CANAUX
Les canaux de navigation et d'irrigation furent augmentés, restaurés et o^odifiés gu coipmencement du vii^ siècle, squs le règne de Yang-Ti (le Sardanapal^ de la Chine), de la dynastie de Tsin ou Tsoui. Suivant I^alande, plus de i^oo lieues de canaux furent exécutés, refaits ou réparés ^
' Lalamuk, Canaux de Navig. , ehap. xxii, pag. 544*
8 a^GHERCHES
|1 y en avait donc d'antérieurs à cette époque. Cependant , d'après le même auteur, tout ce qu'on avait entrepris jusqu'alors , soit pour rendre les rivières navigables , soit pour les faire communiquer par des canaux , ne peut se comparer, pour la difficulté, la dépense et la hardiesse de l'entreprise, à ce que firent Ou-Ti et Tchin-Tiy de la dynastie des Hiins, et Yng-Tsou et Chi^Tsou de celle des 5i9/i^, vers Tan 1064 9 pour détourner I^ Hoang'Ho (le fleuve jaune) et le conduire dans le golfe de Leoù-Tong.
Le grand canal impérial , dit tun-Ho , qui subsiste toujours, fut entrepris vers Pan 1289, par Teropereur CA^TlfOii (le fameux KoU'Blajr-Khaiijy petit-fils de Gengis-Khan. Ce canal traverse l'empire du nord au sud , de Pékin à Kanton , en réunissant plusieurs rivières ; il embrasse 1 7 degrés de latitude, du a 3' au 4o^ inclusivement. II y a des points de partage , des rigoles alimentaires , des réservoirs, des décharges, des pertuis, des quais et des ponts; il traverse des marais, des montagnes et des terrains d'nne grande variété, c'est-à-dire qu'il réunit les principales difficultés de Fart. La circulation n'est pas constante dans ce canal; les sécheresses de l'été, les glaces et les inondations de l'hiver s'y opposent diversement. 11 fut encore restauré et amélioré par l'empereur Yang'Lo^ au commencement du xv^ siècle, et plusieurs iaîs de suite.
HISTORIQO-MOK D MEIVT A LES. 9
JjB gouYemement de la Chine est le seul qui , le principe , dans un temps si reculé, ait entrepris et continué exactement Thistoire spéciale de la conduite des eaux, afiii d'assurer aux siècles à venir une connaissance détaillée des tentatives, des entreprises, des succès, des fautes, des difficultés, des accidents, des dépenses de pareils travaux, des inondations, enfin de tout ce qui a rapport à cet objet, pendant plus de aSoo ans. Cette collection hydraulique est. immense comme ie sujet '.
Un grand nombre de canaux secondaires aboutissent au canal impérial ; ils ont été successivement formés dans l'intérêt et probablement aux frais des villes et des contrées qu'ils traversent.
Les différents niveaux des eaux retenues par des ouvrages d'art ne sont rachetés que par des pertuis , dont l'ouverture forme des cascades plus ou moins inclinées, comme on l'a pratiqué dans plusieurs rivières de France, telles que la Charente, la Mayenne, la Sarthe, le Loir, etc. Le portage des bateaux, entre deux canaux adjacents, et dont les niveaux présentent une grande différence, s'opère au moyen de glacis ou plans inclinés. Ce moyen n'a point lieu sur le canal im-
' Mémoires sur la Chine, tom. II, pag. 545 et suivantes , il Pékin, 37 juillet 1775.
lO KKCHIlHCIIIS
jKMial, où les grandes barques ne se |)rrterait iil point à (le pareilles manœuvres '.
ROLTKS FT PONTS.
Les grands chemins n'ont point manqué à la circulation dans ce vaste empire : il y en avait (rouverts très-anciennement à travers les montagnes les plus escarpées et les vallées les plus profondes. Le luxe n'était point étranger à leur confection, à Tagrément des voyageurs, et même à la sauvegarde des propriétés riveraines.
Les ponts sont innombrables dans ce pays hydraulique. L'art de leur construction y est on ne peut plus aficien. La Harpe rapporte ^ qui* le pont de Lou-kO'Kyaa ^ sur le Hoen- llo (la rivière bourbeuse), ruiné par luie inondation, au mois d'août 1688, avait subsisté jtooo ans, suivant le témoignage des Chinois. Il était de marbre blanc, d'une belle exécution et d'une décoration tresél(»gante.
Le pont de Fou-Tcheou ^ capitale du Fou-Kim^ formé de !^oo voies, (.\st composé de longues
• Lalande, Canaux tlo Navij^. , chap. \\i, pat;. 5H<^. (Citation, d'après les nouveaux !M('rnnir('s sur !a Chou', ilu 1*. L». Conte.
' \^K HAfii'P , VhK'L^f i\v VW\^\. ^t'ii. (1rs \ ov. , (oui. \1I. pai^c Hi.
pierres horizon talenieiit placées sur des piles trèshautes et relativement très-minces. Il réunit plusieurs îles ; le bras principal de la rivière a plus de loo voies. Ce pont est assez élevé pour laisser passer les navires à pleines voiles.
On cite encore le pont de Tsuen^Tcheou^ situé à Tenthouchure du fleuve Tsé-Chian^ composé de loo arches de maçonnerie en plein - cintre , d'environ lao pieds d'ouverture, et d'autant de hauteur sous voûte, permettant aussi le passage des navires avec tous leurs agrès. Les parapets, au droit de chaque pile , sont surmontés par des lions de ai pieds de longueur, d'un seul bloc de marbre noir. Le pont est décoré de plusieurs arcs de triomphe \
Noia. Ces deux derniers ponts semblent les mêmes que ceux mentionnés au i^*^ volume de Touvrage hydraulique de M. Gauthey , l'un sous le nom de Lojrang, et Tautre sous le nom de Fochen,
GRAOTDE MURAILLE. .
L'antiquité chinoise nous offre un ouvrage presque incroyable , mais qu'où ne peut révoquer en doute , puisqu'il existe encore , c'est la fameuse muraille nommée par les Chinois Khab-Gan (le mur sans fin ), ou plutôt la fortification construite
■ La Harpe , Abrégé de l'Hist. gén. des Voy. , tom. Vil , page 8a.
I a BeCUBEGIlKS
aux limites de la Chine et de la Tartarie. £)le a i5oo milles (anglais) de longueur % dépuis i5 jus* qu*à 3o pieds de hauteur, et sa largeur est telle que cinq ou six chevaux peuvent y passer de front. Elle est établie sur des cimes de montagnes, et descend dans de profondes vallées , traversant les rivières par des arches qui la soutiennent. Elle est défendue et flanquée, à de petites distascMy par des tours ou des espèces de bastions. Cett» muraille est formée par un noyau ou massif de terre , avec double revêtement en maçonnerie de briques , fondé sur des blocs de pierre, La pla* te*forme supérieure est partie en briques, ps^r- ^e en pierres de taille , ainsi que les angles sailr lants et le pourtour des différentes ouvertures. JjSl maçonnerie est liée avec du mortier de chaux blanche.
On ignore l'époque précise de son commence^ ipent,; on sait néanmoins qu'elle fut terminée dans le m* siècle avant Tère chrétienne, copsé* quemment depuis plus de aooo ans ; enfin on assure que cet oiivrage merveilleux et sans exemple
fiit exécuté dans le court espace de cinq années '.
■ La Haevs, Abrégé de YRisi, gén. des Voy. , tom. VIII , pagfe 67.
* Idem, tom. VTI, page 70. — Maetihi, Hist. de la Chine, lom. II y Hv. VI y pag. 40 et 41.
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