guerre^ portant des guerriers indiens et macédoniens. Suf la troisième table , des escadrons de eavalerie étaient rangés comme pour le combats Sur la qu^trièïAé table , étaient des navires disposés comme poùt une bataille navale.
. Sur le devant ou l'entrée du sarcophage , étaient placés des lions d'or. Au milieu de chaque entre** colonoement^ un acanthus d'or s'élevait prévue à la hauteur des chapiteaux. Le dessus du dôme était terminé par une grande couronne imitant l'olivier, dont l'éclat^ sous les rayons do' soleil, était éblouissant.
Le char était à deux essieux et quatre roues
faites à la manière des Perses, dont les rayons
étaient dorés et les bords de fer. L'extrémité des
essieux était d'or, et représentait la télé d'un
lion mordant une pique. Au milieu du char, il
484 RSGHBRCHES
y avait, un resscM^t {pobis seu cardo) tellement disposé qu'il n'éprouvait aucun cahot dans les parties les plus raboteuses du chemjn. Il avait quatre timous, et à chaque timon étaient attelés quatre rangs de quatre mulets ; en sorte que ce char était tiré par soixante-quatre mulets de choix '. Chacun de ces mulets était paré d'une couronne dorée , portait à chaque mâchoire une clochette d'or, et autour du cou un ' collier garni de pierres précieuses. Tout le convoi répondait à la magnificence du char. Un grand nombre d'ouvriers aplanissaient le chemin au devant, et des troupes d'élite l'escortaient.
Deux années furent employées aux préparatifs de cette potope. Ptolémée, qui honorait beaucoup la mémoire d'Alexandre^ alla à la rencontre de son corps avec son armée, jusqu'en Syrie, et loi rendit tous les honneurs possibles; ne jugeant point, à propos de le transférer au temple de Jupiter- Ammon; il liai éleva dans Alexandrie , qui était alors une des plus illustres villes du monde, et bâtie par Alexandre iui-méme, un mausolée digne de son sujet. Il célébra les funérailles par des sacrifices héroïques {heroicis S€u:rificus) et des
' Quatuor temones cùm essentf unicuique quadrm^ceSj quadrigœ apttUœ erant^ quaternis midis jugo alligatis , ità àt cmnium muhrum sexaginta quatuor numéros esset rohore et proeeriiaie eele^tisnmorum, (Diôd: Sic, Bibliotk.^ lib. xYiii, p. 608.) . .
HISTORIGO-MOirfJMEirrALES. 4^^
jeux publics, avec beaucoup de magnificence. Quinte-Curce dit que Ptolémëe fit d'abord porter le corps d'Alexandre à Memphis, et quelques annéesi après à Alexandrie '.
Tout, dans les dispositions et les détails de cette pompe funèbre, atteste un perfectionnement remarquable des arts, du goût, et du luxe qui les encourage.
SiPULTURK DKS GRfiCS*
Les Grecs des temps héroïques et les Troyens brûlaient leurs morts et célébraient en leur bon* neur des jeux , des sacrifices et des festins. 1j^ Grecs et les Troyens étant convenus d'une trère spéciale, on réunit de part et d^autre tous les morts pour les faire brûler sur un bucber , afin , dit Nestor aux Grecs , que retournant dans leur patrie, ils aient la consolation de porter aux enfants des guerriers, les cendres, précieuses de leurs pères *.
Après la mort de Patroele, Achille et ses compagnons coupent leurs cheveux en sigiie de deuil , et les déposent sur le corps du héros, que Ton porte au bûcher. Achille y sacrifie quatre des plus beaux chevaux , et deux des meilleurs chiens
' QuiHTE-CoRGs, fin du liv. X et du ch. lo. * HoMiAB, Iliade » Ht. vu.
qu'U ait pour le' garde de son casap : il immole ' s^us$î 4eux jeUnes: Troyetoa âuo: inânes de son amij oi^îs Achille n'bôporé point «mi amitié par œ sacrifice inhumain. L!ôii eiDftretieiit le bûcher jus* qvVu leAdeiAaîiiV après l'avoir éteint par des U;>ation3> il rëoueille dan^ une urne dW courerte d'ua voile pnécieu^ic! le^ oeindrea . dii Patrocie ^ lui élève un tombeau dans l'emplacement da bâcher , et termine les funérailles par des jeux, des courses et des cQoabats variés. ]Lie premier.de ces jeux fut la course des chevaux et des chars, ensuite h œsM , la lutte, h course à pijed ,' Je combat au javfilot, en6n lesiesfiniioes du disque et de Tafic K Le$ priix distribués étaient les • pcodi^its d uni» indttstriie déjà remarquable aous le rapport dts arts.
, A la mort d -Hector, Priam ^ après avoir obienn étt ivaiaqueur le corps do son fils 4 fait penda^ neuf jours lespnépiaratifii du bûcher; lo dixième oh biéie le .corps; lé onzième on tecueîilfi les cendres dans une urne d'or , couverte d'un ^noîk doipoinrpre^ oû descend cette uine datis une fosse pMÊonde, qu^oa cemplit ensuite d'une quantité prodigû^usa dt gasèsw^ pierres, et l'on élève im tombeau parrdessus; enfin on célèbre le repas funèbre'. Virgile donne .une description fle la
' HoM., Iliade , lir. xjciu»
* HoM., Iliade, lir. xxiv.
UISTORIC(l-MO^U|i9NTALF.S. 4^7
sépulture analogue qu'Énée fit k bo» ami Misène, eu promontoire qui reçut ce nom ^ «
L'ombre d'Elpenor dit à Ul)K.sse : a Nermiséloi^ cr gne:& pas sans avoir pleuré sur mon corps , et c sams hi?*v6ir donné la sépulture , de ' peur que « Tindigriation des dieux lie v^us poursuive à <r mon sujet; mais )>râlez-moi avec mes armés et tf mes vêtements. Erigez-moi un tombeaii sur le « bord de la mer^ afin quela postérité se* souvienne « dé mfes inalheurs; et mettôe sur ce tombeau k «rame dbnt je, me servais avec mes compa- « gnons *. »
Cette finale montre l'usage bien antique de rappeler sur les tombeaux , soit les marqués de la profession, soit les objets chers anx défunte pendant leur vie. Changeant de pays et d'époque, on retrouve le même usage en Sicile : le tombeau d'Archimède, qui fut découvert parCicerbu lorsqu'il était questeur dans cette île, i3rouve que dés le temps <lu célèbre mathématicien, on avait coutume de mettre sur les tombeaux les différente attributs ou les instruments dés arts que les dé^ funts avaient exercés. Celui d'Archiméde avait une sphère et un cylindre.
Les sépultures grecques d'Athènes, de Corinthe, de Sicyone, etc., étaient hors de ces villes.
» ViEo., Mneid.^lih, ti.
' H^n^^ Od^s$ée.-
Les catacombes ou hypogées des Grecs étaient , pour la plupart*, des espèces de cayeaux artificielleinenC voûtés et revêtus de maçonnerie, où diverses familles avaient leurs tombeaux et compartiments exclusi&, dont le droit était même consacré dans les archives publiques ; la ville de Smyrue eu a fourni bien des preuves. Des imprécations y étaient souvent exprin^ées contre le violateur évétatuel de ces tombeaux; par exemple : ^u^il s*auire tindignalion, dlsU ( la protectrice des tombeaux)!.. Qu'il soit précipité dans le Tortarcy et qu'il soit privé de la sépulture /... eic.
Les urnes cinéraires étaient d'or , d*argent , de cuivre, de porphyre, de marbre, d'albâtre ou de terre cuite; ces dernières étaient celles da peuple, conséquemment les plus nombreuses, et les premières frès^rares. Le mot d'urne ne s appliquait point exclusivement aux formes de vases, mais encore à des sarcophages oblongs y ou carrés , dans lesquels on pouvait étendre soit les corps, soit les ossements disposés suivant leur place naturelle , ou bien à des espèces d*autels, de cippes, etc. Les formes en étaient très-variées, comme les ornements. Cependant il est bien permis de réserver à ces derniers objets les noms spéciaux de sarcophages , d'autels , de cippes , etc.
Les tombeaux extérieurs des Grecs présentaient ordinairement des formes plus hautes que longues et larges, et généralement plus simples
HISTORlCO-MOirUMEirTALES. 4^
que celles des Romains,* leurs somptueux imita*teurs. Les inscriptions grecques étaient longues, contenaient plusieurs phrases, on des allocutions relatives à la famille et aux qualités des dé*funts; c'est du moins ce que prouvent les marbres d'Oxford^ les descriptions et les citations liom<breiises de Montfaucon et d'autres antiquaires instruits.
Il y a , près de l'ancienne Pella , capitale de la Macédoine, à une lieue de^Jenidgé^ un tumulm actuellement ouvert^ dans lequel M. Barbié-du- Bocage fils est entré afin d'en reconnaître l'objet, la forme et les dimensions, et de savoir si ces tertres, ordinairement oblongs dans ce pays, furent, comme on l'a prétendu, des buttes sur lesquelles . les Turcs arboraient l'oriflamme de leurs armées, ou bien des tombeaux antiques. M. Pouqueville en relate la description ^.
« Le iumulus de Pella , dans lequel nous péné- «c trames par un trou, pratiqué au midi , présente cr une galerie de 29 pieds 4 pouces de longueur « sur 6 pieds 8 pouces de largeur,- qui aboutit à cr deux salles carrées et parallèles, dont l'une est « presque détruite par le trou servant d'entrée , <c et l'autre par une ouverture pratiquée au centre < d'un mur épais. Nous continuâmes à descendre « vers un second corridor , par une pente rapide
' PouQUEv., Voyage dausia Grèce, t. u, ch. 69, p. 4^4*
490 RFCHFRCHES
<( tracée sous une voûte qui aboutit à une galerie '( horizontale de 5^ j)ie(is 4 pouces, sur 10 pieds « 8 pouces de largeur, où nous vîmes deu-x niches <c (|ui ne nous laissèrent plus de doute que les c( galeries et les caveaux surmontés de buttes en a terre étaient des lieux consacrés aux sépul- « turesi Lue troisième passe nous donna entrée (( dans une; dernière salle voûtée en cintre, de « j3 pieds 4 pouces sur ii pieds de diamètre de «.Test à Touest. Comme ces souterrains avaient cf été visités, nous n'y fîmes aucune découverte; (f mais il est probable qu'en fouillant ceux qui « sont restés intacts, on y ferait quelques décon- <( vertes importantes. »
M. Pouqueville donne encore la description d'un tombeau exécuté en Grèce, à une époque sans doute moins reculée; l'exemple est pris dans ini ancien cimetière des Romains, à Nicopolis '.
« Chaque sépidture, revêtue d'une maçonnerie if en briques, et pavée au fond, présente un enu caissement disposé pour recevoir le corps, en « offrant un oreiller avec un trou destiné à en- « caisser la tète. Au-dessous, le moule s'élargit <( pour embrasser les épaules; il présente ég^ale- « nient la place du bassin et une dépression pour « permettre aux pieds de rester dans leur position « verticale. Des dalles de pierre recouvraient
Peu oi » \ . , \ ()Vi»i;r tlans hj Grôcc , t. ii;, ch. H >, |>. 18.
HISTORIGO-MOmiMCtfTALES. 49 ^
«t cette couche funèbre, dan» laquelle^ leicadawe «c se trouvait ainsi scellé^ sans étna presaé par ie. «remblaiement^ vœu qu'ofi expriitiait en fiou-* « haitant aux morts que la terre leur (ùt légère» 9 {SU tibi terra levts!)
Lr'usage, en Italie,, eat -aussi dp: maçonner • fft) briques rintérieur dés .tombeaux , mai» ordinal* remeoc avec des parois simples. adnfiettaat une bière unie, c'est-^àtdire une enveloppe im;ompressible du cadavns. Les.boUes; ou cercueils, de raondies égyptiennes sont cotitoiirpéea suitantr les formes principales du corps; le dessjUftseul est plat. . •
Chez les Grecs et ches -les Rfcmiaiiis l'usage était de la^er d'abord le* corps, de Toindre de parfiipns et de le revêtir de ses plus beaux habits > avant de le transporter j^ur ]». bûcheri Cet Msag^ était d'autant m^Ueur, que chez \^^ prf rpiem, notamment, on ne procédait point avant le neHvième jourià la sépulture. On a vu, plus bautf que le corps d'Hector fut porté au bûcher 1^ dixième jour, et que ses cendres furent iî^cimUlies k onaième. lie* corps! d.' Achille, suivant Hor xnere, fut gardé pendant dix-sept }Ours« Cependant il est péohable que le.vulgaice était inhumé pçu de jours après la mort , et simplement SQUS te^e , ce que prpuive l'inscription relatée par CalUipaque, Euripide et Tibulle, dont le. sens ^U^t • Que la urre vous soit légère!
49'! HECHKRCnF.S
d'abord on les inhuma; mais la terre n'étant pas toujours un asile inviolable, les bûchers furent établis. Cependant plusieurs familles conservèrent Tancien usasse. Le dictateur Sylla est le premier de la famille Cornelia dont le corps ait été bruIé ; il le voulut ainsi, craignant pour lui-même l'exlamiatiou qu'il avait ordonnée au sujet de C. Marins ^ Il parait que fusage des bûchers fut supprimé par le code Théodosien. On sait que les ossements restés au bûcher, avec les cendres contiguès, étaient soigneusement recueillis et déposés dans des urnes, des tombeaux ou des catacombes. C'étaient les plus proches parents qui recueillaient ces dépouilles mortelles; aux funérailles des empereurs, les consuls ou les premiers de l'Etat étaient charfi^és de cette fonction. Les Romains appelaieiït ustriniim (du verbe latin ureiCy adj, ustum) le lieu et l'enceinte ordinaire où l'on brûlait les corps. La loi romaine des Douze Tables défendait non seulement d'ensevelir, mais même de brûler les corps dans la ville.
Tibulle, en décrivant les funérailles qui devaient lui être faites, rappelle expressément la plupart des cérémonies usitées : « Quand je serai « devenu ombre, dit-il, tandis qu'une flamme (( noire consumera les chairs qui couvraient mes
Pi. IN., Hi\t. nat,^ I. vu, c. r");*».
HISTORICO-MOHITMENTALES. ^93
deuil de la patrie : Périclès , lui-ioéme , prooonça l'oraison funèbre des Athéniens morts à la gueore pour leur patrie ; Platon et Plutarque mentionnent cette coutume, chacun pour son pays.
Je n'ai point entendu généraliser chez les Grecs, encore moins dans l'Asie , la coutume de brûler Jes corps. Le récit du convoi funèbre d'Alexandrele-Grand ne parle aucunement de bûcher. L'histoire si connue, ou peut* être la fiction critique de la matrone d'Éphèse , semble prouver que dans cette contrée de l'Asie on ne brûlait pas les corps; autrement la matrone n'aurait pu substituer celui de son époux 4U pendu confié à la garde de son amant.
SliPCtTUBES DES ROMAIKS.
Les Romains, sans doute à l'imitation des Grecs, célébraient fréquemment des jeux funèbres : on cite, entre autres, ceux donnés en •l'honneur de leur père par le fils de M. iEmilius Lepidus et par Jules-César. Ces jeux étaient suivis de festins publics. Dans les pompes funèbres des grandes familles romaines, on portait les images et même les figures modelées en cire des ancêtres ou des personnages qui les avaient illustrées.
La coutume de brûler les corps ne fut pas, chez les Romains, une institution des plus antiques -
496 RBGHSRCHES
ses sépultures dans une ùéme enceinte murée ; en voici la preuve , tirée d'une inscription découverte y Tan 1 699 , à Porto (m porta Romano) , à dix ou douze milles de Rome , laquelle porte textuellement, en caractères usités : « Aulus-Caeseo- « nius-Herroa , fils de Gallus , Aulus-'Caesenniusa.Italicus, Gesennia-Erotis , affranchie de Luctns, ce femme de Cœsennius-Herma , ont fait, pour (c eux 9 pour leurs affranchis et affranchies, et a pour leurs descendants, un sépulcre clos de a murailles , qui a , de front , CGC pieds , et dans a le champ XCYI pieds^ ce qui £Biit nnjugère. »
Donc le jugère = 3oo x'96 pieds romains =r !i8,8oo pieds carrés; voilà une donnée nouvelle.
Les Romains ont grandement appliqué Vardii* tecture et principalement la sculpture à leurs tombeaux. J'ai cité les mausolées d'Auguste , dUadrien , des Scipions, des affranchis d*Augii5te et de Livie, de Cecilia -Metella , et la pjrramîde de Caîus-Cestius. Je développerai quelques autres renseignemeiits sur le même sujet.
Les mausolées circulaires d'Auguste et d'Hadrien et le Septizonium de Sévère étaient d'une magnificence extraordinaire. .
Le mausolée d'Auguste ,. suivant Strabon, était orné jusqu'au sommet d'arbres verts, qui s'élevaient de terrasse en terrasse, au point culmi* nant; et la statue d'Auguste, son urne cinéraire et
HlSTORIGO^tfONUMBNTALES. 497
ceUes de sa fiiinilte: Il en reste quelques ti^aces prèâ de la rive gauche du Tibre.
Le mausolée d'Hadrien ^ encore plus considérable 9 était phis richement orné de colonnades su* perposées et de statues.On a employé quatre-vingts de ses colonnes dans Ftntérienr de la basilique de St^-PauI'-hors-les-murs, dont une moitié, plus gnnde que Tautref, provenait sans doute d'un rang inférieur du mausolée. La base de ce vaste mcmument s'élève encore et sert de tour défensive aa château St-Ange , sur la rive droite du Tibre. Les deufx mausolées d'Auguste et d'Hadrien, situés presque en face l'un de l'autre, devaient produire un aspect bien majestueux.
Quant SLiiSeptizonium , ainsi nommé soit à cause des- sept étages ou. zones dont il était, dit«on, corn* posé, soit à canse de son érection par l'empereur Sqptnn&Sévère , il n'en reste plus de traces, les damiers débris ajnemit été démolis, pour cause de sâveté publique, sous le pontificat de Sixte Y. Le pha en était carré ; l'élévation est i> peu près inconàue. Ce monument était situé à droite de la voie Appienne , dans l'enceinte de Rome. •
Le tombeau de Cecilia-Metella , fille de Quintus
Creticus, et femme de Crassus, est un des plus
grands de la campagne de Rome. Il renfermait
une urne ( sarcophage ) trèsrbelle et très - ornée ,
qui fut transportée au palais Farnèse sous le
pontificat de Paul III. C'est une large tour
49^ Rtcirmcni-s
ronde, sur un stylohate ou vaste piédestal carré.
On cite encore le tombeau semblable des Plautiens, et celui de Lucius-Munacius-lMancus , de Gaëte , consul, censeur et empereur iteràni^ et septemvir-é|)ulon.
llomeetNaples avaient aussi leurs catacombes: ce sont (comme les cryptes parisiennes) d'immenses galeries creusées pour Textraction des pierres ou de la pouzzolane. On assure que ces labyrinthes souterrains ont servi de retraite aux chrétiens contre la persécution des premiers siècles de notre ère, et (pie ce sont eux qtii ont formé les nombreux tombeaux qui sont incrustés dans les parois des galeries.
Les sarcophages romains , de forme quadrangulaire, sont ({uehpiefois divisés en plusieurs compartiments sur leur longueur intérieure, dans un même bloc de pierre, afin de juxta-poser les restes de dcnix époux oii de divers membres d'une même famille. On a trouvé dans quelques tombeaux des toiles d'amiante ou dasbeste, qui sans doute avaient servi à la cérémonie du bûcher, pour isoler et conserver les cendres particulières du défunt.
Les urnes romaines étaient ordinairement sur dfs lignes horizontales et verticales, symétriquement rangées dans des niches profondes, nommées par les Latins colunihdviœ à cause de leur aspect analogue a l'intérieur d'un colombier"), et
HISTORICO-^MOIfUMENTALES. 499
portaient de courtes inscriptions. Il y avait souvent plusieurs urnes dans une même niche. La plupart de ces niches étaient formées en plein -cintre sans piédroits. Beaucoup d'urnes étaient enchâssées dans la maçonnerie, sous le plan horizontal de la niche, ou bien en faisaient partie; car on ne voit en saillie que le couvercle de ces urnes « qui probablement étaient de terre cuite ^ du moins le plus grand nombre. On a découvert plusieurs de ces sépultures eu columbaria , sur l'ancienne voie Appienne, non loin de Rome ; une , entre autres, magnifique et très - régulière , contenant les urnes cinéraires des officiers , des affranchis et des esclaves de la maison de Sextus- Pompée, avec toutes les inscriptions bien conservées. Montfaucon , d'après Bartoli , en a donné le dessin dans son Antiquité expliquée <.
On laissait souvent un trou sur le couvercle de Turne ou du sarcophage , afin que les larmes des parents ( j'exclus celles des pleureuses à gages ) pussent tomber sur les cendres du défunt. Les premières larmes étaient recueillies dans de petites fioles de verre ou de terre cuite , nommées lacrjmatoires ^ que l'on déposait dans les tombeaux, où Ton en a trouvé en grand nombre et d'une grande variété.
• MoNTFAuc, Antiq. expl., t. v, première partie, pi. xvi.
5oO RECHERCHES
Tacite représente d'une manière intéressante la veuve de GrernsianicttS (Agrippine) , à son retour de Syrie, débarquant à Brindes avec ses deux enfants, l'urne funéraire de son époux entre les bras ^.
Les inscriptionâ s^ulcrales des Bomains ne le cédaient point en longueur à ceUe$ des Grecs; en voici deux exemples, qui ne manquent pas d'intérêt, la première rapportée par Gruter, et la deuxième par Montfaucon *.
a Marcus-LuciusrFloruB, fils de M. Floms, petit- <( fils de MarcuSfLuciu^Florus, très-infortuné père, (c ayant Jb corar percé de dixileur , par un ordre <r renversé de la nature a inhumé ici son fils uni- « que 9 qu'une moitt importune lui a enlevé, 1« « ôtant le bâton de sa vieillesse, et la consolajti<m ff qu'il espérait en recevoir pendant le peu d'an.et nées qui lui restaient à vivre , ^ la.mort l'enlève ccr lui-même avant qu'il ait mis fin à ses larmes. »
tf A Tite-Âgathocle t affranchi d'Auguste , duu^é (c de la gard)e4robe.(à vesie) de Tile,. césar et empe- « reur. C'est l'infortunée JuUe-My rine^ sa fiancée, et « al&anchie du même maître , qui a fait exécuter « ce monument. »
De pareils sentiments et leur expression nu feraient point honte aux modernes^
■ Tjjux.^jÙwoI.^ lib, lu.
* Gruter, Inscript., p. 684 — • Mon tfauc. , Andq. expl., siippljém.y t. V, liv. II, ch. ix.
HISTORlCO^MOnUMElf T A LF.S. -Soï
Les inscriptions sépulcrales ont donné beaucoup de renseignements précieux , concernant les institutions, les dignités, les fonctions, les eni«> plois , les arts et les métiers des anciens. Yeut^-on satis£adre sa curiosité dans le genre si varié des monuments et des inscriptions funéraires, il suffit de recourir aux ouvrages spéciaux de Gruter ( InscripL)y Muratori {D/uow Tesoro)^ Maffei (Museo f^erùn.)jSpon (Miscell.), Fabretti (Inscript.)^ Boissard {jàntiq. rom.)^ Montfaucon {Ântiq. expL); enfin , j'ai relaté un grand nombre d'inscriptions romaines de ce genre , comfrae exemples de st jle , d'interprétation, d'usages, etc., dans un mémoire sur les inscriptions lapidaires , appendice , ou tome m de mes Sotwen. poljrtecfm.
Tdx déjà fait observer, en parlant des Étrusques, que leurs urnes sépulcrales , c'est-à-dire leurs sarcophages , représentent des combats sanglants donnés en l'honheur et à l'occasion de funérailles. La sculpture étrusque nous a transmis, par les HKmuments de ce genre , des renseignements certains sur les costumes et sur les usages guerriers de ce peuple antique. Montfaucon a reproduit plusieurs de ces monuments, sans en donner aucune explication '. Cependant ils présentent pres^ que tous des inscriptions en caractères nationaux
* MoHTrAUcoir, Antiq. expl., supplém., t. v, liy. 6, pi. xliy,
XLt, XLVI, XLVIl et XLTIII.
5oa RECHERCHES
(étrusques)^ mais indéchiffrables pour cet antiquaire', à bien plus forte raison pour moi; je les mentionnerai sommairement, d'après les dessins tirés du cabinet du cardinal Guàlteri.
Un jeune homme , couché sur son tombeau, tient d'une main une patère au fond de laquelle est une boule. Le devant du sarcophage représente un combat à outrance de gens à pied, armés de boucliers et dé glaives à un seul tranchant.
Un autre jeune homme, appuyé sur des cous* sins , tient aussi une patère semblable. Le devant du tombeau représente le combat d'un cavalier monté , terrassant et menaçant de sa lance un fiintassîn qui essaie de se défendre avec son glaive et son bouclier.
Une femme, presque couchée, est appuyée sur des coussins. Ses cheveux sont arrangés en tresses d'une longueur extraordinaire. Elle tient à la main droite un petit vase ( de parfums probablement) qui parait fermé. Le bas-relief antérieur du tombeau représente deux guerriers armés et casqués , en présence d'une victoire ou femme ailée tenant un glaive. L'un de ces guerriers tire d'un puits un homme à tête de chien (espèce d'anubis) attaché par le cou. Ce premier tient la corde, et semble menacer de son coutelas l'autre guerrier qui parait aider l'homme allégorique , en lui tendant la main et se couvrant de son bouclier. Un autre
rf\
niSTORIGO-MOirUXElfTALBS. 5o3
homme est comme renversé sous chacun des guerriers combattants.
Une femme, dans une attitude semblable à la précédente, tient en sa main di*oite une patère allongée. Le bas-reUef du tombeau représente le combat de deux guerriers armés de casques et de boucliers ronds , dont l'un a renversé l'autre et lui plonge son glaive dans le sein. Deux femmes ailées semblent éclairer la scène de leurs flambeaux , chacune de son côté.
Un jeune homme , coiffé d'une espèce de turban, à demi nu et la tête voilée, est incliné, comme les précédentes figures, sur des coussins. Le bas-relief représente le sacrifice d'un bélier et d'un chevreau au-dessus d'un autel flamboyant. T^es sacrificateurs paraissent des guerriers. Trois musiciens jouent de la flûte double, des cymbales et du tympanon.
Une femme est étendue et comme endormie, enveloppée dans ses longs et larges vêtements, sur un tombeau dont le bas-relief représente le combat d'un homme entièrement nu, à une ceinture près, se défendant seul avec un soc de charrue contre trois soldats armés de glaives et de boucliers ronds.
Enfin un homme, semblablement placé sur son tombeau, nu jusqu'à la ceinture, la tête couronnée de feuilles et d'un voile léger, comme les sacri- 6cateurs , tient à la main droite une patère ;
5o4 RKCUERCHES
deux tresses longues et grosses descendent du derrière de sa tête sur le devant du corps. Le basrelief antérieur représente aussi des combats , où l'on voit des guerriers armés de glaives , les uns avec des boucliers ronds, les autres avec des peltes; deux jeunes fdles ayant les bras liés semblent être le prix ou le sujet du combat. Cette scène paraît ne rappeler que des jeux ou combats simulés. {Ludi^ dérivé de Lydi^ exercices lydiens).
SÉPULTUKKS D1£S GAIILOJS, DES GERMAINS, ET AUTRES
PELPI.ES SEPTENTRlOiVAUX.
César, dans ses Commentaires, dit que les funérailles des Gaulois étaient pompeuses; qu'ils jetaient dans le bûcher tout ce qui avait été cher au défunt, sans en excepter les animaux; et que plus anciennement on sacrifiait aussi ceux des serviteurs qu'il avait le plus honorés de sa fatale prédilection '.
On a trouvé fréquemment dans les sépultures gauloises, en France, des haches dont le tranchant était d'uni» pierre dure (jade, basalte, silex, etc. ), placéc^s sous la léte des squelettes. Les tombes étaient ordinairement formées de cinq
^CfS. ('(irnincnl. Dr Betio Ca/Zico, Uh. vi.
HISTORiCO-MOHIlMtlfTALES. 5o5
à six pierres bmtes, disposées en manière de caisse. On y a trouTé quelquefois des pointes de lances et de flèches en os , ou en corne de cerf.
Montfaucon parle de plusieurs statuettes ou petites figures en terre cuite, trouyées dans des sépultures gauloises, et qui , entre autres , représentent une femme tenant un ou plusieurs enfants sur son giron, assise dans un fauteuil tissu de jonc ou d'osier. L'une portait cette inscrip-^ tion : is POROK , que ledit antiquaire présume grecque, quoique les lettres soient latines; il conjecture donc que ces mots peuvent être là pour eis poron {adiransiium ), c'est-à-dire pour fiiTorlser le passage de l'ame aux enfers. Il s*apptiie sur ce que les Gaulois , dit Jules-César, employaient les caractères des Grecs \
Les Germains, dit Tacite (^ Moribus German.)^ faisaient sans beaucoup d'apprêts leurs funérailles. Seulement on employait une espèce particulière de bois aux bûchers des personnes de distinction ; on y jetait tout simplement le corps avec son armure, et quelquefois avec le cheval de bataille du défunt , et le mausolée n'était qu'un tertre (tumulus) de terre recouvert de gazon. Cest à la manière des Germains que l'empereur Germanicus éleva un vaste tumulus aux restes des troupes de Yarus, six ans après leur déÊdte en Ger^
' lioirtrAuc., Auliq. expl., supplém., t. v, Uv. 7ych. l
5oO RECHERCHES
manie; il y mit le premier gazon ^ On connaît la douleur inconsolable d'Auguste qui faisait retentir son palais du cri : l'arus ! rends-moi mes logions.
Suivant un mémoire de ]\I. Scliumacker, bibliothécaire du czar de Russie, publié concernant les objets d'antiquité qui furent découverts en i^ai au pays des Calmouks , situé entre la Sibérie et la mer Caspienne, à Porient du Volga, on trouva dans les tombeaux et dans des grottes toutes sortes (rustensiles et d'ornements propres tant à leur culte qu'aux usages particuliers, savoir : des haches, des couteaux , des vases, des urnes, des lampes, des boucles, des bagues, des figures d'hommes et (ranimaux, en bronze, en or et en argent, de façons différentes. Tant d'objets travaillés annoncent une industrie variée, et des coutumes analogues à celles des contrées les plus éloignées.
Hérodote fait la description des funérailles sanglantes et hideuses des rois scythes. La barbarie de ces peuples consommait , à cette occasion, des sacri(ic(\s nombreux d'hommes, de femmes et d'animaux. Je n'offrirai point les détails de cet usage abominable, pour lesquels on peut recourir à l'historien lui-ujéme [Mclpom, ^ 7'^ ), ou bien à
Pri/injm^ cxtriiendo tuf/iulo, rcspUrm (^Vr^v^r (Gornianicus
/)OSf(Ù.
.Tacit. Annal.^ lih. i, c. 62.)
HIST0RIGO-H01fUM£lfTAL£S. 507
Montfaucon, qui les relate dans son jântiquUé eX' pliquée (t. Y, seconde partie , liv. i , chap. 6.)
Les peuplles septentrionaux , Scythes, Sarmates, Girobres) Danois, Germains, Bretons, etc., u^élevaient pour sépulcres aux rois^ princes et autres personnages de distinction , que des monceaux de terre plus ou moins considérables. J'ai relaté des exemples du même genre sépulcral chçz des nations plus riches et plus policées , telles que les Grecs et les Lydiens.
DléDICACES FUNÉRAIRES
Sub ascia.
Dans la Gaule dite Braccaia, on a découvert un. assez . grand nombre d'inscriptions sépulcrales , terminées par ces mots, souvent en abrégé : sut ascia dedicayit. Un instrument à fer recourbé vers le manche se trouvait quelquefois incisé sur la même pierre que l'inscription. On a beaucoup disserté pour fixer le seil^ de cette formule. Le P. Ménétrier, Dom Mabillon, Fabretti, Montfaucon, D. Jacq. Martin, les mémoires de Trévoux (mai 1 7 1 5) , ont émis des opinions dif£érentes à ce sujet, qui reste encore dans l'incertitude. Le doute principal résulte de la signification véritable du mot ascia j que ces auteurs ont diversement traduit par les mots français hache, doloire, houe
5o8 RKCHERCHES
et gâche. Vitruve nomme ascia un instrument à gâcher la chaux et le mortier; il dit, en pariant de la préparation du stuc et des enduits : sumatur ascia^ quem ad moclum materia dolatur\ sic cabc in lacu macerata ascietur^ etc. (Arcfiit., 1. VU, c. i,^] Une des lois romaines des Douze-Tables portait;
Rogum ascia ne poleito.
Les uns ont déduit de leurs interprétations particulières, que cette formule sub ascia était une sorte d'imprécation , de menace capitale contre quiconque oserait violer la sépulture. Les autres ont jugé que c'était la dédicace faite du tombeau aux dieux mânes, en y appliquant la première truellée ou gâchée de mortier, lorsque ce tombeau devait être maronné, comme on le pratique encore de nos jours, à la pose de la pierre fondamentale des monuments publics. D. Jacq. Martin, Tauteur de La Religion des Gaulois^ ^ fait dériver le mot ascia du grec asko ou askeo ( travailler, cultiver, opérer) , et celui de poleito y du grec/>>o/c'o( labourer, faire des sillons, remuer, travailler la terrej. Cette signification est d'ailleurs adoptée par \vs Latins : Polire agruni ( labourer , cultiver un champ').
En conséquence , Rogum ascia ne poleito
' RcMl;. (1(,'s (iaiilois, l. ii,liv. j, ch. 6.
H JSTORICO^MOn UM ENT ALES. 5o9
devaîl éUre* une loi contre la pro&nation , par Vasda , des tombeaux , des lieux de sépulture, des bûchers et de leur emplacement. lla$^ du serait; donc un instrument aratoire analogue à celui que, dans le Languedoc, on nomme aêsû' dos ou aUuvlos. Ainsi le sub ascia n'étant, ni Tioaprécation , ni la cérémonie fondamentale ^ ne serait-il pas simplement une formule qui met la sépulture en même temps sous la protection des dieux mânes et des, hommes, c'est*à-<Ure sous la loi prohibitive des Douze-Tables. Le plus savant de nos antiquaires , Montfaucon , s'est abstenu de prouoncer à ce sujet; je puis bien n'être point affirma tif; Dans tous les cas, cette formule n'est point d'origine purement gauloise; c'est, comme on le voit, du gallo-romain.
XOirUMEITTS CELTIQUES ou DRUIDIQUES, AAMORICAIII S.
On Yoit en Bretagne plusieurs monuments de l'espèce des tumuli , qu' on fait remonter à la plus haute antiquité ; ceux-ci diffèrent d'autres élévations artificielles en pierres rapportées. Non loin de Vannes y dans la presqu'île de Hhuis ( ancien pays des Fenètes , peuple jadis très-puissant sur la cète océane ) , il y a un vaste tumuku , ou du moins réputé tel , et connu sous le nom de butte de Tumiac '. Sa forme est celle d'un cône ter-
' A moins que ce ne soit «De de oes mo«r«f seigneuritles îndi^
Sia H£CH£RCHES
tables)i les men^hin (pierres longues) % el les crom' lec'hs ou croum-lec^hs (lieu^ enceinte courbe). Ces monuments^ ipii ne prouvent ri^i en faveur de IWty tout bruts qu'iU se présentent, ont aossi leur mérite colossal et le grandiose de Tensemble. Leurs masses énormes supposent un travail im* mense de force , de patience et d'adresse. MM. de Caylusy La SauVagère , Robien, La Tour-d'Auver* gne ( le premier g;renadier de France ) , Cambiy, Mahé, de- Penhouët, de Frémenvilie^ etc., ont écrit ou publié différents mémoires et notices t ce suj^« Ces antiquaires sont plus ou mpins dîssi* dents;, à mon avis « le dernier parait avoir le mieus observé , le plus fidèlement décrit et représenté ces moniuneats curieux. Je dois me borner ici k la desçripUpn sommaire des^ dol-rhensj des menfur^ et des crom4ec*h$.
I ^ — Un: dot^men coiasisAe ordinairement en une pierre brute , énorme , souvent en plusieurs , po sées borisontalement sur d'autres pierres égaien^ent brutes ^ dressées verticalement suivant deux lignes parallèles réunies d'un bout par une troisième ligne d'équerre« Le nombre de ces gros supports varie presque partout; il y en a qui for» ment .une enceinte oblongue , plus ou moins piolongée , mais comme fermée d'un bout et toujours ouverte de l'autre. Il est rare que l'on puisse , du
p M r - r ^ -i II" --| i- Il
* Le vrai mot celtique est maen (pierre, roche.)
moins actuellement , se tenir debout sous ces grossiers et mystérieux portiques.
Il parait certain que les doUmens étaient destinés à Taccomplissement de cérémonies ostensibles du culte druidique en présence du peuple assemblé; que c'étaient des espèces d'autels où montaient les. j>rétres, pour haranguer la multitude, et sur lesquels ils consommaient le sacrifice des victimes, humaines ou autres, consacrées à la divinité, >M. de Frémenville cite , à Fappui de cette assertion , le nom celto ^ breton , en dialecte de Vannes, que portent les doUmens de Manè-roc^h" ier^ près de Crac'h, lequel sigoifie : butte ou col* Une des pierres redoutables; on conçoit, eu effet, le religieux effroi que devait inspirer ce culte sanguinaire '.
Un des plus beaux dol-mens de Bretagne se trouve contre ix>cmariaker, dans le Morbihan , et se nomme Men ^ar- groah ( pierre de la Vieille ), c'est-à-dire de la Fée, sans doute de la Druidesse. U a ao mètres au moins de long, et son intérieur est divisé transversalement en deux espèces de chambres. La plate-forme supérieure est composée de SIX pierres en partie dérangées, dont une seule a 1 1 m, 60 c. de long.
Près de l'entrée dif golfe du Morbihan se trouve
* Ds FaiMBtffiLU, Andq. de la Bretagne. (Morbihan^ première partie, p. 17.)
lin autre dol-men iiominc les Pierres plates. Ce monument très-ourioux, et bien conservé jusqu'à nos jours, a été récemment détruit. Le chevalier (le Frémenville en a iieureusement donné la description et les dessins , lorsqu'il était encore intact '. Il présente une sorte de galerie , courte , inflécliie en arc vers l'une de ses extrémités , et lorniée de deux rangs parallèles, chacun de quatorze pierres verticales, laissant du jour entre elles et soutenant une plate-forme composée de quatorze pierres plates, jointives et posées transversalement. La longueur de ce dolmen est aussi <le .io mètres au moins. L'extrémité arquée est ouverte, l'autre est comme fermée par une grande pierre plate sur champ. Cinq des supports, à des intervalles iriéguliers, présentent du côté intérieur des caractères ou hiéroglyphes druidiques bien marqués : entre des bandes symboliquement contournées, ou voit des ronds et des croissants sciilplés en relief, et qui doivent faire allusion aux deux nrincipales lumières du monde. Sous la petite chambre du fond on a, dit-on, trouvé une rotule
humaine.
On ])eut citer encore, entre les nombreux dolmens du Morbihan, ceux de Mont - Heleu , A<i Locmariakcr, de Ker-Cacloret-er-Call, etc.
■ Uk luhMF.NviLi.K, Anli.]. lie la Bretagne. (Morbihan, pre-
HISTORICO-MONfJJIfBNT\L£S. 5 I 5
Le premier se trouve au pied de la tombelle déjà mentionnée de Moni-Heleu^ près de Locma* riaker. II est composé de pierres énormes ; Tîntérieur est divisé en deux compartiments par des blocs transversaux. La plate-forme a 8 mètres de longueur sur 4 mètres 5o centimètres de argeur, et o mètre 80 centimètres d'épaisseur , d*un seul bloc , mais rompu sur place en deux parties.
Le grand dol-men dé Locmariaker^ vulgairement nommé la Table de César^ qui ne fa certainement point fait élever , est actuellenîerrt mutilé; il ne montre plus qu'une table brute ou pierre granitique d'environ 6 mètres sur 4 mètres de largeur et 1 mètre d'épaisseur , encore est-elle évidemment diminuée dans sa longueur, c'est-à-dire rompue d'un bout. Ce dol-men n'a pas moins de a mètres 60 centimètres de hauteur totale. On y a trouvé, dans les fouilles , quelques fragments de vases grossiers, une petite hache de pierre, avec du fil d'or assez bien conservé $ on assure que cet objet d'art mécanique est eu la possession de M. Renaud à Âuray.
Le dol-men de Ker^Cadorei-er-Gall , près* de I^cmariaker, présente un intérêt particulier -dans sa dénomination celto-bretonne qui signifie soit la demeure de Cadoret-le-Gallois (le Gaulois), soit le siège d'habitation du Gaulois. C'est l'interprétation donnée par le chevalier de Frémen-
5lG RECIT KRCHKS
ville*. La plale-forme de ce grand dol-men, composée de trois pierres énormes, a 9 mètres de longueur sur 3 mètres de largeur.
Dans le département du Finistère, non loin de St.-Pol-deLcon, au sud de la ville, entre le ma' noir Kerangouèz et la niétairie de Ker-Yvin , on voit iMi dol-men (autel drui(li([ue) ayant 6 mètres de lorïg sur si mètres (io centimètres de haut extérieurement. Sa plate -forme est conposèe de deux pierres très- massives. On en voit un autre plus considérable, près de la route royale de St.- Pol à Roscoff et du manoir de Reravel , dans un cliam|) qui en tire son nom [Parc-ar-Dol-men). Mais ce monument est en |)artie dérangé et prescpie enfoui. On y remarque, sur une des pierres de la plale-forme, une cavité faite pour déverser le sang des victimes. En fouillant au pied de ce dol-men, oii a trouvé, dit entre autres antiquaires le chevalier de Frémenville ^ , une lame dVpée en airain, mais entièrement oxidée et réduite en fragments; une hache aussi d'airain, de o niètre i5 centimètres, avec un coin creux, orné de cannelines, et garni d'un coté, à la partie supérieure,^ d'une petite anse. Ce geine d'ustensile, dont on
* Supposant que cadorct ne fût pas un nom propre, ce mol sii^nifierait si('i;e, et ker~cadorat lieu du siège ou d'habitation.
' Anlifj. de la Bretagne. (Finistère.)
HISTORIGO-MONUMENTALES. 5 1 7
ignore Tubage, se trouve sous différentes dimensions, depuis o mètre 06 centimètres jusqu'à o mètre itf centimètres de long, et quelquefois en un certain nombre dans les fouilles de l'espèce.
Vers Plonéour-Trèz , au nord de Lesneven , il y a plusieurs dol-mens, un, entre autres, bien conservé, ayant 6 mètres 5o centimètres de Ion* gueur. La table supérieure est formée de deux énormes pierres dont la plus grande (mesurée par le chev. de Frémenville) a 4 mètres de long sur autant de large, et o mètre 64 centimètres d'épaisseur. Elle est supportée par six pierres verticales élevées d'environ 1 mètre 60 centimetrès au-dessus du sol.
a** — Un men-hir est une pierre, presque toujours isolée, entièrement brute, ou vierge, et dressée verticalement sur sa longueur. On en voit de colossaux, depuis a jusqu'à, ao mètres de hauteur, et dont le cube est considérable. En général, ces monuments indiquent des sépultures d'une haute antiquité. Des fouilles spéciales en ont donné la preuve. Le chev. de Frémenville, qui lésa beaucoup explorés, assure qu'en faisant creuser près d'un roen-hir, dans la commune de Plouhinec, il a trouvé à la profondeur de six pieds des vertèbres et des dents humaines, des petites pierres blanchâtres, taillées en forme d'olive, et de la grosseur de ce fruit, toutes percées d'un trou y probablement pour former un collier, avec
5l8 HKCIIMRCHES
une (le ces Iiaclies de pierre qu'on trouve fréquemment sous les moininients celtiques ^ Des crânes humains ont été trouvés quelquefois en assez grand riombie aii pied d'autres men-hirs {\c la Bretagne, et même en Kcosse , en Suède, eu Norwège et en Russie. Le même antiquaire cite, entre autres, ces passages d'Ossian :
« Vois-tu cette pierre qui levé sa tête grisâtre (( au milieu du gazon? I^à gît un chef de la race « de Diar-iniuL)^ [Deuxième chant de Tigh-rnora) (Themora).
« Nous voici près des tondjeaux ; mais où sont (( les pierres (jui désignent la demeure de nos « amis? Levez vos têtes ^ pierres grisâtres et moiis^ « sensés ; levez vos têtes, et dites-nous de qui vous (^ conservez la méuioire, etc. » (Chant de Calhluinna) ^.
Il voit d'ailleurs la destination funèbre des inen-hirs dans le nom d'un de ces monuments, près du bras de mer de laTiinité dansIejMorbilian, si toutefois telle était sa dénomination primitive; car il se nomme men-hir de K er-guei- va n \\icv\ de la |)i(Mre des larmcvs) ^; ce qui se confirme
' Aiili(j. (le la lirct.itînc. Morbihan, première partie, p. 9 1.1
'■" Anti<j. (le la lirelagiic. (Morbiliaii, piemière partie, p. 22
et 'J\.,
'Antirj. (le l.t lÎ! ('t.»L:in'. IM()r})iliaii , (lciixièm<* pai lie ,
eiKX>re par cl'autres dénominations analogues de plusieurs monuments du même genre, dans le département du Finistère, et dont je parlerai ci-après. .
Cependant, comme je Tai dit plus haut, les pierres levées avaient aussi pour objet de trans* mettre à la postérité le souvenir des grands événements, d*une circonstance remarquable, d'une victoire, d'un traité, etc; peut-être les plus hauts men-hirs^ à l'instar des obélisques d*£gypte, avaient-ils quelques rapports au soleil, uu mi culte de Bel ? .
Le Morbihan surtout et le Finistère offrent un grand. nombre de men-bir^. Le plus grand que Ton connaisse en Bretagne, se. trouve près de Locmariaker. Sa hauteur totale élait de 19 mètres; il est malheureusement renversé et rompu en plusieurs pièces. Il y en a d'autres bien moins grands dans cette partie et dans le Finistère.
Rien, dans ce genre monumental, n'est comparable à ce qu'on nomtqe vulgairement les Pier-* res de Kamac ou Carnac. Ce monument celtique étonne par son immensité, et,, pour me servir de l'expression employée par le chev. de Frémenville dans l'ouvrage déjà cité , il apparaît au voyageur comme une phalange ou cohorte, de géants pétrifiés. Il est situé dans une. vaste, lande inculte, à un quart de lieue du bourg de Carij£^c, entre Auray et Quiberon. Qu'un se figure une
5i(> HFCilERCHES
zone de ïjioo énormes pierres, ou plus, dressées v(îrlicalement et rang^ées sur onze files à peu près parallèles, dans la direction du nord-ouest au sud-est, sur une étendue d'environ 4^o mètres de longueur et '2f\ mètres de largeur. Tous les blocs sont bruts, conséquemment de formes et de dimensions très-variées; il y en a depuis i mètre f)o centimètres jusqu'à 6 mètres 5o centimètres de hauteur. Le chev. de Frémenville, qui a bien examiné ces monuments, en a doruié la description la plus exacte et la vue la plus ressem- ])lante ^ l)'a|>rès le cubage de certains blocs, il en évalue le poirjs particulier à 70 ou 80 milliers. On assure (pie le nombre de ces men-hirs était encore d'environ 4,000 vers la moitié du siècle j)récédent, sa rédriction (\st l'effet continué d'une dévastation ignorante et lâcheuse.
C.ombieu cette agglomération prodigieuse n'at-elle pas du exiger de tem|)s et de peines? Quelle matière à conjectures! Ce qu'il y a de certain, c'est (pTun pareil travail ne peut avoir été déterminé par la station éphémère et fortuite d'un camp l'oinain, comme le pensait M. de La Sauvagère. Si Ton suppose que les habitations voisines des morujments de Carnac portent encore leurs noms i^rimitifs, on pourrait se ranger, sans
' Aiilic(. (Il' la l)rcj.ii;ii«'. (Morbihan, diMixièinc pailic,
I». 2(t «r sniv., j)l. j et ■'..
HISTORICO-MONUMBNTALES. 5a I
hésiter, à* l'avis de M. de Frémen ville qui considère ces monuments comme une sorte de cimetière antique, un champ funéraire, dont éhaque pierre indique une sépulture, ou donf Tensemble est un souvenir guerrier de victoire ou dt défaite dans une bataille mémorable : en effet , l'extrémité nord-ouest des files touche un terrain tkoaiinée Menée ^ ce qui signifie mémoire, souvenir; et sur le côté sud-ouest se trouve une ferme nommée Ker^arv (lieu de la mort). Une grande tombelleou butte adjacente, surmontée d'une petite chapelle dédiée à saint Michel, est peut-être la sépulture du chef de ces guerriers.
 l'extrémité nord-ouest, la zone funéraire est terminée par un hémicycle de pierres levées , ayant quelque rapport avec les crom4ec*fis^ et qui pou-* vait bien marquer la place réservée aux druides ou chefs présidents des cérémonies commémoratives dont ce lieu devait être l'objet.
Après les monuments funéraires de Camac, les plus considérables sont ceux tSArdven et de Plouhinec. Ces derniers consistent en deux files de pierres brutes, partie dressées, partie renversées, sur une longueur de 90 à loo mètres. Dans la plaine inculte d'Ardven, se trouve une agglomération de gros blocs de pierres brutes, disposés sur neuf files serrées, comme ceux de Carnac, mais dans une longueur plus considérable, du nord au sud. On ^oit,' des deux côtés de cette zone fuïié*
5lf\ RECHERCHES
ment le chevalier de Frémenvillc, que le christianisme a revêtu de ses signes révérés des monuments païens, pour en faire oublier le culte. Cet antiquaire est d'avis, en conséquence, que ce menhir devait être Tobjet d'une grande vénération de la part des liabitanls de la contrée, soit comme objet funèbre , soit comme monument de commémoration, ou comme emblème du soleil (A/r-//2ensu/)^ longue pierre du soleiP.
Le men-hir de Plouarzel, à l'ouest de Saint- Renan, est encore plus remarquable : cVst un monolithe en granit indigène, dont la forme, quoique brute , est à peu près quadrangulaire et pyramidale; il a plus de la. mètres de hauteur et s'élève au sommet d'une colline, sur le bord d'une lande nommée Kei-Gloas (lieu du deuil ou de la douleur). Cette étymologie confirmerait encore la destination commémorative et funèbre de ces monuments celtiques. I.a position de celui-ci est telle qu'on peut l'apercevoir des glacis de Brest, à quatre lieues de distance. Il offre une singulière ])articularité. On voit sur deux de ses faces opposées, à la hauteur d'environ un mètre, mie bosse arrondie de main d'homme , qui fait l'objet d'une bizarre superstition : les nouveaux mariés de la campagne se rendent, à certain jour, au pied du men-liir, se dépouillent en partie de leurs véte-
i uh3iL;N\ ., AiUiq. (le la Brctaj^ne. (Fiiiiblère.)
HISTORIGO-MOlfUlIfE^ALES. 5a5
ments, et, l'époux d'un côté, Tépouse de Tautre, se frottent le venlre (nu, dit-ou) contre chacune de ce$ bosses, l'homnie pour avoir des enfants mâles, et la femme pour obtenir la faveur d'être la maîtresse du ménage.
y — Un crom-lec'h est uoQ. enceinte sacrée, oblongue ou circulaire , formée de pierres brutes implantées^ dans laquelle, suivapt plusieurs antiqu,aires, les druides tenaient leurs asfemblées mystérieuses ; il paraît qu'ils consacraient à ces réunions des lieux écartés, déserts, ou cachés par des forets, surtout à Tabri du trouble et de l'indiscrétion vulgaire. Daqs . la presqu'île fiiiistérienne de Kermorvan, vis-à-vis duConquet, qn Toit un crom-lec'h où le sommet oriental de la courbe d'enceinte offre i4qe pierre levée plus haute que les autres , et qui ^ 4^tis l'opinion du chevalier de Frémenville \ devait marquer la place de l'archi-^druide ou président de l'asseipblée* Dans cette presqu'île étroite, il y. avait plusieurs dolmens et menrhirs très «rapprochés ; ils ont été récemment détruits, pour en employer les fragments à de mesquines constructions*
A. deux kilomètres envin^i au nord d^ Quimper, entre les villages àt Ker^Morvan et de Ker^ Gariou^ près de la chapelle de la Mère-de-Dieu ,
> FmiMKNv., Antiq. de la Bretagne. ( Fiaistère.)
5'à6 RKCHKKCriES
on voit les tlébr-is considérables d'un crom-lecli druidique, plus long que lai-ge, paraissant avoir été denii-oirculaiie d'un bout et carré de l'antre. \ors la partie supérieure ! circulaire ; s'élevait un monument colossal de l'époque*, dont les blocs bouleversés do mains d'hommes ne manifestent plus aucune forme. (>e bouleversement date sans doute, comme tant d'autres, de l'érection de la chapelle voisine, dans la vue d'attirer vers le cnlte catholique les réunions et les hommages du paganisme. 11 y aurait peut-être lieu de remarquer lich^ntitéde nom du premier de ces villag(*s et île la pres(ju'ile de Ker-Morvan où est l'autre crom-
Si, (le la Bretagne armoricaine on passe à la Grande-Bretîigne , on y trouve aussi des men-hirs^ des dol-niens et des crorn-Iechs. Jean-George Keisler, dans son livre des Antiquités septentrioluili's^ im|)rimé à Hanovre en 17*^0, en décrit plusieurs, notamment legrou[)e deSalisbury, dont plusieurs blocs (men-hirs) ont jusqu'à vingt pieds de haut et sept pieds de large; plusieurs autres blocs sont posés horizontalement sur les verticaux, comme des espèces d'architraves; les plus grands de ces derniers ont environ seize pieds de long sur trois pieds au moins de grosseur. Ces plc^rres sont presque toutes brutes. Il parle aussi de celles (pii se trouvent vers le nord de l'Ailemagne, dans la Fris(\ la Westphalie, etc.
niSTORICO-ATONUMEKTALES. 5^7
Motitfaucon ' donne , d'après ('Anglais Inigo- Jones, les dessins du monument dé Salisbury, analogue aux précédents , mars bien singulier par sa forme et par la régularité tant du plan et de l'élévation que de la main-d'œuvre des matériaux; ce sont à la fois des men^hirs et des dolmens façonnés. Dans un cercle exact , comfîosé de' fortes pierres posées de bout par intervalles égaux, et couronnées par un recouvrement général de pii*rres horizontales ^ jointives et taillées suivant la courbure dudit cercle, se trouve un autre cercle concentrique de très-petites pierres pyramidales mises debout, lequel renferme, siir un plan hexagonal régulier, douze autres pierres plus hautes que celles du cercle extérieur et portant, cle deux en deux, un chapeau horizon^al de pierre aussi taillée. Un second contour hexagonal, parallèle au premier, touche presqiie à son parement intét*ieur; il est composé de six groupes, de trois pierres également espacées, beaucoup plus petites que les autres et sans couronnement.
Cemomiment, sans doute funéraire, qu'on n'a point expliqué, pourrait bien n'être qu'une réminiscence du genre primitif, conséquemment moins antique.
Les crom-lec'hs et les men-hirs se rencontrent
* MoRTFAUCoir^ 'Antiq. expl. , supplém., t. v, liv. 7, ch. 5,
pi. LXVI.
5a8 RECHERCHES
fréquemment dans le nor4 de TEurope, piincipalemenl: dans la Norwège , les îles du Danemark, le Jutland, les Orcades, le Schetland, les Hébrides, l'Ecosse , l'Irlande ^ le pays de Galles et la CornouaiUe insulaire; les premiers portent généralement le même nom.
La Bretagne armoricaine se ressent encore du culte antique des fontaines compris dans les dog« mes druidiques'. On y voit .un très-grand nombre de chapelles, plus ou moins anciennes, bâties près de ces fontaines sacrées, auxquelles on attribue, par tradition , des propriétés cuiativeset miraculeuses. Le christianisme fut sans doute obligé de respecter en partie ce culte profondén>ent enraciné, pour fstciliter son propre établissemenC dans rArmoriquç, et de le revêtir en quelque sorte de ses formes nouvelles et de ses rites par^ ticuliers, afin d'appliquer au vrai Dieu les hommages qu'on avait coutume d'apporter dans ces lieux. Lfs assemblées de campagne nommées par* dons fournissent de nos jours des occasions nombreiises de constater les actes superstitieux de ce reste d'idolâtrie. .
Près et à l'e^t de Lanhouarneau^ la chapelle ruinée de Lanven offre un exemple remarquable
■ Nota. Cette digression , étrangère, il est Tral, aux monuments funéraires, se rattache du moins aux usages andqucs du pays.
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d'un monument chrétien adapté au culte celtique des fontaines : les eaux de la fontaine sacrée traversant le sanctuaire de la chapelle, coulent pardessous le chœur, et sortant par une arcade ouverte à Textérieur, débouchent dans un bassin artificiel.
La fontaine de la Trinité , au village qui porte son nom entre Brest et le Conquet, est remarquable par ses trois sources, dont chacune surgit sous une petite arcade en maçonnerie; elles se réunissent dans un même bassin, lequel communique dans un second, qui s'épanche dans un troisième. Ainsi le mystérieux concours du nombre trois ^ consacré dans presque toutes les religions, s y retrouve appliqué au culte celtique d^s fontaines ; c'est aussi la remarque du chevalier de Frémenville.
On trouverait , dans le Finistère seulement , de nombreuses citations concernant les fontaines sacrées, sous l'es auspices du culte catholique, dont les unes ont donné le nom de Rerfunteun au lieu qu'elles occuipent, et qui, presque tontes , sont l'objet des pèlerinages et des offrandes de la crédulité. .
V»0 RFCriERCHES
StPrLTCRF.S DU GROENLAND.
Veut-oîi quelques renseignements sur les sépultures (lu (îrorniiuul? Si l'art n'y trouve pas d'intérèt, il en est pour le sentiment.
Le corps étant vêtu de ses plus beaux habits, avec ses boites, on lui replie et lui attache les jand)es contre les hanches (sans doute afin (pie le tond)eau soit plus court ). Le tombeau est creusé dansini endroit élevé; on couvre le fond de mousse, et |)ar-dessus on étend une peau de pho(|ue ou de renne. Lorscjue le cor|)s est dans la tombe, on le couvre d'inx* autre peau et de gazon vert s'ij s'(^ii trouve; ensuite on y entasse de grosses pierres, pour le détendre des oiseaux de proie et des n^nards. On met à coté du tombeau le fidïak (bateau de peclie), les harpons, flèches et outils du défunt.
Si c'est une femme, on lui laisse son couteau et ses aiguilles; car les morts auraient beaucoup de chagrin d'être privés de ces attirails, et le chagrin fait du mal à l(Mir ame, outre qu'ils peuvent avoir besoin de ces r(\ssources pour vivre dans l'autre monde.
Sur le tondjeau d'im enfant, on met la tête (\\\n chien ; car l'ame d'un chien, disent les Groènlanilais, sait trouver sou cIkmihu partout, et ne manquera pas de montrer au pauvre enfant, qui ne
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sait rien, le chemin des âmes'. Telles sont lés croyances des Groënlandais.
SEPULTUHES OE GEAlMTSt
Voici un autre exempte de sépultures sous des tômbelles ou des amas de pierres, pris à environ trois mille lieues du précédent, dans Thémisphère. austral: Lé narrateur du voyage de Le- Maire pour la recherche du passage qui porte son nom, entre le détroit de Magellan et le cap Horn, dit qu'en décembre i6i5, dans l'île du Roi, près du port Désiré et de la côle des Patagons, « on c( trouva sur une montagne des monceaux de « pierres, qu'on' eut la curiosité de remuer, et ce sous lesquels on vit des squelettes d'hommes a qui avaient dix et onze pieds de long ^. » Cette dimension est peut-être exagérée, quoique le pied hollandais soit inférieui* au pied français. Mais il est certain que la taille moyenne des Patagos approche de six pieds et demi de France.
Le Commodore Biron, dans son voyage de découverte, à la fin de 1764, débarqua sur la côle des Patagons, avec une partie de son équipage, pour répondre à l'invitation d'une troupe d'environ 5oo naturels. Ils étaient peints de la manière la plus hideuse, et seniblaient, dit le commodore
' La Hà&PE, Abr. de THist. géo. àe^ Voj., t xvi, p. a 36. * La Harpb, Abr. de THist. géo. des Voy.^ t. xvii, p. 108.
Vri Hncin-RcriES
initiais, rc'.'iliscr les contes des monstres à forme funnaine. Hiron estima, comparativement à sa propn» taille, (pic le ehet n'avait pas moins de pi(Mls, ce (pii ferait environ G j)ieds et den)i de l^'jance. Vn des olliciers anglais, qni avait G pieds, njanilesla une surj)iise extrême a la vue de ces colosses.
I.es Palijgons sont un peuple ih* géants; dans le petit nombre des lairopéens cpii ont G j)ieds de haut , il cm est bien j)eu dont la carrure et la grosseur di\s membres soirnt proportionnées à leur taille; ils siMublent des honniies d'une stature ordinaire, dont le corps se trouverait tout-à-coup élevé à cette hauteur e\tra()rdin;iirî\ Il n'en est pas de même des Palag<jns : (ju'on se lîguie donc 5oo géants iéunis, dont les plus petits avaient G pieds i |)ouces de France, et dont la carrure et la grosseur des njcudues répH)ndaient paifaitement à cette hauteur gigantes(jU(* ^
l/Kcriliu'e - Sainte mentionne l(*s races i^igantescpies i\//a//a/i ^ i\ Ardpha ^ àKuacirn^ iWJr/imon, elc. ; le géant pliilistin (/oliath avait ro coudé(^s I p.dtne , mesure héhraï(pu» sans doute ;j mètres (io C(MUiniel res ^ i -- |)ieds 3 pouces: ^ de
^ \.:\ nn<l«'c h('l)rair|iu' t(jiîi\ nut à o iui'Ut 5j8 /j dix- milli-
;\oir ]a notice iinale concernaul les mesures, elc, des ani-iens. j
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hauteur, et son armure pesait, savoir, le corselet 208 livres un quart, et le fer de sa lance ^5 livres françaises. On a trouvé sur différents points du globe des débris colossaux de l'espèce humaine. Sans parler du prétendu roi Teutobochus, de aS pieds, du géant Ferragus, de 1 8 pieds, on voit, dans nos annales savantes ' , qu'en 169a on découvrit près d'Angers, au bourg dé Lassé, un sépulcre renfermant itn squelette humain de 17 pieds a pouces de long, ayant d'autres corps entre ses bras et ses jambes (ses enfants peut-être) ; et dans le même lieu plusieurs autres sépulcres renfermant des corps de 10, i a et 1 4 pieds de long.
Pline cite comme étant l'homme le plus grand qui ait paru de son temps, im certain Gabbara , amené d'Arabie sous le règne de Claude : il avait 9 pieds 3 palmes romains (près de 3 mètres). On a vu, dit le même naturaliste , sous lie règne d^Auguste, deux hommes plus grands encore d'un demi-pied, nommés Posion et Secundilla, dont les squelettes furent conservés comme une merveille dans le monument sépulcral des jardins de Salluste.
Mais, au contraire, sous le même règne, on vit un très-petit homme, de 2 pieds 1 palme (o mètre 67 centimètres), nommé Conopas, fort chéri de
' Journal des savants, année 169a; lettre du P. Gentil, prêtre de rOratoîre, professeur de philosophie à Angers.
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Julie, petile-fille (l'Auguste, et une femme de la même taille, nommée Anclromeda, affranchie de Julia-Au2:usla \ IMauius-Maximus et M. Tullius, clievaliers rcmiains, n'avaient que 2 coudées(3 pieds romains), au rapport de Varron ; Pline assure en avoir vu les squelettes conservés dans des boîtes ^ Buffon ne doute pas qu'il n'y ait eu des géants de 10, 19,, et peut-être de i5 pieds de hauteur, dans les premiers Ages, et même quelques races successives, dont celle des Patagons est la seule qui se soit conservée , ujais sans doute en dégénérant. Au reste, les anomalies doivent-elles étonner davantage en phis que lorsqu'on les voit en moins? f^^ géant est à Thomme ordinaire ce que celui-ci est au véritable nain.
SI PlLTllUrS DE TAITI.
I^'usnge funéraire de THe Taïti^ située dans la mer du Sud, et métropole des îles du Tropique,
' Il V a\ait deux |t.'»!ni(S Kui.ains : l'ini élaiî If quart *\\\ |)i((l ("t \alaif ^ oiHM's on '^>/î7 ; Tantro trois quarts lîii id/mtu* |)i((l , on 9 onct's. I.e \)\v(\ romain étant o mètre ^,956 d\\niillini('tn> appioxiniatiNcnH-nt o nictie 3o centimètre , U> (Itnx j)aini('S « (juis audt ai( ut a o nièlrc 07*^9 ciix niilimu tu ^ <t o nn'lfc 7').'\\ (li\ niiilimèlrcs. J.or^ifjnc la cîéntnuinntion ili' palme <'st seule reLilé»? eonnne njesnre , on doit probaUNmeiit riihnflu* le L'rand palme, et !«• j)elit palme cpiand retie njesure n'<st relatée (pi'aeeessoirement. |>ar ext^nple » lor>cpinn tii(»nee, eonnne ei-de^.sus, 9 pieds \ palmes.
' Pf i.Nf , llisL I -af., \\\ . v.i , c. i'>.
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noHS aété transmis par le célèbre Cook. Lorsqu'un Taitien çstmort, après les cris et les lamentations variées des parents et des amis, le lendemain, son corps, enveloppé d'étoffes ou de nattes, est placé dans une espèce de bière ou cbâssis de bois sem* blable aux cadres (lits) des vaisseaux. II. est ainsi porté sur les épaules au bord de la mer , où l'on pratique des cérémonies d'ablution, et de là sous un hangar nommé tepepaou , d'environ 1 5 pieds de long sur 1 1 de large , et d'une hauteur proportionnée. L'un des bouts et les deux côtés sont fermés par une sorte de treillage d'osier ; l'autre bout reste entièrement ouvert. Le cadre est élevé sur des poteaux. On met à côté du mort son paiou-^patou (sa massue), ou une- autre arme de guerre, et près de la tête, qui touche au bout fermé du hangar, plusieurs écales de cocos remplies d'eau ; au bout opposé, on plante k terre quelques baguettes et feuilles vertes liées ensemble , avec une plante funéraire nommée éthé-'no^ moral. On suspend aux poteaux extérieurs du hangar des noix de palmier enfilées en chapelet , ou formant guirlande, et un sac contenant du fruit à pain grillé.
Le- hangar est souvent entouré d'une palissade pour en défendre l'approche. Ses dimensions sont proportionnées au rang du défunt; il y en a de 3o pieds de long. Il est orné, pareillement; suivant les facultés et. le vœu des parents. Dans les
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premiers jours de Texposition, les femmes, en signe de deuil, se font des blessures à la tète avec iHie dent de requin, et leur sang, recueilli sur des morceaux de toile, est jeté en libation sous la bière; plusieurs y jettent aussi leurs cheveux avec les autres offrandes.
On laisse pourrir le cadavre jusqu'à ce que la chair soit entièrement détachée des os. Alors les restes sont tirés de la bière; on ratisse et lave lis os, pour les enterrer dans lui inoraï plus ou moins magnifi([U(*, selon le rang du défunt. Ces morais sont, tout à la fois, des cimetières et des lieux consacrés au culte , lieux où, suivant Tusage général do ces contrées méridioïjales , les Taùiens des deux sexes ne manquent pas de se découvrir jus([(rà la ceinture», en signe de respect et de vénératioii; ils en usent ainsi vis-à-vis de leur roi ^
VFIVI s I) rPUiSK KT DM MALABAR.
Le conte célèbre de /^^J/^z^/'o/^e d'Ephèse , versionné de manières si pi([uantes par l^étrone , La l'onlaine, St-Evremont, I{ad(»l , etc. , et l'anecdote tragicjue de la l'cuve du Matabar\ mise sur la scène française par LcMuière, nous rappellent des usages
' L\ II.\rvrF , Abr. de THist. j^cii. des Voy., t. xix, ch. (>, p. ')6, Idvni^ |). }i^\ ft siiiv.
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funèbres qui n'appartiennent heureusement plus qu'à l'antique barbarie de ces peuples ; les veuves modernes peuvent bien pleurer encore , mais ne s'immolent plus ;
et^ tout considéré^
Mieux vaut goujat debout qu^ empereur enterré.
(La Fontaine. )
observation finale.
Nota. On peut voir, dans le Dictionnaire histo* rique des mœurs , usages et coutumes des Français y au mot Sépulture, des détails fort curieux sur celle des rois de France; c'est dire qu'ils ne remontent point au-delà du moyen âge.
CONCBRNAIIT