LA REINE MARIE DE HONGRIE
Marie de Hongrie, assez connue pour son habileté aux affaires et pour ses goûts virils, aimait la chasse avec passion. Aussi dirigea-t-elle personnellement la vénerie, qui, dès cette époque, devint celle de la cour de Bruxelles, quoiqu'elle gardât toujours le nom de vénerie du duché de Brabant (" 8 ). Tant qu’elle s’occupa de ce soin, il n’y eut pas même de grand veneur; seulement, elle avait à ses ordres un lieutenant veneur qui s’occupait des détails du métier ("9). Elle porta aussi le nombre des gens de la vénerie à vingtsept ( ,M ), chiffre qu’il n’avait pas atteint jusque-là, mais qui n’était pas trop grand si l’on considère la
puissance et les richesses de sa maison. On y voit figurer deux maîtres des toiles, création nouvelle et sans doute importée de l’Allemagne, où les chasses aux toiles eurent toujours de la vogue. Nous aurons occasion plus loin de parler de ces chasses destructives. Qu’il suffise de savoir qu’à l’époque de Marie de Hongrie elles devinrent tout à fait à la mode à la cour de Bruxelles, et qu’elles ne cessèrent depuis lors d’y être en usage. La reine de Hongrie nous a laissé comme témoignage de la sollicitude qu'elle portail à la vénerie un ample règlement, selon lequel elle entendit que chacun eut à se conduire ( M '). Ce règlement mérite d’autant plus d’être connu du lecteur qu'il nous fournil quelques détails entièrement neufs et qui ne sont pas sans intérêt pour notre sujet. Mais, vu sa longueur, nous en extrairons rapidement les dispositions les plus curieuses.
Veneurs et valets devaient suivre la reine où bon lui semblait, et dans quelque pays que ce fût.
Les veneurs à cheval ne pouvaient s’absenter pour affaires sans sa permission ou celle du lieutenant veneur. Ils ne pouvaient, non plus, se défaire de leurs chevaux, soit en les vendant ou en les changeant, à moins d’y être autorisés.
Tous les gens de la vénerie devaient se rendre deux fois par jour, pour soigner et prendre garde des chiens, au château de Boisforl, au lieu nommé
Terjaegeren ; en été, ù sept heures üu malin et à cinq heures du soir; en hiver, à huit heures du matin et ù quatre heures du soir. Ils étaient également tenus d’y venir la veille d’un jour de chasse, afin « d’y ordonner et conclure ce qui sera besoing pour la chasse, et ce, ù la correction de la reyne ou de son lieutenant. »
Il était défendu aux valets de limiers de garder leurs limiers dans leur maison, ou de les y mener la veille de la chasse, sous prétexte d’aller quêter le gibier ou découvrir la chasse.
Les valets de la meute, les valets des chiens et les meneurs de lévriers devaient mener les chiens assez tôt à l’assemblée pour que les valets des limiers n’eussent pas à s’en plaindre. Aux mêmes valets des chiens incombait le soin de porter, après la chasse, les bois ou ramures des cerfs tués, au lieu susdit de Terjaegeren.
* Item, quant on faiet aulcune assemblée pour chasser soit rouge ou noir, dit la reine, l’on ne yra point à la chasse et ne partira l’on point de la dicte assemblée avant que tous les compagnons y seront entrez, si la reyne ou le lieutenant ne le demande, à peine d'eslre corrigé à la discrétion de Sa Majesté ou dudicl lieutenant. »
Nul ne pouvait se mêler de « faire enqueste de chasse,» c’est-à-dire de quêter ou dépister le gibier.
que les veneurs à cheval el les valels de limiers, el, à cel effet, ils pouvaient se faire accompagner d’un vallelon pour mener leur limier.
Le valet de limier qui avait détourné et laissé courre le cerf devait aussi le découper lorsqu’il était pris; si un autre remplissait celte besogne pour lui, ils perdaient tous deux leur venaison, qui, eu ce cas, passait au chapelain de la chapelle de Saint-Hubert du château de Boisforl. Si le valet de limier croyait ne pouvoir venir en temps à la mort de la bête, c’était au plus jeune des valels de limiers présents à la découper. Celte opération, qu’un habile veneur devait connaître dans la perfection, se faisait de manière « que l'eschine du cerff ne soit plus large que cinq pouls, au plus large que l’on le vouldra prendre, el des anllres bestes, comme de cerffs de quatre poincls, brocquarts el biches, quatre pouls. » La même règle s’observait pour le sanglier, et le règlement indique aussi comment il devait être défait.
Les chiens égarés devaient été recherchés par les valets de la meute et par les vallelons. Ces derniers étaient des apprentis veneurs, destinés à remplacer les serviteurs qui s’en allaient, ou qui devenaient trop âgés pour supporter les fatigues de la chasse. Tout en apprenant leur métier, on leur faisait panser les chevaux et les chiens de chasse.
Les meneurs de lévriers qui se rendaient au bois
ne pouvaient laisser courir leurs chiens hors des laisses, à peine de perdre un mois de gages.
* El quand l’on envoyera quelque venaison de eerff à aucun personnage, dit la reine, par un des veneurs à cheval, et que à ieelluy sera donné le vin ou quelque pièce d’argent, il sera tenu de partir avec son compagnon veneur à cheval.
« Item, quand aulcune pièce ou pièces d’argent seront donnez sur l’assemblée ou sur la chasse, aux compagnons en général, serohl ladicle pièce ou pièces entre enlx départis à un chascun selon son estai. >
La saison de la chasse au cerf commençait la veille de l’Ascension et durait jusqu'au jour de Saiul-Lamberl (17 septembre); celle des biches, le lendemain de la Saint-André (50 novembre) jusqu’au mardi avant le carême, et celle des sangliers, la nuit de la Toussaint, pour finir la veille du jour de Saint-André.
(Sous les ducs Antoine, Jean IV et Philippe le Bon, le sanglier se chassait jusqu’à la fin du mois de décembre.)
Quelques particularités sur les gens de la vénerie trouveront naturellement leur place ici, et bien qu’elles soient d’une époque postérieure à celle qui nous occupe, elles serviront mieux à nous faire connaître en quoi consistait le métier de chacun d’eux. Ces détails sont empruntés à une lettre du grand veneur, prince de Ilubempré, écrite en
1677. Nous laisserons parler ce prince lui-même.
t Les picqueurs, dit-il, pour lesquels Sa Majesté entretient à chascun un cheval, ont pour obligation et tlebvoir de conduire et suivre la meute le jour des chasses, de guider et accompagner le roy ou les princes ses gouverneurs généraux en ces pays, lorsqu’ils viennent auxditles chasses. Ils doibvent eslre le plus expérimentez et versez dans le mestier de la chasse, et servent quelquefois quinze ou vingt ans, avant d’y pouvoir parvenir. On les lire ordinairement hors des valets des limiers.
« Ceux-ci sont gens qui doibvent supporter grand travaille et fatigue, allants au bois dès la poincle du jour, en toute saison, avecq leurs chiens, pour prendre cognoissance des cerfifs, cbevreux et sangliers; les suivre au travers du fort, détourner, lancer et donner aux chiens par des endroits parfois quasi inaccessibles et impénétrables à tous aultres qu’à eulx. C’est pourquoi ils doibvent eslre grand cognoisseurs, hardis, courageux, bons anneurs et sçavoir parfaitement parler aux chiens, et en toute aullre chose très-fermes et experts dans leur mestier, pour ce que de leur science et de leur rapport dépend toulte la chasse.
mP
« Les valets des leuvriers ont soing des grands leuvriers d'attache d’Angleterre qui servent pour le loup, pour le sanglier et pour le ceriï. Ils sont obligés
d’assister les maîtres des toilles, lorsqu’on chasse avec les toilles et les Gilets.
t Les garçons apprentis assistent les picqueurs aux chasses, et quelques fois les valets des limiers, les valets des leuvriers elles valets de la meute, dans leurs fonctions les plus importantes, affin de se former et d’apprendre petit à petit leur mestier. Ils servent parfois six ù sept ans avec deux sols seulement par jour, avant de pouvoir estre advancé, lorsque le grand veneur, suivant leur capacité et les inclinations qu’il remarque en eux, les faict ou valets de la meule ou valets des leuvriers ou valets des limiers.
« Les maislres et assistants des toilles sont obligés de porter un soin continuel et assidu à l’entretien des toilles, Glels, tentes, chariots, charrettes, perches, etc. *
Le règne de Charles-Quint est le beau temps de notre vénerie; jamais, à Bruxelles, les chasses ne furent plus nombreuses, plus brillantes. On sait que ce monarque était non-seulement un chasseur passionné, mais aussi un veneur accompli. Dès lage de neuf ans, il s’attirait déjà sous ce rapport les applaudissements de son aïeul. * Nous fûmes bien jeuyeulx, dit l’empereur Maximilien dans une lettre f”) qu’il écrit à sa 611e Marguerite, gouvernante des Pays-Bas, que nostre Glz Charles prenne tant de plaisir à la chasse, autlremenl on pourra pensé qu’il fust bas-
tart. » L’apologie de l’aïeul el du petil-fils, comme chasseurs, est tout entière dans la phrase caractéristique du premier el dans les penchants précoces du second. La foréL de Soigne, témoin des amusements d’enfance de Charles Quint (*’ 3 ), et dans laquelle il semblerait avoir été le héros de mainte aventure fort curieuse, si l’on en croit les traditions; celle forêt, dis-je, lui était si chère, qu’il en fit prendre, pour orner le palais de Bruxelles, les plus beaux points de vue par le peintre Bernard Yan Orley. Chacune de ces vues représentait en même temps un épisode de chasse où il figurait lui-même avec ses principaux courtisans. Il est certain que Charles-Quint prit bien souvent le plaisir de la chasse dans cette belle forêt, lors des différents séjours qu’il fil à Bruxelles, el qui furent marqués chaque fois par les fêtes les plus splendides. Ordinairement la cour, grossie par une foule de dames, de princes el de courtisans, si elle ne suivait la chasse, allait se placer dans une longue galerie annexée ù une maison de chasse nommée het Heeren hui/s el située non loin de Boisfort. De là, elle voyait passer le tourbillon brillant de chasseurs et de cavaliers. Entre autres chasses que fil Charles-Quint dans la forêt de Soigne, je citerai celle qui eut lieu le 28 octobre Io44, à l’occasion de l’arrivée, à Bruxelles, de sa sœur Eléonore, épouse de François 1". La cour se transporta au prieuré de Groenendael, et les sei-
gneurs, après s’être fatigués à la poursuite du cerf, rompirent encore une lance dans un tournoi qui sc donna sous les arbres séculaires du monastère. On ne pouvait choisir un lieu plus poétique pour celle joute, qui rappelle involontairement le célèbre tournoi d’Ashby, si bien décrit par l’immortel Walter Scott dans Ivanhoe. Quelques semaines avant, c’est-à-dire le 10 octobre, la reine de Hongrie avait invité son frère à une grande chasse, après laquelle la cour alla diner au monastère de Sepl-Fontaines, situé dans la forêt de Soigne.
Le monarque si puissant qui remplissait la chrétienté de son nom, Charles-Quint, aimait parfois à se retirer pour quelques jours au prieuré de Groenendael (”4). Là, loin du tracas de la politique, il partageait les exercices de piété des religieux. Le jour de Pâques, c’est vers celle époque qu’il allait habituellement à Groenendael, il prenait place dans le réfectoire au sein de la communauté, causait familièrement avec chacun de ses membres, et prêtait une oreille attentive à l’espèce de sermon qu’on y prononçait. Dans une de ces retraites momentanées, il abattit un jour d’un coup d’arquebuse, chargée à balle, et, à cent deux pas de distance, un héron qui s’était posé au bord de l’étang du prieuré. Les religieux , non contents de célébrer cet exploit en vers analogues à ceux faits en l’honneur de Philippe le Beau ( ,,s ), firent
ériger, au milieu de l'étang où l’oiseau élail tombé, une petite colonne <|iic l’on surmonta d’un héron en bronze. La chasse amena une autre t’ois, au même prieuré, une réunion de sept têtes couronnées. C’était dans l’été de 1556, alors que Charles-Quinl, atteint d’une vieillesse prématurée, avait renoncé aux grandeurs du monde. On y comptait, outre l'Empereur, Philippe 11, les reines Eléonore et Marie, l’archiduc Maximilien d’Autriche, fils de l’empereur Ferdinand, et son épouse, enfin le dey d’Alger, Muley-Assem. On rapporte que ces illustres personnages prirent plaisir à s’asseoir tous ensemble sous un vieux chêne qui leur prêta longtemps son ombre bienfaisante. Le prieuré de Groenendael oITrail du reste un séjour si agréable, qu’il ne cessait d’attirer les princes et les gouverneurs généraux, lorsqu’ils prenaient le plaisir de la chasse; et aux noms célèbres que nous venons de rappeler, il faut encore ajouter celui du grand Condé, qui, avec son fils le duc d’Enghien, y chassa également. Un jour un cerf, poursuivi par ces princes, se jeta dans l’étang et trouva la mort près du petit monument qui rappelait l’adresse de Charles-Quinl. Il n’y avait guère d’année qui se passât sans que les beaux étangs de Groenendael ne fussent témoins des suprêmes efforts du roi de la forêt, venant chercher dans leur onde paisible une dernière chance de salut. Le noble animal n’y trouvait
que la mûri ; car, comme le dit si bien Delitle :
Alors, las de traîner sa course vagabonde,
De la terre infidèle il s’élance dans l’onde,
lit change d’élément sans changer de destin ( ,28 ).
Si Charles-Quinl laissa un souvenir de ses chusses à Groenendael, d’autres objets les rappelaient aussi à l’ancien palais de Bruxelles. Celui qui eut visité ce monument avant qu’il devint la proie des flammes, en 1731, y aurait vu, au milieu d’une foule d’armes historiques fort précieuses, l’épée de chasse du grand empereur pour le sanglier, son hallebarde de chasse émaillée d’or et d’argent et tirant deux coups; il y aurait encore vu les épées ou couteaux de chasse du duc d’Albe, de l’archiduc Ernest et de l’archiduc Albert.
J’ai déjà dit plus haut que la reine Marie de Hongrie aimait la chasse non moins passionnément que son illustre frère. En effet, le temps qu’elle ne devait pas aux soins du gouvernement, elle l’employait le plus souvent à ce délassement ou à la musique, qu’elle aimait également à un haut degré. Bien ne lui coûtait pour satisfaite le premier de ces penchants, si rare aujourd’hui parmi le beau sexe. Elle faisait venir à grands frais de grands lévriers d’Angleterre, chiens renommés pour leur force, leur agililé et leur courage. Du fond de la Hongrie, on lui expédiait des fan-
cons dressés nommés pieds bleus. Elle en faisait môme venir de la Norvège, par l’entremise du duc de Holslein. Marie de Hongrie suivait assidûment les chasses dans la forêt de Soigne et aux environs de Binche et de Marimont, où elle possédait une résidence d’été. Pour ne parler que des premières, je dirai qu’elle affectionnait surtout celles qui se faisaient à l’aide des toiles et des filets, bien qu’elle fût en état de suivre la chasse à courre aussi bien que le meilleur cavalier. Mais les chasses aux toiles de ce temps différaient essentiellement de celles d’une époque postérieure, dont je me propose de parler plus loin, en ce qu’elles ne consistaient que dans la prise d’un cerf, d’une biche, d’un chevreuil à la fois, au lieu que les autres dégénéraient en une véritable boucherie. Une de ces chasses mérite d’être rapportée. Marie de Hongrie l’ordonna en l’honneur du duc de Lorraine, le 13 juillet 1541, près de Boendael, et elle se fil la nuit, à la lueur des flambeaux, avec un concours considérable de monde. On pourra juger du nombre de flambeaux qu’on employa à cette chasse merveilleuse, par ce fait qu’ils furent confectionnés avec de vieilles toiles hors de service, qui avaient au delà de trois cents aunes de long. Aux torches enflammées qui sillonnaient la forêt en tous sens, se mêlaient la vive clarté de centaines de feux qu’on avait allumés pour guider la marche des tra-
queues. Qu’on joigne à cela les cris Je la multitude et les sons aigres des trompes et des cornets, et l’on pourra se figurer un# scène vraiment fantastique. Le 10 juin 1540, il y avait eu, au même endroit, une grande chasse aux toiles à laquelle prit part Charles- Quinl, son frère Ferdinand, alors roi des Romains, la reiue Marie et toute la cour. Je n’en finirais pas s’il me fallait énumérer toutes les chasses de ce genre qui eurwnl lieu pour le plaisir de cette cour somptueuse. Quant aux chasses à courre, je dirai que le nombre de cerfs et de sangliers forcés depuis l’année 1538 ( ,v >) jusqu'à la fin du règne de Charles -Quint, s’élève à deux cent quatre-vingt-quinze.
Pour compléter cet aperçu, il me reste à fournir quelques détails sur la meute de Marie de Hongrie. Chose singulière! elle était inférieure à toutes celles que nous avons déjà passées en revue. Par son ordonnance analysée plus haut, la reine voulut qu’il y eut à Boitsforl douze couples de chiens pour le cerf, huit limiers, vingt-huit lévriers, y compris les levrettes pour le lièvre, et huit couples de chiens, tant pour les sangliers que pour les chasses aux toiles. Cette meute ne paraît donc pas avoir répondu au luxe que celle princesse se plut à déployer dans sa maison de chasse. Toutefois, je me hâte d’ajouter qu’elle entretenait encore à Bruxelles un nombre considérable de chiens, entre autres une meule de dogues nommés en fla-
mand bloethonden. Ces animaux étaient si féroces, qu'étant un jour à chasser près d'Audergliem, ils se jetèrent sur une malheureuse vache et la mirent en pièces. En 1538, François 1 er envoya à Marie de Hongrie une meule de chiens blancs, sans doute de celte race dite chiens greffiers on beaux, dont parle Du Fouilloux; elle-même faisait souvent des présents semblables aux princes allemands. Le croirait-on, celle princesse, qui menait d’une main si habile les affaires des Pays-Bas, s’intéressait à sa meute au point qu’il y avait ordre de l’informer des chiennes qui entraient en folie. Je vois même qu’un jour un veneur lui fut dépêché au château de Binche, pour s’entretenir avec elle sur ce singulier sujet. Ailleurs, elle ordonne «que les valets de la meule seront tenuz de meetre les chiennes ou lisses, quand elles seront cbauldes, arrière des chiens, de bonne heure, et en advertir le lieutenant, ou s’enequérir des anciens compagnons de quels chiens telle lisse fust plus idoine eslre couverte, et la garder si bien qu’elle ne soit couverte d’autre. » Enfin la reine prescrit encore différentes dispositions pour l’entretien de sa meule, que je passerai sons silence pour ne pas abuser de la patience du lecteur