‹ Recherches historiques et statistiques sur l'intempérance des classes laborieuses; et sur les enfants trouvésChapitre 36 sur 49 · HOLLANDE · texte numérisé non relu

HOLLANDE

La Hollande est, après l’Italie, le pays d’Europe où 1 administration publique s’est le plus promptement occupée du sort des enfants trouvés. Dès 1596, on leur avait ouvert des salles particulières dans les hôpitaux d’Amsterdam, qui leur servaient d’asile L Mais en 1666, c’est-àdire quatre ans avant l’hospice établi par saint Vincent de Paul , à Paris , Amsterdam leur consacra une maison spéciale. La plaie des enfants trouvés a dû en elïèt exister en Hollande plutôt qu’ ailleurs.

Dès 1660, ce royaume, qui n’occupe plus en Europe qu’un rang secondaire avait, en quelque sorte, conquis l’empire des mers. Dix mille voiles et 168,000 matelots, portant son pavillon dans toutes les parties du globe , l’avaient rendue l’intermédiaire du commerce de l'univers ; et de même qu’ autrefois les Carthaginois coulaient bas tous les vaisseaux qui s’approchaient des des de la Grande-Bretagne et des côtes océaniques delà Gaule, de

même les Hollandais (fait assez peu connu), détruisirent corps et biens, les quatre premiers vaisseaux que les Anglais envoyèrent dans les mers de V Inde-Orientale. Souclion de Rennefort , qui rapporte ce fait , dans son histoire de ce dernier pays, p. L, ajoute que cette nou-

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velle étant parvenue à Londres, par V indiscrétion de quelques matelots hollandais, les Anglais s’en vengèrent si bien, que les Hollandais furent obligés plus tard, pour apaiser leur ressentiment , de payer des sommes considérables; mais cette apogée de gloire commença à décroître sensiblement en 1672, après le massacre du grand pensionnaire Jean de Witli , par une population ingrate et forcenée.

La France et F Angleterre, également jalouses de cette suprématie maritime, tentèrent dès lors les plus grands efforts pour la détruire et y parvinrent enlin.

Or, s’il est vrai qu'un grand mouvement commercial contienne , comme il serait facile de le démontrer , des éléments de misère, de vicissitudes et de démoralisation, qui engendrent à leur tour un nombre d’enfants trouvés plus considérable que parmi les populations moins industrielles, il faut en conclure que la Hollande a dû éprouver, avant ses deux rivales d’autrefois, le besoin d’ouvrir des asiles publics à ces infortunés. Aujourd’hui, malgré que le commerce et Y économie y accumulent sans cesse de nouvelles richesses, la misère cependant y est telle , chez une partie de la partie de la population , que d’après une communication du ministre de l’intérieur aux états généraux, en 1818, le nombre des indigents était par tout le royaume des Pays-Bas de 1,333,000; et comme le chiffre de sa population totale était alors de G, 143,000, il en faut conclure que les indigents s’y trouvaient dans la proportion de J sur 4,00 ; calcul qui

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se trouve au reste confirmé dans un excellent article inch dans le bulletin de la société des établissements charitables , intitulé : Notice sur les établissements d' hu-

manité de la Hollande et de la Belgique % dans lequel il est (fit que sur cinq habitants, quatre travaillent pour nourrir le cinquième.

Or, maintenant , ce n’est point le manque de travail, ce ne sont pas les infirmités ou les malheurs particuliers, bien moins encore l’inconduite, qui réduisent un aussi tu’and nombre de familles à l’indigence, c’est le trop grand nombre d’enfants qu’elles ne peuvent élever.

D api es un travail très— estimé de M. le baron de Ke— verberg , sur la Flandre orientale 2, la plus populeuse des provinces du royaume, les indigents, il y a quelques années, doivent y être classés de la manière suivante :

Vieillards . . . . 2,850

Infirmes 7,800

Indigents accidentés 4,840

— faute de travail 15,800

~ par inconduite 3,100

— par trop d’enfants 34,000

M. de Ghàteauneuf, prenant ces données pour base de ses calculs , et , pour terme de comparaison , le ch fifre de 600,000 indigents, accusé en 1820 par le ministre de

‘ Tome 2. p. 19.

2 Essai sur l’indigence dans la Flandre Orientale, à Gand chez J. -N Iloudin.

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