‹ Recherches historiques et statistiques sur l'intempérance des classes laborieuses; et sur les enfants trouvésChapitre 40 sur 49 · GENÈVE · texte numérisé non relu

GENÈVE

A Genève, F autorité publique a pourvu aux besoins des enfants trouvés. Là, ils sont reçus dans 1 hôpital de la ville, qui est une institution assez complexe, puisqu’il fait aussi les fonctions d’hospice , et qu’une partie des revenus est employée en secours à domicile.

SUR LES ENFANTS TROUVÉS. î 39

C'est aussi là que sont recueillis les enfants trouvés, ils

étaient au nombre de 84

le 1er janvier 1829. Il en survint deux dans le cours de l’année 2

Total 86

Sur ce nombre, 19 ayant fait leur première communion, durent être placés hors de l’hospice. 19

Un fut retiré par ses parents I

Deux décédèrent dans l’année 2

De sorte qu’au 31 décembre, il n’y restait plus

que 64

enfants des deux sexes ; et ce qui précède peut donner une idée du mouvement annuel de cette classe d’enfants dans la ville dont il s’agit.

Pendant l’hiver , ces enfants restent dans rétablissement où ils sont recueillis et suivent les leçons de l’école qui s’v trouve 3 mais pendant la belle saison , ils sont 'envoyés à la campagne, savoir : ceux d’un âge encore tendre , dans l’école d’asile pour les petits enfants , fondée à Saint-Gervais par une réunion de souscripteurs. Le local , qui est heureusement choisi , permet de les faire promener dans un jardin. Les jeux sont variés, ingénieusement conçus , et de petits exercices gymnastiques exercent déjà les membres de ces intéressantes créatures, chez qui tout respire le bonheur et la santé.

Des dessins lithographiés servent à donner aux enfants,

et sans efforts, une foule de notions exactes et utiles, et un livre-journal renferme des comptes ouverts à chaque enfant pour leurs progrès moraux , intellectuels et physiques.

Quant à ceux de ces enfants parvenus à un âge plus avancé , ils sont envoyés dans les écoles rurales de Car a et de Neuvilette , fondées de même que l’asile de Saint-Gervais, par une association de généreux souscripteurs, sur le modèle à’Hofwil. La première' de ces écoles rurales compte déjà 22 ans d’existence, et en 1829 l’hospice de Genève y tenait treize de ces enfants trouvés. Là, M. Heberard dirige l’éducation , l’institution et les travaux de charronnage dont on s’occupe spécialement dans cet établissement doté d’un capital d’environ 19,000 florins, et qui est garni d’un mobilier estimé en valoir 25,000.

Quant à l’école rurale de Neuvilette , destinée exclusivement aux tilles, devenue trop petite en 1829, on opéra sa translation dans un local plus spacieux , qui permet maintenant à l’hôpital, d’y envoyer dans la belle saison , jusqu’à 35 enfants adoptifs. Les résultats de l’un et l’autre établissement sont tels , que tout semble y tendre évidemment à la confirmation des espérances que l’exemple de celui de M. de Fillemberg a fait concevoir à ses fondateurs.

Nous terminerons ce qui concerne Genève , en rappelant que, d’après la table de Cramer pour 83 ans, insérée dans Duvillard , auteur d’un ouvrage sur la petite vé-

rôle, les enfants trouvés y meurent dans les proportions suivantes :

de 0 à 1 an, 19,507 sur 100.

de 0 à 3 ans, 28,501 sur 100.

de 0 à 5 ans, 33,319 sur 100.

de 0 à 10 ans, 39,329 sur 100.

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