‹ Recherches historiques et statistiques sur l'intempérance des classes laborieuses; et sur les enfants trouvésChapitre 42 sur 49 · ZURICH · texte numérisé non relu

ZURICH

Le nombre des enfants trouvés est aussi minime à Zurich qu’à Bâle , et aucun établissement public ne leur est spécialement affecté , probablement par ce motif. Mais l’État y entretient une maison d’orphelins où 100 enfants des deux sexes y sont recueillis, entretenus , élevés et apprennent une profession utile. Nul doute que , de même qu’à Genève, les enfants trouvés n’y soient admis, soignés , éduqués ; il est moralement impossible en effet, qu’il en soit autrement dans une ville où le zèle si éclairé d’Hirzel semble avoir fait des miracles de charité , tant il a su pourvoir à tous les besoins des malheureux.

Il est surtout une de ces institutions qui touche de torp près à celle des enfants trouvés , pour qu’elle ne trouve pas ici une mention spéciale.

Il est de principe dans la Suisse en général , que chaque commune doit entretenir ses pauvres. Mais ceuxlà seuls. ont droit aux secours de la communauté qui y ont acquis le droit de bourgeoisie. C’est uniquement dans cette commune qu’ils ont le droit d’être secourus ; et si , séjournant dans une autre localité ils y obtiennent, dans des circonstances pressantes , des secours de quelque espèce, la commune de leur domicile est tenu d’en opérer le remboursement à celle qui les a avancés.

Or , il est une classe d’individus en Suisse qui , ne

possédant le droit de bourgeoisie dans aucune commune de la république , se trouve par cela seul en dehors de la faculté que chaque indigent possède , d’y obtenir de ses concitoyens, mieux partagés de la fortune , de quoi subvenir à sa subsistance et à l’éducation de ses enfants, lorsqu’il est dans T impossibilité d'y pourvoir par luimême. Ces parias de notre vieille Europe se nomment Heitmathosen et vivent dans un état de dégradation difficile à décrire. C’est à proprement parler , la plaie de l’ordre social en Helvétie ; et ce qui concerne leurs entants est tout ce que l’on peut concevoir en ce genre de plus déplorable. Or, la société du Bien public dont nous avons parlé plus haut , a tenté d’y porter remède ; sur une invitation venue de Lucerne , une association aidée de secours envoyés de Winstelhier et de Genève , se forma à Zurich , en 1836 , sous la présidence du célèbre publiciste, conseiller d’État, Utery, dans le but généreux de recueillir les Heitmathosen et surtout de prendre soin de leurs enfants. L’entreprise était difficile : des doutes même s’étaient élevés sur la possibilité du succès; mais quinze années d’expérience ont prouvé qu’une éducation chrétienne , bien dirigée , et l’influence de bons exemples pouvaient mitiger les plus mauvaises habitudes et les impressions les plus fâcheuses. Ces enfants répartis, par les soins de l’association , chez des parents adoptifs qui se chargent de les élever dans leurs familles, y sont fréquemment visités par les membres de la société , qui s’en répartissent la surveillance.

A Berne aussi , existe une maison d’orphelins fondée et entretenue par les soins de l’autorité locale.

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